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J’ai vu ces songeurs, ces poètes (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



    

J’ai vu ces songeurs, ces poètes,
Ces frères de l’aigle irrité.
Tous montrant sur leurs nobles têtes
Le signe de la Vérité.

Et près d’eux, comme deux statues,
Qui naquirent d’un même effort,
Se tenaient, de blancheur vêtues.
Deux vierges, la Vie et la Mort :

Mais enfin la compagne sûre
Venait ; la radieuse Mort
Lavait tendrement la blessure
De leurs seins exempts de remord.

Ainsi que les mères farouches
Qui sont prodigues du baiser,
Elle les baisait sur les bouches,
Doucement, pour les apaiser.

(Théodore de Banville)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Mener plus loin (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 Illustration
    
Mener plus loin

La pendule assassine
De son tic tac tes années

Aucune aiguille
Ne montre
Le chemin du retour

Le pas du temps
Te mènera
Au-delà

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Ô frère, mon coeur soupire (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 

Illustration

    
Ô frère, mon coeur soupire après le vrai Maître, qui remplit la coupe de l’amour
pour me l’offrir après y avoir bu.

Il lève le voile et Brahma se révèle à mes yeux.
Il découvre en Lui les mondes, et me fait entendre la musique mystérieuse.
Il me montre que joies et douleurs ne font qu’un.

Toutes ses paroles sont pleines d’amour.

Kabîr dit : « En vérité il n’a rien à craindre de celui qui possède un tel Maître
pour le conduire dans un sûr refuge. »

(Kabîr)

 

 

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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Les petits livres (Joseph Joubert)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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Les petits livres sont plus durables que les gros; ils vont plus loin.
Les marchands révèrent les gros livres; les lecteurs aiment les petits.
Ce qui est exquis vaut mieux que ce qui est ample…
Un livre qui montre un esprit vaut mieux que celui qui ne montre que son sujet.

(Joseph Joubert)

 

 

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Il vous naît un oiseau (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge,
En plein vol, et cachant votre histoire en son coeur
Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer.
Il vole sur les bois, se choisit une branche
Et s’y pose, on dirait qu’elle est comme les autres.

(Jules Supervielle)

Illustration

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De sa poussette (Nakamura Kusatao)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



De sa poussette il montre
Dans le ciel de l’été
Les parents et les enfants étoiles.

(Nakamura Kusatao)

 

 

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LA CHANDELEUR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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LA CHANDELEUR

L’hiver est long, les temps sont durs
Et la vie n’est pas gaie.
J’avons pus d’farin’ qu’eun’ mesur’
Dans un racoin d’la maie.
J’avons qu’un bout d’salé pas cuit
Dont l’dessus est tout blême ;
Mais coumm’ c’est la Chand’leur an’hui,
Faisons des crêpes tout d’même !

C’est la Chand’leur, mes pauvr’ers gens,
Faisons des crêp’s dans la ch’minée
A seul’fin d’avouèr de l’argent
Toute l’année !

Pour dev’ni’ rich’ faut travailler.
Que tout le mond’se hâte !
Mari’, dans le grand saladier
Tu vas battre la pâte.
V’là d’l’ajonc qui brûle en lançant
Des tas d’petit’s étouéles.
Allons ! pé Mathieu, cré bon sang !
T’nez bon la queu’ d’la poêle !

Disez les fill’s, disez les gas !
Qui qu’en fait sauter eune?
Ah ! la bell’crêpe que voilà !
Alle est rond’comme eune leune,
Eune’ Deuss’! Mari’ je n’t’aim’rai p’us
Si tu veux pas la prendre…
– Sacré couillon tu l’as foutu’
Au beau mitan des cendres !

Depis que je fêtons cheu nous
Quand la Chand’leur s’amène
Je soumm’s core à trouver un sou
Dans l’talon d’nout’ bas d’laine ;
Mais pisqu’an’hui nous v’là chantant
Devant les crêp’s qui dansent,
C’est toujou’s eun’ miett’ de bon temps
D’gagné su’ l’existence !

Pendant c’temps-là j’ruminons pas
Nos mille et mill’misères :
Les vign’s qu’ont le phylloxera,
Et la vache qu’est en terre.
Et moué que je vas être vendu !
Bah ! si l’huissier arrive
Je lui coll’rons la poêle au cul
Pour y montrer à vivre !

(Gaston Couté)

 Illustration: Pieter Aertsen

 

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C’ETAIT UN DIMANCHE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



C’ETAIT UN DIMANCHE

Qu’il est loin le jour de notre rencontre !
Pourtant, vois la croix que mon doigt te montre
En face d’un Saint du calendrier ;
Ou si, par hasard, ton cœur se rappelle,
Cherche dans ton cœur ; tu verras, ma belle,
Que c’était encore au printemps dernier…

Refrain

Ce jour-là c’était un jour de dimanche.
Nous étions au bois à courir tous deux ;
Les petits oiseaux chantaient dans les branches…
Nous, dans les sentiers, nous faisions comme eux.

On chantait l’amour, Dieu de la jeunesse,
Qui fleurit les cœurs où luit sa caresse,
Comme le printemps fleurit les buissons…
A leurs becs mignons, à nos lèvres folles
C’était le même air, les mêmes paroles,
Et c’était toujours la même chanson.

Refrain

Ce jour-là c’était un jour de dimanche.
Le soleil de Mai brillait dans les cieux ;
Les petits oiseaux s’aimaient dans les branches…
Nous, sur l’herbe en fleur, on a fait comme eux.

Mais après le temps des extases saintes,
Des baisers brûlants, des folles étreintes,
Nous vîmes venir le dégoût prochain,
L’insipidité des fausses caresses
La stupidité des vaines promesses
Et notre amour mort au bout du chemin.

Refrain

Ce jour-là c’était un jour de dimanche.
La neige tombait tristement des cieux ;
Les petits oiseaux mouraient dans les branches…
Notre pauvre amour avait fait comme eux.

Souvent, maintenant, alors que je songe
Même à nos douleurs, même à tes mensonges
Dans l’ennui profond où je suis tombé
Je rêve qu’un jour prochain nous rapproche
Et souventes fois je fais le reproche
A mon cœur naïf de s’être trompé.

Refrain

Mignonne, aujourd’hui c’est encor dimanche
Si nous allions au bois tous les deux ?
De nouveaux oiseaux chantent dans les branches…
Veux-tu que l’on fasse encore comme eux ?

(Gaston Couté)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Tu seras aimé (Theodor Adorno)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



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Tu seras aimé lorsque tu pourras montrer ta faiblesse
sans que l’autre s’en serve pour montrer sa force.

(Theodor Adorno)

 

 

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