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Poésie

Posts Tagged ‘mort’

Lenteur de l’immensité (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



Lenteur de l’immensité
le geste large de l’horizon

Les flamboiements de l’eau
sous la torpeur des ponts

Le pommier derrière l’église
mémoire de la faute

La mort peut-être
la plus douce saison

(Georges Bonnet)

 

 

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Au sourire donner un visage (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

Au sourire donner un visage
à la tendresse sa floraison
à sa maison un regard

Sous un ciel de province
dans un jardin ancien
fleurir ses amours mortes

(Georges Bonnet)

 

 

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LA ROSE DES MERS (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Christian Broutin 264

LA ROSE DES MERS

Pour avoir déchiffré les signes que l’orage
Suspendait à ces branches folles de l’éclair,
Nous devons arracher nos corps à cette chair
Et la jeter, muette, aux remous du naufrage.

Dans l’exil absolu de ce double rivage
Qui fige entre nous deux et la vague et la mer,
Notre île a dispersé sa forme, et son désert
N’est plus que flamme éteinte et long souffle sans âge.

Cieux promis à l’amour, frères d’une contrée
Tremblante au fond des yeux qui l’avaient ignorée,
Surprendrez-vous ici l’irréelle parole

Qui révèle aux vivants la sentence des morts ?
Elle tourne, silence, autour de ta corolle
Et cherche avec ta bouche un baiser sans remords.

(Louis Emié)

Illustration: Christian Broutin

 

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J’abdique tout (Jovette Bernier)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



J’abdique tout

Je ne suis plus qu’un peu de chair qui souffre et saigne.
Je ne sais plus lutter, j’attends le dernier coup,
Le coup de grâce et de pitié que le sort daigne
Assener à ceux-là qui vont mourir debout.

J’abdique tout. J’ai cru que la cause était belle
Et mon être a donné un peu plus que sa part;
La mêlée était rude et mon amour rebelle,
Ma force m’a trahie et je l’ai su trop tard.

Je suis là, sans orgueil, sans rancœur et sans arme;
Mais l’espoir têtu reste en mon être sans foi,
Même si je n’ai plus cette pudeur des larmes
Qui fait qu’on a l’instinct de se cacher en soi.

La vie âpre, insensible, a vu ma plaie béante
Et tous les soubresauts qui ont tordu mon corps;
J’ai crispé mes doigts fous aux chairs indifférentes.
Mon amour résigné a pleuré vers la mort.

Qu’elle vienne, la mort, celle des amoureuses,
La mort qui vous étreint comme des bras d’amant,
Et qu’elle emporte ailleurs cette loque fiévreuse
Qu’est mon être vaincu, magnifique et sanglant.

(Jovette Bernier)

Illustration: Edvard Munch

 

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Rien ne voulait mourir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

Rien ne voulait mourir
ni à la fenêtre le récit des feuillages
ni la rose rouge
porteuse de son chant

Ils parlaient à la vie
comme la fleur à l’abeille
l’abeille à la fleur

En désirs de fontaines
leurs paroles jaillissaient

Détournée de la mort
l’absence
se faisait bienveillante

(Georges Bonnet)

 

 

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Il se passait peu de choses (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



armoire_ancienne_merisier

Il se passait peu de choses
à elle seule la colline faisait le matin
de grandes étendues
donnaient des fenêtres généreuses
les romarins se grisaient de leur haleine
sous les vitres les planchers
gardaient leurs guêpes mortes
le cerisier de l’armoire espérait ses oiseaux
un pigeon roucoulait
le ciel était gris de rien

(Georges Bonnet)

 

 

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Mon jeune écho (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Mon jeune écho
jusqu’à l’aube jusqu’à Dieu
plaie d’enfant coquelicot
au-dessus de ton front le ciel est toujours bleu

Les camions du salut vont venir
blanc de neiges éternelles
Rémy qui laisse la porte ouverte
sur le dernier Appel

Mon jeune mort
cruel aux herbes cruel aux voix
autour de toi le vent dévore
ton feu de joie

(Jean Cayrol)

Illustration

 

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Où les couleurs sont-elles dès que la nuit y voit (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Où les couleurs sont-elles
dès que la nuit y voit
Le rouge étend ses ailes
sur le blanc mort de froid

et nul ne dit le nombre
des hivers écoulés

Sur des lèvres où sombre
un papillon gelé
c’est entre une ombre et l’ombre
tout un âge en allé

Le jour qu’un pas efface
sous un ciel fait d’un nom
n’est plus l’homme qui passe
craint l’ombre et s’y confond
mais l’aube sans visage
que son regard sera
dans la blancheur des pages
où la neige est l’image
d’amours qu’on ne voit pas

Sois moins triste on t’écoute
plaider tes maux d’enfant
à l’absente qui doute
du coquelicot blanc

Ton nom ce n’est personne
mais son propre secret
tout le noir qui pardonne
les bois dans un bouquet

Cueille une fleur de glace
de loin le froid se voit
ce qui brille où tu passes

Si ce n’était pas toi

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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D’une promenade ordinaire le dimanche (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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D’une promenade ordinaire le dimanche
il ne reste parfois
posée contre un mur
qu’une vitre brisée en araignée
des brindilles de bois mort
dans les rides d’un fossé
A la sortie de la ville
des pierres sans demeure
près d’un cimetière juste né

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Ô lumineux matin (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



Carry Akroyd dragonflies

Ô lumineux matin

Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long ;

Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, oeil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées,
Dans les buissons luisants s’ouvrir comme des yeux ;

Heure de bel espoir qui s’ébat dans l’air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons,
Où les coteaux herbeux, d’où l’aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons ;

Belle heure, où tout mouillé d’avoir bu l’eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
– Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L’orage, la fatigue et la peur, cher matin…

(Anna de Noailles)

Illustration: Carry Akroyd

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