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Poésie

Posts Tagged ‘monter’

L’éléphant (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

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L’éléphant

J’ai réussi
A savoir pourquoi
rarement s’énerve
L’éléphant
C’est tout simplement
Parce que la moutarde
A trompe à monter.

(Gilles Brulet)

Illustration

 

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La zone des fruits (Auguste Lacaussade)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



 

Ivan Rabuzin  003

La zone des fruits

Ne quitte point encor l’ombre où tu te recueilles,
Élabore en secret la sève de tes vers.
L’arbre, avant de fleurir, sur sa tige et ses feuilles,
Par degrés et longtemps doit monter dans les airs.

Il plonge sous le sol sa racine altérée,
Des sucs inférieurs il s’abreuve sans bruit ;
Mais son jour vient enfin : dans la zone éthérée
Voyez s’ouvrir sa fleur et resplendir son fruit !

(Auguste Lacaussade)

Illustration: Ivan Rabuzin

 

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Dans les brisants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Dans les brisants,
Dans les cris des goélands,
Dans l’écume qui retombe en eau,
Dans la marée qui commence à monter,
Dans le goémon qui s’accroche aux rochers,

Je me convie.
Je m’y retrouve.

(Guillevic)


Illustration

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LES ÉTOILES ME SONT CHÈRES (Shmuel Halkin)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
LES ÉTOILES ME SONT CHÈRES

Toute étoile est chère à mes yeux
Pour la pureté de son feu
Pour son vol parmi des milliers,
Pour son éclat particulier,
Parce que sa clarté profonde
Dans chaque goutte peut se fondre.

Toute étoile est chère à mes yeux
Car jamais n’est double son feu
Quand elle offre à l’eau sa lumière,
Rien n’est plus sombre ni plus clair
Sur la route longue et dorée
Qui monte jusqu’à l’empyrée.

Toute étoile est chère à mes yeux
Tant son ordre est vertigineux,
Je trouve mesure pour elle,
Mais sa lumière en moi se perd
Car elle appartient à la terre
Tout comme elle appartient au ciel.

(Shmuel Halkin)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Araignée d’eau (Saitô Mokichi)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019



Araignée d’eau qui monte dans le courant
Tes forces sont si faibles pourtant

(Saitô Mokichi)


Illustration

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VIENS ICI (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019




Illustration: Marc Chagall
    
VIENS ICI

Viens ici, penche-toi,
Du bras touche ma chair.
Ô toi – je te tutoie
Toi, le Dieu. Moi, le ver.

Ô toi, genoux à terre
Docilement avant
Que sur ma peau je serre
Mon sacré vêtement.

Fais vite. Aux vitres claires
Je vois en feu voler,
Radieuse poussière
Ma carriole ailée.

Vite, dis la parole
Que tu viens m’apporter
Car sur ma carriole
Déjà je suis monté.

Viens ici, penche-toi,
Du bras touche ma chair
Tant que tu es encore
Un Dieu, et moi un ver.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE COMPLAINTE JUIVE (David Einhorn)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



Illustration: Rafal Olbinski
    
UNE COMPLAINTE JUIVE

Comme à leur arc rivées
Les cordes sont tendues,
Tirées à se briser
Par des mains inconnues,
Mais sans frémir, muettes,
Comme avant la tempête
Dans les yeux la tristesse
Se calcine, embrasée.

Terrifiant silence
Qu’on ne peut endurer,
Douleur à ne pas dire
Plaie à ne pas montrer,
Comme harpes qui pendent
Muettes sur les branches
Quand dans les doigts se fendent
Les sanglots étranglés.

Pourtant les heures restent
Quand l’océan s’endort,
Que du bleu sourd le presque
Imperceptible accord,
Vers nous, de chaque corde,
Un écho monte alors,
Comme prière il flotte
Comme une voix implore.

Tout s’allège et la peine
Peut alors déposer
Au coeur comme au désert
Un semblant de rosée.
Le réconfort nous berce
Comme longue langueur,
Une complainte juive
Se trempe dans les pleurs.

(David Einhorn)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE TANAH DIT (Joseph Rolnik)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
LE TANAH DIT
(extrait)

Des tuiles, des planches, des vitres,
Et martèle, et façonne, et bats,
Assemble-les, plus vite, vite,
Le jour s’assombrit et s’en va.

Le jour s’assombrit et s’en va,
Et tout à coup surgit la nuit,
Tu restes perdu dans ton champ
Sans avoir fini ton abri.

Des tuiles, des planches, des vitres,
Rien ne peut sortir de cela,
Le vent disperse ta demeure
Avant que monte le soleil.

(Joseph Rolnik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Purgatoire (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Illustration: Adolfo Busi
    
Purgatoire

La plénitude ne nous épuise donc pas ?
Dans mes mains lasses j’amasse,
j’aime, offre et accomplis
mais le jour persiste et la clarté aussi.

Je bois et vide tous les puits ;
le temps s’enfonce au plus profond des mers,
l’espace rencontre ma pesanteur
et me presse au soir de rentrer.

Comme une flèche je monte et descends les escaliers ;
il pleut des heures dans le silence,
rompant toutes les vannes, la plénitude s’élance,
je cours jusqu’à mourir éreintée.

Mais de nouveau il fait jour et la clarté persiste
– j’ai beau me tourner et me défendre, en vain –
de moi sans fin poussent des mains,
je dors et ne meurs pas.

***

Fegefeuer

Erschöpft uns denn die Fülle nicht?
Ich häufe in die müden
ich liebe, schenke und vollende,
doch es bleibt Tag und es bleibt licht.

Ich trinke aile Brunnen aus;
die Zeit rückt tiefer in die Meere,
der Raum begegnet meiner Schwere
und drängt mich in das Abendhaus.

Ich flieg’ die Treppen auf und ab;
es regnet Stunden in die Stille,
aus allen Schleusen bricht die Fülle,
bis ich mich totgelaufen hab’.
Doch wieder tagt es und bleibt licht,
-— wie ich mich wehre und mich wende –
mir wachsen unaufhörlich Hände,
ich schlafe und ich sterbe nicht.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Tellement (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



Tellement nous aurons
Monté tous les degrés,

Que l’herbe effacera
La trace de nos corps.

(Guillevic)

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