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Poésie

Posts Tagged ‘moire’

Sand Memory (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



Sand Memory

Ma soeur Annie
regarde la moire
de l’eau.
Sand of memory
tu pleures tu ris
Annie
tandis que coule entre tes mains
blond blonde Annie
aujourd’hui
naguère et demain
le sable de la mémoire
sand of memory.

(Armand Lanoux)

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La Chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La Chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève!
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Alena Klementeva

 

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J’ai soif de ta fraîcheur (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
J’ai soif de ta fraîcheur

Il faut que l’étang soit très pur
Pour que le Cerf vienne y boire
J’ai soif de ta fraîcheur Elvire
Fais le Cerf boire à ton eau

Ah vois un décor de forêt
Au feu frais des chênes matinaux
Écoute un souffle pour l’orée
Ou mouvement de vapeur après le ciel

Que me chasses-tu de ta pensée
Ou de ton corps ouvert comme vallée
Au Cerf donne rivière et pâturage
Toi qui cédas à d’autres sans nul gage

Le pin le chemin peuvent luire
Ils n’ont la moire de ta joue
Le rhododendron est moins rouge que ta bouche
Le sorbier moins rose au front que ton désir

J’ai soif de ta fraîcheur Elvire
Et de ton cœur d’avril sans nul partage
Fais-le brûler en moi contre le pire
Dans l’éblouissement de l’Idée à l’aube

(Jacques Chessex)

 

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La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

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LA PEAU (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



LA PEAU

J’aime ta peau
J’aime son odeur d’air, de chambre
De lit qui a passé le fleuve des morts
Et sur la rive attend sans fin ton ombre
Avec les disparus et les images
De ce miroir où je ne te vois pas

J’aime ta peau sous mes paumes
Ô vivante entre les morts de cette eau calme
Miroir où pourrait glisser le visible d’une autre vie

Mais le monde
Ressemble à ce reflet mal saisissable
Sur ce corps entre l’imaginaire et la mémoire
J’ai ta peau sous mes doigts, j’ai sa moire
Dans la bouche mais les mots ne parlent pas
Vers l’aube où la mort les apaise même sans songe

(Jacques Chessex)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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BLASON SECRET (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



BLASON SECRET

Si dans le pli quadruple moire
La lèvre a ce cours clair et fauve
Encore caché, la quatrefeuille
Jardin à choyer buissonneux

Si la bouche appliquée à Bouche
Où ne trouver dents ni palais
La langue allant dans la claire ombre
Et l’odeur de mer, son travail

Ô mort toi tu n’auras ce lait
Qu’après le sonnet, soie du jour
Au creux de la cuisse l’enclos
Printanier de Secrète chose
Je me voue à ta braise rose
Caverne où mourir, chant dispos

(Jacques Chessex)

Illustration: Paul Avril

 

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O Vierge noire (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



O Vierge noire

O Vierge noire dans un temple de vent clair
Étoile de la mer sur les lieux desséchés
Rire sous les piliers de marbre du coeur mort
Princesse du matin à la nuit désolée

Tu m’as connu à l’abandon sur un banc sombre
Ton fils et recevant ta tribulation
Pleurant, et depuis là les misères en nombre
M’ont retranché de la douceur de ton rayon.

O Vierge noire dans un temple de vent clair
Je te retrouve aux mains croisées de la mémoire
Chaque nuit je me trouve au banc comme une chair
Avant que le soleil ne soulève ses moires.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

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Cogitations (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Esther Granek   
    

Cogitations

Et s’usera le temps
au rythme des saisons.
S’useront mes printemps.
Et moi… je reste…

Je me voudrais marée
au rythme imperturbable.
Je me voudrais jetée.
Ou je me voudrais sable.

Et s’useront mes rêves.
Et s’usera ma joie.
S’useront mes combats.
Et s’usera ma sève.

Je me voudrais étang
à surface de moire
où les aubes et les soirs
se mirent infiniment..

S’usera ma gaieté.
S’useront mes attentes.
S’useront mes projets.
S’useront mes tourmentes.

Je me voudrais le vent.
Je me voudrais la mer.
Je me voudrais le temps
au rythme de la terre.

S’useront les images
qu’on garde au fond de soi.
Et s’useront les pages
qu’on se fit pas à pas.

Alors tel un vieux loup
au bout de son chemin,
je me voudrai caillou
au rythme de plus rien !

(Esther Granek)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Je cours après mon ombre
Traduction:
Editions:

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Sonnet de printemps (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Sonnet de printemps

Avril met aux buissons leurs robes de printemps
Et brode aux boutons d’or de fines collerettes,
La mouche d’eau sous l’oeil paisible des rainettes,
Patine en zig-zags fous aux moires des étangs.

Narguant d’un air frileux le souffle des autans
Le liseron s’enroule étoilé de clochettes
Aux volets peints en vert des blanches maisonnettes,
L’air caresse chargé de parfums excitants.

Tout aime, tout convie aux amoureuses fièvres,
Seul j’erre à travers tout le dégoût sur les lèvres.
Ah! l’Illusion morte, on devrait s’en aller.

Hélas! j’attends toujours toujours l’heure sereine,
Où pour la grande nuit dans un coffre de chêne,
Le Destin ce farceur voudra bien m’emballer.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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FIGURES DE WIDMANSTATTEN (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



FIGURES DE WIDMANSTATTEN

Du plus profond du ciel sur le froid de ton fer,
météore (mémoire du zénith, moire éraflée du
temps)
tu dis ces griffes d’ange, ces paraphes d’espace,
ces trajets d’astres entés sur le tain du zodiaque.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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