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Poésie

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Pas d’auberge où passer la nuit (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2021



Illustration (cette photo a une histoire)
    
pas d’auberge où passer la nuit
la lune
montre le chemin

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE

gonfle sur son passage terre ridée,
soleils se gorgent d’air et se vident.
Sol fertile —
Surfaces jaunes croisent presque à la verticale un vert saturé,
elles grandissent en se rapprochant et nous montrent ici les atomes jaunes —
de joie, ils prennent part à la vie.

CHAMP D’ÉPIS

***

LEUCHTENDES HELLICHT

durchschwellt runzlige Erde,
Sonnen atmen auf und nieder.
Reichlicher Boden —
gelbe Flächen durchkreuzen steil ein gesättigtes Grün,
sie wachsen näher und zeigen uns hier die gelben Atome —
die spielen vor Lust an dem Leben.

ÄHRENFELD

(Egon Schiele)

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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REINE DES BOIS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




REINE DES BOIS

AUJOURD’HUI la Présence
M’a mis sous les yeux
La reine des bois à la blanche écume
De pétales immaculés,
Les quadruples étoiles innombrables
Ouvrent des coeurs de vie,
Dans un jardin de Londres
Elles poussent en un bois printanier
Devant la cité et derrière
Des machines dont le bruit
Déchire le ciel.
Les blanches étoiles
N’entendent pas; elles me disent
« Les bois existent toujours ».
Le muguet
Recherche le terreau de feuilles
Et les merles
Bâtissent de nouveau, réparent
Les accrocs que nous faisons
Dans les temps et dans les lieux.
Les bois immémoriaux
Sont ici, sont tout près,
Les blanches étoiles passent
L’invisible frontière:
« Viens à nous », disent les fleurs,
« Nous te montrerons le chemin. »

***

WOODRUFF

TODAY the Presence
Has set before me
Woodruff’s white foam
Of petals immaculate,
Fourfold stars numberless
Open life’s centres,
In a London garden
They grow in a spring wood
Before the city and after
Machines whose noise
Tears the sky.
The white stars
Do not hear; they tell me
The woods are always’.
Lily-of-the-valley
Feels for loam of leaves
And the blackbirds
Build anew, repair
The rents we tear
In times and places.
Immemorial woods
Are here, are near,
The white stars cross
The invisible frontier:
`Come to us’, the flowers say,
` We will show you the way.’

(Kathleen Raine)

 

 

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Voir le dedans des murs (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021


mur

Voir le dedans des murs
Ne nous est pas donné.

On a beau les casser
Leur façade est montrée

(Guillevic)

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Jupe en dentelle (André Salmon)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je veux avoir,
comme la dame
Qui chante,
Une jupe en dentelle.

– Mais la dame montre ses jambes!
– Je te les montrerai, dit-elle

(André Salmon)

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Le soleil, aujourd’hui, je me le suis donné (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2020




    
Le soleil, aujourd’hui,
Je me le suis donné.

J’en ai mis plein mes poches
Et dans d’autres endroits
Où mes mains ne vont pas.

Je peux escalader
Ce qui me séparait.

Je peux montrer aux gens
Comment c’est, la lumière.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Montre-moi le sommeil renversé (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



montre-moi
le sommeil renversé

la vitesse
éperdue

le chapelet
aux mille bouches

le précieux déluge
épuisant tous les masques

(Zéno Bianu)


Illustration: Salvador Dali

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AU CIEL (Blanca Castellón)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Elisabeth Gecius
    
AU CIEL

Déjà enfant je voulais visiter le ciel
J’ai réussi à l’atteindre grâce
aux poèmes
aux avions
et aux rêves

si je meurs je pense déménager vers la région bleue
déjà je m’emploie à organiser mon séjour éternel
avec son fondateur

plus qu’un impatient j’attends mon arrivée.
Dieu qui nous connaît tous et comprend mon désir
ne permettra pas que je reste errer sur terre pour l’éternité
couvert de vers qui de mon vivant n’ont jamais montré
la moindre affection pour mon humanité.

(Blanca Castellón)

Recueil: ITHACA 584
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache /

Editions: POINTS

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Fais comme l’oiseau (Michel Fugain)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais je suis seul dans l’univers
J’ai peur du ciel et de l’hiver
J’ai peur des fous et de la guerre
J’ai peur du temps qui passe, dit
Comment peut on vivre aujourd’hui
Dans la fureur et dans le bruit
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais l’amour dont on m’a parlé
Cet amour que l’on m’a chanté
Ce sauveur de l’humanité
Je n’en voit pas la trace, dit
Comment peut on vivre sans lui
Sous quelle étoile, dans quel pays
Je n’y crois pas, je n’y crois plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais j’en ai marre d’être roulé
Par des marchands de liberté
Et d’écouter se lamenter
Ma gueule dans la glace, dit
Est-ce que je dois montrer les dents
Est-ce que je dois baisser les bras
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

(Michel Fugain)


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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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