Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘monument’

Si peu de vie soudain (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



stockholm-journal-800x600-800x600

Si peu de vie soudain
Un journal oublié sur un banc

Des feuillages jaunis
la chute de quelques feuilles

Un monument aux morts
droit dans sa mémoire

(Georges Bonnet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VAINES PAROLES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



VAINES PAROLES

Pourquoi voulez-vous que j’oublie
Et que je mette au monument
Ou bien au bûcher consumant
Mon ancienne amour abolie?

Pourquoi voulez-vous à mes maux
Trouver l’inutile remède?
Pourquoi ce vain discours qui m’aide
A me consoler par des mots?

Vous aurez beau dire et beau faire,
Il manque pour mon cœur d’amant
Une étoile à mon firmament,
Un parfum dans mon atmosphère.

D’un bon conseil vous m’éclairez.
Mais, hélas ! je connais d’avance
Quelle pauvre et maigre chevance
On apporte aux désespérés.

On dit, je l’ai dit comme un autre.
Que les regrets sont superflus,
Que le passé ne revient plus,
Et que ce sort-là c’est le nôtre,

Et qu’une fois l’amour parti,
Le plus sage est qu’on y renonce.
Mais tout cela vaut-il une once
De son baiser le plus petit?

D’autres, pour calmer ma détresse,
Vont me parler de cieux meilleurs,
Et chanter que l’on doit ailleurs,
Là-haut, rejoindre sa maîtresse.

Ceux-là connaissent nos défauts
Et nos désirs d’âme immortelle.
Mais cette âme-là, d’où sort-elle?
Et qui l’a vue? où donc?… C’est faux.

Il faudrait croire à ces mensonges
Pour y trouver l’apaisement.
Pour moi votre hypothèse ment
Encor plus que mes anciens songes.

Je ne suis pas de vos chrétiens
Que notre ici-bas embarrasse.
Je ne suis pas de votre race.
Je crois au bonheur que je tiens.

C’est pourquoi mes regrets avides
N’espèrent pas de lendemains.
J’avais mon bonheur dans les mains
Et maintenant mes mains sont vides.

Mais je veux y penser ; je veux,
En fermant mes yeux lourds de fièvres,
Sentir sa bouche sur mes lèvres,
Sentir mes doigts sur ses cheveux;

Et dans ma pensée agrandie
Son souvenir qui vit toujours
Sur le pays de mes amours
Flambera comme un incendie.

(Jean Richepin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je t’adore mon Lou (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



 

 

Je t’adore mon Lou et par moi tout t’adore
Les chevaux que je vois s’ébrouer aux abords
L’appareil des monuments latins qui me contemple
Les artilleurs vigoureux qui dans leur caserne rentrent
Le soleil qui descend lentement devant moi
Les fantassins bleu pâle qui partent pour le front pensent à toi.
Car ô ma chevelure de feu tu es la torche
Qui m’éclaire ce monde et, flamme, tu es ma force

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Fernand Khnopff

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ceux qui croient (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Ceux qui croient
aux yeux des jeunes filles endormies
peuvent miser sur cette minute.
Les innombrables monuments aux morts
ne sont pas seuls à trahir l’absence;
le chœur des veuves exemplaires
et les rides des visages ravagés, non plus.

Il y a un trou béant que tu combles de rieurs.
Les vautours l’ont repéré.
Il y a une main sur le qui-vive
dans la poitrine des putains;
car toutes les richesses
ne sont pas à l’abri.
Maria, Léonide, Camille,
le ciel baisse à chaque pas vers elles.
Il s’agit de redécouvrir la serrure à temps
qui, du serpent, a fait un ange

(Edmond Jabès)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CHANSONNIER (Lorenzo De Medici)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2016



 

LE CHANSONNIER

Cherche qui veut les grands honneurs, les pompes,
Les hauts monuments, les places, les temples,
Les plaisirs, les trésors, accompagnés
De cent dures pensées, de cent douleurs.

Un petit pré vert, plein de belles fleurs,
Un ruisselet, qui arrose l’herbette,
Un oiselet, que fait Amour se plaindre,
Peuvent bien mieux apaiser mes ardeurs,

Et les bois ombreux, les rocs, les hauts monts,
Les antres noirs, les bêtes fugitives,
Avec quelque jolie nymphe craintive.

Là-bas je vois en mes pensées errantes
Les beaux yeux tels que s’ils étaient vivants;
Ici m’en prive une chose ou une autre.

***

CANZONIERE

Cerchi chi vuol le pompe e gli alti onori,
Le piazze, i templi e gli edifizi magni,
Le delizie e il tesor, quale accompagni
Mille duri pensier, mille dolori.

Un verde praticel piem di be’ fiori,
Un rivo che l’erbetta intorno bagni,
Un augelletto che d’amor si lagni,
Acqueta molto meglio i nostri ardori;

L’ombrose selve, i sassi e gli alti monti,
Gli antri oscuri e le fère fuggitive,
Qualche leggiadra ninfa paurosa:

Quivi vegg’io con pensier vaghi e pronti
Le belle luci come fussin vive,
Qui me le toglie or una or altra cosa.

(Lorenzo De Medici)

Illustration: Libit Jones

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lierre, que tu revêts de grâce bucolique (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



fontaine lierre ae [800x600]

Lierre, que tu revêts de grâce bucolique

Lierre, que tu revêts de grâce bucolique
Les ruines des monuments !
Et tu me plais encor sur le platane antique
Qu’étouffent tes embrassements.

Mais je t’aime surtout, sombre et sinistre lierre,
A quelque fontaine pendu,
Et laissant l’eau couler, plaintive, dans la pierre
D’un bassin que l’âge a fendu.

(Jean Moréas)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

GRANDE ROUTE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2015




GRANDE ROUTE

Les croix de carrefours
Les bornes de distance
Ne sont qu’obstacles à l’amour,

J’ignore les raccourcis,

J’allongerai la grande route
Devant les petits pieds qui portent
Le monument que je préfère.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration: David Caspar Friedrich

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Paysage (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2015




Paysage familier mais toujours étrange,
énigme de la paume de la main.

La mer sculpte, têtue, dans chaque vague,
le monument où elle s’écroule.

Contre la mer, volonté pétrifiée,
la roche sans trait s’avance.

Nuages : ils inventent des baies soudaines
où un avion est une barque délayée.

Se dissipe, impalpable abécédaire,
l’écriture rapide des oiseaux.

Je marche entre l’écume et les sables,
le soleil posé sur ma tête :

entre immobilité et mouvement
je suis le théâtre des éléments.

(Octavio Paz)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA STELE (Daniel Birnbaum)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2015



stele 2

LA STELE

Une liste de noms
gravés dans le granite
sur le monument
au carrefour des petites routes

un peu de mousse dans le creux des voyelles
un peu de saleté dans le creux des consonnes

le temps apprend à lire
les souvenirs qui luttent contre lui.

(Daniel Birnbaum)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Que j’aime à voir, dans la vallée désolée (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2015



Stances

Que j’aime à voir, dans la vallée
Désolée,
Se lever comme un mausolée
Les quatre ailes d’un noir moutier!
Que j’aime à voir, près de l’austère
Monastère,
Au seuil du baron feudataire,
La croix blanche et le bénitier!

Vous, des antiques Pyrénées
Les aînées,
Vieilles églises décharnées,
Maigres et tristes monuments,
Vous que le temps n’a pu dissoudre,
Ni la foudre,
De quelques grands monts mis en poudre
N’êtes-vous pas les ossements?

J’aime vos tours à tête grise,
Où se brise
L’éclair qui passe avec la brise,
J’aime vos profonds escaliers
Qui, tournoyant dans les entrailles
Des murailles,
A l’hymne éclatant des ouailles
Font répondre tous les piliers!

Oh! lorsque l’ouragan qui gagne
La campagne,
Prend par les cheveux la montagne,
Que le temps d’automne jaunit,
Que j’aime, dans le bois qui crie
Et se plie,
Les vieux clochers de l’abbaye,
Comme deux arbres de granit!

Que j’aime à voir, dans les vesprées
Empourprées,
Jaillir en veines diaprées
Les rosaces d’or des couvents!
Oh! que j’aime, aux voûtes gothiques
Des portiques,
Les vieux saints de pierre athlétiques
Priant tout bas pour les vivants!

(Alfred de Musset)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :