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Posts Tagged ‘montagne’

Un râteau a tracé ces tranquillités immobiles (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2021




    
Un râteau a tracé ces tranquillités immobiles.
L’espace clos médite à présent.
Montagnes immenses sur des îles lointaines, elles seules
se permettent de sursauter au bruissement des ginkgos.
De rêveries en absence de soi, les cercles concentriques
du silence s’emparent du coeur de celui qui ne fait que passer.

Il pense qu’il ne fait que passer sur la terrasse surplombante
mais cet espace longtemps encore s’insinuera dans ses pensées.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Aujourd’hui, soudain (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020



    

Aujourd’hui, soudain de l’amour pour cette montagne
j’y suis allé.
J’ai cherché la pierre où je m’étais assis l’an passé.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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NETTOYAGE DE PÂQUES (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Illustration
    

NETTOYAGE DE PÂQUES

Un après-midi lent,
il pleut sur la page dix-huit du livre :
le pleur des hommes !

La pluie lave la poussière
des étagères de l’âme,
la rage
des angles de l’impuissance :
ils pleuvent les mots des poètes morts.

Et puisque les femmes savent
que les vérités sont nombreuses,
elles se taisent,
mordent leurs lèvres et regardent
la montagne qui descend dans la ville
à la fin d’avril
et transforme la pluie
en flocons de neige hésitants :

le pleur des femmes.

Elles lèvent leurs mains en prière,
en approchant d’un pas de plus
vers Dieu.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les douze lutins (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



Jean-Marc Polizzi Le_Jongleur_et_le_Lutin-Etoile

Les douze lutins

Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

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La carpe et les carpillons (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
La carpe et les carpillons

Prenez garde, mes fils, côtoyez moins le bord,
Suivez le fond de la rivière ;
Craignez la ligne meurtrière,
Ou l’épervier, plus dangereux encor.
C’est ainsi que parlait une carpe de Seine
À de jeunes poissons qui l’écoutaient à peine.
C’était au mois d’avril ; les neiges, les glaçons,
Fondus par les zéphyrs, descendaient des montagnes ;
Le fleuve enflé par eux s’élève à gros bouillons,
Et déborde dans les campagnes.
Ah ! Ah ! Criaient les carpillons,
Qu’en dis-tu, carpe radoteuse ?
Crains-tu pour nous les hameçons ?
Nous voilà citoyens de la mer orageuse ;
Regarde : on ne voit plus que les eaux et le ciel,
Les arbres sont cachés sous l’onde,
Nous sommes les maîtres du monde,
C’est le déluge universel.
Ne croyez pas cela, répond la vieille mère ;
Pour que l’eau se retire il ne faut qu’un instant.
Ne vous éloignez point, et, de peur d’accident,
Suivez, suivez toujours le fond de la rivière.
Bah ! Disent les poissons, tu répètes toujours
Mêmes discours.
Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine.
Parlant ainsi, nos étourdis
Sortent tous du lit de la Seine,
Et s’en vont dans les eaux qui couvrent le pays.
Qu’arriva-t-il ? Les eaux se retirèrent,
Et les carpillons demeurèrent ;
Bientôt ils furent pris,
Et frits.
Pourquoi quittaient-ils la rivière ?
Pourquoi ? Je le sais trop, hélas !
C’est qu’on se croit toujours plus sage que sa mère,
C’est qu’on veut sortir de sa sphère,
C’est que… c’est que… je ne finirais pas.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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DIMANCHE DE POISSONS (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



    

DIMANCHE DE POISSONS

Et puis un jour vient encore, un autre jour,
allonger la corde des jours perdus
à reculer sans cesse devant la montagne
des livres, des lettres ; un jour

propre et net, ouvert comme un lit, un quai
à l’heure des adieux — et le mouchoir qu’on tire
est le même qu’hier, où les larmes ont séché
— un lit de pierres, et c’est là où nous sommes,

occupés à nous taire longuement,
à contempler par cœur la mer au plafond
comme les poissons rouges du bocal,
avec une fois de plus, une fois encore

tout un dimanche autour du cou.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Responsable (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2020



Illustration
    
Responsable
A Guillevic.

Et pendant ce temps-là que faisait le soleil?
ll dépensait les biens que je lui ai donnés.

Et que faisait la mer? — lmbécile, têtue
elle ouvrait et fermait des portes pour personne.

Et les arbres? — Ils n’avaient plus assez de feuilles
pour les oiseaux sans voix qui attendaient le jour.

Et les fleuves? Et les montagnes? Et les villes?
Je ne sais plus, je ne sais plus, je ne sais plus.

(Jean Tardieu)

 

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Du matin au soir (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2020




    
Du matin au soir
ces cerisiers de montagne
que personne ne voit…

***

朝タに見ぬ森からも桜かな
asa yû ni / minu mori kara mo / sakura kana

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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Tiris (Luali Lehsan)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Tiris

Je veux fuir du ventre
de cette nuit étrangère,
dormir d’un sommeil sans printemps retardés,
sans clauses de pardon suspendues,
et me réveiller dans ton ventre, Tiris.
Épouvanter la solitude avec un éventail
de vers que ton immensité inspire.
Vider mon âme dans la bonté de ton âme,
retraverser la mémoire de l’univers
dans la poésie de tes paysages,
écouter l’écho de tes montagnes,
la gloire de l’enfance du monde,
le galop d’une caravane sur la face cristalline
de tes plaines,
et sentir la paix que les dieux en leur bonté gravèrent
sur ton visage.
Ton visage de mer où les vagues se figent.

(Luali Lehsan)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Hommes de tous les continents (Bernard Binlin Dadié)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



    
Hommes de tous les continents
à Pierre Seghers

Je sors des nuits éclaboussées de sang
Regardez mes flancs
Labourés par la faim et le feu
Je fus une terre arable
Voyez ma main calleuse,
noire
à force de pétrir le monde.
Mes yeux brûlés à l’ardeur de l’Amour.

J’étais là lorsque l’ange chassait l’ancêtre,
J’étais là lorsque les eaux mangeaient les montagnes
Encore là, lorsque Jésus réconciliait le ciel et la terre,
Toujours là, lorsque son sourire par-dessus les ravins
Nous liait au même destin.

Hommes de tous les continents
Les balles étêtent encore les roses
dans les matins de rêve.

Sorti de la nuit des fumées artificielles
Je voudrais vous chanter
Vous qui portez le ciel à bout de bras
Nous
qui nous cherchons dans le faux jour des réverbères.

Je connais moi aussi
Le froid dans les os, et la faim au ventre,
Les réveils en sursaut au cliquetis des mousquetons
Mais toujours une étoile a cligné des yeux
Les soirs d’incendie, dans les heures saoules de poudre.

Hommes de tous les continents
Portant le ciel à bout de bras,
Vous qui aimez entendre rire la femme,
Vous qui aimez regarder jouer l’enfant,
Vous qui aimez donner la main pour former la chaîne,

Les balles étêtent encore les roses
dans les matins de rêve.

(Bernard Binlin Dadié)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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