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Poésie

Posts Tagged ‘morte’

Si un jour ta table paraît trop petite (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Si un jour

ta table paraît trop petite
rajoute-lui la lumière
des étoiles mortes
qui te parvient encore

(Bernard Montini)

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Retouche à la vase (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Retouche à la vase

d’une encre sympathique
les fleurs mortes rappellent la splendeur du monde

poème obscur
le ciel paraît au noir des mots

(Daniel Boulanger)


Illustration

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POUR UNE FLEUR FAUCHÉE (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



POUR UNE FLEUR FAUCHÉE

Peut-on dire, jeune morte,
que tu aies changé le monde ?
J’en ai la certitude sans pouvoir
la transmettre à d’autres. Nous ne sommes jamais sûrs
de nous-mêmes bien qu’ayant des yeux
et des mains pour nous voir, nous toucher.
Une trace invisible n’en est-elle pas moins
marquée ? Je te l’ai dit un jour
et toi : ce fait ne me regarde pas.
Je suis la fauvette qui lance un trille
et parfois le répète mais on ne sait
c’est elle ou une autre. Tu en serais bien incapable
toi-même qui as de l’oreille.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Sa grande soeur est morte (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Sa grande soeur est morte.
On console ses parents,
pas lui.

(Anne Tardy)

Illustration

 

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Natures mortes (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



 

Le sel dans la cupule en buis
gardait le secret des cristaux
une sombre robe
et de soleil gorgée
conservait un suc léger
d’avoir frôlé les fleurs
une boucle d’or avait fait sur la jambe
ailleurs intacte
une sculpture infime,
l’orage grondait
chaque chose pourtant veillait et travaillait
pour sauver son éternité.

(Jean Follain)

 

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Au clair de la lune (Anonyme XVIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n’ai plus de feu ;
Ouvre-moi ta porte,
Pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
« Je n’ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu’elle y est,
Car dans sa cuisine
On bat le briquet. »

Au clair de la lune,
L’aimable Lubin;
Frappe chez la brune,
Elle répond soudain :
-Qui frappe de la sorte ?
Il dit à son tour :
-Ouvrez votre porte,
Pour le Dieu d’Amour.

Au clair de la lune,
On n’y voit qu’un peu.
On chercha la plume,
On chercha le feu.
En cherchant d’la sorte,
Je n’sais c’qu’on trouva ;
Mais je sais qu’la porte
Sur eux se ferma..

(Anonyme XVIIème siècle)

 

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Le muguet rougit (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020




Le muguet rougit — le
sang tire à soi
les blancs, nous
sommes suspendus
au-dessus du chagrin,

désarticulés, gauches,
paroles défleuries,
mémoire au rebut,

nous bourlinguons
dans nos noirceurs,
nos bouches s’unissent,
ténèbres — traversée
des étoiles mortes.

(Richard Rognet)

Illustration

 

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La feuille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020


Le lait s’aigrit
dans l’office attiédi
un homme parle à l’autre
ardemment de la gnose
on voit se lever d’à genoux
la ménagère
une toute petite feuille morte
aux nervures rouges
collant à son auriculaire
à l’ongle ravagé.

(Jean Follain)

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A UNE JEUNE MORTE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020


 


 

Anne Yvonne Gilbert   009834_31 [1280x768]

A UNE JEUNE MORTE

Tu ne dors pas, je le sais, va, tu es morte, et nul rêve
ne vient plus réchauffer ton sourire, figé sur ton visage comme une fleur de givre
Je ne te mentirai plus, je ne te ferai plus miroiter l’espoir du printemps si proche.
Tu es morte à jamais, le souffle a cessé de passer entre tes dents.

Jamais plus tu ne viendras avec nous dans les vignes
Ni chanter sur les routes douces et sablonneuses
Riant comme ce jour où nous t’avions hissée sur le cerisier chargé de fruits
Riant aux éclats de voir tes chaussures dégringoler sous l’arbre
Tu attendais ton amoureux en haut du paysage
Tes jambes à jamais sont fermées par la mort

Qui donc voudrait maintenant s’endormir sur tes boucles?
Tu nous es devenue étrangère, peut-être hostile aussi. Demain
Des mottes glacées heurteront ton cercueil et tandis que rentrés chez nous,
Nous nous mettrons à table, essayant de refouler notre chagrin,
Par la planche humide une goutte froide tombera sur ta nuque tendre et au-dessus de toi
Ton tertre funéraire fondra et la terre se refermera, inexorable.

Certes, nous penserons à toi et puis… ta propre mère t’oubliera!
Ton souvenir s’effacera, comme ton destin qui ne fut qu’un jeu trop sévère.
Un jeu! me dis-je tout à l’heure en passant par la bruyère qui craquait sous mes pas.
Avec toi nous oublierons peu à peu notre jeunesse, la chanson
S’éteindra dans notre vieux coeur obscurci, et si un jour
Nous devions nous retrouver, ton âme de fillette s’écarterait de nous.

(Gyula Illyès)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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Il attendra dans le jardin (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



Il attendra dans le jardin
Jusqu’à l’été sans bouger
Qui lui dira qu’elle est morte
Personne
Il attendra jusqu’à l’hiver

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

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