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Posts Tagged ‘morgue’

Pourquoi briser ce lien entre nous ? (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Pourquoi briser ce lien entre nous ? D’où te vient cette morgue
envers un pauvre diable prêt pour toi à tous les sacrifices ?
De quel droit répugner à consoler un amour éperdu,
seul reste de vie en un corps malade ?
Si je dois me déshabituer de te voir en personne,
ne peux-tu pas venir à moi par une lettre, un messager ?
Tu es par trop changeante, déconcertante, et je m’y perds.
Que faire ? Insoluble question à mon désarroi.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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Cycle (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



dent or

Cycle

La molaire solitaire d’une putain
morte ignorée
était aurifiée.
Les autres dents s’étaient détachées comme sur un accord tacite.
L’employé de la morgue arracha celle-là aussi,
la mit en gage et puis alla danser,
car, dit-il,
seule la terre doit retourner à la terre

(Gottfried Benn)

 

 

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Tendre de cœur (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



    

A la mémoire de Henri Bosco.

Tendre de cœur
Pour chanter

Pieds qui creusent
Le silence

Bras qui brassent
Les houles du feuillage

Humble et fort
Parmi ses frères

De haut en bas
Vivant sa juste place

Ami du soleil
Qui ne s’y brûle

Ami de l’eau
Qui ne s’y noie

Dur de racine
Pour durer

Flambant de fleurs
Ployant de fruits

De l’aurore à la nuit
De la lune au soleil

Cime sans morgue
En oraison.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Monologue du solitaire (Ismail Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Monologue du solitaire

Je m’élève et m’éloigne mais n’en éprouve aucune jouissance.
Me voici seul et j’ai encore plus froid.
Je m’en doutais, mais ma fatale impatience
Me pressait vers ce ciel ingrat.

Comme ramassés à la morgue, des bras de femmes sans vie
Me dispensent une joie tout aussi glacée.
Je me sens en hiver, même si nous voici déjà en avril.
J’ai froid,
Oh, j’ai froid.

***

Monologu i te vetmuarit

Tani une ngjitem lart dhe s’kam asnje gezim.
Ketu ku kam arritur me ftohte eshte, me vetmi.
E dija kete, por padurimi i vdekur
Me shtynte te shpejtoj te ky sinor i kote.

Krahe grash te thyera mbi supe si te prera nga nje morg
Me japin nje gezim po aq te vdekur.
Me duket ende dimer ndonese esht prill.
Kam ftohte.
Kam ftohte.

(Ismail Kadaré)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Désir de vivre et d’être heureux (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Désir de vivre et d’être heureux

Désir de vivre et d’être heureux, leurre et fallace,
Et monstre indéfectible aux têtes renaissantes,
Malgré l’automne et les couronnes marcescentes,
De courir tes hasards mon âme n’est pas lasse.

Car nous n’espérons point d’être jamais, hélas !
Le sage dont l’esprit sûr égorgea les sens ;
Et nous avons au coeur cent taureaux mugissants,
Et la morgue ridicule des guérillas.

Que pour un jour du moins ! Dure et lente rancune
Du destin, laisse-toi fléchir par l’infortune
Et que j’aie un peu de trêve et de réconfort ;
Que je cueille la grappe, et la feuille de myrte
Qui tombe, et que je sois à l’abri de la syrte
Où j’ai fait si souvent naufrage près du port.

(Jean Moréas)

 

 

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Quelle heure est-il ? (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2015



Non, ce n’est pas la lune, c’est un cadran lumineux
Qui brille, et suis-je coupable si je peux
Des faibles étoiles palper la laiteuse clarté ?
Que m’est odieuse la morgue de Batiouchkov :
Comme on lui demandait ici « quelle heure est-il ? »
Il répliqua d’un étrange « l’éternité ».

(Ossip Mandelstam)

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