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Poésie

Posts Tagged ‘motif’

Tout est en ordre (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Tout est en ordre : le poème
Se tait comme il convient à sa nature.
Mais quand le motif se détache,
Il frappe du poing à la vitre, —
Et l’on entend l’écho lointain
De cet appel, un bruit atroce, —
Un clapotis, un cri de rapace, une plainte,
Et l’on a la vision de mains en croix.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Danielle Decollonge

 

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MERCI BEAUCOUP (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



MERCI BEAUCOUP

Il faut tant marcher par le monde
pour constater certaines choses,
certaines lois de soleil bleu,
le bruit central de la douleur,
l’exactitude printanière.

J’atermoie par trop les problèmes :
je rejoins tard l’amphithéâtre
où l’on attend de voir paraître
la digne soupe des centaures!
Les vainqueurs sont là, rutilants,
et l’automne s’y multiplie.

Je vis, mais pourquoi? exilé
de la merveille des oranges.

J’ai compris petit à petit
qu’en ces journées si étouffantes
j’épuise ma vie à m’asseoir,
j’use le jour sur les tapis.

Puisqu’on m’a refusé l’entrée
dans la maison des empressés,
de ceux qui sont venus à temps,
je veux savoir ce qu’il en fut
quand on a refermé les portes.

Quand on a refermé les portes
et que le monde a disparu
dans un murmure de chapeaux
qui répétaient comme la mer
un éblouissant mouvement.

Connaissant mes motifs d’absence
qu’on me pardonne ma conduite.

(Pablo Neruda)


Illustration: René Magritte

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Naguère, il y eut un jeune homme (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Naguère, il y eut un jeune homme qui, après avoir laissé un poème en testament,
s’est jeté du haut d’une cascade de cent ciquante mètres, dans un torrent.

Je pense que ce jeune homme a sacrifié sa précieuse vie pour le seul mot de beauté.

Cette mort est impétueux, mais il est difficile d’expliquer le motif qui a conduit à cette mort.
Ceux qui n’en saisissent pas le sens, peuvent-ils s’en moquer ?

(Sôseki)

 

 

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La danseuse n’est pas une femme qui danse (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

La danseuse n’est pas une femme qui danse,
pour ces motifs juxtaposés qu’elle n’est pas une femme,
mais une métaphore résumant un des aspects élémentaires de notre forme, glaive, coupe, fleur, etc…
et qu’elle ne danse pas, suggérant, par le prodige de raccourcis ou d’élans,
avec une écriture corporelle ce qu’il faudrait des paragraphes en prose dialoguée autant que descriptive,
pour exprimer, dans la rédaction : poème dégagé de tout appareil du scribe.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Isadora Duncan

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DANS LA CLAIRIÈRE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration
    
DANS LA CLAIRIÈRE

Pour plus d’agilité, pour le loyal duel,
Les témoins ont jugé qu’Elles se battraient nues.
Les causes du combat resteront inconnues;
Les deux ont dit : Motif tout individuel.

La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel;
Le sang rougit ses seins et ses lèvres charnues.
La brune a le corps d’ambre et des formes ténues;
Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.

Cette haie où l’on a jeté chemise et robe,
Ce corps qui tour à tour s’avance ou se dérobe,
Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,

Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,
Tout paraît amuser ce jeune homme à l’oeil doux
Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le cas de l’oiseau assassiné (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 Illustration
    
Le cas de l’oiseau assassiné

Jamais, non jamais nous ne saurons
Pour quel motif un jour
Ces lumières frémirent à peine ;
Ce fut une écume de pleurs,
Une brise plus forte, rien peut-être.
Seules les vagues savent.

Aussi montrent-elles aujourd’hui dédaigneuses
Leur couleur de regards,
Leur couleur encore ignorante, même si un souvenir
Leur chante quelque chose, doucement.

Ce fut un oiseau peut-être assassiné ;
Personne ne sait. Par personne
Ou par quelqu’un triste peut-être sur les pierres,
Sur les murs du ciel.

Mais de cela aujourd’hui on ne sait plus rien.
Ne reste qu’un frisson de lumières à peine ;
Une couleur de regards dans les vagues ou la brise ;
Une peur, peut-être, aussi.
Le tout, il est vrai, incertain.

***

El caso del pájaro asesinado

Nunca sabremos, nunca,
Por qué razón un día
Esas luces temblaron levemente;
Fue una llorosa espuma,
Una brisa más grande, nada acaso.
Sólo las olas saben.

Por eso hoy muestran desdeñosas
Su color de miradas,
Su color ignorante todavía, aunque un recuerdo
Les cante algo, algo levemente.

Fue un pájaro quizá asesinado;
Nadie sabe. Por nadie
O por alguien quizá triste en las piedras,
En los muros del cielo.

Mas de ello hoy nada se sabe.
Sólo un temblor de luces levemente,
Un color de miradas en las olas o en la brisa;
También, acaso, un miedo.
Todo, es verdad, inseguro.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Le profane n’existe pas (anonyme africain)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017


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Rien n’est vraiment une distraction simple.
Le profane n’existe pas.
Tout est religieux, tout a un but, tout a un motif.
Le hasard n’existe pas.
Il y a seulement des « lois de coïncidence » dont nous ignorons le mécanisme,
un ordre supérieur que nous ne comprenons pas.

(anonyme africain)

 

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L’insoutenable légèreté de l’être (Milan Kundera)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



L’insoutenable légèreté de l’être

L’être humain, guidé par le sens de la beauté
transpose l’évènement fortuit
(une musique de Beethoven, une mort dans une gare)
pour en faire un motif
qui va ensuite s’inscrire
dans la partition de la vie.

(Milan Kundera)

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Si je chante c’est d’une voix sombrée (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Si je chante c’est d’une voix sombrée :
aucun motif, aucun ornement qui doive ici sa beauté à la lumière,
mais chacun, tirant son eclat de la nuit
et son rayonnement de la tristesse, aggravera sa misère…

Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre donc elle ne guérira pas
et que le temps lui-même ne pourra pas effacer.

De même que le croissant noir aveugle et ne se peut contempler sans dommages,
quiconque assistera en ces pages à l’éclipse de la beauté en sera à jamais assombri,
quiconque contemplera en ces phrases la face maudite de la beauté en sera à jamais affecté.

(Lydie Dattas)

 

 

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Les musées (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




les musées ne sont pas un objet de la connaissance,
mais un motif d’exaltation.

(Paul-Jean Toulet)

 

 

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