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Poésie

Posts Tagged ‘mortuaire’

Lui dire à demain ne le concerne plus (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018


 

Au fond du jardin,
à l’hôpital,
les chambres mortuaires.
Sur une porte, le nom de mon père.
Tout le monde peut le voir une dernière fois.
Bien rasé, buste haut, il pavane
comme un général sur un chariot tout blanc.
Autour, des chaises pour s’asseoir avec lui.
Quand on se lève pour partir,
il ne fait plus rien pour vous retenir.
Lui dire à demain ne le concerne plus.

(Georges-L. Godeau)

Illustration

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LES CORBEAUX (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




LES CORBEAUX

Au-dessus du coin noir s’affairent
A midi les corbeaux au cri dur.
Leur ombre effleure la biche
Et parfois on les voit, bougons, se poser.

Ô comme ils troublent le brun silence
Dans lequel un labour s’exalte
Comme femme charmée d’un lourd pressentiment,
Et parfois on entend leurs querelles

Pour une charogne qu’ils flairent quelque part,
Puis soudain ils mettent cap au nord
Et disparaissent tel un convoi mortuaire
Dans les airs qui tremblent de volupté.

***

DIE RABEN

Über den schwarzen Winkel hasten
Am Mittag die Raben mit hartem Schrei.
Ihr Schatten streift an der Hirschkuh vorbei
Und manchmal sieht man sie mürrisch rasten.

O wie sie die braune Stille stören,
In der ein Acker sich verzückt,
Wie ein Weib, das schwere Ahnung berückt,
Und manchmal kann man sie keifen hören

Um ein Aas, das sie irgendwo wittern,
Und plötzlich richten nach Nord sie den Flug
Und schwinden wie ein Leichenzug
In Lüften, die von Wollust zittern.

(Georg Trakl)

Illustration: Vincent Van Gogh

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La chanson du jasmin fleuri (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La chanson du jasmin fleuri

Tant de mornes cinéraires
D’un violet mortuaire
Sous le terne effleurement

Du jour captif de la serre
Sans qu’un rayon les éclaire,
Languissent inertement!

En la paix crépusculaire
Où donc es-tu, ma lumière,
O mon beau jasmin soyeux?

La neige inlassable tombe
Sur le vitrail et la tombe
Est moins sombre que les cieux.

Quelle torpeur s’éternise
Où lentement agonise
Le rêve silencieux?

Ah! sortons parmi la neige,
Les lacs sanglants et les pièges,
Parmi les luisants remous

De l’herbe haute qui craque,
Où sournoisement nous traque
La troupe hagarde des loups.

La neige et le vent m’oppressent;
Au jardin bleu des tendresses
Jadis tu t’épanouis,

O mon beau jasmin! La neige
Implacablement m’assiège
Où mes pas sont enfouis.

Loin des mornes cinéraires
Et des tiédeurs de la serre,
Je vais, les yeux éblouis,

Cueillir la fleur que j’adore,
Aux blancheurs qui s’évaporent
Par les cieux endoloris.

A travers les bois farouches,
J’ai ton parfum sur la bouche
Que levent âpre meurtrit,

Et je crois parmi la nue
Baiser enfin ta chair nue,
O mon beau jasmin fleuri!

(Marie Dauguet)

 

 

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C’était l’été ou alors sa fin (Yehuda Amichaï)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



    

C’était l’été ou alors sa fin et c’est là que j’ai entendu
tes pas lorsque pour la dernière fois
tu es allée de l’est à l’ouest. Et dans le monde foulards, livres
et êtres humains avaient été oubliés.

C’était l’été ou alors sa fin.
Il y avait les heures l’après-midi
tu étais là
et pour la première fois
tu portais tes vêtements mortuaires
tu ne le savais pas
car des fleurs sur eux étaient brodées.

(Yehuda Amichaï)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Orner
Editions: Gallimard

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Devoirs (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015


 

Retrouver un fil d’or
dans la maison mortuaire
garder intact en mémoire
le hameau d’argile
regarder avec miséricorde
les travaux minutieux
épouser un corps
un soir de fête
en hommage à la vérité nue
sont les tâches qu’elle se donne
avec ses yeux éblouis.

(Jean Follain)

 

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