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Ah! Toi l’autre amour dans l’amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Ah!
Toi l’autre amour dans l’amour
Toi la dimension qui commence après les dimensions
Ô mon aimée

Comme je t’ai créée tu m’as désiré
Comme je t’ai voulue tu as bondi en moi

Tu entres dans mon rythme
Tu oins tes deux seins de mes mots, tu te noies
dans l’abîme de l’amour

Là où j’élève ma ville et vis
Nous vivons, et des bas-fonds de la haine nous annonçons l’amour
Nous rêvons que nos cils sont écritoires et le jour livre ouvert

(Adonis)

Illustration: Otto Mueller

 

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Le mot dans le Noyau (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Le mot dans le Noyau

Le MOT que nous avons Écrit dans le noyau
Et caché dans la terre
Et qu’un arbre remplace
Il ressuscitera
Par cent multiplié
Pour les enfants futurs
Cherchant au cœur du fruit
Le message secret
Sur l’amande gravé

Si ce mot est amour
Qui le pourrait changer?

(Marcel Béalu)


Illustration

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Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Toujours les mots nous font imaginer l’être où ne se
trouve que la simple réalité.

Quel nom donner à ce langage qui pourrait s’en tenir
à la pauvreté du réel ?

Quel nom donner à ce langage qui saurait parler de
ce qui n’est pas ?

***

Un langage du réel, en sa nudité, sa simplicité
natives. Un langage d’avant la connaissance du bien et du mal.

Un langage affranchi de toute vérité. Témoin seulement d’une présence.

Des mots pour ne rien dire. Pour dire précisément ce rien.

***

Les mots du langage ordinaire veulent toujours, malgré nous, trop en dire.
Mais ces mots-là, que nous diraient-ils ? Étrangement muets. Comme les choses.

Des mots qui seraient là. Un grouillement d’existence, sous nos yeux. Imperceptible.

Un langage d’avant la tentation de l’être.
Non plus ce discours délirant qu’invente notre angoisse.

***

Voici tant de siècles que le discours de l’être nous tient prisonniers en sa caverne.
Nous sommes tellement habitués à ses ombres et ses clartés.
Nous en avons oublié l’immensité nocturne du ciel.

Maintenant, simplement faire silence.
Nous laisser saisir par le silence des choses.

Entrer dans cette nuit sans peur.
Accepter que chaque corps, chaque instant reposent en cette obscurité.

(Gérard Pfister)

Illustration: René Magritte

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Extase (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Extase

Lorsque les yeux fermés
J’ai écrit un poème, tout à coup
Ma main a été brûlée,
Et quand je suis parti
de ce feu noir,
Le papier a respiré
Un nom comme un lys : Dieu.
Mais ma plume, dans la crainte et l’émerveillement,
a percé le mot
Et écrit à la place
Un mot plus familier : l’Homme.

Depuis lors, une voix inconnue
Me hante comme un oiseau invisible
Qui picore, picore contre la porte de mon âme :
Est-ce pour cela que tu m’as échangé ?

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Adieu (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Au commencement de tout commencement
et à la fin de toute fin,
il y a un mot incontournable
contre lequel nous butons:
le mot Adieu.

(Edmond Jabès)

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Il est vrai qu’il n’y a pas assez de beauté dans le monde (Louise Glück)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Il est vrai qu’il n’y a pas assez de beauté dans le monde.
Il est vrai aussi qu’il n’est pas de ma compétence de lui en redonner.
(…)

Je suis
au travail, bien que silencieuse.

La fade

misère du monde
nous serre de chaque côté, comme une allée

bordée d’arbres ; nous sommes

ensemble ici, sans parler,
chacun dans ses pensées ;

derrière les arbres le fer forgé
des portails de maisons privées,
pièces aux volets fermés,

l’air désert, abandonné,

comme si l’artiste avait
le devoir de créer
de l’espoir, mais avec quoi ? avec quoi ?

le mot lui-même,
faux, un artifice pour réfuter
la perception – À l’intersection,

les lumières ornementales de la saison.

J’étais jeune alors. Voyageant
en métro avec mon petit livre
comme pour me défendre

contre ce même monde :

tu n’es pas seule,
disait le poème,
dans le sombre tunnel.

***

It is true there is not enough beauty in the world.
It is also true that I am not competent to restore it.
Neither is there candor, and here I may be of some use.

I am
at work, though I am silent.

The bland

misery of the world
bounds us on either side, an alley

lined with trees; we are

companions here, not speaking,
each with his own thoughts;

behind the trees, iron
gates of the private houses,
the shuttered rooms

somehow deserted, abandoned,

as though it were the artist’s
duty to create
hope, but out of what? what?

the word itself
false, a device to refute
perception-At the intersection,

ornamental lights of the season.
I was young here. Riding
the subway with my small book
as though to defend myself against

this same world:

you are not alone,
the poem said,
in the dark tunnel.

(Louise Glück)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Le mot dit ne s’efface pas (Yves Boisvert)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Le mot dit ne s’efface pas
à moins de l’ôter de sa mémoire
et de le remplacer par son suivant
et puisqu’il faut des mots
ils sont ce qui nous reste
quand tout le monde s’en va

(Yves Boisvert)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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La dispute (Stanley Kunitz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



La dispute

Les mots que j’ai dits en colère
pèsent moins qu’une graine de persil,
mais une route passe par eux
qui mène à ma tombe,
ce terrain acheté et payé
sur une colline saupoudrée de sel à Truro
où les pins de Virginie
surplombent la baie.
À mi-chemin je suis assez mort,
éloigné de ma propre nature
et de ma féroce emprise sur la vie.
Si je pouvais pleurer, je pleurerais,
mais je suis trop vieux pour être
l’enfant de quelqu’un.
Liebchen,
avec qui me disputerais-je
sinon dans le sifflement de l’amour,
cette flamme âpre et irrégulière.

***

The Quarrel

The word I spoke in anger
weighs less than a parsley seed,
but a road runs through it
that leads to my grave,
that bought-and-paid-for lot
on a salt-sprayed hill in Truro
where the scrub pines
overlook the bay.
Half-way I’m dead enough,
strayed from my own nature
and my fierce hold on life.
If I could cry, I’d cry,
but I’m too old to be
anybody’s child.
Liebchen,
with whom should I quarrel
except in the hiss of love,
that harsh, irregular flame?

(Stanley Kunitz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Fait du désespoir (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Fait du désespoir
un mot
de renaissance

(Rose Ausländer)

 

 

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Je teste les mots (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Je teste les mots courts,
les mots longs
jusqu’à ce que ce soit
des mots vibrants.

(Rose Ausländer)

 

 

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