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Poésie

Posts Tagged ‘mot’

Les mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017


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Les mots,
C’est pour savoir.

Quand tu regardes l’arbre et dis le mot: tissu,
Tu crois savoir et toucher même
Ce qui s’y fait

(Guillevic)

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Rien (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Rien

Entre deux rives entre deux bords la vie la mort
entre deux mots entra deux airs
entre nous deux

il n’y a place à rien
il n’y a rien
que ma main
et ta main
et
rien.

(François Caradec)

 

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L’on entend sans écouter (Louis Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Illustration: Karen L’Hémeury
    
L’on entend sans écouter,
On s’évite, on passe à côté,
Combien de chaleurs gaspillées,
Combien de rendez-vous manqués.

***

Derrière les gens et les visages,
Derrière les mots, derrière les phrases,
Il existe un autre langage,
D ‘autres lumières, d’autres images.
Lorsque tout le vernis s’en va,
Il y a vous, il y a moi.

(Louis Chedid)

 

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Mots jetés au vent (Ise)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Mots jetés au vent
comme feuilles dispersées
ont glacé mon cœur :
pour le noyer de froidure
se pressent les pluies d’automne.

(Ise)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Ils sont morts à plusieurs (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration: Diana Zeineddine Al Hourani
    
Ils sont morts à plusieurs
C’est-à-dire chacun seul
sur une même potence qu’on nomme territoire
leurs yeux argiles ou cendres emportent la montagne
en otage de vie.

Alors la nuit
la nuit jusqu’au matin
puis de nouveau la mort
et leur souffle dernier dépose dans l’espace la fin du mot.
Quatre soleils montent la garde pour empêcher
le temps d’inventer une histoire.

Ils sont morts à plusieurs
sans se toucher
sans fleur à l’oreille
sans faire exprès
une voix tombe: c’est le bruit du jour sur le pavé.

Crois-tu que la terre s’habitue à tourner?
Pour plus de précision ils sont morts à plusieurs
par besoin de mourir
comme on ferme une porte lorsque le vent se lève
ou que la mer vous rentre par la bouche…

Alors
ils sont bien morts ensemble
c’est-à-dire chacun seul comme ils avaient vécu.

(Nadia Tueni)

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Néant (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



    

Néant

Vous, qui vivez heureux, vous ne sauriez comprendre
L’empire que sur moi ces songes pouvaient prendre ;
Mais lorsque je tombais de leur enchantement
A la réalité qui toujours les dément,
Si je voulais, luttant contre ma destinée,
Me dépouiller des fers qui m’ont environnée,
Une voix me disait : « Puisque tu dois mourir,
Qu’importe ce bonheur auquel tu veux courir ! »

Néant, que nos grandeurs ! néant, que nos merveilles
Néant ! toujours ce mot tintait à mes oreilles…

Après avoir sondé tout penser jusqu’au fond,
Comme un fruit desséché dont la liqueur se fond,
Et qui ne garde plus qu’une stérile écorce,
Aliment sans saveur et décevante amorce,
Ainsi tous les objets, au bonheur m’engageant,
Cachaient, sous leurs dehors, ce mot hideux : NEANT !

Ah ! que nous passons vite au milieu de la vie,
Et que de peu de bruit notre mort est suivie !
On dirait que le poids de son adversité,
Endurcit au malheur la triste humanité.
A-t-elle assez de pleurs pour l’hécatombe immense
Que la mort fait sans cesse, et toujours recommence ?
A-t-elle assez de voix pour dire les combats
Des misérables jours qu’elle traîne ici-bas ?
A-t-elle assez de cris pour rendre sa souffrance !

Non, l’excès de nos maux produit l’indifférence :
Eh! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer,
En voyant près de lui tour à tour expirer
Tous ceux qu’il chérissait, êtres en petit nombre,
Unis à notre sort, qu’il soit riant ou sombre ;
Fractions de notre âme, où nous avions placé
L’espoir de l’avenir, le charme du passé ;
Amis, parents, objets de nos idolâtries,
Que la mort vient faucher comme des fleurs flétries !

Quel désespoir profond et quel amer dégoût,
Quand l’âme qui s’éveille entrevoit tout-à-coup
Que tout sera néant, que tout sera poussière,
Que la terre elle-même, aride nourricière.
Après avoir mêlé ses fils à son limon.
Deviendra dans l’espace une chose sans nom…

Ce vide de la mort, qui navre et désespère,
Hélas ! je l’ai compris, quand j’ai perdu mon père
Le temps fuit, entraînant mes rêves sur ses pas ;
Mais ce tableau de deuil ne s’effacera pas.

(Louise Colet)

 

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Comme le givre (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos

    
Comme le givre sur le pare-brise
qui se dépose le soir

avant même
d’éteindre la lumière

on se met à gratter le silence
avec le bruit des mots

(François de Cornière)

 

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L’ANCIEN CHANT, L’ANCIENNE DANSE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Annie Predal
    
L’ANCIEN CHANT, L’ANCIENNE DANSE

Toi, parce que tu m’aimes, serre-moi
Bien fort, caresse-moi, sois
Paisible et bonne, apaise-moi
De silence, ne dis pas un mot.

Toi, parce que je t’aime, je suis
Fort pour toi. Je te soutiens.
L’eau est vivante
Autour de nous. L’eau vive
Court dans les entailles de la terre entre
Nous. Toi, mon épouse, ta voix
Qui enjambe l’eau me parle.

Tes mains, tes bras solennels,
Traversent l’eau et m’étreignent.
Ton corps est magnifique.
Il parle et franchit l’eau.

Epouse, plus douce que le miel, au coeur
Heureux, nos coeurs battent sur
La passerelle de nos bras. Nos mots
Sont mots de joie dans la nuit
De la Toute-Joie. Nos mots vivent.

Nos mots sont des enfants qui dansent
Devant nous ainsi que des étoiles sur l’eau.
Mon épouse, ma bien-aimée chérie,
Plus douce que le miel, que le fruit mûr,
Solennelle, grave, oiseau en vol,
Serre-moi. Sois paisible et bonne.
Je t’aime. Sois gentille avec moi.

Je suis fort pour toi. Je te
Soutiens. L’aurore de dix mille
Aurores s’embrase dans le ciel.
L’eau inonde la terre
Les enfants rient dans l’air.

(Kenneth Rexroth)

 

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SOLITUDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
SOLITUDE

Penser à toi écrasée de
Solitude. Entendre ta voix
Au magnétophone dire
«Solitude». Le mot, la voix,
En débordent, et moi,
Sans toi, si perdu en elle —
Perdu dans la solitude et la douleur.

Noire et insoutenable souffrance
De penser à toi de chaque
Corpuscule de ma chair,
A chaque instant de la nuit
Et du jour. O mon amour, toutes les fois
Où nous avons oublié l’amour,
Assis seuls côte à côte.

Nous avons mangé ensemble,
Seuls derrière nos assiettes,
Nous nous sommes cachés derrière des enfants,
Nous avons dormi ensemble dans
Un lit solitaire. Aujourd’hui mon coeur
Se tourne vers toi, éveillé enfin,
Repentant, perdu dans la dernière
Solitude. Parle moi. Dis moi
Quelque chose. Brise le silence noir.

Parle d’un arbre plein de feuilles,
D’un oiseau en vol, de la nouvelle
Lune au soleil couchant, d’un poème,
D’un livre, de quelqu’un — tous ces mots
Simples et réparateurs
De ta voix résonnante et douce.
Le mot liberté. Le mot paix.

(Kenneth Rexroth)

 

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Arbre (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Arbre

Tu es l’hommme des grandes hauteurs
Des vallées femmes au seuil des fougères
Tu dis l’écorce des racines guérisseuses
Tu donnes la vie en offrant ta sève brute

Tu sers les marcheurs qui n’ont plus de repère
Tu nourris les oiseaux qui cherchent encore le Nord
Tu vas jusqu’aux eaux troubles des langues oubliées
Tu donnes, tu façonnes et tu fondes

Tu glisses au cœur des heures qui n’ont plus de ciment
Tu creuses la courbe humble des chambranles à venir
Tu attends en vieux sage d’abriter un ancêtre
Tu donnes le murmure des pas dans la forêt

Tu envahis les flèches porteuses de force vive
Tu polis l’amertume des échecs des guerriers
Tu cadences les offrandes sur un bois de santal
Tu lies les mots aux chants scandés des talons fiers

Tu dis quand il fait froid sur les cimes des âmes
Si les hommes s’entrechoquent en aiguisant leurs lames
Si les femmes mettent au monde un essaim de détresse
Si les creeks asséchées sentent l’odeur de mort

Quand tombe la nuit et pointe l’aube
Tu attends silencieux
Tu ne dis rien
Tu es celui qui sait tendre l’oreille
Tu ne veux rien
Puisque tu n’es que don

(Imasango)

 

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