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Poésie

Posts Tagged ‘morte’

La folle complainte (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



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La folle complainte

Les jours de repassage,
Dans la maison qui dort,
La bonne n´est pas sage
Mais on la garde encore.
On l´a trouvée hier soir,
Derrière la porte de bois,
Avec une passoire, se donnant de la joie.
La barbe de grand-père
A tout remis en ordre
Mais la bonne en colère a bien failli le mordre.
Il pleut sur les ardoises,
Il pleut sur la basse-cour,
Il pleut sur les framboises,
Il pleut sur mon amour.

Je me cache sous la table.
Le chat me griffe un peu.
Ce tigre est indomptable
Et joue avec le feu.
Les pantoufles de grand-mère
Sont mortes avant la nuit.
Dormons dans ma chaumière.
Dormez, dormons sans bruit.

Berceau berçant des violes,
Un ange s´est caché
Dans le placard aux fioles
Où l´on me tient couché.
Remède pour le rhume,
Remède pour le cœur,
Remède pour la brume,
Remède pour le malheur.

La revanche des orages
A fait de la maison
Un tendre paysage
Pour les petits garçons
Qui brûlent d´impatience
Deux jours avant Noël
Et, sans aucune méfiance,
Acceptent tout, pêle-mêle :
La vie, la mort, les squares
Et les trains électriques,
Les larmes dans les gares,
Guignol et les coups de triques,
Les becs d´acétylène
Aux enfants assistés
Et le sourire d´Hélène
Par un beau soir d´été.

Donnez-moi quatre planches
Pour me faire un cercueil.
Il est tombé de la branche,
Le gentil écureuil.
Je n´ai pas aimé ma mère.
Je n´ai pas aimé mon sort.
Je n´ai pas aimé la guerre.
Je n´ai pas aimé la mort.
Je n´ai jamais su dire
Pourquoi j´étais distrait.

Je n´ai pas su sourire
A tel ou tel attrait.
J´étais seul sur les routes
Sans dire ni oui ni non.
Mon âme s´est dissoute.
Poussière était mon nom.

(Charles Trenet)

 

 

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Je t’écrirai lorsque tu seras morte (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo -  (45)

Je t’écrirai lorsque tu seras morte,
Ma douce vie — ô dame sans oubli,
le dirai bouche et lèvres, je t’apporte
Des mots sans suite et des phrases de cris.
le signerai le tout du nom d’un autre

[…]

Ici la fleur, ici l’oiseau, la flamme,
Ici le rien qui ne veut pas finir.
Dans le désert, ici la voix de l’âme,
Ici la fleur, ici la fleur, ici…
Parmi la mort, un tout dernier miracle
Le chant de vie et des mots inconnus
Qu’un homme entend dans un silence d’arbre,
Ici la clef du langage perdu.
J’attends le prince aux limites du monde
Car l’invisible a dérobé mon nom.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Tes mains (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

Tes mains,
jonchant les draps étaient mes feuilles mortes

(Jean Cocteau)

Illustration: Jean-Jacques Henner

 

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C’est peu que ces dix années (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2019



 

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C’est peu que ces dix années
Au cours de ta vie en fleur :
Les siècles te sont donnés ;
Nous n’avons que des heures.

C’est peu ; et c’est toute la fleur,
Pourtant, de ma vie éphémère ;
La fleur est fanée et j’ai peur,
Car le fruit de la vie est amer.

Tes roses refleurissent aux portes
Quand Mai s’en revient et rit ;
La fleur de ma vie est morte ;
Et quel est le fruit de ma vie ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Francesco Lo Castro

 

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C’est peu que ces dix années (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Luiza Gelts  _ 3131-640x517

C’est peu que ces dix années
Au cours de ta vie en fleur :
Les siècles te sont donnés ;
Nous n’avons que des heures.

C’est peu ; et c’est toute la fleur,
Pourtant, de ma vie éphémère ;
La fleur est fanée et j’ai peur,
Car le fruit de la vie est amer.

Tes roses refleurissent aux portes
Quand Mai s’en revient et rit ;
La fleur de ma vie est morte ;
Et quel est le fruit de ma vie ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Luiza Gelts

 

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Mon âme, en une rose (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Dimitar Voinov Junior  (6)

Mon âme, en une rose,
Est morte de douleur :
C’est l’histoire morose
Du rêve et de la fleur.

Je n’irai pas la dire
Sur les routes du roi ;
Je crois, Dame et Messire,
Que vous ririez de moi.

Voici le vent d’automne
Sur mon âme et les fleurs ;
Et pourtant je m’étonne
De tout ce ciel en pleurs.

O rose de mon rêve,
Fleuriras-tu jamais ?
Naîtras-tu de sa sève,
Amour, aux futurs Mais ? …

(Stuart Merrill)

Illustration: Dimitar Voinov Junior

 

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Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Alexandru Darida c4 [1280x768]

Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration: Alexandru Darida

 

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Une nuit, sous la terrible lune (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Yuri Dubinin - (13)

Une nuit, sous la terrible lune
Qui saignait parmi les brumes roses,
Tu parlais, ô soeur, de tristes choses
Comme une enfant prise de rancune.

Au loin les appels des mauvais hommes
Nous montaient des vergers de la plaine
Où les arbres tordus par la haine
Tendaient, fruits du mal amour, leurs pommes.

Tu n’entendis pas le bruit des roues
Rapportant vers les petits villages
La récolte des moissonneurs sages
Qui peinent le temps où tu te joues.

Tu cueillais les pavots de la route
Pour en festonner, plein tes mains molles,
Notre maison où l’on voit les folles
Mendier, soeurs du deuil et du doute.

Comme devant une étrange auberge
Tu fis, vocatrice de désastres,
Le signe qui flétrit les bons astres
Dans le jardin d’azur de la Vierge.

Puis effeuillant au seuil de la porte
Les fleurs de l’ombre l’une après l’une,
Tu chantas quelque chose à la Lune,
Quelque chose dont mon âme est morte.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

 

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Chanson en Si (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



 

Yoshiro Tachibana -  (4)

Chanson en Si

Si j’étais noble Faucon,
Tournoîrais sur ton balcon…
– Taureau : foncerais ta porte…
– Vampire : te boirais morte…
Te boirais !

– Geôlier : lèverais l’écrou…
– Rat : ferais un petit trou…
Si j’étais brise alizée,
Te mouillerais de rosée…
Roserais !

Si j’étais gros Confesseur,
Te fouaillerais, ô Ma Soeur !
Pour seconde pénitence,
Te dirais ce que je pense…
Te dirais…

Si j’étais un maigre Apôtre,
Dirais :  » Donnez-vous l’un l’autre,
Pour votre faim apaiser :
Le pain-d’amour : Un baiser.  »
Si j’étais !…

Si j’étais Frère-quêteur,
Quêterais ton petit coeur
Pour Dieu le Fils et le Père,
L’Eglise leur Sainte Mère…
Quêterais !

Si j’étais Madone riche,
Jetterais bien, de ma niche,
Un regard, un sou béni
Pour le cantique fini…
Jetterais!

Si j’étais un vieux bedeau,
Mettrais un cierge au rideau…
D’un goupillon d’eau bénite,
L’éteindrais, la vespre dite,
L’éteindrais !

Si j’étais roide pendu,
Au ciel serais tout rendu :
Grimperais après ma corde,
Ancre de miséricorde,
Grimperais !

Si j’étais femme… Eh, la Belle,
Te ferais ma Colombelle…
A la porte les galants
Pourraient se percer des flancs…
Te ferais…

Enfant, si j’étais la duègne
Rossinante qui te peigne,
Senora, si j’étais Toi…
J’ouvrirais au pauvre Moi,
– Ouvrirais ! –

(Tristan Corbière)

Illustration: Yoshiro Tachibana

 

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Qu’en avez-vous fait ? (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Clara Lieu hjrl

 

Qu’en avez-vous fait ?

Vous aviez mon coeur,
Moi, j’avais le vôtre :
Un coeur pour un coeur ;
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur :

Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’amour ?

Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !…

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.

Et l’on vous dira :
 » Personne !… elle est morte.  »
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Clara Lieu

 

 

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