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Posts Tagged ‘montagne’

Quand la nuit est brillamment éparpillée (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Quand la nuit est brillamment éparpillée
Lorsque la pensée est intouchable
Je dis fleur de montagne pour dire
Solitude
Je dis liberté pour dire désespoir
Et je vais bûcheron de mes pas
Egarer les mensonges
Dans une forêt de bois
Pleine de justice et de romances

(Georges Schehadé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

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VENT (Attilio Bertolucci)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



    

VENT

Le vent est comme un loup
qui des montagnes descend vers la plaine,
il couche le blé dans les champs
où qu’il passe c’est l’effroi.

Il siffle dans les matins clairs
illuminant maisons et horizons,
bouleverse l’eau dans les fontaines,
chasse les hommes vers les gîtes.

Puis fatigué s’endort et une stupeur
s’empare des choses, comme après l’amour.

***

VENTO

Come un lupo è il venta
che cala dai monti al piano,
corica nei campi il grano
ovunque passa è sgomento.

Fischia nei mattini chiari
illuminando case e orizzonti,
sconvolge l’acqua nelle fonti
caccia gli uomini ai ripari.

Poi stanco s’addormenta e uno stupore
prende le cose, come dopo l’amore.

(Attilio Bertolucci)

 

Recueil: PRISMA
Traduction: Philippe Renard
Editions: OBSIDIANE

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Toi qui étais avant les montagnes et les nuages (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Toi qui étais avant les montagnes et les nuages,
avant la mer et les vents.
Toi qui es avant que fussent toutes choses
et dont la joie et la peine sont plus vieilles que les étoiles
Toi qui a cheminé éternellement jeune par les voies
et franchi les noirs abysses qui les séparent.
Toi qui étais seul avant toute solitude
et dont le cœur était empli d’angoisse bien avant aucun
cœur d’homme —
ne m’oublie pas.

Mais comment pourrais-tu te souvenir de moi.
Comment la mer se souviendrait-elle du coquillage
qu’autrefois elle portait dans ses flots.

***

Du som fanns före bergen och molnen,
fört havet och vindarna.
Du vars begynnelse är före alla tings begynnelse
och vars glädje och sorg är äldre än stjärnorna.
Du som har vandrat evigt ung över vintergator
och genom de stora mörkren mellan dem.
Du som var ensam före ensamheten
och vars hjärta var fullt av ängslan långt före något
mänskohjärta —
glöm inte mig.

Men hur skulle du kunna minnas mig.
Hur skulle havet kunna minnas havssnäckan
som det brusade igenom engäng.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

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Sirmione (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Sirmione

Il faisait un soleil du tonnerre
– et je pensais croiser Catulle avec des filles.

Je n’ai trouvé personne,
hors mon ombre courte dans les ruines.

Alors, je suis descendu contre le lac, pour y faire mon poème,
et j’ai jeté dans l’eau des pierres qui ont fait des ronds.

Mais je ne sais pas s’ils ont atteint, ces ronds,
le pied de la montagne, en face.

Alleluia.
Quand même.

(Pierre Della Faille)

 

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Au pays blanc des aubépines (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Au pays blanc des aubépines

Au pays blanc des aubépines,
Se promener est un délice.
Le coeur travaille dans la joie
Et l’âme est pleine d’hosannas.
Chaque pente est une montagne
Que la neige pare de bulles.

Dans la jeunesse de notre âge
Les aubépines nous sacraient,
Tu étais la reine du jour,
Je te couvrais de mes baisers
Et mes caresses sur ton corps
Posaient des pétales d’amour.

Il me reste pour te louer
Le souvenir des aubépines
Et la neige de mes poèmes

Puisque s’use le temps

(Roger Foulon)

 

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Printemps à la montagne (Eiji Hashimoto)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



étoiles filantes h

Printemps à la montagne.
Les étoiles toujours aussi nombreuses
après la pluie d’étoiles filantes !

(Eiji Hashimoto)

 

 

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Se souvenir (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




Illustration: Mustapha Farroukh
    
Se souvenir

Se souvenir – du bruit du clair de lune,
lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,
et que traîne le vent,
dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

Se souvenir – d’un village escarpé,
posé comme une larme au bord d’une paupière;
on y rencontre un grenadier,
et des fleurs plus sonores
qu’un clavier.

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,
des chênes gercés que Septembre abreuve,
des fontaines et des muletiers,
du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

Se souvenir – du basilic et du pommier,
du sirop de mûres et des amandiers.

Alors chaque fille était hirondelle,
ses yeux remuaient, comme une nacelle,
sur un bâton du coudrier.

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,
des sentiers qui mènent au bout du nuage,
du chant de l’Islam, des châteaux croisés,
et des cloches folles, du mois de juillet.

Se souvenir – de chacun, de tous,
du conteur, du mage, et du boulanger,
des mots de la fête, de ceux des orages,
de la mer qui brille comme une médaille,
dans le paysage.

Se souvenir – d’un souvenir d’enfant,
d’un secret royaume qui avait note âge;
nous ne savions pas lire les présages,
dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,
sur les Monts Liban.

(Nadia Tueni)

 

 

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Ils sont morts à plusieurs (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration: Diana Zeineddine Al Hourani
    
Ils sont morts à plusieurs
C’est-à-dire chacun seul
sur une même potence qu’on nomme territoire
leurs yeux argiles ou cendres emportent la montagne
en otage de vie.

Alors la nuit
la nuit jusqu’au matin
puis de nouveau la mort
et leur souffle dernier dépose dans l’espace la fin du mot.
Quatre soleils montent la garde pour empêcher
le temps d’inventer une histoire.

Ils sont morts à plusieurs
sans se toucher
sans fleur à l’oreille
sans faire exprès
une voix tombe: c’est le bruit du jour sur le pavé.

Crois-tu que la terre s’habitue à tourner?
Pour plus de précision ils sont morts à plusieurs
par besoin de mourir
comme on ferme une porte lorsque le vent se lève
ou que la mer vous rentre par la bouche…

Alors
ils sont bien morts ensemble
c’est-à-dire chacun seul comme ils avaient vécu.

(Nadia Tueni)

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HOMMES DE MON PAYS (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration
    
HOMMES DE MON PAYS

Dans nos montagnes il y a des hommes,
ce sont des amis de la nuit;
leurs yeux brillent du noir des chèvres,
leurs gestes raides comme la pluie.
Ils ont pour maître l’olivier,
simple vieillard aux bras croisés.
Eux,
leurs mains sont de chardons,
leurs poitrines sanctuaires,
« le ciel tourne autour de leurs fronts,
comme un insecte lourd à la chaude saison ».
Dans nos montagnes il y a des hommes,
qui ressemblent au tonnerre,
et savent que le monde est gros comme une pomme.

(Nadia Tueni)

 

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FEMMES DE MON PAYS (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



    

FEMMES DE MON PAYS

Femmes de mon pays,
une même lumière durcit vos corps,
une même ombre le repose;
doucement élégiaques en vos métamorphoses.
Une même souffrance gerce vos lèvres,
et vos yeux sont sertis par un unique orfèvre.
Vous,
qui rassurez la montagne,
qui faites croire à l’homme qu’il est homme,
à la cendre qu’elle est fertile,
au paysage qu’il est immuable.
Femmes de mon pays,
vous, qui dans le chaos retrouvez le durable.

(Nadia Tueni)

 

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