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Poésie

Posts Tagged ‘mobile’

AUTOMNE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Maurice de Vlaminck
    
AUTOMNE

Un reflet du couchant grossit en colline,
Œil où le regard est sang.

A l’automne,
La pomme du monde est humide et ronde,
Frétille entre les dents,
Douce peau travaillée de soleil, de pluie, de vent
Puis humide de paix.

Mobiles dans l’ordre de la brume,
Les arbres près du village, roulant comme des bohémiens,
Content de longues histoires de voyage
Où nul ne comprend rien et que l’on craint.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Être angélique (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Ce petit corps charmant que semble avoir sculpté la main la plus habile
Comme il est là flottant, souple et sans ossature, au mollusque pareil!
En lui tout est organe, et tout s’y articule, et tout y plaît aux yeux.
Tout y est fait selon les normes, tout y est mobile à volonté.
Des hommes, j’en connais, des animaux aussi, tant oiseaux que poissons,
Et maints reptiles bien à part, miracles nés de la grande nature;
Pourtant je te regarde avec stupeur, Bettine, adorable miracle,
Toi qui es tout cela ensemble et qui, de plus, es un être angélique.

***

Wie, von der künstlichsten Hand geschnitzt, das liebe Figürchen,
Weich und ohne Gebein, wie die Molluska nur schwimmt!
Alles ist Glied, und alles Gelenk, und alles gefällig,
Alles nach Maßen gebaut, alles nach Willkür bewegt.
Menschen hab ich gekannt und Tiere, so Vögel als Fische,
Manches besondre Gewürm, Wunder der großen Natur;
Und doch staun ich dich an, Bettine, liebliches Wunder,
Die du alles zugleich bist, und ein Engel dazu.

(Goethe)

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Être visage (François Muir)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Illustration

    

Être visage,
Ondulant sous les planètes.
Cerf-volant mandarin
Aux liens dénoués.
Mille facettes
Ni mobile
Ni immobile.

(François Muir)

 

Recueil: Toi, l’égaré (poèmes inédits)
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Mots apportés d’ailleurs (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018




    
mots apportés d’ailleurs par portable. mobiles des gens dans les
automobiles détails muets des conversations entaillées par les
klaxons. conversations souvent sans mobile et bruit insup
portable des mots qu’on entend (pas)

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Je me contredis à toute heure (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Je me contredis à toute heure :

mon âme est comme l’onde, mobile et changeante,
parfois lumière et or, reflétant un grand ciel d’azur,

parfois livide, sombre, glacée, morbide,
triste comme un marais d’automne,
fouetté par une pluie grisâtre
ou par un vent funèbre et gémissant.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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La chambre de Pedro (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



La chambre de Pedro

Des mobiles en or de la Place du Général Osorio
balancent dans l’air de Pierre des nouvelles du Brésil.
La chambre flotte entre posters et cahiers de géographie.
Le hamac bahianais se balance sur le balcon qui donne sur
la plate-forme aux terrasses à perte de vue.
Des trésors d’empereur jonchent le sol:
coquillages, mignonnettes, volant de voiture.
L’empire s’enfonce dans un rêve interplanétaire
mais sonne l’heure fatale
dans la chambre amatutinée:
l’empereur chausse les souliers de la routine
et s’en va, vaincu, vers l’école.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Alphabet (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Alphabet

La vie, l’air que nous respirons existent
une légèreté dans tout, une égalité dans tout,
une équation, un énoncé ouvert et mobile
dans tout, et pendant que s’enflamme dans l’été précoce
arbre après arbre, une passion, une passion
dans tout comme si pour le jeu de l’air avec
la manne tombant il existait un croquis simple,
simple comme quand le bonheur a beaucoup d’aliment
et le malheur aucun, simple comme quand la nostalgie
a beaucoup de chemins et la souffrance aucun,
simple comme le lotus sacré est simple
parce qu’il est comestible, un croquis aussi simple
que ton rire qui dessine ton visage dans l’air

(Inger Christensen)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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Le chant de l’eau (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Le chant de l’eau

L’entendez-vous, l’entendez-vous
Le menu flot sur les cailloux ?
Il passe et court et glisse
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l’on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa ;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers
Et les putois et les fouines
Et les souris et les mulots
Ecoutent
Loin des sentes et loin des routes
Le bruit de l’eau.

Aubes voilées,
Vous étendez en vain,
Dans les vallées,
Vos tissus blêmes,
La rivière,
Sous vos duvets épais, dès le prime matin,
Coule de pierre en pierre
Et murmure quand même.
Si quelquefois, pendant l’été,
Elle tarit sa volupté
D’être sonore et frémissante et fraîche,
C’est que le dur juillet
La hait
Et l’accable et l’assèche.
Mais néanmoins, oui, même alors
En ses anses, sous les broussailles
Elle tressaille
Et se ranime encor,
Quand la belle gardeuse d’oies
Lui livre ingénument la joie
Brusque et rouge de tout son corps.

Oh ! les belles épousailles
De l’eau lucide et de la chair,
Dans le vent et dans l’air,
Sur un lit transparent de mousse et de rocailles ;
Et les baisers multipliés du flot
Sur la nuque et le dos,
Et les courbes et les anneaux
De l’onduleuse chevelure
Ornant les deux seins triomphaux
D’une ample et flexible parure ;
Et les vagues violettes ou roses
Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent
Autour des flancs, autour des reins ;
Et tout là-haut le ciel divin
Qui rit à la santé lumineuse des choses !

La belle fille aux cheveux roux
Pose un pied clair sur les cailloux.
Elle allonge le bras et la hanche et s’inclina
Pour recueillir au bord,
Parmi les lotiers d’or,
La menthe fine ;
Ou bien encor
S’amuse à soulever les pierres
Et provoque la fuite
Droite et subite
Des truites
Au fil luisant de la rivière.

Avec des fleurs de pourpre aux deux coins de sa bouche,
Elle s’étend ensuite et rit et se recouche,
Les pieds dans l’eau, mais le torse au soleil ;
Et les oiseaux vifs et vermeils
Volent et volent,
Et l’ombre de leurs ailes
Passe sur elle.

Ainsi fait-elle encor
A l’entour de son corps
Même aux mois chauds
Chanter les flots.
Et ce n’est qu’en septembre
Que sous les branches d’or et d’ambre,
Sa nudité
Ne mire plus dans l’eau sa mobile clarté,
Mais c’est qu’alors sont revenues
Vers notre ciel les lourdes nues
Avec l’averse entre leurs plis
Et que déjà la brume
Du fond des prés et des taillis
S’exhume.

Pluie aux gouttes rondes et claires,
Bulles de joie et de lumière,
Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,
Car tout l’automne en deuil
Le jonche en vain de mousse et de feuilles tombées.
Son flot rechante au long des berges recourbées,
Parmi les prés, parmi les bois ;
Chaque caillou que le courant remue
Fait entendre sa voix menue
Comme autrefois ;
Et peut-être que Mélusine,
Quand la lune, à minuit, répand comme à foison
Sur les gazons
Ses perles fines,
S’éveille et lentement décroise ses pieds d’or,
Et, suivant que le flot anime sa cadence,
Danse encor
Et danse.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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Les grands saules chantent (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2016



Les grands saules chantent
Mêlés au ciel
Et leurs feuillages sont des eaux vives
Dans le ciel

Le vent
Tourne leurs feuilles
D’argent
Dans la lumière
Et c’est rutilant
Et mobile
Et cela flue
Comme des ondes.

On dirait que les saules coulent
Dans le vent
Et c’est le vent
Qui coule en eux.

C’est des remous dans le ciel bleu
Autour des branches et des troncs
La brise chavire les feuilles
Et la lumière saute autour
Une féerie
Avec mille reflets
Comme des trilles d’oiseaux-mouches
Comme elle danse sur les ruisseaux
Mobile
Avec tous ses diamants et tous ses sourires.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

 

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Sous les plantes le banc (Abbas Bouhlal)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2016


Soleil mobile
dans le jour discordant:
sous les plantes le banc avait quelque chose
de reposant, comme une vieillesse incommensurable

(Abbas Bouhlal)


Illustration


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