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Poésie

Posts Tagged ‘monde’

Don aveugle, don stérile (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



 Alexandre Pouchkine   
    
Don aveugle, don stérile,
Vie, pourquoi m’es-tu donnée,
Toi qu’une puissance hostile
Au supplice a condamnée?

Quel dessein que je redoute
M’a fait naître du néant,
M’a rongé l’esprit de doute,
Brûlé de passion le sang?

J’erre ainsi sans but au monde,
Sans pensée et sans amour,
Dans l’ennui poignant où gronde
L’uniforme bruit des jours.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud
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Un coeur bat dans tout (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



 

Clint Newsham ed

un coeur bat dans tout, une idée
se concentre en tout, même dans les pierres du chemin,
et de même que tous les organismes s’orientent vers le soleil,
ce coeur et cette idée s’orientent vers l’idée suprême
et le coeur souverain du monde

(Saint-Pol Roux)

Illustration: Clint Newsham

 

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Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Illustration
    
Pesanteur et tendresse, vos signes sont les mêmes, ô sœurs.
La rose pesante est sucée par guêpes et abeilles.
L’homme agonise. Du sable reflue la chaleur,
Et sur de noirs brancards on emporte l’ancien soleil.

Ah, lourds rayons de miel et tendres rets!
Plus légère est la pierre que ton nom sur mes lèvres.
Il me reste au monde qu’un souci désormais,
Un souci d’or : épuiser le fardeau du temps, sa fièvre.

L’air est trouble, je le bois comme une eau qui s’obscurcit.
On laboure le temps, et même la rose fut terre.
Dans un lent tourbillon les lourdes, tendres roses ainsi,
Les roses pesanteur et tendresse doublement se tressèrent.

***

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Si vite (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Si vite que s’échappe ta vie avec la mienne,
et plus vite ta pensée,
absente dans les mots, le monde, les remords,
plus vite encore mon angoisse me retranche.

Présence égale et palpable, patiente et respirante,
plus fidèle que la mort,
il faudra donc mourir sans t’avoir rencontrée !

A toi seul j’appartiens, vertige qui me sépare,
tourbillonnante démence de solitude
où tout se défait avant d’exister.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Odilon Redon 

 

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NUIT (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



NUIT

Seule dans le silence
Mais avec ce coeur sourd où bat le sang du monde
Tu gis les doigts rejoints et les jambes serrées.
Rien ne vit que ce dur battement de tonnerre,
Ce bruit de pas et de canons dans ma poitrine.
Je guette un souffle au loin dans la nuit qui me cerne,
Un souffle de soleil sur les rives d’enfance.
Bouche pleine d’une eau de l’ombre, mes appels
Se taisent engloutis sous l’inerte marée
Où seule je vous noue à moi.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Liliana Sanches 

 

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Le monde est en flammes (Mahava Sutra)(Sagesse bouddhique)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018




    
Le monde est en flammes, ô disciples !
De quel feu est-il embrasé ?
Du feu du désir, du feu de la haine,
Du feu de l’ignorance.

(Mahava Sutra)(Sagesse bouddhique)

 

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Plus tendre que tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration: Zinaida Serebriakova
    
Plus tendre que tendresse
Est ton visage,
Plus que blanche que blancheur
Semble ta main,
Du monde et ses parages
Tu es si loin,
Toi tout entière
Née de l’inexorable.

Nés de l’inexorable,
Ta tristesse
Et tes doigts de tes mains
Jamais froides,
Et le son calme
De tes paroles
Que rien ne désespère,
Et le lointain
De tes yeux clairs.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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220 satoris mortels (François Matton)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration

    

Quand ce serait l’heure d’y aller
mais qu’on n’y est pas du tout

Quand en sauvant un papillon
attaqué par des fourmis
on se prend pour un saint

Quand on est si loin de chez soi
qu’on finit par l’oublier

Quand on est couché dans son lit
et qu’on entend soudainement craquer
le plancher du grenier

Quand le spectacle de la Nature
devient le seul spectacle supportable

Quand on est heureux
et malheureux
simultanément
sans raison

Quand
OH Regarde

Quand un arc-en-ciel
une colline jaune
un lapin à deux pas

Quand la projection
est subitement suspendue

Quand on ne saurait dire
si le monde préexiste à la perception

Quand toutes les salles se vident
et que le silence revient

Qaund passer le balai
se révèle plus efficace
qu’avaler un anxiolytique

Quand on n’est plus personne
à l’instant où le petit oiseau va sortir

Quand tout paraît
bulles de savon
à la surface
et au-dedans

Quand un changement de focale
sauve du monde bavard des hommes

Quand on se demande bien
pourquoi
on n’a pas commencé par là

Quand la montagne
déplace la Foi

Quand on hésite à frapper
au seuil de l’Inconnu

Quand on jurerait être
déjà passé par là

Quand les mots s’espacent
à mesure que le souffle s’allonge

Quand la joie se réveille
au moment où
on s’y attend le moins

Quand toute votre enfance resurgit
du simple fait d’être
monté au grenier

Quand on s’arrête
soudainement
de se croire
un monstre

Quand ça chatouille les chakras
à travers la forêt
des plaisir sensoriels

Quand tout l’éclat du monde
se concentre sur un seul point

Quand on espère très fort
que ça n’est pas une mauvaise blague

Quand bêtement
d’un coup
on ne veut plus
mourir

Quand vous n’avez
plus de tête
et que vous ne
le regrettez pas

Quand on assiste
au retour inopiné
de figures
très aimées

Quand la joie descend
jusqu’aux orteils

Quand la tentation est trop forte
bien que le panneau soit énorme

Quand ça semblerait bien
pouvoir durer toujours

Quand Ouuuiii ii i iii i i i i

Quand on n’a plus
qu’une envie

Quand il fait si bon
si doux
si tout

Quand cet élan
qui nous prend
c’est le pur Amour

[…]

(François Matton)

 

Recueil: 220 satoris mortels
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Poésie ; rosée de chaque aurore (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

rosée

Poésie ; rosée
de chaque aurore, enfant
de chaque nuit ; fraîche, pure
vérité, des étoiles ultimes,
sur la vérité tendre
des premières fleurs !

Rosée, poésie ;
chute matinale du ciel sur le monde !

***

¡Poesía; rocío
de cada aurora, hijo
de cada noche; fresca, pura
verdad de las estrellas últimas,
sobre la verdad tierna
de las primeras flores!

¡Rocío, poesía;
caída matinal del cielo al mundo!

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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Je t’ai faite à la taille de ma solitude (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018


Je n’ai envie que de t’aimer
Un orage emplit la vallée
Un poisson la rivière

Je t’ai faite à la taille de ma solitude
Le monde entier pour se cacher
Des jours et des nuits pour se comprendre

Pour ne plus rien voir dans tes yeux
Que ce que je pense de toi
Et d’un monde à ton image

Et des jours et des nuits réglés par tes paupières.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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