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Poésie

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Comme cette feuille de ginkgo (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
comme cette feuille de ginkgo
transie dans une flaque gelée

tu n’es qu’une gaffe de l’existence
un faux pas dans le liseré des ornières

comme une averse de pierraille
des phrases ready made te tombent dessus

t’ensevelissent, monticule sans nom
dans une moraine infiniment banale

mais palpiter, ô comme tu y tiens

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Il s’adosse à la montagne d’ombre (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Il s’adosse à la montagne d’ombre
et regarde en arrière
l’émouvante vapeur des plaines
Et les saisons s’annulent
La même buse glisse au sablier du bleu
Falaises à l’affût
sur la chevelure du vide
Entre les coulées de lumière
la mort avance ses moraines
Il marche pour reprendre terre
Antée qui se voûte aux pentes du soir
soleil dans le dos son ombre le tire
et le bruit de l’eau lui redit la route

(Jacqueline Saint-Jean)

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L’EMBRASURE (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



 

David Brayne _436

L’EMBRASURE
MORAINES

Tu ne m’échapperas pas, dit le livre. Tu m’ouvres
et me refermes, et tu te crois dehors, mais tu es incapable
de sortir car il n’y a pas de dedans. Tu es d’autant
moins libre de t’échapper que le piège est ouvert. Est
l’ouverture même. Ce piège, ou cet autre, ou le suivant.
Ou cette absence de piège, qui fonctionne plus
insidieusement encore, à ton chevet, pour t’empêcher
de fuir.

Absorbé par ta lecture, traversé par la foudre
blanche qui descend d’un nuage de signes comme pour
en sanctionner le manque de réalité, tu es condamné
à errer entre les lignes, à ne respirer que ta propre
odeur, labyrinthique. La tempête à son paroxysme,
seule, met à nu le rocher, que ta peur ou ton avidité
convoitent, sa brisante simplicité, comme un écueil
aperçu trop tard. N’est vivant ici, capable de sang,
que ce qui nous égare et nous lie, cette distance froide,
neutre, écartelante, jamais mortelle, même si tu
m’accordes parfois d’y voir crouler la lumière, et
s’efforcer le vent.

(Jacques Dupin)

Illustration: David Brayne

 

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Je pense beaucoup plus à toi (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Je pense beaucoup plus à toi
Que la pensée jamais ne pense
Le coeur s’est arrogé le coeur
J’entends un arbre qui se plaint
D’avoir du ciel en ses racines
La chaleur souple de sa voix
Bouge au tréfonds de mes moraines
Je rampe, étonné, vers un jour
Où je sais ne pas te connaître
La porte d’en-bas ferme mal
Et l’avenir, à travers elle.

(Luc Bérimont)

 

 

 

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