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Poésie

Posts Tagged ‘moineaux’

Et si c’était vrai? (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2019



Des moineaux plein les poches,
il prend la main
des mots que les enfants crient.

Il leur fait traverser la ruelle grise
en leur murmurant:
« Et si c’était vrai? »

(Alain Serres)

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Complainte d’un certain dimanche (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Complainte d’un certain dimanche

L’homme n’est pas méchant, ni la femme éphémère.
Ah! fous dont au casino battent les talons,
Tout homme pleure un jour et toute femme est mère,
Nous sommes tous filials, allons!
Mais quoi! les Destins ont des partis-pris si tristes,
Qui font que, les uns loin des autres, l’on s’exile,
Qu’on se traite à tort et à travers d’égoïstes,
Et qu’on s’use à trouver quelque unique Évangile.
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Dans ce village en falaises, loin, vers les cloches,
Je redescends dévisagé par les enfants
Qui s’en vont faire bénir de tièdes brioches;
Et rentré, mon sacré-coeur se fend!
Les moineaux des vieux toits pépient à ma fenêtre,
Ils me regardent dîner, sans faim, à la carte;
Des âmes d’amis morts les habitent peut-être ?
Je leur jette du pain : comme blessés, ils partent!
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Elle est partie hier. Suis-je pas triste d’elle?
Mais c’est vrai ! Voilà donc le fond de mon chagrin!
Oh! ma vie est aux plis de ta jupe fidèle!
Son mouchoir me flottait sur le Rhin….
Seul. — Le Couchant retient un moment son Quadrige
En rayons où le ballet des moucherons danse,
Puis, vers les toits fumants de la soupe, il s’afflige…
Et c’est le Soir, l’insaisissable confidence…
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Faudra-t-il vivre monotone?

Que d’yeux, en éventail, en ogive, ou d’inceste,
Depuis que l’Être espère, ont réclamé leurs droits!
Ô ciels, les yeux pourrissent-ils comme le reste?
Oh! qu’il fait seul! oh! fait-il froid!
Oh! que d’après-midi d’automne à vivre encore!
Le Spleen, eunuque à froid, sur nos rêves se vautre!
Or, ne pouvant redevenir des madrépores,
Ô mes humains, consolons-nous les uns les autres.
Et jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Tâchons de vivre monotone.

(Jules Laforgue)


Illustration

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Les moineaux (Issa)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017


moineaux

les moineaux aussi sont à l’heure
pour la sortie matinale
de l’effigie du Bouddha

 

(Issa)

 

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Pourquoi les moineaux (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Pourquoi les moineaux
Se sont-ils donc rassemblés
Dans le vieux rosier ?

***

For some strange reason
Sparrows are congregating
In an old rose bush.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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Une prune mûre éclate (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2016



Une prune mûre éclate,
Une feuille recueille son jus
Que boivent les moineaux.

***

A bursting ripe plum
Forms a pool upon a leaf
From which sparrows drink.

(Richard Wright)

Illustration

 

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Une pluie continuelle (Hosaï)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



une pluie continuelle depuis plusieurs jours
les moineaux et moi
nous regardons

(Hosaï)

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MIDI (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015




MIDI

Les lézards dorment en bougeant la queue dans les pierres ;
l’avant-toit ne fait plus par terre
la barre droite qu’il faisait ;
sur le talus, pour avoir frais,
les doigts cherchent une touffe d’herbe.

Tout est silence dans la maison, la cour est déserte ;
les canards bleus, les canards verts, les canards blancs
sont rangés, comme si on leur avait coupé la tête,
l’un à côté de l’autre au bord de l’étang.

Le chien, dans sa niche de paille et d’ombre,
le museau sur ses pattes, ronfle,
et seul le bout de son museau se montre.

De temps en temps seulement, on voit
un paquet de moineaux qui se laisse tomber du toit ;
ils font dans l’air une tache légère,
puis ils se roulent dans la poussière,

ils font alors une petite fumée, ? oh ! apportez-moi
une de ces pommes pas encore mûres, pleines d’acidité,
qu’on cueille aux arbres du verger,
avant le temps, avec la queue,

et dont le jus entre les dents
a une fraîcheur délicieuse.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

 

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