Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mouchoir’

Sans visa (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Sans visa
Venus au monde sans visa
aucune excuse
nous autres sommes toujours
suspects
Je hisse un mouchoir blanc
sur le belvédère
en tous sens
espérant
un visa vers l’amour
des germes
dans la foi verte
Il se pourrait même
qu’il y ait un printemps

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sur les joues humides d’un ciel (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017




Sur les joues humides d’un ciel
Coulent les larmes de la pluie
Qu’un fin mouchoir de nuage essuie
Autour d’un blond soleil de miel

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Josette Claudel

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A une petite fille de chez nous (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017




    

 
A une petite fille de chez nous

Jour de Noël, jour d’espérance
On est là quatre cents gaillards
Officiers, soldats en silence
Perdus en Suisse quelque part
On pense en ce jour de décembre
A des visages familiers
Près du feu qui réchauffe nos membres
Hier, on a mis nos gros souliers
Cette nuit, par la cheminée
Le père Noël qu’est bon enfant
Avec ses voeux de bonne année
Nous a fait un beau p’tit présent

Y avait des cigares
Pour les torailleurs
Et pour le Cathare
Un mouchoir d’couleurs
Chocolats en barres
Pour les amateurs
Et faveur plus rare
Mon Dieu, quel bonheur !
Y avait ô délire
Plaisir sans égal
Avec son sourire
Vraiment idéal
Cela va sans dire
Mais c’était fatal
Pour nous remonter l’moral
La photo du général

Les quatre cents beaux militaires
Contemplaient d’un oeil ahuri
Le joyeux cadeau que l’arrière
Offrait à ses soldats chéris
Mais tout à coup, parmi ces choses
Voilà qu’on découvre en chemin
Comme fleurirait une rose
Une lettre écrite à la main
Ce sont, ravissante surprise
Les enfants de notre pays
Qui, d’un coeur tout simple nous disent :
« Bonjour, soldats on est amis ! »

Quelque chose nous serre
Une espèce d’émoi
Y en a qui sont pères
Y en a qui l’sont pas
Mais tendre mystère
Ce soir-là y a pas
Z’avions tous, mes frères
Des coeurs de papas
Bien que sous les armes
Et d’un dur métal
On essuie une larme
Ca fait un peu mal
Mais c’est plein de charme
Et pour le moral
Presque aussi haut – c’est fatal !
Qu’la photo du général

C’est pourtant bien vrai, sans histoires
Pour nous, soldats, Noël trente-neuf
Ce sera dans toutes nos mémoires
Ce salut d’un p’tit coeur tout neuf
Le mien s’appelle Marie-Thérèse
De Saint-Jean au val d’Annivier
Un joli nom, ne vous déplaise
Pour le livre de l’amitié
C’est pourquoi, ce soir, de Lausanne
Je lance au vent cette chanson
Pour ma petite Valaisanne
En lui demandant sans façons :

Pour fleurir ma vie
En blanc et en noir
Ma petite Marie
Je voudrais avoir
Ta photographie
Voilà mon espoir
Promis ma chérie
Envoie-la ce soir
En ce temps d’misère
Ce siècle brutal
Où le diable en guerre
Mène triste bal
Ta jeunesse claire
Ne fera pas mal
Au petit front virginal
A côté du général

(Jean Villard–Gilles)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah, tu croyais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Edvard Munch

Ah, tu croyais que j’étais de celles
Qu’on peut oublier,
Que j’irais me jeter, pleurant, priant,
Sous les sabots de ton cheval blanc.

Que j’irais demander aux sorcières
Une racine trempée d’eau magique,
Et t’offrirais en cadeau maléfique
Mon précieux mouchoir parfumé.

Sois maudit. Pas un regard, pas une plainte,
Je ne toucherai pas à ton âme exécrée,
Mais je te jure par le jardin des anges,
Sur l’icône des miracles je le jure,
Et sur l’ardente ivresse de nos nuits —
Jamais vers toi je ne reviendrai.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MER (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



MER

Chaque nuit, je te vois
tenture qui s’accroche
au tournesol du rêve.

Sur celle-ci des voiles
qui semblent des mouchoirs
s’agitent pour me dire
adieu, à moi qui dors.

(Rafael Alberti)

Illustration: Patrice Rivoallan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BLESSÉ (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2017



LE BLESSÉ

Soeur, donne-moi ton mouchoir,
je suis gravement blessé.

— Dis-moi, quel mouchoir veux-tu,
est-ce le rose ou l’olive?

Je veux un mouchoir brodé
avec à ses quatre pointes
ton coeur dessiné.

(Rafael Alberti)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une gare ancienne (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 

Une gare ancienne
un adieu
dans l’envol d’un mouchoir

Une branche morte

entre des rails rouillés

Un cri d’oiseau

L’attente

(Georges Bonnet)

Illustration: Paul Delvaux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

LA RUMBA (Nicolas Guillen)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



rumba 2 [800x600]

LA RUMBA

La rumba
remue sa musique épaisse
avec un bâton,
gingembre et cannelle…
Mauvais !
Mauvais car maintenant viendra le nègre mec
avec Fela.

Poivre de la hanche
croupe flexible et dorée
rumbera bonne
rumbera mauvaise.

Dans l’eau de ta robe de chambre
toutes mes angoisses naviguent :
rumbera mauvaise
rumbera bonne.

Désir ardent de naufrager
dans cette mer tiède et profonde :
fond
de la mer !

Ton pied tresse avec la musique
le noeud qui m’étreint le plus.
Ressac de toile blanche
sur ta chair couleur de blé.

Démence du bas-ventre,
haleine de bouche sèche ;
le rhum qui t’a émerveillée,
le mouchoir en guise de rênes :
je t’attraperai domptée,
te verrai bien assujettie
quand tu fuis comme maintenant
que vers ma tendresse tu viennes
rumbera
bonne
O vers ma tendresse que tu ailles,
rumbera
mauvaise !

L’attente ne sera pas longue,
rumbera
bonne,
ni éternelle la bacha
rumbera
mauvaise
elle te fera mal la hanche
rumbera
bonne
hanche dure et qui a sué,
rumbera
mauvaise…

Dernière
gorgée !
Va-t-en, cours, allons-nous en…
Allons !

(rumbera: Danseuse de rumba
Bacha: querelle)

(Nicolas Guillen)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chacun porte en lui ses glaciers (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2016



Chacun porte en lui ses glaciers.
Je suis noir de décès
et bleu de lune.
Les vivants m’attaquent à cet instant :
Pourquoi ce besoin d’avoir toujours un compagnon
qui soit plus que tous nos frères ?
Va-t-en,
délivre-toi,
espère.

Ils agitent leurs mouchoirs.
Devenez dès aujourd’hui des ombres.

***

Everyone carries his glaciers within.
I am black with death
and moon blue.
The living attack me at this moment:
Why this need to always have a companion
who is more than all our brothers?
Go away,
free yourself,
hope.

They wave their hankerchiefs.
From this day become spirits.

(Maurice Chappaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes (Jean-Michel Maulpoix)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2016



Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes,
où il y a des mouchoirs blancs parfumés,
des tubes de rouge à lèvres,
de la poudre rose, une palette de bleus,
un portefeuille avec des photos d’enfants
qui se baignent au bord de la mer,
un petit miroir et des lettres chiffonnées.
Il voudrait se glisser dans cette féerie
et se laisser aller au roulis de leurs hanches.
Curieux de leur parfum et de leurs amours,
il voudrait prendre la température exacte de leur cœur.

(Jean-Michel Maulpoix)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :