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Posts Tagged ‘moissonneur’

Comme le vent du soir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019


 

Comme le vent du soir
sur les faux que les moissonneurs ont à l’épaule,
l’ange va doucement
sur le tranchant innocent des douleurs.

Il se tient des heures durant
aux côtés du cavalier ténébreux,
il va du même pas
que les sentiments sans nom.

Il se dresse comme une tour au bord de la mer
disposé à durer, infiniment ;
ce que tu sens, c’est Lui,
malléable au plus profond de l’inflexibilité,

afin que dans la roche de détresse
la druse étroite des larmes
où il n’y a plus d’eau depuis longtemps
se résolve en améthystes.

***

Wie der Abendwind
durch geschulterte Sensen der Schnitter
geht der Engel lind
durch die schuldlose Schneide der Leiden.

Hält sich stundenlang
zur Seite dem finsteren Reiter,
hat denselben Gang
wie die namenlosen Gefühle.

Steht als Turm am Meer,
zu dauern unendlich gesonnen;
was du fühlst ist Er,
im Innern der Härte geschmeidig,

daß im Notgestein
die gedrängte Druse der Tränen,
lange wasserrein,
sich entschlösse zu Amethysten.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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L’abeille (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



L’abeille va, vient, fouille, quête,
Travaille comme un moissonneur,
Et par moments lève sa tête
Et dit au nuage: flâneur!

(Victor Hugo)


Illustration

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Va-t-elle s’éteindre la lumière de mes yeux (Ephraïm)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Tout ce que j’ai pressenti
Et que je n’ai pas pu dire
Parce que les moissonneurs sont venus trop tôt
Et le souffle du vent dans les blés mûrs
Et mon cou tendu et la veine qui attend
Tu ne prends nul plaisir
Aux colombes qu’on égorge
O ma tendresse étouffée
Mon ardeur immaculée
Blé broyé seigle et orge
Et froment offert
Devant ta face d’éternité-

Va-t-elle s’éteindre la lumière de mes yeux
perdue dans une constellation morte depuis des millénaires?

(Ephraïm)

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Je vais où j’aime et suis aimée (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



La floraison du bâton

[2 ]
Je vais où j’aime et suis aimée,
dans la neige ;

je vais aux choses que j’aime
sans pensée de devoir ni de pitié ;

je vais où je suis à ma place, inexorablement,
comme la pluie longtemps restée

dans le sillon ; j’ai donné
ou j’aurais donné

vie à la graine ;
mais elle ne pousse ni ne mûrit

avec la pluie de beauté,
la pluie retournera au nuage ;

le moissonneur aiguise son fer sur la pierre ;
mais ceci n’est pas notre champ,

nous n’avons pas semé ceci ;
sans pitié, sans pitié, laissons donc

Le-lieu-du-crâne
à ceux qui l’ont construit.

***

I go where I love and where I am loved,
into the snow;

I go to the things I love
with no thought of duty or pity;

I go where I belong, inexorably,
as the rain that has lain long

in the furrow; I have given
or would have given

life to the grain;
but if it will not grow or ripen

with the rain of beauty,
the rain will return to the cloud ;

the harvester sharpens his steel on the stone;
but this is not our field,

we have not sown this;
pitiless, pitiless, let us leave

The-place-of-a-skull
to those who have fashioned it.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Les moissonneurs reviennent du champ (Karl Ristikivi)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



 

Les moissonneurs reviennent du champ,
les pêcheurs de la mer,
et leurs pas sont lourds sous le fardeau qu’ils portent.
Tout est fardeau, même l’amour.

Les vieilles femmes reviennent de l’église,
les jeunes garçons de la foire.
Les larmes sont séchées. Mais où donc est resté le rire ?
Il y a toujours des choses qui restent en arrière,
et l’on regrette tout, même le deuil.

(Karl Ristikivi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Erich Heckel

 

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J’ai vu… (Huguette Amundsen)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



lapin violonniste

J’ai vu…

J’ai appelé le terrassier
il marchait à cloche-pied
j’ai appelé le moissonneur
il jurait comme un voleur
j’ai appelé le cordonnier
il jetait tous ses souliers
alors je m’en suis allée
j’ai vu des hannetons
tâtonnant en rond
j’ai vu des limaces
faire la grimace
j’ai vu une libellule
très crédule
puis me penchant encore
j’ai vu un chou-fleur
chercher l’heure
j’ai vu un artichaut
qui rêvait d’être au chaud
chemin faisant
j’ai vu un lampadaire
le nez en l’air
j’ai vu un vélo
près de l’eau
j’ai vu un canard
en retard
j’ai vu un lapin
jouer au crincrin
puis j’ai vu des gens
mécontents
car ils ne voyaient rien

(Huguette Amundsen)

 

 

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Première pluie (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



 

Première pluie

Entre cette saison morte
Et cette saison à naître
Une lèvre balbutie des mots
Un regard verse des larmes
Qui ne servent à rien

C’est feu de paille mon désir
Rien qui puisse retenir
L’oiseau que le vent appelle
Le temps moissonneur peut gémir
La foudre m’emporte sur son aile

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Arthur Hopkins

 

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Quand je mourrai! (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Quand je mourrai!

Je voudrais pour linceul, non la toile aux plis raides,
Non point le lin blanchi parmi l’herbe des prés,
Mais un tissu plus doux aux doigts que du sang tiède,
Un lambeau d’un couchant pourpré.

Je voudrais me mêler à l’océan des seigles
Qui réfléchit le ciel en son déferlement;
Aux palpitations des sainfoins qu’un vent frêle,
En juin, berce languissamment;

Devenir l’or des blés fauchés qu’on enjavèle,
Le chaume ensoleillé où des moissonneurs las
Dressent les lourds gerbiers dont la cime étincelle
Et qu’entoure une ombre lilas.

Je voudrais, quand la lune en manteau d’améthyste
Vers le gouffre des puits se penche, m’écouler
Et sangloter unie aux plaintes de l’eau triste,
S’égouttant des joints descellés.

Je voudrais que mon âme errante s’évapore
Comme un parfum flottant de lavande et de buis,
Confondue au sourire éclatant de l’aurore,
Aux larmes que verse la nuit.

(Marie Dauguet)

 

 

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NOSTALGIE (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




NOSTALGIE

Je suis le moissonneur errant de la lumière.
Je porte dans mon âme en incessant éveil
Que blesse vainement la tâche coutumière,
Toute une hérédité brûlante de soleil.
O ville, c’est pourquoi, quand ton aube divine
Accorde son aumône au toit de ma maison,
Tu me surprends toujours guettant à l’horizon
L’astre qu’on ne voit pas encor, mais qu’on devine !

Et c’est pourquoi, le soir, quand le soleil se meurt
Telle une rose aux doigts blêmis du crépuscule,
Quand le ciel, sous les pas de l’éternel semeur,
Fait refleurir ses immortelles renoncules,
A l’heure de l’amour, de la cloche et du cor,
Les yeux braqués sur l’occident, comme en vigie,
J’accompagne de ma mouvante nostalgie
L’astre qu’on ne voit plus, mais qu’on devine encor !

(Pascal Bonetti),

Illustration: Vincent Van Gogh

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Alors que la faux sculpte le champ (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017




Alors que la faux sculpte le champ
J’entends le cri rouge d’un coquelicot
Le moissonneur étreint sa gerbe
Et danse avec elle
De longues chevelures blondes
Pendent des charrettes
Dans le chemin qui se creuse.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Joseph Matar

 

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