Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘montrer’

Comme un long éclair de chaleur (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017


eclair

Je te découvrirai à ceux que j’aime,
comme un long éclair de chaleur,
aussi inexplicablement que tu t’es montrée à moi.

(René Char)

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 1 Comment »

SAINT THOMAS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
SAINT THOMAS

Poète ! René Guy Cadou ?
Mais montrez-moi trace des clous !

Montrez l’eau vive où il s’abreuve
Montrez rabots et planches neuves !

Montrez-le-moi sur le sentier
Larron avec le fer aux pieds !

Le toucherais l’écouterais
D’un doigt posé dedans la plaie

Reconnaîtrais qu’il s’agit bien
D’un Dieu déchu ou d’un vaurien

Montrez-le-moi de but en blanc
Agenouillé comme un enfant

Dans la maison couleur de pomme
Devant la femme ou devant l’Homme

Bègue à moitié navré transi
Montrez-le-moi quand il écrit

Ces mots à tort et à travers
Pareils aux vagues de la mer.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les chevaux de l’amour (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



Illustration: Jeanne Saint Chéron
    
Les chevaux de l’amour me parlent de rencontres
Qu’ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D’un regard douloureux tout chargé de forêts

Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que le poids de la vie est sur toi

Mais je marche et je sais que tes mains me répondent
Ô femme dans le clair prétexte des bourgeons
Et que tu n’attends pas que les fibres se soudent
Pour amoureusement y graver nos prénoms

Tu roules sous tes doigts comme des pommes vertes
De soleil en soleil les joues grises du temps
Et poses sur les yeux fatigués des villages
La bonne taie d’un long sommeil de bois dormant

Montre tes seins que je voie vivre en pleine neige
La bête des glaciers qui porte sur le front
Le double anneau du jour et la douceur de n’être
Qu’une bête aux yeux doux dont on touche le fond

Telle tu m’apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l’été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d’une seconde et d’une éternité.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ténèbres (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Ténèbres

Ton âme pleure le passé.
Laisse aller ta mélancolie
Qui ravive un amour lassé.
Élève-toi vers la folie.

C’est une clarté indécise,
Ce sont les dernières lueurs
D’un feu qui s’éteint, d’un bonheur
Qu’un souvenir trop pur excise.

C’est une musique céleste
Qui berce et berce et berce encore.
Mais cette harmonie est funeste
À celui qui n’a plus de corps.

Pleure ami, c’est un jour de deuil.
Si la mort frappe à la fenêtre
De ton coeur, montre le cercueil ;
Elle aura pitié de ton être.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une souris verte qui courait dans l’herbe (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)
Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit : Il fait trop chaud (bis)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)
Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit : Il fait trop chaud (bis)
Je la mets dans l’creux d’ma main
Elle me dit : Oui là c’est bien !

(Anonyme)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LIGNE DE FOI (René Char)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017




    
LIGNE DE FOI

La faveur des étoiles est de nous inviter à parler,
de nous montrer que nous ne sommes pas seuls,
que l’aurore a un toit et mon feu tes deux mains.

(René Char)

 

Recueil: La Parole en archipel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PORTRAIT DE FEMME EN CAVE (Odile Caradec)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017




    
PORTRAIT DE FEMME EN CAVE

Elle rit en montrant ses grandes dents
hennissantes
elle se réjouit d’avoir été propriétaire
de deux fontaines de jouvence
présentement elle est à sec comme un vieux
hareng saur

Jadis elle fut une femme
elle n’en est plus que l’historique
il y a en elle un arbre qui pousse qui pousse
Cet arbre immense, c’est son squelette qui
grandit
peu à peu il prend toute la place
Oui, les parties dures de son corps envahissent
l’espace
Seigneur ! et qui les voit ?

(Odile Caradec)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Partout où il n’y aura rien (Denis Diderot)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Louis Roland Trinquesse
    
Lettres à Sophie Volland

J’écris sans voir. Je suis venu;
je voulais vous baiser la main et m’en retourner.

Je m’en retournerai sans cette récompense;
mais ne serai-je pas assez récompensé
si je vous ai montré combien je vous aime?

Il est neuf heures,
je vous écris que je vous aime.
Je veux du moins vous l’écrire;
mais je ne sais si la plume se prête à mon désir.

Ne viendrez-vous point
pour que je vous le dise
et que je m’enfuie?

Adieu, ma Sophie, bonsoir;
votre coeur ne vous dit donc pas
que je suis ici?

Voilà la première fois
que j’écris dans les ténèbres:
cette situation devrait m’inspirer
des choses bien tendres.

Je n’en éprouve qu’une:
je ne saurais sortir d’ici.

L’espoir de vous voir un moment m’y retient,
et j’y continue de vous parler,
sans savoir si j’y forme des caractères.

Partout où il n’y aura rien,
lisez que je vous aime.

Paris, le 10 juillet 1759

(Denis Diderot)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon bien-aimé (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Mon bien-aimé élève la voix,
il me dit:

«Lève-toi, ma bien-aimée,
ma belle, viens.

Car voilà l’hiver passé,
c’en est fini des pluies, elles ont disparu.
Sur notre terre, les fleurs se montrent.
La saison vient des gais refrains,
le roucoulement de la tourterelle se fait entendre
sur notre terre.
Le figuier forme ses premiers fruits
et les vignes en fleur exhalent leur parfum.

Lève-toi, ma bien-aimée,
ma belle, viens!

Ma colombe, cachée au creux des rochers,
en des retraites escarpées,
montre-moi ton visage,
fais-moi entendre ta voix.»

(Mahmoud Darwich)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :