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Poésie

Posts Tagged ‘montagne’

Je suis l’homme-loup (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

Je suis l’homme-loup,
je me dévore moi-même.

Au matin je coupe le frêne
où la lune s’était posée.

À midi je brûle les pâturages
où court le cerf.

Au crépuscule je vais sur la grève
dépecer les tortues.

Je monte dans la montagne
pour chasser l’aigle.

Ce que Dieu fit en six jours,
je le défais en un.

Je suis l’homme-loup,
je me dévore moi-même.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Une légère brise (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



une légère brise pousse les nuages blancs
vers les montagnes bleues
je marche au milieu des chênes et des hêtres
sur un chemin silencieux
ma joie, qui peut la comprendre

je ne ramène rien de la forêt
ni bois mort ni champignon
je cueille seulement un bouquet de silence
qui brûle dans ma poitrine

(Alain Jean-André)

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Qu’est-il besoin de mots, quand l’amour a fait le coeur ivre ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    

Qu’est-il besoin de mots,
quand l’amour a fait le coeur ivre ?

J’ai refermé mon manteau sur Le diamant;
pourquoi de nouveau l’ouvrirai-je ?

Le plateau de la balance montait tant que sa charge était légère :
à présent que le voici plein qu’ai-je besoin de vérifier la pesée ?

Le cygne a pris son vol vers les lacs par au-delà de la montagne ;
qu’importent pour lui désormais les bassins et les douves ?
C’est en toi que vit ton Seigneur;
tes paupières de chair pourront bien se fermer.

« Mon frère, écoute ! Mon Seigneur,
qui ravit mes yeux, s’est uni lui-même avec moi »
dit Kabîr.

***

Where is the need of words,
when love has made drunken the heart ?

I have wrapped the diamond in my cloak;
why open it again and again?

When its load was light, the pan of the balance went up :
now it is full, where is the need for weighing?

The swan has taken its flight to the lake beyond the mountains;
why should it search for the pools and ditches any more ?
Your Lord dwells within you : why need your outward eyes be opened?

Kabîr says : « Listen, my brother! my Lord,
who ravishes my eyes, has united Himself with me. »

(Kabîr)

 

 

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En te cherchant (Ahmad Shamlou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



En te cherchant
au seuil de la montagne je pleure
Au seuil de la mer et de l’herbe.

En te cherchant
au passage des vents je pleure
Au carrefour des saisons,
Dans le châssis cassé d’une fenêtre qui prend
Le ciel enduit de nuages
Dans un vieux cadre.

En attendant ton image
Ce cahier vide
Jusqu’à quand
Jusqu’à quand
Se laissera-t-il tourner les pages?

Accueillir le flux du vent et de l’amour
Dont la sœur est la mort
Et l’éternité
Son mystère qu’elle t’a soufflé
Tu devins alors le corps d’un trésor
Essentiel et désirable
Comme un trésor
Par qui la possession de la terre et des pays
Est devenue ce que le cœur accueille.

Ton nom est un moment d’aurore qui sur le front du ciel passe
– Que ton nom soit béni! –

Et nous encore
Nous revoyons
La nuit et le jour
et l’encore.

(Ahmad Shamlou)

Illustration: Alex Alemany

 

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Où est l’utilité des mots (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

Illustration

    

Où est l’utilité des mots puisque l’amour a enivré mon coeur ?
J’ai enveloppé le diamant dans mon manteau :
pourquoi le découvrir à tous moments ?

Quand le plateau de la balance était léger, il montait;
à présent qu’il est chargé à quoi bon peser sur lui.

Le cygne a pris son vol jusqu’au lac qui est là-bas derrière les montagnes ;
pourquoi rechercherait-il les mares et les fossés ?

Ton Seigneur est en toi;
pourquoi tes yeux s’ouvriraient-ils sur le monde extérieur ?
Kabîr dit : « Écoute mon frère !
mon Seigneur m’a ravi et m’a uni à Lui. »

(Kabîr)

 

 

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Nous disposons d’une patrie (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Gao Xingjian

    

Nous disposons d’une patrie
que nous peuplons à notre gré.
Les arbres, les montagnes, un étang
nous incitent à l’indulgence.
Nous existons peut-être par défaut
et nous louvoyons corps et ombre
à la merci de toute erreur.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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En se rejoignant (Buson)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

en se rejoignant
elles deviennent silencieuses
les eaux de montagne

(Buson)

Illustration

 

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Ce Torrent de pureté (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Oeuvre de la paisible
montagne, ce
Torrent de pureté

***

Work of the quiet
mountain, this
Torrent of purity

(Jack Kerouac)


Illustration

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La tapisserie intérieure (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

La tapisserie intérieure

quand j’habitais chez les fourmis
en Suisse
on m’a dit un jour que la sagesse
était comme l’eau de la montagne,
gazouillant du haut du ciel
mais je n’ai pas écouté

plus tard j’ai attendu
devant le trou du rocher
mais les heures n’ont pas
fondu le cristal bleu

enfin une longue pluie
a recouvert
mes pas.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Avec le temps (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017




    

Avec le temps s’approcheront les fleuves
et les montagnes, avec le temps
il finira par venir manger dans ta main
et faire son nid dans ton lit
le silence.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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