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Poésie

Posts Tagged ‘mine’

Toi (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



 Illustration
    
Toi, pour qui les dieux du mystère
Sont restés étrangers,
J’ai vu ta mine aux pieds légers,
Descendre sous la terre,

Comme en un songe où tu te vois
A toi-même inconnue,
Tu n’étais plus, — errante et nue, —
Qu’une image sans voix;

Et la source, noire, où t’accueille
Une fauve clarté,
Une étrange félicité,
Un rosier qui s’effeuille…

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dire la Beauté (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Dire la Beauté serait affadir
Déchoir qu’exprimer la magie
Il est un Océan sans syllabes
Dont elles sont les signes
Ma volonté en cherche le vocable,
Échoue, mais goûte
Une Extase comme de Legs —
De mines introspectives —

***

To tell the Beauty would decrease
To state the spell demean
There is a syllableless Sea
Of which it is the sign
My will endeavors for it’s word
And fails, but entertains
A Rapture as of Legacies —
Of introspective mines —

(Emily Dickinson)

Illustration: Clark Little

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Girouette (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018


Girouette

Beaucoup d’amour, peu d’espoir,
Le vent tourne mal, Gustave.
Mieux vaut glisser dans ton noir,
Dans ta mine, dans ta cave.

Mieux vaut glisser dans ta mine,
La fille a le coeur pourri
Et l’espoir que tu rumines
S’enfuit comme une souris.

Mais le vent tourne, Gustave
Et ce bel épi fauché,
C’est la fille au coeur suave
Qui, près de toi, vient coucher.

— Trop tard ; le vent a viré,
L’amour est mort, dit Gustave,
Est mort de faim dans la cave !
I1 est mort et enterré.

(Norge)

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ICI S’ACHÈVE LE CORPS (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
ICI S’ACHÈVE LE CORPS

ici s’achève le corps
les paroles cèdent
comme les piliers mal agencés
d’une galerie de mine
elles s’effondrent
et le corps s’achève
de nouveau il faudra
percer les tunnels
de nouveau il faudra que son frisson
soit dit

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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LE CIEL (Norge)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



LE CIEL

Jamais vu le ciel, cet enfant élevé au fond de la mine.
Pas de saisons, pas de soleil.
La beauté du charbon et la beauté des lampes, la beauté des visages, oui.
Mais le ciel ; jamais vu, jamais vu.
Les arbres, les oiseaux, n’en parlons même pas.

Et toi, tu as vu le ciel,
toi?

(Norge)

 

 

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Habiter son corps (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Habiter son corps
n’est pas aisé
c’est une maison hantée
un champ de mines
il faudrait pouvoir le louer
juste pour des vacances

(Abdellatif Laâbi)


Illustration: Pieter Bruegel l\’Ancien

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Habiter son corps (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Habiter son corps
n’est pas aisé
c’est une maison hantée
un champ de mines
il faudrait pouvoir le louer
juste pour des vacances

(Abdellatif Laâbi)

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CHOSES ILLICITES (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



CHOSES ILLICITES

L’EAU continue de couler—
La grive de chanter

pourtant
au bord du ciel

au fin fond
du lointain

se mêlent…
… les échos du canon !

Dont le silence rappelle
de vallée

en vallée à la paix
de même que les poèmes conservent

le langage
d’anciennes extases.

les éclairs et les bruits de la guerre ;
demeures dont les chambres
sont les plus froides que l’on puisse imaginer,

ils sont partis tous ceux que nous aimions,
les lits restent vides, les divans
moites, les chaises inutiles —

Allez cacher tout cela quelque part
hors de l’esprit, que cela s’enracine
et pousse, à l’écart

des oreilles et des yeux jaloux — pour soi-même.
Dans cette mine, ils viennent tous creuser.
Est-ce la souche de la plus douce

musique ? La source de la poésie qui
voyant la pendule arrêtée, dit
La pendule s’est arrêtée

qui hier encore marchait si bien ?
et elle entend le clapotis de l’eau du lac
— qui maintenant est devenue de pierre.

***

ILLEGITIMATE THINGS

WATER still flows —
The thrush still stings

though in
the skirts of the sky

at the bottom of
the distance

huddle…
…echoing cannon !

Whose silence revives
valley after

valley to peace
as poems still conserve

the language
of old ecstasies.

the flashes and booms of war ;
houses of whose rooms
the cold is greater than can be thought,

the people gone that we loved,
the beds lying empty, the couches
damp, the chairs unused —

Hide it away somewhere
out of the mind, let it get roots
and grow, unrelated to jealous

ears and eyes — for itself.
In this mine they come to dig — all.
Is this the counterfoil to sweetest

music ? The source of poetry that
seeing the clock stopped, says,
The clock has stopped

that ticked yersterday so well ?
and hears the sound of lakewater
splashing — that is now stone.

(William Carlos Williams)
Illustration: ArbreaPhotos

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Ce feu (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
ce feu
dans la cheminée
ce brandon
au foyer de l’être

creuser déblayer
creuser encore
la lumière ne filtre
qu’au profond de la mine

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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immobile yeux clos (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



immobile yeux clos
reclus au plus intime
m’épuisant à mourir
me préparant à naître
scrutant l’invisible
jusqu’à l’hébétude

ou je déambule par les rues
aussi vivant qu’une pierre
le regard vitreux
miné par l’à quoi bon
de tant d’heures inutiles

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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