Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mol’

L’innocente Léda (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



Paul Prosper Tiller 1280 [800x600]

L’innocente Léda baignait ses membres nus,
La grâce de son corps enchantait l’eau du fleuve,
Et les roseaux, pressés de frissons inconnus,
Disaient une musique aussi douce que neuve,

Quand le cygne parut, blanche nef sur le fleuve.

Quand le cygne parut, blanche nef au front d’or,
Léda tressaillit d’aise et demeura songeuse,
Puis, lentement, sans bruit, elle revint au bord
Et se coucha dans l’herbe, à l’ombre d’une yeuse ;

La bête s’avançait, belle, ardente et songeuse.

La bête s’avançait, belle, ardente, et d’un air
Si royal et si mâle, que Léda fut charmée
Et qu’elle regretta, dans l’erreur de sa chair,
De n’être pas un cygne, afin d’en être aimée

Parmi l’ombre et parmi l’herbe molle et charmée.

Parmi l’ombre et parmi l’herbe molle et les lys,
Léda se ploie au poids de l’animal insigne,
Tout ruisselant encore des eaux de Simoïs,
Et son corps étonné frissonne et se résigne

A ne caresser que le plumage d’un cygne.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Paul Prosper Tillier

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :