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Poésie

Posts Tagged ‘mot de passe’

POESIE DE L’IMPOSTURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2022



Brendan Monroe  _Holes1_1

POESIE DE L’IMPOSTURE

« Gardez la monnaie »
dit l’un qui sondait les murs
à l’autre qui prétendait se mettre en marche
et tous deux semblaient soucieux

« Gardez la monnaie »
dit la poussière à l’or
et tout le monde dans la rue se retourna
comme s’il était arrivé quelque chose d’irrémédiable

« Gardez la monnaie »
dit la patrouille en rentrant
car il était tard
il y avait eu beaucoup de morts
et c’était le mot de passe

il faudrait mutiler les corolles qui s’ouvrent
fixer à pleine face
le bégaiement de la misère interrompue
il faudrait…

et cela me rappelle un nom d’emprunt
valable pour toute une vie
et ce brouillard tiré par un bateau d’esclaves

et le sentiment que seule la chute est possible
et qu’en elle
pour la première fois
les amants s’observent sans frémir.

(Georges Henein)

Illustration: Brendan Monroe

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LA COMPLAINTE D’AUTEUIL (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2021



 

Camille Pissarro   La-Marchande-de-Marrons-Fiore-de-la-St-Martin-Pontoise [1280x768]

LA COMPLAINTE D’AUTEUIL

LA joueuse de violon
qui jouait avec ses mouflons
et la marchande de marrons
tournant son cornet de chansons
me rappellent ce dimanche
mort de mille et un chagrins
où je retenais par la main
l’enfant voleur de pervenches

Au pavillon des trépassés
las de s’être tant délassés
tous les échos du temps passé
à manger des parfaits glacés
renvoyaient leurs mots de passe
que brouillait dans le faux jour
une amazone de velours
sur fond de trompe de chasse

Mémoire promeneuse en deuil
L’enfant plus fourré qu’écureuil
s’était fait un chapeau de feuilles
de saules du bosquet d’Auteuil
et les ombres de la mare
mêlaient dans un air d’adieu
les deux paillettes de ses yeux
au vol plané des fanfares

Sur le chemin des écoliers
en aurais-je tant oublié
entre un rond point de canotier
et le gant rouge d’un mercier
Ohé folle hop militaire
et toi chantre du mourron
qui pour un sou de carillon
sortais d’un globe de verre

Ici haut comme ici bas
en passant de vie à trépas
se peut-il qu’il ne reste pas
la moindre trace de mes pas
Cet enfant c’était moi-même
emporté dans un tour de vent
Mais qu’importent les absents
si je me souviens que je t’aime

(Paul Gilson)

Illustration: Camille Pissarro

 

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Le monde et son mot de passe (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020



Dis donc ce qui vient de toi.
Dis tout ce qui te soulève
Au-dessus des contingences.
Le monde attend d’être dit,
Et tu ne viens que pour dire.
Ce qui est dit t’est donné:

Le monde et son mot de passe.

(François Cheng)

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«Rien n’est » (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



«Rien n’est », c’est le mot de passe
de l’esprit étouffé par la matière,
mâchant tout ce qui passe à sa portée.

Toujours plus d’engloutissement,
d’avidité. Elle ramène chacun
au même instant du rien.

La seule issue est l’obscure prière,
l’obscure et muette prière,
filtrant d’une Source ignorée.

Flamme infinie, dont la mèche
s’enracine dans la nuit
de l’esprit, qui sans elle se dessèche

au contact de l’être absent.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Toute porte (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Toute porte
a pour gardien
un mot.

(Mot de passe,
mot magiquе.)

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ASILE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
L’ASILE

Celui-là que trahit les rages de son ventre
Et que tel pâle éclair de ses nuits a, souvent,
Humilié, s’humilie. Il se soumet, il entre
À l’asile de fous comme on entre au couvent.

Puissé-je rester libre et garder ma raison
Comme un sextant précis à travers les tempêtes,
Lieux d’asile mon coeur, ma tête et ma maison
Et le droit de fixer en face hommes et bêtes.

Vertu tu n’es qu’un mot, mais le seul mot de passe
Qui m’ouvre l’horizon, déchire le décor
Et soumet à mes voeux l’espéré Val-de-Grâce

Où le sage s’éveille, où le héros s’endort.
Que le rêve de l’un et la réalité
De l’autre soient présents bientôt dans la cité.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au temps des donjons (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



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Au temps des donjons

As-tu déjà perdu le mot de passe?

Le château se ferme et devient prison,
La belle aux créneaux chante sa chanson
Et le prisonnier gémit dans l’in pace.
Retrouveras-tu le chemin, la plaine,
La source et l’asile au coeur des forêts,
Le détour du fleuve où l’aube apparaît,
L’étoile du soir et la lune pleine?
Un serpent dardé vers l’homme s’élance,
L’enlace, l’étreint entre ses anneaux,
La belle soupire au bord des créneaux,
Le soleil couchant brille sur les lances,
L’âge sans retour vers l’homme jaillit,
L’enlace, l’étreint entre ses années.
Amours! Ô saisons! Ô belles fanées !
Serpents lovés à l’ombre des taillis.

(Robert Desnos)

Illustration: ArbreaPhotos

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Glisser (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



    

Glisser
glisser en chute libre
hors les vents
sur un fil

il peut bien hululer l’oiseau aux yeux immenses

glisser
glisser sans mots de passe
sans royaume
sans exil

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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Celui qui s’interroge (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



 


    
Celui qui s’interroge
requiert la patience des saules
dont le vent ébruite les paroles.

Il partage avec les marées
le poids du sel et des embruns.
Le silence qui bleuit le soir
lui permet d’avancer
à la pointe du promontoire.

Le fanal l’illumine de l’intérieur
et délivre le mot de passe
qu’il se hâte d’oublier.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Réalité des lieux (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Réalité des lieux

Le rivage atteint, il reste à découvrir :
un même lieu s’impose au regard,
un même fleuve se noue au rivage
L’instant brise la pierre, s’inscrit sur le corps
Ni la mémoire, ni l’oubli n’ont part à cette durée.
Le souffle, le visage proche escortent le voyageur
qui répète le mot de passe.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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