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Poésie

Posts Tagged ‘minime’

Sur l’arbre de chair (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



Illustration: Chantal Dufour
    
Sur l’arbre de chair chante
le minime oiseau spirituel.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si nous étions les buis d’une divinité (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



… Si nous étions les buis d’une divinité
sculptés avec tendresse, au ciseau doux ?
Le sombre à l’intérieur de nous
sortirait en feuilles minimes
serrées
d’odeur profonde…

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Danielle Decollonge

 

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Le corps d’Eurydice (1/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Ce mouvement vif de la main, était-ce
Pour dessiner son propre corps avec le vent
En parcourir les courbes? Ou un geste d’adieu,
Pour en célébrer, peut-être, l’absence?
Plus tard elle s’est mise à écrire, sa parole
S’est émue. Des phrases, elle ne savait où
Ayant pris naissance au milieu du désordre
Des sentiments, – des lignes ayant à parcourir
Avec elle du temps dans une chambre vide.
Une vie étrangère désormais: des mots
Sur une surface lisse, sans
Commencement ni fin:

«Ayant à croître, à traverser
Mon souffle, s’il est possible, m’approcher
De l’origine sans m’éloigner de vous,
Ne soyez pas si triste, ne m’attendez pas trop
Sur le seuil obscur.»

Elle ne se souvenait pas encore. Elle commençait
A écrire. Elle écrivait, déjà elle commençait
A mourir. L’encre blanchirait sa mémoire.
Couchée contre sa vie, blanche, étrangère,
Elle écrivait: un tournoiement de neige
Noircissait la feuille. Son visage
Maintenant lui apparaissait comme à travers
Une vitre qui semblait contenir le ciel,
Avec beaucoup d’oiseaux que sa main
Cherchait à saisir, maladroitement, comme les seuls
Signes visibles de sa vie:

« Mère Perséphone, salut! Tout mon corps
Se dégage de sa blancheur. Lentement je le vois
Qui s’avance, non dans la lumière,
Pas encore, mais dans une substance épaisse
Comme du sang, ou du souvenir »

Où qu’elle fût maintenant,
Diffuse dans l’ombre du tilleul,
Dans toute cette harmonie fameuse:
Les feuillages fébriles effaçant
Son image et son cri d’angoisse, ou prise
Dans l’iris d’encre, dans l’odeur des géraniums
Ou peut-être encore dans la prunelle
Infime d’un rouge-gorge. Où qu’elle fût:
Devenue le bruit des abeilles.
L’amour emprisonne ceux qui aiment
Derrière l’air bruissant, l’eau plus claire,
Dans la rumeur nombreuse des arbres,
Les excellentes peintures de la terre,
Dans les yeux brillants nous regardent:

« Contre vous mon corps, peu à peu plus obscur,
Je ne demande ni vos soupirs, ni vos regrets,
Mais sur ma bouche absente cette rumeur
Comme le vent du soir en été,
Dans le jardin. Il passe ».

Sur le coeur noir des fleurs, au moment
Où l’ombre a ce goût de menthe, à ce moment
Un souffle agitait d’autres parfums et
Lui faisait battre des paupières. Ou bien le silence
Permettait d’entendre une eau qui coulait
De nouveau sur les pierres, un moment de vie
Rajeunie, un bruit d’aile au loin, comme le velours
De lèvres jamais embrassées. Le geste alors,
Minime, de tourner les pages d’un livre,
Une rêverie à peine supportable:

« Mais où donc se tenait mon coeur,
Est-il là, devant moi, maintenant? Oui. Sans doute.
Roses? Ronces? Dans le fouillis des métaphores
A l’abandon. Mais qui donc était ce passant,
Et pourquoi stupéfait, silencieux? »

(Claude Adelen)

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Un bec acéré t’arrache l’aorte (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Inconvénients minimes
qu’il convient de cacher:
l’aile de la libellule
bat derrière la paupière.
Un bec acéré
t’arrache l’aorte.

(Jacques Izoard)

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Sur l’arbre de chair (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015




Sur l’arbre de chair,
chante
le minime oiseau spirituel.

(Paul Valéry)

Illustration

 

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LES PENSÉES (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2015




LES PENSÉES

Je n’aurai rien compris que les pensées réelles
qu’on plantait au printemps sous le mur des remises
la beauté de couleur profonde, les pensées
qui regardaient le temps de la terre sans feuilles
et voyaient d’un regard obstiné l’essentiel
nues, minimes, sans rien, sans rien d’autre que l’oeil.

(Henry Bauchau)

 

 

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