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Poésie

Posts Tagged ‘monde’

Si on pouvait noter (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 Illustration: Alexandre Romanès
    
Si on pouvait noter
toutes les phrases magnifiques
qui se disent chaque jour dans le monde,
on pourrait publier chaque matin
un live exceptionnel

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard
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Tous les chemins ramènent au même lieu (Amina saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



tous les chemins
ramènent au même lieu
le voyage est cheval d’illusion

les braises du monde
noircissent son pas démesuré

elles brûlent
nos langues inquiètes

en lui-même
le poème se cherche

il est cette eau noire
qui nous éblouit

lorsque nous lui restituons
une lointaine lueur d’étoile

(Amina saïd)

Illustration: Erich Heckel

 

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Je t’attendais à la porte des heures (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je t’attendais à la porte des heures :
le silence est si vaste.
Que sont devenues ces traces d’eau
fuyante entre les pierres ?

Écoute au miroir des heures vides
sonner les chiffres de la nuit,
ils ne sont la voix de personne
sinon du sable qui s’épuise.

Les heures traversent l’obscur,
passantes proches, venues
de quel ciel, de quel monde

Vain ? maintenant que tu n’es plus
qu’une parole étrangère
et qui s’en va ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE

La lumière sous les arbres,
la lumière du haut ciel.
La lumière
verte
entrée aux branches,
fulgurante
sur la feuille
et qui tombe comme un frais
sable blanc.

Dans la transparence,
une cigale fait monter
sa musique de scierie.

Le monde
est une coupe pleine
d’eau.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ils vont au désert (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils vont au désert, hommes et dieux,
peuple d’avant, peuple de nuit,
le langage en eux mûrit comme
une rivière, leurs yeux sont inconnaissables.

D’autres auront vécu séparés,
confiants dans le sommeil, ils s’étonnent
d’une ombre de mouette au grand large
de mer, et du pouvoir du sang.

Chacun tourne la roue du monde,
évoquant des issues nouvelles,
l’impossible si proche, multiplié,

Tandis que de minuscules abeilles noires,
mi-vivantes, mi-mortes, tombent du livre
dans l’oblique lumière.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu vois tes pensées (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



 Illustration
    
Tu vois tes pensées comme
la béance des tournesols
au-dessus des herbes.
Fraîcheur presque visible, le vent

est plein d’ombre. Tu es tout entier
dans cette vague sans profondeur.
Un ciel d’ennui se pose
sur la cime des chênes,

les siècles noueux y font
un bruissement monotone
Comme d’une mer éternelle.

Les heures s’usent
et tombent
d’un monde à l’autre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et pourtant (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



    

Et pourtant de façon imperceptible
quelque chose bouge dans l’ombre simple,
les monstres se raréfient, l’imprononçable

Abîme s’estompe, on dirait que te voilà
dans l’oeil du Temps, regardant le monde

Alentour qui nidifie dans la parole,
s’érige en elle en figure de l’inachevé,
l’eau descend, le ciel monte jusqu’à lui

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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DOULEUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    
DOULEUR

D’où vient la mystérieuse la folle
douleur d’amour ?
je me réveille ce matin
tout entourée de la douleur de toi

— de toi : comme une irritation
dans la peau du monde où tu es
et si je me demande :
comment la faire cesser

je sais :
il faut que s’éteigne ce point
qu’il cesse de battre comme une dent
quand le reste se tait

Tissu du monde en un point transparent
tout souffre ici
tout regarde ce point
que la douleur éclaire

je rêve l’oubli complet
paroi sourde mur blanc
mais tout est écrit par ici dessiné
tout parsemé de signes

de toi — par moi —
faits pour te voir partout
et maintenant j’étouffe
j’ai mal je voudrais dormir

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Epitaphe (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Epitaphe

Il naquit,
Il fut toujours seul
Parmi tant de monde ;
Avec tant de mots
Il se tut;
Puis il mourut, il prit congé du soleil.

***

Epitafio

Nacque ;
Fu sempre solo
Tra tanta gente ;
In molte parole
Tacque ;
Indi mori, s’accomiato dal Sole.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: Vincent Van Gogh

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