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Posts Tagged ‘mirabelle’

Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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La rose et le réséda (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



La rose et le réséda

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle l’autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle la rose et le réséda

(Louis Aragon)

Illustration

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Un sourire de toi (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016



 

Un sourire de toi

Sais-tu que je t’écris avec des mirabelles
Dont la rondeur sucrée a le goût de ta peau?
Qu’un sourire de toi contient plus d’hirondelles
Qu’au coucher du soleil la buée bleue des eaux?

(Marc Alyn)

 

 

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La mirabelle (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2016



 

La mirabelle
Cessa de rire
Quand apparut la main.

(Eugène Guillevic)

Illustration

 

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NOCTURNE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



NOCTURNE

Cheval échappé de la clé des songes
Heurtant du sabot l’horloge à minuit :
Les plus lourds dormeurs sortent de leurs plonges
Émergent dans le silence et l’ennui

La chouette ulule au faîte des granges
La lune s’étale sur ses moissons bleues
On entend tinter des cloches étranges
Craquer les grillons sous les cendres feues

C’est l’heure où chassent le brochet, la loutre
Et le maraudeur et le braconnier,
Le contrebandier saigne sur ses outres,
Il pleut quelque plomb sur le faux saunier.

La terre est semée de villages morts
Où grognent des chiens, où des rats galopent
Se crispent des mains sur de vieux remords
Où sur les seins lourds des maries-salopes

Mais l’aurore aiguise au loin ses couteaux
Dans son huile d’or baigne ses flammèches
Pour ressusciter, ouvrant leurs vantaux
Tous ces doux champions du vieux casque-à-mèche

Le jeune et le vieux le gars et la belle
Dans les bras l’un de l’autre alors surpris,
Et dans les vergers lourds de mirabelles
Les merles espiègles et les mulots gris
Les rondes d’enfants tournant à grands cris
A la ri, à la ribe, ribambelle !

(Maurice Fombeure)

 

 

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