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Poésie

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Jamais je n’ai cherché la gloire (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Jamais je n’ai cherché la gloire
ni voulu dans la mémoire
des hommes laisser ma chanson;
mais j’aime les mondes subtils,
aériens et délicats
comme des bulles de savon.
J’aime les voir se colorer
de soleil et de pourpre, voler
sous le ciel bleu, trembler
subitement puis éclater.

(Antonio Machado)

Illustration: François Knopf

 

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PLAINTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




PLAINTE

Ce jour-là une femme dit :
qui veut me porter mon fils
il est lourd et la nuit revient.
O temps des légumes terreux
rouges ou verts
des navets vineux
dans un jardin bordé d’épines
sous un ciel de silence accepté
tant que je n’ai plus
pourtant ce monde reste réel
et j’aime à voir sa beauté.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Braises pour que brûle le monde (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Jesse Barnes _  [800x600]

Les murs ne tombent pas
[17]

… braises pour que brûle le monde,
car nous devons aller de l’avant,

nous sommes au carrefour,
la marée se refonde ;

elle découvre galets et coquillages,
si beaux et pourtant statiques, anciennes

pensées creuses, anciens usages ;
descendons vers la mer,

ramassons des algues sèches,
entassons du bois flotté,

allumons un nouveau brasier
et dans la fragrance

de sel brûlé et d’encens de mer
chantons de nouveaux péans au Soleil nouveau

de la régénération ;
Lui, nous l’avons toujours adoré,

nous avons toujours dit,
à jamais au grand jamais, Amen.

***

… coals for the world’s burning,
for we must go forward,

we are at the cross-roads,
the tide is turning;

it uncovers pebbles and shells,
beautiful yet static, empty

old thought, old convention;
let us go down to the sea,

gather dry sea-weed,
heap drift-wood,

let us light a new fire
and in the fragrance

of burnt salt and sea-incense
chant new paeans to the new Sun

of regeneration ;
we have always worshipped Him,

we have always said,
forever and ever, Amen.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Jesse Barnes 

 

 

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Regardons-le (André Durand)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019


Arbre-oiseau

Il s’est posté sur la plus haute feuille
pour en toiser le monde:
il est à peine plus gros qu’un insecte,
ses ailes dont il se grise laissent encore
passer du jour, son jaune est frais sorti de l’oeuf:
regardons-le avant qu’il ne ressemble à tout.

(André Durand)

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Si on pouvait noter (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 Illustration: Alexandre Romanès
    
Si on pouvait noter
toutes les phrases magnifiques
qui se disent chaque jour dans le monde,
on pourrait publier chaque matin
un live exceptionnel

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tous les chemins ramènent au même lieu (Amina saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



tous les chemins
ramènent au même lieu
le voyage est cheval d’illusion

les braises du monde
noircissent son pas démesuré

elles brûlent
nos langues inquiètes

en lui-même
le poème se cherche

il est cette eau noire
qui nous éblouit

lorsque nous lui restituons
une lointaine lueur d’étoile

(Amina saïd)

Illustration: Erich Heckel

 

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Je t’attendais à la porte des heures (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je t’attendais à la porte des heures :
le silence est si vaste.
Que sont devenues ces traces d’eau
fuyante entre les pierres ?

Écoute au miroir des heures vides
sonner les chiffres de la nuit,
ils ne sont la voix de personne
sinon du sable qui s’épuise.

Les heures traversent l’obscur,
passantes proches, venues
de quel ciel, de quel monde

Vain ? maintenant que tu n’es plus
qu’une parole étrangère
et qui s’en va ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE

La lumière sous les arbres,
la lumière du haut ciel.
La lumière
verte
entrée aux branches,
fulgurante
sur la feuille
et qui tombe comme un frais
sable blanc.

Dans la transparence,
une cigale fait monter
sa musique de scierie.

Le monde
est une coupe pleine
d’eau.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ils vont au désert (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils vont au désert, hommes et dieux,
peuple d’avant, peuple de nuit,
le langage en eux mûrit comme
une rivière, leurs yeux sont inconnaissables.

D’autres auront vécu séparés,
confiants dans le sommeil, ils s’étonnent
d’une ombre de mouette au grand large
de mer, et du pouvoir du sang.

Chacun tourne la roue du monde,
évoquant des issues nouvelles,
l’impossible si proche, multiplié,

Tandis que de minuscules abeilles noires,
mi-vivantes, mi-mortes, tombent du livre
dans l’oblique lumière.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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