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Poésie

Posts Tagged ‘montée’

La descente est appel comme la montée fut appel (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



La descente est appel
comme la montée fut appel
Avec le soir, l’amour s’éveille
quoique ses ombres
s’animent pour cela
que le soleil brille –
s’assoupissent soudain et se détachent
du désir.
Un amour sans ombre vibre soudain
commence à s’éveiller
comme la nuit
avance.
La descente
faite de désespoirs
et privée de perfection
accomplit un nouvel éveil :
qui est un retournement
du désespoir.

(William Carlos Williams)

Illustration: Stéphane Texereau

 

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Seul celui qui a osé voir (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2020




    
Seul celui qui a osé voir que l’enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui.
C’est le travail sur l’ombre, la traversée de la nuit qui permettent la montée de l’aube.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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La main à pleine poignée (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



 

La main à pleine poignée quand le pied glisse
se retenant — non pas la chute libre comme
toujours dans le buisson de la voix le silence
quelque chose un instant le retient, langue brûlée
mais le cheminement (caillou plus tard sur la page
à plat de mon carnet pour que ne s’envolent
les mots lentement gagnés dans la montée)
quand l’herbe jamais de nous ne retiendra
dans le matin abrupt aux pages penchées qu’
un nom (herbe vivace) et son écho qui meurt

(Pascal Commère)

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A la montée de la sève (Jean-Marie Petit)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Stéphane Auton_homme arbre

A la montée de la sève
Je me suis greffé sur le bras
Un rejet de cerisier
Au bout des doigts
Un pommier de Saint-Jean
Sur la nuque un figuier
Et maintenant j’attends les oiseaux.

(Jean-Marie Petit)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Stéphane Auton

 

http://www.stephane-hauton.fr/category/peinture/tableaux/

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L’amour est donc ceci (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
l’amour est donc ceci :
imperceptible trait
de montée qui demande?

intonation de demande étonnée
où tout s’engouffre
mince intervalle

disant :
tout change
toutes cellules remuées

: une voyelle
dite un peu plus haut dans la voix —
un souffle —

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Brume sur l’eau (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    
Brume
sur l’eau
la rivière
rêve

Montée acide
de la lumière

Trop aiguë

Déchire
l’haleine
éphémère

Mémoire du songe

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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POUSSIÈRE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Ludovic Florent
    
POUSSIÈRE

Or ma poussière n’est jamais en repos.
Or toujours je dois mourir.
Cette poussière a voyagé avec la terre depuis la création des soleils
Mais n’a jamais quitté l’éternité

Dont la loi est tracée sur ma main qui écrit,
Qui porte le sceau des formes et des états de la nature;
Les étoiles obéissent à cet ordre, et l’herbe,
La beauté les innocents, et les saints.

Ces os ont vu les rochers déversés, fondus
Dans la transmutation des feux solaires,
Obéissant aux lois que j’ai brisées,
La puissance et la gloire du soleil qui règne.

Mon sang suit son cours comme le mouvement des marées,
La pluie qui tombe et le torrent, l’orage et l’accalmie,
Il a subi le poids du gel
Et la montée baroque des nuages.

L’ombre de la croix s’étend sur le vide
Dès le premier éclat jailli entre les pôles.
Le monde est bâti sur une séparation
Dont les années-lumière ne peuvent combler la distance.
La blessure prolifère, la déchirure s’étend.

La passion de l’homme est inscrite dans l’arbre,
Les colonnes du ciel, les végétaux,
Les épines, le fer, et la soif organique
Depuis le commencement dresse son calvaire.

La poussière vole à travers les figures d’une danse,
Avance — passage rituel — telle une épousée,
Marque fleurs et coquilles de spirales qui deviennent
Déserts de fossiles et brumes tournoyantes,
Tisse la rose, l’agneau, l’enfant aimé du monde,
Puis redéfait le monde que la danse a fait.

***

DUST

Only my dust is never laid
And ont), I must always die.
This dust has travelled with the earth rince suns moere made
Yet never left eternity

Whose mule is traced upon my band that writes,
That bears the seal of nature’s forms and states;
The stars obey that order, and the gras:,
The beautiful, the innocent, and the saints.

These bones have known the molten rocks outpoured
In transmutation of the solar ires,
Obedient to the laves that I have broken,
The power and glory of the reigning sun.

My blood streams with the motion of the tides,
The fall of main and cataract, storm and calm,
Has undergone the freezing of the ice
And the baroque assomption of the clouds.

The chape of the cross is laid upon the void
By the first flash that leaps between the poles.
The world is built upon a separation
Whose distance the long lightyears cannot close.
The wound proliferates, the rift extends.

Man’s passion is predestined in the tree,
The cross-beams of the heavens, vegetation,
The thorns, the iron, and the organic thirst
From the beginning raise his calvary.

The dust sweeps through the figures of a dance,
Moves in its rituel/ transit like a bride
Imprinting shells and fiowers with spiral forms that pass
To fossil hastes and whirling nebulae,
Weaving the rose, the lamb, and the world’s darling child,
And then unmakes again the world the dance has made.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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L’attente (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’attente

Salut au matin même le plus pauvre
tout taché de neige et de forêts noires
changeant l’horizon en mur décrépi
où le plâtre bis des longs champs s’écaille

salut au matin posé sur ma table
à sa joue frottée sur le papier blanc
à la plaine creuse où peinent les hommes
aux collines fades pliant sous la brume

chaque aube rapproche l’homme que j’attends
la montée du jour au fond de mes paumes
les raisons tombées leurs faisceaux formés
et celui qui dit : voilà, c’est là, c’est là !

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Lente, repose l’onde laissée par la marée (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018




Lente, repose l’onde laissée par la marée.
Alourdie s’abandonne. Tout est plus que tranquille.
On n’entend plus que ce qui vient des hommes
Lors croît la montée de la lune.
En cette heure, Lydia, ou Néaere, ou Chloé,
Chacune de vous m’est une étrangère, car je m’incline
Sur le seul vain secret
Que dit l’incertitude.
Je serre dans mes mains — est-ce un crâne, ou la clef
D’un superflu sépulcre ? — ma pauvre destinée.
Ignorant je l’abhorre
Sans coeur pour la sentir.

(Fernando Pessoa)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Va dans la fleur (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Illustration: Arduinna
    
Va dans la fleur et viens nous dire
Si c’est meilleur.

Si c’est travail que la montée
Ou débarras.

Dis-nous surtout comment on fait,
Venant du noir et des lenteurs,
Pour supporter d’être couleur
Aux papillons et pour personne.

Si l’on n’a pas envie souvent
Du labyrinthe avec les pierres

Et si c’est vrai qu’on y a peur,
Surtout le jour,
De la durée.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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