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Poésie

Posts Tagged ‘mortelle’

Eternité factice (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Eternité factice
quel chemin emprunter
pour te découvrir
enfin mortelle
et livrer à l’incandescence
nos contrées passagères

(Bernard Montini)


Illustration: Sabin Balasa

 

 

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Brûler (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Brûler, en esprit, tous ces livres, tous ces mots
— toutes ces innombrables, subtiles, profondes,
mortelles pensées. Pour s’ouvrir à la pluie qui
tombe, traversée de moucherons, d’insectes, à
ce pays gris et vert; aux espèces diverses d’arbres,
de vert; à un craquement dans les pierres du
mur ou le bois de la porte.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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Dedans ces prés herbus et spacieux (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Albert Pinkham Ryder  -Gay_Head

Dedans ces prés herbus et spacieux,
Où mille fleurs semblent sourire aux Cieux,
Je viens blessé d’une atteinte mortelle
Pour soulager le mal qui me martèle,
Et divertir mon esprit par mes yeux.

Mais contre moi mon coeur séditieux
Me donne plus de pensers soucieux
Que l’on ne voit de brins d’herbe nouvelle
Dedans ces prés.

De ces tapis le pourpre précieux,
De ces ruisseaux le bruit délicieux,
De ces vallons la grâce naturelle,
Blesse mes sens, me gêne et me bourelle,
Ne voyant pas ce que j’aime le mieux
Dedans ces prés.

(Vincent Voiture)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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Final provisoire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Final provisoire

Jamais ne se cicatrisent vraiment
Les blessures du cœur.
Je succombe peu à peu
Aux heures mortelles d’ennui
Dont le venin s’instille en moi
Minute par minute
Au rythme régulier
Et lancinant
Du balancier
Et mon regard suit
Inlassablement
Hypnotisé
Le disque de cuivre ciselé
Qui brille comme un soleil
De pacotille
Et oscille comme un débile
Dans les entrailles de l’horloge
Mais sans battre comme un cœur.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Tout au bout de la peur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Tout au bout de la peur
Au large de ce récif noir,
Régions de vents et de mers tourmentées;
Jusques à quand cette mortelle terreur
Va-t-elle me retenir, m’emprisonner?

***

At the end of fear
Out over that black skerry,
Regions of wind and moiling sea:
How long will mortal terror
Withhold, imprison me?

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Il est extrêmement touchant (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Il est extrêmement touchant
De ne pas savoir s’exprimer
D’être trop évidemment responsable
Des erreurs d’un inconnu
Qui parle une langue étrangère
D’être au jour et dans les les yeux fermés
D’un autre qui ne croit qu’à son existence.

Les merveilles des ténèbres à gagner
D’êtres invisibles mais libératrices
Tout entières dans chaque tête
Folles de solitude

Au déclin de la force et de la forme humaine
Et tout est dans la tête
Aussi bien la force mortelle que la forme humaine
Et tout ce qui sépare un homme de lui-même
La solitude de tous les êtres.

(Paul Eluard)


Illustration: Gilbert Garcin

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Mortelle (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Mortelle

Pour charmer
ta chevelure
de luciole,
Deborah,
toute la mer
a ourlé
ses tempêtes
en dentelles
à tes genoux.

(André Frénaud)

 

 

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Enchantés de partance (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Enchantés de partance
Amis
Volcans enflammés
Maintenant inactifs
Pendus vue mortelle
Précipice exquis
L’aboutissement

(Tilemachos Chytiris)

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HAMLET (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

HAMLET

Être ou ne pas être, telle est la question.
Est-il plus noble pour l’esprit de souffrir
Les coups et les flèches d’une injurieuse fortune,
Ou de prendre les armes contre une mer de tourments,
Et, en les affrontant, y mettre fin? Mourir, dormir,
Rien de plus, et par un sommeil dire : nous mettons fin
Aux souffrances du coeur et aux mille chocs naturels
Dont hérite la chair; c’est une dissolution
Ardemment désirable.-Mourir, dormir,
Dormir, rêver peut-être, ah! C’est là l’écueil.
Car dans ce sommeil de la mort les rêves qui peuvent surgir,
Une fois dépouillée cette enveloppe mortelle,
Arrêtent notre élan. C’est là la pensée
Qui donne au malheur une si longue vie.
Car qui voudrait supporter les fouets et la morgue du temps,
Les outrages de l’oppresseur, la superbe de l’orgueilleux,
Les affres de l’amour dédaigné, la lenteur de la loi,
L’insolence du pouvoir, et les humiliations
Que le patient mérite endure des médiocres,
Quand il pourrait lui-même s’en rendre quitte
D’un coup de dague ? Qui voudrait porter ces fardeaux,
Pour grogner et suer sous une vie harassante,
Si la terreur de quelque chose après la mort,
Contrée inexplorée dont, la borne franchie,
Nul voyageur ne revient, ne déroutait la volonté
Et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
Plutôt que fuir vers d’autres dont nous ne savons rien?

[…]

***

HAMLET

To be or not to be, that is the question:
Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache, and the thousand natural shocks
That flesh is heir to,’tis a consummation
Devoutly to be wished. To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream; ay, there’s the rub;
For in that sleep of death what dreams may come,
When we have suffled off this mortal coil,
Must give us pause: there’s the respect
That makes calamity of so long, life,
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor’s wrongs, the proud man’s contumely,
The pangs of despised love, the law’s delay
The insolence of office, and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? Who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover’d country, from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?

[…]

(William Shakespeare)

 

 

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UN CHEMIN DE SEL PUR (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Margarita Sikorskaia   (34)

UN CHEMIN DE SEL PUR

Je déchire la table et j’insulte
le visiteur invisible et l’ami
qui ne vient jamais.
Se concertent hors de ma vue
bouteilles, chaises, oeufs.
Je dors,
un ail sous chaque aisselle.
Et le visage pur.

L’ombre du sang,
sur la vitre complice,
amène un fouillis noir d’épines.
Je dessine avec le givre
le drapeau de la révolution,
lumineux et léger.
Abondent victuailles, laines,
et soleils et sommeils.
Dans ma bouche
un chemin prend naissance,
que je ne pourrai suivre.

Je croyais saisir un arbre,
engloutir un feuillage,
caresser des racines.
Je croyais à cette ombre
que partageait le jour.
Gorge sèche des corneilles.
Douleur à peine vive.
Couleur avide et mortelle.

Vif. Indéfinissable.
Chaque pierre t’aime,
et chaque arbre,
dieu bleu qui m’entoure
doucement de tes palabres.
Tes cheveux noirs engloutissent
l’eau pauvre et glacée.
Rivière où je perds la raison.

(Jacques Izoard)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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