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Poésie

Posts Tagged ‘morceaux’

Préfère le silence (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



Préfère le silence
Aux bruits vains
Aux paroles inutiles
Un silence profond
Comme un regard muet
Clair comme une eau calme
Parfumé comme une pensée
Un silence dur comme un roc
Ou doux comme une brise

Mais un marteau frappe
Des coups réguliers
Dans le quartier
Et brise le silence
En autant de morceaux.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Gaëti Lioubov

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Poupée Mécanique (Dahlia Ravikovitch)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Poupée Mécanique

Cette nuit-là, j’étais une poupée mécanique,
je me tournais à droite, à gauche, et en tous sens.
Je tombai face contre terre et fus réduite en mille morceaux.
Et l’on tenta, d’une main experte, de rassembler mes débris.

Alors, je redevins une poupée en état.
Je fus posée, je fus soumise,
mais n’étais déjà plus qu’une poupée de second ordre,
comme un sarment blessé s’accrochant à ses vrilles.

Puis je m’en fus au bal, à la ronde des danses,
mais on me délaissa, avec pour compagnons des chiens et des chats,
et cependant mes pas avaient rythme et mesure.

J’avais des cheveux d’or, et j’avais des yeux bleus,
ma robe était couleur des fleurs du jardin,
et mon chapeau de paille arborait des cerises.

(Dahlia Ravikovitch)


Illustration

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S’il ne s’agit d’extase (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



Pas la peine dit-il
s’il ne s’agit
d’extase

et il continue de
rassembler le bruit
comme les morceaux
d’un vase
dont les courbes auraient
les formes simples
de l’espace

(Werner Lambersy)

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Picasso Guernica (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016




Picasso-Guernica-Picasso : 1973

Pas le soleil, mais la soudaine lampe pâle illuminant
l’artificielle matière de la mort.

L’espace infini d’une seule agonie,
les formes brusques et brisées
en mille morceaux de vie violente
à la surface livide du gris.

Pas le soleil, mais la pâle
lampe électrique du froid
horreur qui fit naître
le gris coagulé de Guernica.

Nul ne peut jeter sur un tel rêve
le manteau de la nuit,
taire un tel cri,
éteindre une telle lampe
éclairant
l’explosion de l’interminable mort,
la chambre intérieure où ne peut
reposer ni mourir dans le gris de Guernica
la mémoire.

***

Picasso-Guernica-Picasso : 1973

No el sol, sino la súbita bombilla pálida ilumina
la artificial materia de la muerte.

El espacio infinito de una sola agonía,
las repentinas formas rotas
en mil pedazos de vida violenta
sobre la superficie lívida del gris.
No el sol, sino la pálida
bombilla eléctrica del frío
horror que hizo nacer
el gris coagulado de Guernica.

Nadie puede tender sobre tal sueño
el manto de la noche,
callar tal grito,
tal lámpara extinguir
que alumbra
la explosión de la muerte interminable,
la cámara interior donde no puede
reposar ni morir en el gris de Guernica
la memoria.

(José Ángel Valente)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Il parle (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2015




Il parle.
Le silence vole en mille morceaux.
Dommage!

(Anne Tardy)

 

 

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