Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘misérable’

La douleur te laissa sans âme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Matthias Grünewald _-_The_Crucifixion_(detail)_ 5

(La vérité et Grünewald)

La douleur te laissa
sans âme, comme morte.
Et tu tombas, lourde et sans poids, entre les bras
de qui te navrait,
en une concession totale de vie et de mort.

Quelle fleur flétrie
ainsi belle plus tristement, lis blanc
de chair exacte et légère, doux nard de ce monde,
presque une étoile alors d’un autre monde ;
nard de l’entre deux mondes ?

Là, sur le sol noir, tu semblais,
non pas un corps avec une âme en ascension
mais une âme tombée d’un corps céleste.
mal tenue dans des bras
qui ne te comprenaient pas —,
tâche lunaire de lune errante
sur la misérable scorie ;
tâche lunaire de lune errante !

***

(La verdad y Grünewald)

La pena te dejó
sin alma, como muerta.
Y te caíste, ingrávida y pesada, entre los brazos
de quien te lastimaba,
en una concesión total de vida y muerte.
¿Qué flor marchita
más tristemente bella así, azucena
de carne exacta y leve, dulce nardo de este mundo,
entonces casi estrella de otro mundo;
nardo de entre dos mundos?
No cuerpo con el alma en ascensión
sino alma caída de cuerpo celestial
parecías allí, en el suelo negro
—mal tenida por brazos
que no te comprendían—,
¡lunar de luna errante
sobre la miserable escoria;
lunar de luna errante!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Matthias Grünewald

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

INSCRIPTION (Saint-Georges de Bouhélier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



INSCRIPTION
SUR CE QUI CAUSE LE MALHEUR

Tu te plains de la vie, elle u pourtant ses charmes
Qu’il est beau de connaître.
Il te semble, il est vrai, qu’ils ont un goût de larmes
Mais il naît de ton être !

L’eau de pluie en tombant dans un puits plein de sable
Prend son odeur ainsi.
Toute chose qui passe en ton cœur misérable
Se charge de soucis.

Tu crois les jours sans grâce, ils te paraissent sombres,
Sans qu’aucun d’eux ne brille :
C’est en toi qu’empruntant ces couleurs pleines d’ombres
Ils deviennent stériles.

La peine qui t’emplit fait de chaque délice
Un chagrin éternel,
Comme un objet plongé dans la vague qui glisse
Se recouvre de sel !

Rejette loin de toi cette langueur tragique
Qui toujours te dévore :

Tu verras quel bonheur l’univers communique
A l’âme qui l’adore !

(Saint-Georges de Bouhélier)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES HOMMES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



LES HOMMES

Moi, l’homme des forêts et des trains en hiver,
moi, le conservateur de la dure saison,
de la boue
dans une rue épuisée, misérable,
moi, le poète obscur, j’ai reçu le baiser de pierre sur mon front
et j’ai senti se purifier aussitôt mes angoisses.

(Pablo Neruda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce que l’homme appréhende (Hadewijch II)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Fan Ho (17)

Ce que l’homme appréhende dans la connaissance nue de
haute contemplation, cela est grand assurément, et n’est rien,
Si je compare ce qui est saisi à ce qui fait défait.
C’est dans cette déficience que doit plonger notre désir :
tout le reste est par essence misérable.
Ceux dont le désir pénètre toujours plus avant dans la haute
connaissance sans parole de l’amour pur,
Trouvent aussi la déficience toujours plus grande,
A mesure que leur connaissance se renouvelle sans mode
dans la claire ténèbre,
Dans la présence d’absence…
Là, chose simple lui est révélée
qui ne peut l’être : le Rien pur et nu.

(Hadewijch II)

Illustration: Fan Ho

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maria – Albert Correspondance 1944-1959 (Albert Camus)(Maria Casarès)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018




    
Si tu m’accueilles tout au fond de toi comme tu vas le faire,
je pourrai enfin être absolument transparente.

*

Je préfère n’importe quelle douleur
à la contrainte de ton coeur.

*

Je vais te dire ce qu’il faut faire:
1ère traite: m’aimer
2ème traite : me prendre dans tes bras
3ème traite: me serrer très fort.
Pour les autres, je te dirai au fur et à mesure à ton retour,
ce qu’il faut faire.

*

Ah! comment peut-on mourir tout à fait après avoir tant aimé.

*

Le bonheur que tu me donnes en existant par le seul fait que tu existes (près ou loin) est grand,
mais je dois l’avouer, un peu vague, un peu abstrait, et l’abstraction n’a jamais comblé une femme, ou du moins moi.
Que veux-tu ? J’ai besoin de ton corps long, de tes bras souples, de ton beau visage,
de ton regard clair qui me bouleverse, de ta voix, de ton sourire, de ton nez, de tes mains,
de tout.

*

Lorsque je pense à toi brun, j’oscille.
Il fait mauvais ici ; je suis encore café au lait, plutôt lait que café,
et je me coiffe avec chignons ou avec une natte derrière, comme les chinois.
Je m’habille le moins possible.
Et surtout je n’existe pas,
j’attends d’exister,
je ne suis que promesse.

*

Ah ! mon amour ! je voudrais être vierge de corps et d’âme pour toi !
Je voudrais connaître une langue jamais usée auparavant, pour te parler !
Je voudrais pouvoir t’exprimer par des mots le sens nouveau que tu m’as fait découvrir en eux !
Je voudrais surtout pouvoir mettre toute mon âme dans mes yeux et te regarder indéfiniment, jusqu’à ma mort !

*

La mer est devant toi.
Regarde comme elle est lourde, dense, riche, forte ;
regarde comme elle vit, effrayante de puissance et d’énergie,
et pense que, par toi, je suis un peu devenue comme elle.
Pense que quand je me sens sûre de ton amour,
je n’envie point la mer d’être si belle je l’aime en soeur.

*

S’il m’est arrivé de me sentir diminuée, misérable, stérile,
c’est uniquement parce que je me suis mise à douter ;
mais toi, m’aimant, toi, près de moi, ma vie est remplie, justifiée.
C’est moi, mon chéri, moi seule, qui doit, pendant ces deux longs mois,
revivifier mes forces pour qu’il ne m’arrive plus jamais de douter.
Toi, tu dois seulement m’aimer, m’aimer beaucoup ;
c’est tout ce qu’il me faut pour me sentir aussi grande,
aussi vaste, aussi peuplée que cet océan, que l’univers ;
c’est tout ce qu’il faut aussi pour que mon visage ait cet air de bonheur que tu aimes.
Notre triomphe, notre victoire est là et pas ailleurs.

*

Tu es confondu à mon coeur, à mon âme, à mon corps.
Dès que je me réveille, tu es là ;
dès que je ris, je pleure, tu es là,
dès que je regarde tu es là.
Oh mon amour.

*

L’ombre même m’est douce
si je te sais en plein soleil.

*

Plus rien ne peut changer de moi à toi,
et je serai toujours là toujours, jusqu’à la fin.
Tu es le seul être au monde qui m’ait appris la vraie douleur et la véritable joie ;
tu es le seul qui ait mis en moi l’angoisse de la mort
et la révolte contre la dernière séparation.
Je n’ai jamais aimé personne comme je t’aime, personne au monde,
et je n’aurais jamais connu le besoin de l’existence
et de la présence de quelqu’un si je ne t’avais pas rencontré.
Tout en toi est joie, plaisir, richesse et amour pour moi,
et je sens mon coeur fondre quand je pense à celui qui tremble un peu,
qui hésite, prie et frissonne au fond de toi, celui que je devine souvent
et qui de temps en temps se laisse aller devant moi.

*

Tu sais, et maintenant tu sais que je sais que tu sais
ce qu’il en est au fond, au fond de moi.
Mais gare ! Ceci n’empêche pas le printemps de fleurir ce qu’il touche,
et mon coeur, mon corps, mon âme de crier après toi,
de souffrir après toi, de courir, de hurler, de rire et de souffrir après toi.

Et il y a quelque chose qui ne peut décidément pas se résigner à ton absence,
c’est mon pauvre petit corps qui s’étire en vain vers toi, qui se tord, qui geint
et qui pleure après toi, mon petit corps triste qui se rabougrit de jour en jour
et qui demande sans cesse à s’épanouir, à se réchauffer, à battre, à frémir.

O mon beau, mon cher amour !
Ô brûlure ! Ô ma douce douleur !
O ma vie !

Me voici remplie de frissons,
d’ondulations mystérieuses,
de sons délicats et secrets.

Tu voulais que ma lettre t’apportât un peu de chaleur !
Elle a éveillé de nouveau, chez moi, toute cette zone obscure et intime
que j’aime tant à sentir naître juste dans mon centre, dans mon milieu,
cette zone vibrante qui m’émeut autant
que la présence d’un enfant dans mon ventre,
ou davantage même, la connaissant mieux.

Elle a touché ce point infime qui est en moi,
mais que toi seul connais et aimes
et j’en tremble tout entière.

*

Heureuse, Oh ! Oui !
Heureuse. Heureuse et débordante de désir et de tendresse.
Je t’attends. Je suis chaque jour dans l’attente de toi.
Je cours je cours sans cesse vers toi.
La côte tire à sa fin, mon chéri.
Bientôt la vue de la mer, et ensuite la plage et les vagues.

Maria

(Albert Camus)(Maria Casarès)

 

Recueil: Correspondance 1944-1959
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Néant (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



    

Néant

Vous, qui vivez heureux, vous ne sauriez comprendre
L’empire que sur moi ces songes pouvaient prendre ;
Mais lorsque je tombais de leur enchantement
A la réalité qui toujours les dément,
Si je voulais, luttant contre ma destinée,
Me dépouiller des fers qui m’ont environnée,
Une voix me disait : « Puisque tu dois mourir,
Qu’importe ce bonheur auquel tu veux courir ! »

Néant, que nos grandeurs ! néant, que nos merveilles
Néant ! toujours ce mot tintait à mes oreilles…

Après avoir sondé tout penser jusqu’au fond,
Comme un fruit desséché dont la liqueur se fond,
Et qui ne garde plus qu’une stérile écorce,
Aliment sans saveur et décevante amorce,
Ainsi tous les objets, au bonheur m’engageant,
Cachaient, sous leurs dehors, ce mot hideux : NEANT !

Ah ! que nous passons vite au milieu de la vie,
Et que de peu de bruit notre mort est suivie !
On dirait que le poids de son adversité,
Endurcit au malheur la triste humanité.
A-t-elle assez de pleurs pour l’hécatombe immense
Que la mort fait sans cesse, et toujours recommence ?
A-t-elle assez de voix pour dire les combats
Des misérables jours qu’elle traîne ici-bas ?
A-t-elle assez de cris pour rendre sa souffrance !

Non, l’excès de nos maux produit l’indifférence :
Eh! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer,
En voyant près de lui tour à tour expirer
Tous ceux qu’il chérissait, êtres en petit nombre,
Unis à notre sort, qu’il soit riant ou sombre ;
Fractions de notre âme, où nous avions placé
L’espoir de l’avenir, le charme du passé ;
Amis, parents, objets de nos idolâtries,
Que la mort vient faucher comme des fleurs flétries !

Quel désespoir profond et quel amer dégoût,
Quand l’âme qui s’éveille entrevoit tout-à-coup
Que tout sera néant, que tout sera poussière,
Que la terre elle-même, aride nourricière.
Après avoir mêlé ses fils à son limon.
Deviendra dans l’espace une chose sans nom…

Ce vide de la mort, qui navre et désespère,
Hélas ! je l’ai compris, quand j’ai perdu mon père
Le temps fuit, entraînant mes rêves sur ses pas ;
Mais ce tableau de deuil ne s’effacera pas.

(Louise Colet)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vagant (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



&

Illustration
nbsp;   
Vagant

I
j’aime pour ma vie liberté errance
vienne que pourra
si je voulais me contraindre
ça ne m’irait pas

et je sais des chansons éternelles
l’hiver sans souliers
dans le froid écoutez-la ma mandoline
mais où coucher

plus d’une belle fille s’étonne
je lui plairais bien
si je n’étais un misérable
propre-à-rien

belle fille Dieu t’accorde
riche mari
si nous étions tous deux ensemble
mon chant cesserait de vivre

2
si le soleil brillait l’adorable
soleil du sud tiède et bleu
je prendrais ma mandoline
sur le pré nappe de feu

la nuit mon amour écoute
à sa fenêtre et ne dort pas
comme la nuit serait douce
souhaite-nous la douce nuit

si le soleil brillait l’adorable
soleil du sud tiède et bleu
je prendrais ma mandoline
sur le pré nappe de feu

4
tu es triste éraillé
viens sur mon coeur
fort ôte-moi le souffle
pince taquine
soupirant
joue contre joue
pour mon oreille
chante au fond de la cour
chat et chien hurlent
et le voisin est furieux
mais que nous importe
le monde violon mon doux violon

***

Der wandernde Musikant

I
Wandern lieb ich fir mein Leben,
Lebe eben wie ich kann,
Wollt ich mir auch Mühe geben,
Paßt es mir doch gar nicht an.

Schöne alte Lieder weiß ich,
In der Kälte, ohne Schuh
Draußen in die Saiten reiß ich,
Weiß nicht, wo ich abends ruh.

Manche Schöne macht wohl Augen,
Meinet, ich gefiel’ ihr Behr,
Wenn ich nur was wollte taugen,
So ein armer Lump nicht war. —

Mag dir Gott ein’n Mann bescheren,
Wohl mit Haus und Hof versehn !
Wenn wir zwei zusammen wãren,
Möcht mein Singen mir vergehn.

2
Wenn die Sonne lieblich schiene
Wie in Welschland lau und blau,
Ging’ ich mit der Mandoline
Durch die überglänzte Au.

In der Nacht dann Liebchen lauschte
An dem Fenster süß verwacht,
Wünschte mir und ihr, uns beiden,
Heimlich eine schöne Nacht.

Wenn die Sonne lieblich schiene
Wie in Welschland lau und blau,
Ging’ ich mit der Mandoline
Durch die überglänzte Au.

4
Bist du manchmal auch verstimmt,
Drück dich zärtlich an mein Herze,
Daß mir’s fast den Atem nimmt,
Streich und kneif in süßem Scherze,
Wie ein rechter Liebestor
Lehn ich sanft an dich die Wange
Und du singst mir fein ins Ohr.
Wohl im Hofe bei dem Klange
Katze miaut, Hund heult und bellt,
Nachbar schimpft mit wilder Miene —
Doch was kümmert uns die Welt,
Suße, traute Violine !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hurle, ô foudre ! … (Tadeusz Miciński)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Prométhée enchaîné

Hurle, ô foudre ! …

Hurle, ô foudre ! ô vent, déchire ces cordes
où ce nabot misérable — la Terre — me retient et m’étrangle,
jette-les au large de l’étendue où l’âme perd la parole,
dans le grand poème cabalistique de la nature.
Ombre souterraine ! Tes pentes escarpées et tes versants sourds
me mènent aux allées oubliées des tombeaux —
moi — le Prométhée enchaîné aux galères —
je crains les insultes et les moqueries des étoiles froides.
Un feu secret réduit mon cœur en cendres,
comme le bloc de glace détruit la roche de granit.
Pélion sur Ossa ! la mer furieuse, déchaînée,
les volcans, les soleils pour la conquête de l’âme —
qu’ai-je pris en possession ? la fleur des champs célestes —
et une douleur inconcevable — silencieuse, infinie.

(Tadeusz Miciński)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans une vie, il y a place pour tout (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Henri Rousseau
    
Chaque jour je suis en Pologne sur les champs de bataille ou, peut-on dire, les champs de massacre.
Parfois s’impose à moi comme une vision des champs de bataille de la couleur verte d’un poison,
je suis auprès des affamés, des torturés, des moribonds, chaque jour ;
mais je suis aussi proche du jasmin et du morceau de ciel derrière ma fenêtre.
Dans une vie, il y a place pour tout.
Pour une foi en Dieu et pour une mort misérable

(Etty Hillesum)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :