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Poésie

Posts Tagged ‘modeste’

La révélation (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Tout poème, si modeste que soit son aspect, si limité qu’il puisse paraître à l’analyse,
s’efforce de faire passer dans le petit mouvement du langage qu’il constitue
quelque chose de l’identité du même et de l’autre
qui me paraît constituer, essentiellement, la révélation, l’opération de la poésie.

(André Frénaud)

Illustration

 

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Doux est le regard de la jeune fille (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration
    
Doux est le regard de la jeune fille qui te fait signe,
Doux le regard du buveur au moment où il va boire,
Et le salut du seigneur qui pourrait commander,
Et le rayon du soleil d’automne qui nous réchauffe.
Mais plus doux que tout cela garde
Toujours présent à tes yeux, comment, vers un modeste don,
S’allonge si gentiment une main indigente,
Recevant avec une gracieuse reconnaissance ce que tu lui tends.
Quel regard ! Quel salut ! Quel désir éloquent !
Regarde-le bien, et tu donneras toujours.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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INVITATION (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



INVITATION

Venez !
Autour de ma demeure chante un ruisseau
qui est gai comme le printemps.
Vous verrez peut-être des mouettes, si le vent se lève.

Comme je ne reçois jamais personne,
je ne fais pas balayer les allées de mon jardin.
Vous marcherez sur un tapis de feuilles.

Vous m’excuserez de vous offrir un déjeuner modeste,
car le marché est très éloigné.
Croyez que je m’efforcerai de vous dire des choses agréables
pour compenser la rusticité de ma table.

Vous hésitez?
Vous craignez de me déranger?
Nous allons boire quand même ensemble,
et nous trinquerons par-dessus la haie.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Rien (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018


rien

Par dons modestes et à demi-mots,
le coeur humain apprend le rien.
Rien, est la force qui rend le monde neuf.

(Emily Dickinson)

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Ainsi va le guetteur que je suis (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
Ainsi va
le guetteur
que je suis

à l’affût
de ce qui
si longtemps

donnait
enchantement
modeste
et familier

au silence.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Jamais n’est lasse d’être nue (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017



Illustration: Andrzej Malinowski
    
Jamais n’est lasse d’être nue,
la vendeuse de violettes,
aucun poignard n’agrafe sa jupe
et son corsage est de large tulle.

Dans sa chambre, une seule odeur,
et sur son corps gainé de lait,
et dans son coeur violet,
et dans le sang qui le transperce.

En cette serre de l’été
le printemps conserve ses taches,
et l’on mord la sève de mars,
brasier de mille fleurs modestes.

Les corps de sel fondent de joie
contre la pluie ensorcelée
dont les genoux sont de feuillage
et dont le sexe est de grésil.

O mains vendues aux fleurs
au-devant d’un corps donné,
j’achète vos ailes consacrées
par-dessus le sang de leur proie.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le Liseron (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
Le Liseron

Aimez le Liseron, cette fleur qui s’attache
Au gazon de la tombe, à l’agreste rocher ;
Triste et modeste fleur qui dans l’ombre se cache
Et frissonne au toucher !

Aimez son teint si pâle et son parfum d’amande ;
Ce parfum, on le cherche, il ne vient pas à vous ;
Mais, à l’humble corolle alors qu’on le demande,
On le sent pur et doux,

Il ne pénètre pas les sens comme la rose,
Il ne jette pas l’âme en de molles langueurs,
Suave et virginal, de l’ivresse il repose,
Et rafraîchit les cœurs.

De l’amour idéal, chaste et touchant emblème,
Il vit et meurt caché sous le regard de Dieu,
S’abreuve de rosée et de soleil, de même
Que l’âme se nourrit de larmes et de feu.

Comme l’amour encore qui, pudique, se voile,
L’homme, sans le sentir, le foule sous ses pas,
Ou parfois à la tige il arrache l’étoile
Et ne l’aspire pas !

Plus d’un cœur fut ainsi brisé dans le silence,
Étouffant un amour, mystère de pudeur,
Désir inexprimé qui vers le ciel s’élance,
Comme du Liseron la balsamique odeur !

(Louise Colet)

 

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Les Fleurs que j’aime (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
Les Fleurs que j’aime

Fleurs arrosées
Par les rosées
Du mois de mai,
Que je vous aime !
Vous que parsème
L’air embaumé !

Par vos guirlandes,
Les champs, les landes
Sont diaprés :
La marguerite
Modeste habite
Au bord des prés.

Le bluet jette
Sa frêle aigrette
Dans la moisson ;
Et sur les roches
Pendent les cloches
Du liseron.

Le chèvrefeuille
Mêle sa feuille
Au blanc jasmin,
Et l’églantine
Plie et s’incline
Sur le chemin.

Coupe d’opale,
Sur l’eau s’étale
Le nénufar ;
La nonpareille
Offre à l’abeille
Son doux nectar.

Sur la verveine
Le noir phalène
Vient reposer ;
La sensitive
Se meurt, craintive,
Sous un baiser.

De la pervenche
La fleur se penche
Sur le cyprès ;
L’onde qui glisse
Voit le narcisse
Fleurir tout près.

Fleurs virginales,
A vos rivales,
Roses et lis,
Je vous préfère,
Quand je vais faire
Dans les taillis
Une couronne
Dont j’environne
Mes blonds cheveux,
Ou que je donne
A la Madone
Avec mes vœux.

(Louise Colet)

 

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Aimez (Le Tasse)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Un oiseau […]

« Aimez, chanta-t-il, que pointe la rose
hors du bouton modeste et virginelle.
Moitié ouverte encore, et moitié close,
moins elle se montre, et plus elle est belle.
Puis son sein nu, déjà, l’audacieuse
déploie. Elle se fane, non plus celle
non plus celle, non, tantôt désirée
par mille amants et par mille donzelles.

Passent ainsi, lorsque trépasse un jour,
le vert, la fleur de la mortelle vie.
Elle, pour qu’avril sur ses pas retourne,
ne se renfleurit, ne se reverdit.
Cueillons la rose au matin adorable
d’aujourd’hui qui bientôt perd sa douceur.
Cueillons d’amour la rose. Aimons alors
qu’il se peut qu’on aime alors qu’on vous aime. »

Il se tut. Le choeur des oiseaux, d’accord,
comme approuvant, reprend la mélodie.
Redoublent les colombes leurs baisers.
Tout animal se conseille l’amour.
Le chêne dur et le chaste laurier
et toute la feuillue, ample famille,
l’air et la terre, il semble qu’ils inspirent
d’amour très doux les sens et les soupirs.

***

Deb mira, egli cantó, spuntar la rosa
Del verde suo modesta e verginella,
Che mezzo aperta ancora, e mezzo ascosa,
Quanto si mostra men, tanto è più bella.
Ecco poi nudo il sen già baldanzosa
Dispiega : ecco poi langue, e non par quella,
Quella non par, che desiata avanti
Fu da mille donzelle e mille amanti.

Così trapassa al trapassar d’un giorno
Della vita mortale il fiore e ‘l verde;
Nè, perchè faccia indietro april ritorno,
Si rinfiora ella mai, nè si rinverde.
Cogliam la rosa in sul mattino adorno
Di questo dì, che tosto il seren perde;
Cogliam d’amor la rosa; amiamo or quando
Esser si puote riamato amando.

Tacque; e concorde degli augelli il coro,
Quasi approvando, il canto indi ripiglia.
Raddoppian le colombe i baci loro;
Ogni animal d’amar si riconsiglia :
Par che la dura quercia, e ‘l casto alloro,
E tutta la frondosa ampia famiglia,
Par che la terra e l’aria e formi e spiri
Dolcissimi d’amor sensi e sospiri.

(Le Tasse)

 

Recueil: Les Flèches d’Armide
Traduction: Jacques Audiberti
Editions: Imprimerie Nationale

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LE LYS (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Malinowsky
    
LE LYS

La modeste rose avance une épine,
L’humble agneau une menaçante corne,
Tandis que le lis trouve son bonheur dans l’Amour ;
Ni épine ni menace ne souille son éclatante beauté.

***

THE LILLY

The modest Rose puts forth a thorn,
The humble Sheep a threat’ning horn,
While the Lilly white shall in Love delight,
Nor a thorn nor a threat stain her beauty bright.

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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