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Posts Tagged ‘moisson’

La brume flotte sur la mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



La brume flotte sur la mer
Tu relèves tes cheveux sur le front
Pour mieux voir
Et ton geste est comme une moisson de lumière.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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PLUS DE SOLEIL AU LEVER DU JOUR (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti

PLUS DE SOLEIL
AU LEVER DU JOUR

Tu me dis je t’aim’ mais un jour tu me quitteras
Aux moissons d’automn’ pour une grappe de lilas
Et les jours seront longs
Sans prononcer ton nom
Je n’aurai plus de notes à mettre dans mes chansons
Plus de chants d’oiseaux autour de ma maison
Plus d’amour dans mon lit
Pour réchauffer mes nuits
Il n’y aura plus d’âm’ pour me porter secours
Plus de soleil au lever du jour
Plus de soleil au lever du jour
Il n’y aura plus un seul verger au paradis
Plus un seul pommier pour t’inspirer l’envie
De me laisser un jour
Victime de l’amour
Il n’y aura plus d’âm’ pour me porter secours
Plus de soleil au lever du jour
Plus de soleil au lever du jour.

(Richard Seff)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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S’occuper instamment des petits cailloux qui pèsent et qui chagrinent (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration: Ira Mitchell-Kirk
    
S’occuper instamment des petits cailloux qui pèsent et qui chagrinent : les prendre, les rincer à grande eau, les dénoyauter, les presser, les expurger de tout leur jus noir et amer, les laisser s’adoucir dans du sucre, mettre à macérer trois jours durant sous un couvercle.

Premier jour partir, légère, dans un chemin ouvert, grand ouvert, très très grand ouvert sur un azur qui s’étale, et se clame.

Deuxième jour, se jeter à corps perdu vers les moissons du ciel, y étendre sa chanson d’amour et de lumière.

Profiter du dernier jour pour en faire sa demeure fraîche et ouverte, son lit de déraison.
Enfin tirer la couverture de la curiosité : défaire les plis un à un, se couler sous elle et déguster le chutney de petits cailloux apporté par le Tendre…

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Ainsi, dans l’étreinte de la nature et du corps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




    
Ainsi, dans l’étreinte de la nature et du corps, nous devenons tempête
nous nous apaisons

pas de décision pas de stratégie. Nous suivons nos organes nous finissons nous commençons.

Nos corps un seul astre
nous échangeons nos tristesses échangeons nos membres nos corps un même sang.

Nous revenons chaque jour à nos corps nous les feuilletons
dans leur livre

un seul fruit
mais la moisson est pays sans frontières.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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Y a-t-il un lieu de silence (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



    

– Y a-t-il un lieu de silence
Où je puisse essayer mon chant
Sans que le submerge en moi-même
Le tumulte de ces orages,
Les cris aigus de ce prétoire
Où se proclament par cent voix
Le mensonge des criminels
La cupidité des voleurs
Et la lâcheté des esclaves ?
– Un seul accent vrai de ton cœur
En toi couvrira cent voix fausses.
Ah ! mon cœur n’est-il pas pareil
À un fruit jeté dans la mer :
Quand un batelier le recueille
Il est encore plein et doré
Mais sa chair que l’eau a forcée
N’a plus que l’âcreté du sel.
J’ai regardé bien trop de morts
Avec des yeux secs et distraits ;
J’ai connu trop de paysages,
J’ai pressé pendant ces cinq ans
Trop de mains, vu trop de visages ;
Des flots ont noyé ma mémoire.
– La moisson étouffe et aveugle
L’ample grenier qui la contient
Mais d’où jaillira chaque gerbe
À son tour, avec tous ses grains.
Sur le lourd butin qui t’accable
Penche-toi ! Dans un cœur aimant
Rien n’est perdu, rien ne s’efface
De ce qu’y a mis chaque jour.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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MOISSON (Maria Do Sameiro Barosso)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Vincent Van Gogh
    
MOISSON

Je passerai par d’autres portes,
quand la lumière afflue
et que le matin la rosée scintille
sur les boutons de rose et l’écume de la mer.
Telle la première syllabe de la nuit tranquille
je parlerai
d’ombres et d’anges bleus.
Ainsi était ma vie.
Je suis une étincelle,
un instant,
un crâne blanc,
un crépuscule,
un petit poisson dans l’étang.
Je nage dans l’eau
et dans le vin savoureux
d’une moisson d’or.

***

ERNTE

Ich werde durch andere Türen eintreten,
wenn das Licht mich drängt
und der Tau am Morgen glänzt
in Rosenblüten und Meerschaum.
Wie die erste Silbe der stillen Nacht
werde ich reden,
von Schatten und blauen Engeln.
So war mein Leben.
Ich bin ein Funke, ein Augenblick,
ein weißer Schädel,
eine Dämmerung,
ein kleiner Fisch in einem Teich.
Ich schwimme in Wasser, Duft
und im süßen alten Wein
einer goldenen Ernte.

***

COLHEITA

Por outras portas entrarei,
quando a luz me compelir
e o rocio da manhã luzir
em flores de rosa e espuma do mar.
Como a primeira sílaba da noite silenciosa falarei,
de sombras e de anjos azuis.
Assim foi a minha vida.
Sou um clarão, um instante,
um crânio branco,
um crepúsculo,
um pequeno peixe num lago.
Nado em água, aroma
e vinho doce
de uma antiga colheita dourada.

***

收 获

我要穿过其它的门,
当光明推我的时候
当玫瑰花瓣上的露珠
和大海泡沫的水珠
在早晨闪闪发光时。
就像寂静夜晚的第一个音节,
我会谈
到阴影和蓝色天使。
我的生命同样如此。
我是火花,瞬间,
白色头盖骨,
黄昏,
池塘里的小鱼。
我在水里游,在芬芳中游,
在金色老人的
庄稼的甜酒里游泳。

***

HARVEST

I’ll pass through other doors,
when the light pushes me
and the dew shines in the morning
on rose petals and the foam of the sea.
Just like the first syllable of the silent night,
I will talk
about shadows and blue angels.
So was my life.
I am a spark, a moment,
a white skull,
a twilight,
a small fish in a pond.
I swim in water, in fragrance,
and in the sweet wine
of an golden-aged crop.

***

COSECHA

Entraré por otras puertas,
cuando la luz me empuje
y el rocío de la mañana brille
en flores color de rosa y espuma de mar.
omo la primera sílaba de la noche silenciosa hablaré
de sombras y de ángeles azules.
Esa era mi vida.
Soy una chispa, un instante,
una calavera blanca,
un amanecer,
un pequeño pez en un estanque.
Nado en el agua, en olores
y en el dulce vino
de una vieja cosecha dorada.

***

OOGST

Ik zal door andere deuren gaan,
als het licht aandringt
en de dauw ’s ochtends glinstert
op rozenbloesems en zeeschuim.
Zoals de eerste lettergreep van de stille nacht
zal ik spreken
over schaduwen en blauwe engelen.
Zo was mijn leven.
Ik ben een vonk,
een ogenblik,
een witte schedel,
een deemstering,
een kleine vis in een vijver.
Ik zwem in het water
en in de zoete wijn
van een gouden oogst.

***

RECOLTĂ

Eu voi veni pe alte uși,
cu bolduri de lumină,
iar roua zorilor de zi,
prin roze și marină spumă va licări.
Prima silabă-n noaptea mută
o voi rosti tot eu
printre umbre și îngeri bleu.
Astfel a mea viață se va vedea-n adins
ca o scânteie sau o clipă,
un creștet nins
sau întuneric greu,
un pește mic în eleșteu.
Înot înconjurat de o mireasmă
de dulce și vechi vin înnobilat
dintr-o recoltă aurie.

(Maria Do Sameiro Barosso)

 

Recueil: ITHACA 574
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Original en Allemand puis Portugais Maria Do Sameiro Barosso / Chinois William Zhou / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Français Germain Droogenbroodt / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg /
Editions: POINT

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Ressemblance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Ressemblance

Toi tu ressembles
Au grain de la moisson
Aux fruits de la saison
Sur l’horizon qui tremble

Toi tu ressembles
Au miracle d’amour
Qui partage toujours
Le pain aux mains qui tremblent

Toi tu ressembles
Au chant d’un oiseau
Posé sur le roseau
De ta taille qui tremble

Toi tu ressembles
Au jardin de l’été
Où fleurit la beauté
Sur un arbre qui tremble

Toi tu ressembles
A l’amour enfantin
Dont les deux pieds mutins
Font des ombres qui tremblent

Toi tu ressembles
A ce que j’attendais
Tes bras tu les tendais
Et de bonheur je tremble.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Marie Hérail Ponchot

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LA MOISSON (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



Illustration: Joseph Matar
    
LA MOISSON

Des coquelicots, fleurs du sommeil,
Envahirent les blés.
L’éclat de la faucille, un sifflement dans les champs de blé mûr,
Une rumeur dans l’air que le feu torture.

O la joie folle dans l’ivresse de la mort,
Mais la tristesse plus encore.
Roi de l’étendue, l’épouvantail balance
Sa tête de chiffons, ses bras de bâtons.

Qui vient pour allaiter les sanglots de l’enfant
Oublié là, dans la terre à sillons ?
Donnez-moi la cruche avec l’eau tiède,
Faites encore des liens pour les gerbes.

Dans la plaine il y a, sur le ciel embrasé, le mirage
Un mensonge aux couleurs criardes.
A l’abri du soleil le boyard
Veille sur sa belle récolte.

Vent, où donc iras-tu pour calmer la douleur
Des plaies, le feu des fronts ridés ?
Roi de l’étendue, l’épouvantail regarde.
En chiffons la tête, en bâtons les bras.

(Mihai Beniuc)

 

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PAYSANNE DU VERCORS (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Camille Pissarro_-_Le_Repos,_paysanne_couchée_dans_l´herbe,_Pontoise_-_1882 [800x600]

PAYSANNE DU VERCORS

La pièce de terre est si pentue que la moisson se fait à fa faucille,
à genoux, poignée par poignée.
Aujourd’hui la femme est allée briser les mottes des sillons bruns.
La fatigue l’a prise là, comme un amant impétueux.
Et sur la pente, face au vide, dans le seul bruit du torrent tout en bas, elle dort.
Elle dort à même sa terre trop coriace pour être abandonnée,
trop dure pour être vendue, trop pénible pour être oubliée.
Elle dort sous le regard des faces nord encore gelées,
dans l’odeur d’étable, de silex et de sueur,
au milieu de ses jupons, comme une bête humaine.
Elle dort sous l’écriture des réacteurs
qui là-haut incisent la glace bleue du ciel, gravant leurs sillons blancs.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Camille Pissarro

 

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LA BEAUTÉ FRAPPE À TOUR DE BRAS (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



LA BEAUTÉ FRAPPE À TOUR DE BRAS

Tout autour de moi la beauté frappe à tour de bras.
Partout chez mes amis la moisson de la beauté mûrit sous nos yeux extasiés.
Partout se lèvent des adolescents dont les muscles captent la lumière.
Partout se lèvent des adolescentes dont les formes tissent les mailles où se prennent nos coeurs.

A tour de bras fa beauté nous assaille
et nous devons sans relâche protéger nos yeux et nos lèvres, nos oreilles et nos voix.

(Gabriel Cousin)

 

 

 

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