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Poésie

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Il dormait un Sommeil (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    

Illustration

Il dormait un Sommeil
plein de liqueurs tièdes
d’humeurs mouvantes, fluides
de molles couleurs
— écoutant comme dans la Terre
le son éloigné, plan, du
Sang continuel coulant,
écoutant comme un mur.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans le silencieux automne (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration
    
Dans le silencieux automne
D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
Voisine monotone.

Ces gammes de tes doigts hardis,
C’était déjà des gammes
Quand n’étaient pas encor des dames
Mes cousines, jadis;

Et qu’aux toits noirs de la Rafette,
Où grince un fer changeant,
Les abeilles d’or et d’argent
Mettaient l’aurore en fête.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Iris (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Iris, à son brillant mouchoir,
De sept feux illumine
La molle averse qui chemine,
Harmonieuse à choir.

Ah, sur les roses de l’été,
Sois la mouvante robe,
Molle averse, qui me dérobe
Leur aride beauté.

Et vous, dont le rire joyeux
M’a caché tant d’alarmes,
Puissé-je voir enfin des larmes
Monter jusqu’à vos yeux.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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À quoi bon aller au miroir (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
À quoi bon
Aller au miroir

Lorgner
La déconstruction molle de mon image

M’acharner
À déchiffrer les fragments
D’une enfant

Obstinément présente

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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SONNET DE LA BOUCHE VUE EN RÊVE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
SONNET DE LA BOUCHE VUE EN RÊVE

Ayant requis Paula de sa faveur première,
J’attendais que le somme eût porté son conseil,
Quand, bâillante, elle offrit sa bouche à la lumière,
Y tourna par sa glace un rayon de soleil.

A quelque fine église en gothique manière
L’intérieur, miracle! était assez pareil;
Les lèvres paraissaient la superbe portière
Qui s’ouvrait, découvrant le dévot appareil.

La langue y composait un lisse et mol dallage,
Le palais un plafond en ogival ouvrage,
Les dents étaient piliers étincelants d’émail.

A la voûte du choeur, de cramoisi tendue,
La luette semblait la lampe suspendue.
Toute la gorge, au fond, n’était qu’un haut vitrail.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Vaches blanchâtres (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Vaches blanchâtres
flaques de lait
répandues sur le pré
ruminantes molles

Plus loin
enrobée
d’un soleil déclinant
une solitaire
en majesté
motte de beurre dorée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Je ne sors plus (Hervé Prudon)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Hervé Prudon  
    
je ne sors plus trop fatigant
alors j’écris feignant
je voudrais vous y voir
mes efforts vont à l’essentiel
j’écris du fond de mon fauteuil
un oeil au ciel
et l’autre au seuil
de mon cercueil
l’infime poésie
il va être à court de noisettes
le petit écureuil
je voudrais vous voir mes mignons
à court de provisions
le corps mou l’esprit flou
vous seriez mes beaux frères moins sévères

(Hervé Prudon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Devant la mort
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je te parle (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2018



Illustration: Martin Jarrie
    
Je te parle

Je te parle dans la colle
au milieu d’une méduse
dans la poche glauque et molle
où les jours m’engluent et m’usent

je te parle à bouche close
sous le sparadrap des mots
je te parle à douleur close
qu’une main maintient sous l’eau

je te parle ne sais d’où
d’un vieux rêve qui s’enkyste
de la cave qui résiste
quand tout croule sous les coups.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La poitrine est invisible (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Otto Mueller
    
La poitrine est invisible,
Mais tu caresses doucement
Ma main pose
Sur la soie molle qui t’habille.

Ton souffle fait calmement
Bouger ta chemisette,
Comme un vent léger sur l’ocan
Une voile immobile.

Tes joues brunies par la lune,
Le front et la racine
De tes noirs cheveux
Sont des rivages lointains, des eaux désertes.

Je les regarde puis,
Heureux, comme un naufragé
Devant un mirage
De montagnes célestes.

***

Invisibile è il petto ;
ma tu carezzi piano
la mia mano appoggiata
sulla soave seta che ti veste.

La camiciola calma
muove il tuo respiro,
corne un lieve vento nell’oceano
una vela immota.

Le tue guance brunite dalla luna,
la fronte e la radice
dei tuoi negri capelli
sono lidi remoti, acque deserte.

Io li guardo affranto,
felice, corne un naufrago
dinnanzi a un miraggio
di celesti montagne.

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccaty
Editions: Points

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L’EAU PURE DU BASSIN (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Jean-Yves Beck
    
L’EAU PURE DU BASSIN

« Eau pure du bassin, miroir immobile, dis-moi ma beauté.
— O Bilitis, ou qui que tu sois, Téthys peut-être ou Amphitritê, tu es belle, sache-le.

« Ton visage se penche sous ta chevelure épaisse, gonflée de fleurs et de parfums.
Tes paupières molles s’ouvrent à peine et tes flancs sont las des mouvements de l’amour.

« Ton corps fatigué du poids de tes seins porte les marques fines de l’ongle et les taches bleues du baiser.
Tes bras sont rougis par l’étreinte. Chaque ligne de ta peau fut aimée.

— Eau claire du bassin, ta fraîcheur repose. Reçois moi, qui suis lasse en effet.
Emporte le fard de mes joues, et la sueur de mon ventre et le souvenir de la nuit. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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