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Poésie

Posts Tagged ‘modeler’

Instantanés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018





Illustration

    

Instantanés

J’appartiens au silence
Que troublent parfois
Des bruits non désirés
Et je foudroie du regard
Le clapotis des vagues

Les étoiles pâlissent
Que le soleil éclabousse
Fantasque
La lune cabriole
Sur la densité de la nuit
Et des images naviguent
Dans un coin de clarté et de paix
Où sous des cils sombres
Ton regard clair
Décape l’air frais
Sous un ciel coiffé de son bonnet d’hiver

La lumière traverse les volets
Pour modeler ton corps
Et jouer à cache-cache
Avec l’ombre de tes seins

Je sais que c’est par espièglerie
Que tu laisses sur le drap de lit
Ton empreinte indélébile
Mais je dois m’en contenter

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

 

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Silence (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




silence
je m’unis au silence
je me suis unie au silence
et je me laisse modeler
je me laisse boire
je me laisse dire

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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ETERNEL ET PERISSABLE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Jean-Pierre Augier_les vieux assis [1280x768]

ETERNEL ET PERISSABLE

Nous étions sur le balcon, la nuit tombait.
— ce que la lumière et le jour n’avaient fait —
l’ombre dessinait lentement ton visage
et tes paroles à la tristesse sage.

Comme sous la main d’un artiste et d’un maître
on voit des détails, l’essentiel apparaître,
hors du temps surgit ton image éternelle
rapidement tes paroles te modèlent

L’oeuvre a triomphé de l’ombre et du déclin
tableau de Rembrandt, peut-être du Titien
parfaite et si pure — immortelle, immuable.

Mais j’eus peur de l’oeuvre où tu ne peux vieillir,
pour me rassurer, mes doigts ont dû saisir
tendrement ta main vivante et périssable.

(Gyula Illyès)

Illustration: Jean-Pierre Augier

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L’oiseau en mai (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Illustration
    
l’oiseau en mai
venu du fond de l’oiseau.

l’oiseau se condense
différent
selon le lieu, selon le temps
– ici aigrette – ici mésange.

le cormoran; une musique immobile :
pour cela fascinante.

un bouvreuil :
menu incendie.

le coq court sous la pluie
serrant contre lui ses ailes
(un manchot ?)
des mains l’accompagnent pourtant
qui le modèlent.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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L’obéissance (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 

Illustration: Edward Hopper
    
L’obéissance
To the dark lady

Encore une fois l’appel ancien se lève
dans le chant habituel de la guitare
et une solitude double nous amarre
nuit à nuit dans un bar, et je ne t’aime pas,

ceci n’est pas l’amour mais l’Éclaireur
avec ta peau, ta salive et cette griffe
qui nous déchire avec délicatesse
chaque fois qu’entre tes cuisses je me répands.

Deux corps en veille à voix basse se parlent
devant l’inébranlable sentinelle
du simulacre de cet amour gisant,

quelle servitude amère réconcilie
la ligne équinoxiale qui te modèle
avec ce pâle aura de l’occident.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Issu de notre chair (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Illustration: Beata Nowakowska-Kiwior
    
Issu de notre chair
Tissée de siècles
Et d’océans
Quel verbe
Criblera nos murs
Sondera nos puits
Modèlera nos saisons ?

Avec quels mots
Saisir les miettes
Du mystère
Qui nous enchâsse
Ou de l’énigme
Qui nous surprend ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’impression d’oublier (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
L’impression d’oublier

L’impression d’oublier quelque chose
qui nous visite au moment de la mort :
un testament ou quelque vieux message
pour expliquer ce qu’on n’explique pas.

ll s’agissait de résumer le monde,
le temps, la vie. Ou de dire… Mais quoi ?
des mots de rire ou de myosotis ?

L’oubli, qui sait ? de fermer une porte,
de modeler la phrase de sa fln,
peur de partir et peur de revenir –
ou cet oubli de s’oublier soi-même ?

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Nul n’a jamais écrit (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration
    
Nul n’a jamais écrit
ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé,
que pour sortir en fait de l’enfer.

(Antonin Artaud)

 

Recueil: Van Gogh ou le Suicidé de la société
Traduction:
Editions:

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Le poème (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017



Illustration: Gustave Moreau
    
Un poème sommeille en moi
Qui exprimera mon âme entière.
Je le sens aussi vague que le son et le vent
Non modelé dans sa forme accomplie.

Il n’a ni stance, ni vers, ni mot.
Il n’est même pas tel que je le rêve.
Rien qu’un sentiment confus de lui,
Rien qu’une brume heureuse entourant la pensée.

Jour et nuit dans mon mystère intime
Je le rêve, je le lis, je l’épelle,
Et sa vague perfection toujours
Gravite en moi à la frange des mots.

Jamais, je le sais, il ne sera écrit.
Je sais et j’ignore à la fois ce qu’il est.
Mais je jouis de le rêver,
Car le bonheur, même faux, reste le bonheur.

***

The poem

There sleeps a poem in my mind
That shall my entire soul express.
I feel it vague as sound and wind
Yet sculptured in full definiteness.

It has no stanza, verse or word.
Ev’n as l dream it, it is not.
‘Tis a mere feeling of it, blurred,
And but a happy mist round thought.

Day and night in my mystery
I dream and read and spell it over,
And ever round words’ brink in me
Its vague completeness seems to hover.

I know it never shall be writ.
I know I know not what it is.
But I am happy dreaming it,
And false bliss, although false, is bliss.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poèmes anglais
Traduction: Georges Thinès
Editions: Points

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AUX CHOSES LENTES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




AUX CHOSES LENTES

Blasons, prenons le temps de vous bien déchiffrer
prenons le temps de tout compter
et de lire l’écriture fine
que modela la belle inconnue
un jour qu’elle était pâle et nue.
Dans un monde touffu se mêlent
les frissons de la maladie
les armes de la médisance
le visage du laboureur
l’éclat de l’amour inconnu
et les yeux bleus du travailleur
celui au front couvert de signes
s’appuyant au bras de sa fille
portant le poids de sa beauté
traquée à l’abri du corset
femme au regard rejoignant
la douceur d’une feuille qui tremble.

(Jean Follain)

Illustration

 

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