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Poésie

Posts Tagged ‘mince’

Rangées d’arbres pins (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




    
Rangées d’arbres pins ou épicéas
mince lit d’aiguilles sur le sol forestier
monde symétrique et silencieux
soudain nous y sommes
la répétition des arbres
la répétition des silences

***

Rows of trees pine or spruce
soft bed of needles on the forest floor
symmetrical and silent world
we are suddenly in
the repetition of trees
the repetition of silences

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: Poème en trois sections
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

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Il n’existe qu’un chemin (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Il n’existe qu’un chemin :
Celui de ta main légère ;
Comment trouver autrement
Le pays qui m’est si cher ?

Pour que je vogue sans heurt
Vers mon rivage là-bas,
porte ta main vers mes lèvres
Et ne la retire pas.

Les doigts minces sont tremblants
Et le corps frêle s’anime —
Mon esquif glisse au-dessus
Des eaux, de leur calme abîme.

***

(Ossip Mandelstam)

 

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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L’amour est donc ceci (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
l’amour est donc ceci :
imperceptible trait
de montée qui demande?

intonation de demande étonnée
où tout s’engouffre
mince intervalle

disant :
tout change
toutes cellules remuées

: une voyelle
dite un peu plus haut dans la voix —
un souffle —

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Faut-il vraiment tant de danger (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018




    
Faut-il vraiment tant de danger
à nos objets obscurs ?
Le monde serait-il dérangé,
étant un peu plus sûr ?

Petit flacon renversé,
qui t’a donné cette mince base ?
De ton flottant malheur bercé,
l’air est en extase.

(Rainer Maria Rilke)

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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A une passante (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

(Baudelaire)


Illustration: Miriam Naïli

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Longue semaine (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2018



 Illustration: Oreste Conti 
    
longue semaine longues heures
la nuit s’étire dans le ventre
longue semaine longues heures
chaque bateau dans son port rentre

je fais semblant de tout de rien
je tire un peu sur trop de liens
longue semaine longues heures
ce n’est pas là que je suis mien

longue semaine longues heures
je sais où tremble ta fraîcheur
et que mes mains ont des mains soeurs
longue semaine longues heures

ton bras mince qu’il me serre
dans la vraie nuit dans la vraie mer
que pour toujours ensemble on meure
longue semaine longues heures.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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EXEMPLE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



filon de quartz

 

EXEMPLE

Comme un mince filon de quartz dans le grès
qui a derrière lui toute la géologie
et dont la pureté est au-delà de la perfection

*

EXAMPLE

As a thin blaze of quartz in sandstone
has behind it the whole of geology
and in its purity is beyond perfection

(Kenneth White)

Illustration

 

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CAILLOU DANS LE NOIR (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



CAILLOU DANS LE NOIR

À la porte du temps
à un très mince instant du seuil
si par mégarde de la pointe du vide
tu pousses un caillou qui tombe
pendant quelques battements de coeur
Rien

Puis le son de la pierre
qui entre dans l’eau
et résonne longuement
dans l’espace aveugle
et la nuit noire
du temps

(Claude Roy)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE

illustres galants, je vous donne un bon conseil,

Prenez garde à la jolie Anne ;
Sa figure avenante est si pleine de grâce,

Qu’elle vous attrapera le cœur.
Son œil si brillant est comme les étoiles dans la nuit ,

Sa peau est comme le cygne ;
Sa taille élégante est si mince dans son corsage,

Qu’aisément elle tiendrait dans vos deux mains.

La jeunesse, la grâce et l’amour marchent à sa suite,

Et le plaisir mène l’avant-garde ;
Dans tous leurs charmes, et sous leurs larmes victorieuses,

ils accompagnent la jolie Anne.
Les liens du captif peuvent enchaîner les mains ,

Mais l’amour asservit l’homme ;
Beaux galants, je vous avertis tous ,

Prenez garde à la jolie Anne.

[…]

Quel homme ne doit céder à la beauté

Dans son armure d’oeillades, et de rougeurs, et de soupirs

Et quand l’esprit et l’élégance ont poli ses dards,

Ils éblouissent nos yeux, en volant à nos cœurs

Mais la bienveillance , la douce bienveillance dans l’œil étincelant
A un éclat qui pour moi surpasse le diamant ; [de tendresse,]

Et le cœur palpitant d’amour, quand elle me serre dans ses bras,
Oh ! Voilà les charmes irrésistibles de ma chère belle !

(Robert Burns)

 

 

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Ma Mère (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Ma Mère

Je la vois, tenant son bol à deux mains.
Le soir tombait, c’était dimanche.
Elle souriait en silence,
Assise un peu dans la pénombre.

Elle apportait, de chez Son Excellence,
Une assiettée, tout son dîner.
Nous nous couchions et je songeais
Qu’eux en mangeaient une marmite.

C’était ma mère, mince et bientôt morte,
Car les laveuses meurent jeunes.
Leur corps tremble sous les fardeaux,
Le repassage use la tête.

La vapeur semble un nuage apaisant
Sur le linge sale en montagnes.
Pour ce qui est de changer d’air
Les laveuses ont le grenier.

Je la vois finir, le fer à la main.
Sa taille, toujours plus fragile,
A été brisée par le capital.
Pensez-y bien, ô prolétaires!

Courbée par sa tâche, elle était pourtant
Une jeune femme et je l’ignorais.
En rêve, elle avait un tablier propre,
Parfois, le facteur lui disait bonjour.

(Attila Jozsef)


Illustration: Edgar Degas

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