Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mort’

Si tu restes avec moi (Gottfried Heinrich Stölzel)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Si tu restes avec moi, alors j’irai en joie
Vers ma mort et mon doux repos.

Ah ! comme elle serait heureuse, ma fin,
Tes jolies mains fermant mes yeux fidèles !

***

Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum Sterben und zu meiner Ruh.
Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum sterben und zu meiner Ruh.
Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum sterben und zu meiner Ruh.
Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum Sterben und zu meiner Ruh.

(Gottfried Heinrich Stölzel)

Illustration: Alain DENEFLE

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TEMPS (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



TEMPS

Au fond j’ai toujours su
Que j’atteindrais l’amour
et que cela serait
un peu avant ma mort.

J’ai toujours eu confiance,
Je n’ai pas renoncé
Bien avant ta présence,
Tu m’étais annoncée.

Voilà, ce sera toi,
Ma présence effective,
Je serai dans la joie
De ta peau non fictive.

(Michel Houellebecq)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
C’est ma manière d’avoir du cœur à revendre
C’est ma manière d’avoir raison des douleurs
C’est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d’or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse

A fond de cale à fleur de peau à l’abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l’acier brûle ces méduses
Secrètes que j’ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre

Là où les hommes nus n’ont plus besoin d’excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m’ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n’en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C’est bien suffisant pour que j’en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu’il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m’étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t’aimais
Plus souvent qu’a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l’ancre dans ma mémoire et j’ai peur
Quand de mes amis l’ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s’ouvre à la place de mes yeux – je suis jeune
Ce qui n’est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu’il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule – à ne pas croire…

Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours – dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante – je ne sais plus aimer
Qu’avec cette plaie au cœur qu’avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet

Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu’on les ait aimés
Eux que l’on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l’amour qu’ils savaient prodiguer

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur

A la saignée des bras les oiseaux viennent boire

(Anna Gréki)

Illustration: Frida Kahlo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les morts sont des héros (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



 

Les morts sont des héros
qui servent de noms de rues,
de clairons, d’alibi, d’oubli…

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

Posted in poésie, méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous nous courbons nous nous tendons (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Nous nous courbons nous nous tendons nous nous
Faisons face nous nous croisons nous nous côtoyons
(Je suis vêture pour toi, tu es pour moi vêture)
La sève lève
La peau prend la couleur de la violette et le goût de la mer
A l’appel du large quand nos extrémités lâchent les amarres

Nous entendons le gémissement des secrets
Nous pouvons apercevoir nos veines s’habiller de mort

Nous nous tendons comme l’arc puis nous tombons

Ah l’eau rédemptrice l’amour
Pourquoi la fatigue le repos ô fusion plus complète que celle de l’eau ô amour ?

(Adonis)

Illustration: Pascal Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’apparition de la mort (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017




Le corps de la Pensée se raidit
à l’apparition de la mort.
… une mort qu’elle n’aura pas eu le loisir de penser.

(Edmond Jabès)

Illustration: Jean-Louis David

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Silence calme et ombre (Juan Ramón)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Qu’en est-il d’une musique,
qui cesse de se faire entendre;
et d’une brise qui cesse
de voler de-ci de-là; et qu’en est-il,
d’une lumière qui s’éteint?

Mort, dis, et toi, qu’es-tu d’autre que silence
calme et ombre?

(Juan Ramón)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Nos maîtres sont morts (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



 

Nos maîtres sont morts
et nous sommes seuls.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Gao Xingjian

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Ce n’était pas la Mort (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –
Et que partout – bée l’espace –
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –
Sans une Chance, ou un espar –
Ni même l’Annonce d’une Terre –
Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)


Illustration: Sabin Balasa

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’aime un regard d’Agonie, car je sais qu’il est vrai (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



J’aime un regard d’Agonie,

Car je sais qu’il est vrai –

On ne singe pas la Convulsion,

On ne feint pas, des Affres –

L’œil se fige d’un coup – et c’est la Mort –

Impossible de simuler

Les Perles sur le Front

Par la fruste Angoisse enfilées.

(Emily Dickinson)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :