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Posts Tagged ‘mort’

Rien qu’un pont (Khaled Miloudi)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2021



Illustration: Rafal Olbinski
    
Rien qu’un pont

Je marche le long de la rivière
Et je cherche un pont
Pour passer de l’autre côté
Vers ton âme

Je marche le long de la rivière
Et je cherche un pont
Pour passer de l’autre côté
Vers ton corps

Je marche au bord du rêve
Qui s’écoule libre vers l’ouvert
Oubliant la mort
Oubliant la peur

Je ne veux qu’une chose
Un pont
Rien qu’un pont
Qui relie mes lèvres à tes lèvres
Qui relie nos lèvres aux deux rives
Rien qu’un pont!

(Khaled Miloudi)

 

Recueil: Vive la liberté
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Souvenir (Jean Wahl)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2021



Illustration
    
Souvenir

Jours de Drancy, usine à fabriquer la mort
Avec ses râles, ses mouvements, ses tournements.
Ses cris, ses toux, ses pleurs et tous ses tremblements
Mon corps te garde en lui pour bien longtemps encore.

Nuits de Drancy

Usine à fabriquer la mort, nuits de Drancy,
Où le corps en grinçant tâte déjà les planches
Les épaules font mal, je sens gémir les hanches
Mais l’esprit reste souple et chaud dans l’air transi.

Camp de Drancy, octobre 1941.

(Jean Wahl)

 

Recueil: Vive la liberté
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ma mort (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2021




    
ma mort
les herbes folles
la pluie

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Les aigrettes des pissenlits (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2021




    

les aigrettes des pissenlits se dispersent
le souvenir de la mort de ma mère
sans cesse me revient

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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TROIS CHOSES (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2021




    
TROIS CHOSES

RENDS-MOI trois choses, cruelle mort,
Chantait l’os sur le rivage,
Un enfant eut ce qu’enfant cherche
De plaisir ou d’heureux sommeil
Sur l’abondance de ma poitrine
(C’est un os blanchi par la vague
Et desséché par le vent).

Trois choses pleines que femmes savent,
Chantait l’os sur le rivage,
Un homme, si je l’étreignais
Ainsi, quand mon corps était vie,
Y trouvait toute joie que donne la vie
(C’est un os blanchi par la vague
Et desséché par le vent).

Et la troisième de mes hantises,
Chantait l’os sur le rivage,
C’est ce matin où je vis
Face à face mon bien-aimé,
Et m’étirai ensuite, et bâillai, heureuse.
(C’est un os blanchi par la vague
Et desséché par le vent.

(William Butler Yeats)

 

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Le défaut des hommes (Xu Gan)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021



    

Le défaut des hommes
est de déplorer la mort au lieu d’aimer la vie.
De regretter le passé au lieu de penser à l’avenir.

(Xu Gan)

 

Recueil: Et le souffle devint signe (François Cheng)
Traduction:
Editions: L’ICONOCLASTE

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Demain de bon matin (Boulevard Des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    
Demain de bon matin

Mes chers amis je suis en fête
Mes chers voisins, mon cher facteur
Je vous laisse enfin une lettre
Que vous lirez tout à l’heure

On va pas se mentir cette fois
Pour la dernière je veux être clean
C’est le coeur libre que je vous quitte
Sans grand discours et sans émoi

Je laisse tomber j’abandonne
Je largue tout, je pars devant
A vrai dire, je me trouvais morne
Un peu pervers, un peu navrant

Ce n’est pas pour vous fâcher
Et entre nous, ça changera rien
Mais je m’en vais déserter
Je pars voyager avec mon chien

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

J’ai l’impression que pour le môme que j’étais
Tout était tracé
Jusqu’à devenir une homme
Alors je me suis laissé

Le changement se déroule
D’un coup d’un seul comme un coup de boule
C’est lorsque plus rien ne vous choque
Qu’on accepte de baisser son froc

Alors tout devient secondaire
Les enfants, la mère et le froid
Et l’important c’est la carrière
Vous comprendrez mon désarroi.

Alors demain de bon matin
Je laisserai tout derrière moi
Et ce sera moi l’orphelin
De mes projets et de nos choix

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo

Je deviendrai vagabond
Et en passant mais pas plus con
Mon coeur et mon corps à l’envie
Renaîtront petit à petit

Si je croise un ou deux vauriens
En cours de route et j’en suis sûr
Nous trinquerons à la nature
A nos amours et à mon chien

Qu’on me parle plus jamais
Ni de mon job ni de ces faits
Qui ont fait de moi un dégueulasse
Qui sont des faits qui me dépassent

Ceux qui jugent ou me recherchent
Car je suis pas tout blanc je l’avoue
Je sais pas, dites leur que je me perche
Inutile de me mettre au trou

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo

(Boulevard Des Airs)

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CELUI QUI ÉCRIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021




    
CELUI QUI ÉCRIT

Celui qui écrit veut mourir, veut renaître
dans un bateau ivre au calme abandon.
Celui qui écrit veut dormir dans des bras matinaux
et dans la bouche des choses être une larme animale
ou le sourire de l’arbre. Celui qui écrit
veut être terre sur la terre, solitude
adorée, resplendissante, odeur de mort
et rumeur du soleil, la soif du serpent,
le souffle sur le mur, les pierres sans chemin,
le midi obscur tombant sur les yeux.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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TAUREAU (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



TAUREAU

Ai-je vu les constellations surgir
des mottes des sables ou des chaleurs
lorsque mon sang vide roule dans mes membres

Ai-je chaque fois parlé du grand soleil
au limon que je creuse obstinément
il s’effrite dans l’ennui de mes pas

Sur ces plages sans regard
j’aime saisir la mort blanche

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

 

 

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La mort (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



Même le soleil
On le cache avec la main
Alors la mort
Suffit de mettre
La main devant

(Pierre Albert-Birot)

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