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Poésie

Posts Tagged ‘montagne’

Que signifie (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Que signifie que ces arbres et ces montagnes
sont magiques et irréels ?
— Cela signifie que ces arbres et ces montagnes sont magiques et irréels.

Que signifie que ces arbres et ces montagnes ne
sont pas magiques mais réels ?
— Cela signifie que ces arbres et ces montagnes ne sont pas magiques mais réels.

Les hommes ne font que porter des jugements imaginaires dans les deux sens,
et tout le temps
ce n’est que la même éternité d’or naturelle.

(Jack Kerouac)

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Le troglodyte me dit (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration
    
le troglodyte me dit
qu’il est lui aussi le centre du monde.

remuant il remue le soleil.

il me dit
que son chant
est un univers
semblable à l’univers.

la montagne
avatar du troglodyte :
même bec
mêmes ailes
même mangeuse de papillons.

odeur des plumes :
un incendie lointain,
sans doute celui du monde.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Colibri (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration
    
colibri
ailes si rapides
qu’on ne voit que leur lumière.

même vol que l’abeille.

il avance il recule.
parfois sommet des Andes :
un point.

si rapide qu’il semble, en vol,
se séparer de lui-même.

derrière le colibri l’air
agite de petits personnages de vent —
plus loin la tempête
forme une montagne.

immobile.
Mais le violon, lui non plus, n’a pas bougé
depuis trois siècles.

ce coeur
battant vite
dans l’air.

au coeur du monde
sans poids.

loin
sort de son vol.
sort de lui-même.
fleurit.

sort de sa lumière.

danse à la perfection.
dans la grâce.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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LA MONTAGNE DE LA PORTE CÉLESTE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



lune

 

LA MONTAGNE DE LA PORTE CÉLESTE

Comme un sabre,
Le fleuve Ts’ou a fendu la montagne.
Cette jonque d’or, là-bas, sur le fleuve…
Non C’est la lune qui se lève

(Li Taï Po)

 

 

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L’oiseau le révèle (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




    
l’oiseau le révèle :
l’aube
est une montagne

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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FIN D’ÉTÉ (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

FIN D’ÉTÉ

Déluge boréal, et la nuit entière, lâchée
à l’heure diluvienne de l’oeil. Notre volonté
aux os brisés, contrant le flot
de pierres dans notre sang : vertige
depuis les hauteurs d’hélium
de la langue.

Demain : une route de montagne
bordée d’ajoncs. Ensoleillement
dans les fissures de la roche. Dénuement.
Comme si nous pouvions retenir un simple souffle
à la limite du souffle.

Il n’y a pas de terre promise.

(Paul Auster)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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RETOUR (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

RETOUR

Ville : le creuset de notre enfouissement.
Montagne profonde extraite
de la montagne de boue
et de mémoire.

Chalands. Ciel de plomb.
Le monde se rouille.
Et le fleuve est aussi muet que la langue.

Nous avons halé notre misère jusqu’aux combles
et déménagé avec le vent. C’est là
que nous en sommes : une façon de nous voir
dans l’oeil même
du possible.

Pour vivre dans cet air,
nous devons apprendre à ne pas respirer.

(Paul Auster)

Illustration

 

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Le retour dans la montagne (Gao Shi)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Le retour dans la montagne

On respire un air vif et pur,
et voilà que le soleil disparaît
dans les froides profondeurs de ces rochers immenses.

Je veux vous reconduire jusqu’à votre montagne ;
ami, je connais maintenant votre cœur.

Quand l’âge mûr succède à l’active jeunesse,
le temps est venu de cesser la lutte
et de s’appartenir à soi-même ;

Vous avez su, je le vois, comprendre la vie,
et régler la vôtre comme il faut.
Qu’il vous plaise de marcher ou de vous reposer,
rien ne vous poursuit ni ne vous arrête ;

Sans entendre d’autre murmure que celui des sources,
d’autres bruits que ceux du vent ou de la pluie,
Vous foulez un sol toujours jonché
des fruits du song ou des fleurs du cannelier.

Les simples que vous vendez vous procurent largement
de quoi subvenir à vos faibles dépenses ;
Vous recueillez enfin ces herbes précieuses,
dont les sucs puissants donnent la longévité.

Les nuages blancs sont de gracieux compagnons
qui vous exhortent à boire ;

En quelque endroit que vous vous retiriez pour dormir,
la lune brillante n’est-elle point près de vous ?

J’emporte, moi, de cette journée,
des souvenirs que ne peut effacer le sommeil ;
Nous allons donc nous revoir en songe,
car mon esprit, cherchant le vôtre,
saura bien revenir ici.

(Gao Shi)

 

 

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Toujours (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Toujours la courbe en forme de vague
les hauts et les bas
Voilà c’est tout
Et l’ourlet de la mer la poussée du feuillage
la terrestre fanfare des montagnes
N’ayez pas peur de votre tristesse c’est la mienne
C’est la nôtre c’est la sienne
O grandeur
N’ayez pas peur voici la paix la vie
la vie est admirable
La vie est vaine
La vie est admirable
la vie est admirable
elle est vaine

(Pierre Jean Jouve)

Illustration

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AU MILIEU DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AU MILIEU DU FLEUVE
Tchang-Tsi

Dans mon bateau, que le fleuve balance, sans brusquerie,
je me promène, tant que le jour dure.
Et je regarde l’ombre des montagnes, dans l’eau.

Je n’ai plus d’autre amour, que l’amour du vin,
et ma tasse pleine est en face de moi.
Aussi mon cœur est rempli de gaîté.

Autrefois, il y avait dans mon cœur plus de mille chagrins ;
mais à présent :
Je regarde l’ombre des montagnes, dans l’eau.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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