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Poésie

Posts Tagged ‘mouillée’

Pivoines sous la pluie (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



Toutes mouillées
Inclinées
Pivoines sous la pluie

(Bashô)

Illustration

 

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Rosée sur la fleur (Sylvie Lavoie)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



 

fleur-et-rosee

Rosée sur la fleur
Pieds nus dans l’herbe mouillée
Fraîcheur sur ma joue

(Sylvie Lavoie)

Illustration

 

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Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



Elle était descendue au bas de la prairie,
et, comme la prairie était toute fleurie
de plantes dont la tige aime à pousser dans l’eau,
ces plantes inondées je les avais cueillies.
Bientôt, s’étant mouillée, elle gagna le haut
de cette prairie-là qui était toute fleurie.
Elle riait et s’ébrouait avec la grâce
dégingandée qu’ont les jeunes filles trop grandes.
Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande.

(Francis Jammes)


Illustration: Odilon Redon

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Les yeux ouverts (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Derrière la palissade rouge
on aimerait vivre et vieillir très
longtemps, on serait
un homme sans crainte, sans presque
de désir et seulement les arbres
parleraient de vous, diraient la sève
et le surcroît, l’immobile
mouvoir des heures et puis la mort
comme une écorce mouillée, on serait là, les yeux
ouverts, juste une vie, derrière une palissade rouge.

(Claude Esteban)

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De ton rêve trop plein (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



De ton rêve trop plein,
fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.

Tes douces forces qui dorment,
dans un désir incertain,
développent ces tendres formes
entre joues et seins.

*

Rose, toute ardente et pourtant claire,
que l’on devrait nommer reliquaire
de Sainte-Rose…, rose qui distribue
cette troublante odeur de sainte nue.

Rose plus jamais tentée, déconcertante
de son interne paix; ultime amante
si loin d’Ève, de sa première alerte ,
rose qui infiniment possède la perte.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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Le parc (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




Sur les buissons croît la brouille
Des nuages nus. La bouche
Du parc, orties qui se mouillent,
Sent les orages, les souches.

Des soupirs, le bois se lasse.
Le ciel s’emplit de passages.
Nu-pieds, l’azur a la grâce
D’échassiers au marécage.

Comme des lèvres qui luisent,
Que la main n’a pas essuyées,
Brillent les saules, les alises,
Les pas sur la terre mouillée.

(Boris Pasternak)

Illustration: Corinne Salou

 

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Sara la baigneuse (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Sara, belle d’indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d’une fontaine
Toute pleine
D’eau puisée à l’Ilyssus ;

Et la frêle escarpolette
Se reflète
Dans le transparent miroir,
Avec la baigneuse blanche
Qui se penche,
Qui se penche pour se voir.

Chaque fois que la nacelle,
Qui chancelle,
Passe à fleur d’eau dans son vol,
On voit sur l’eau qui s’agite
Sortir vite
Son beau pied et son beau col.

Elle bat d’un pied timide
L’onde humide
Où tremble un mouvant tableau,
Fait rougir son pied d’albâtre,
Et, folâtre,
Rit de la fraîcheur de l’eau.

Reste ici caché : demeure!
Dans une heure,
D’un oeil ardent tu verras
Sortir du bain l’ingénue,
Toute nue,
Croisant ses mains sur ses bras.

Car c’est un astre qui brille
Qu’une fille
Qui sort d’un bain au flot clair,
Cherche s’il ne vient personne,
Et frissonne,
Toute mouillée au grand air.

Elle est là, sous la feuillée,
Eveillée
Au moindre bruit de malheur ;
Et rouge, pour une mouche
Qui la touche,
Comme une grenade en fleur.

On voit tout ce que dérobe
Voile ou robe ;
Dans ses yeux d’azur en feu,
Son regard que rien ne voile
Est l’étoile
Qui brille au fond d’un ciel bleu.

L’eau sur son corps qu’elle essuie
Roule en pluie,
Comme sur un peuplier ;
Comme si, gouttes à gouttes,
Tombaient toutes
Les perles de son collier.

Mais Sara la nonchalante
Est bien lente
A finir ses doux ébats ;
Toujours elle se balance
En silence,
Et va murmurant tout bas :

« Oh! si j’étais capitane,
« Ou sultane,
« Je prendrais des bains ambrés,
« Dans un bain de marbre jaune,
« Prés d’un trône,
« Entre deux griffons dorés!

« J’aurais le hamac de soie
« Qui se ploie
« Sous le corps prêt à pâmer ;
« J’aurais la molle ottomane
« Dont émane
« Un parfum qui fait aimer.

« Je pourrais folâtrer nue,
« Sous la nue,
« Dans le ruisseau du jardin,
« Sans craindre de voir dans l’ombre
« Du bois sombre
« Deux yeux s’allumer soudain.

« Il faudrait risquer sa tète
« Inquiète,
« Et tout braver pour me voir,
« Le sabre nu de l’heiduque,
« Et l’eunuque
« Aux dents blanches, au front noir!

« Puis, je pourrais, sans qu’on presse
« Ma paresse,
« Laisser avec mes habits
« Traîner sur les larges dalles
« Mes sandales
« De drap brodé de rubis. »

Ainsi se parle en princesse,
Et sans cesse
Se balance avec amour,
La jeune fille rieuse,
Oublieuse
Des promptes ailes du jour.

L’eau, du pied de la baigneuse
Peu soigneuse,
Rejaillit sur le gazon,
Sur sa chemise plissée,
Balancée
Aux branches d’un vert buisson.

Et cependant des campagnes
Ses compagnes
Prennent toutes le chemin.
Voici leur troupe frivole
Qui s’envole
En se tenant par la main.

Chacune, en chantant comme elle,
Passe, et mêle
Ce reproche à sa chanson :
– Oh! la paresseuse fille
Qui s’habille
Si tard un jour de moisson!

(Victor Hugo)

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LICORNE (Charles le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



 

Pascal Dugourd  femme-licorne

LICORNE

Licorne au corps si doux de femme
Fine tête de demoiselle
Le verbe amour blesse ton âme
Ton rire tremble jusqu’au ciel
Dans les seigles tu dis : je t’aime
J’aime le feu que tu réclames.

Tu pratiques jeux de jeunesse
Licorne folle de mes yeux
Dans les seigles que le jour blesse
Ta voix veinulée qui me veut
Femme qui naît de ma tendresse
Tes jambes nues, ta bouche bleue.

Folle, ma folle je veux croire
A la vérité de ta peau
Tes yeux, tes seins réclament gloire
Ta bouche déchire les mots
Tu marcheras dessus les eaux
Je chevaucherai ta victoire.

Bouche contre bouche au galop
Par les seigles et les forêts
Folle, tous les cris que je te tais
Mes lèvres mouillées de tes mots
Tes mots rouges comme des plaies
Ton rire en moi comme un sanglot.

(Charles le Quintrec)

Illustration: Pascal Dugourd

 

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Fontaine (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

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Fontaine

La fontaine brisée m’a dit quelle était sa vie
Toujours mouillée toujours pleurant
Et les terrifiantes histoires que raconte l’eau
Quand elle sort de terre
Les poissons monstrueux qu’elle a portés
Et patati et patata
Ce n’est pas une vie rose
Que la vie d’une fontaine brisée.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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Fleur (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Fleur

De ton rêve trop plein,
fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.

Tes douces forces qui dorment,
dans un désir incertain,
développent ces tendres formes
entre joues et seins.

(Rilke)


Illustration: Zinaida Serebriakova

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