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Aujourd’hui je vais vous dire (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



aujourd’hui je vais vous dire
c’est la quarantième nuit d’octobre
je vais vous dire la pluie
elle coule coule coule des yeux d’un enfant
elle renifle elle chuinte elle gargouille
la pluie qui mouille l’intérieur de mes os
la pluie qui trie les chants d’oiseaux
dans les trompettes bouchées de mon cerveau
aujourd’hui je vais vous dire

non je ne vous dirai rien

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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La mer au seuil de la chambre (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 Jean-Paul Avisse -

La mer au seuil de la chambre
abandonne algues et conques.
Il n’est barque qui n’accoste
aux marches d’une alcôve,
ni bateau qui ne livre ses gréement
au havre d’une épaule.
La mer dans la chambre,
son soleil dans une main,
mouille aux sables de quatre murs
À l’heure où se meurt l’écume
commence l’odyssée d’un lit,
toutes voiles déployées
sur nos marées intérieures.

(Kettly Mars)

Illustration: Jean-Paul Avisse

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La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans l’île.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)


Illustration: Alexandre Cabanel

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ODE A LA LUMIÈRE MARINE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019


 


ODE A LA LUMIÈRE MARINE

[…]

Pouvoir
de la lumière qui mûrit dans l’espace,
vague qui nous traverse
sans nous mouiller, hanche
de l’univers,
rose
reviviscente, née de nouveau :
ouvre
chaque jour tes pétales,
tes paupières,
que la vitesse de ta pureté
agrandisse nos yeux
et nous apprenne à voir vague à
la mer
et fleur à fleur la terre.
vague

(Pablo Neruda)


Illustration: Geneviève Goulley

 

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Sous un air limpide (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Sous un air limpide
un vase de légères fleurs
au bord de la mer
et sans que rien n’annonce un malheur

Le sable où quelques os de seiche
s’effritent. Quatre allumettes
mouillées par la marée. Un bouchon.

Monsieur, le temps est très calme.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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LA PLUIE (Junzaburô Nishiwaki)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018


 


 

statue pluie 4_z

LA PLUIE
AME

Dans le vent du Sud la tendre déesse est arrivée
Elle a mouillé le bronze mouillé la fontaine
Mouillé le ventre de l’hirondelle et le poil de l’or
Elle a pris la marée dans ses bras, léché le sable, gobé les poissons
Elle a secrètement mouillé les temples, les établissements de bain,
les salles de théâtre,
Harpe à cordes de platine
La langue de la déesse dévergondée secrètement
A mouillé ma langue

(Junzaburô Nishiwaki)

Illustration

 

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Ce soir si tu veux (Adrian Grima)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Ce soir, si tu veux,
Nous irons à la mer
Pour compter les étoiles.

Ce soir,
Si l’odeur de la mer nous enivre,
Nous monterons vers cet horizon
nous jouerons comme des enfants avec l’eau

Et si la lune se dévoile,
Nous irons cueillir un à un
Ses reflets colorés,
Nous irons les laver,
Puis d’un seul coup les libérer.

Et s’il n’est pas trop tard,
Si le soleil n’est pas encore levé
Tu pourras, si tu veux,
Poser ta tête sur mon corps
Et je te prendrai dans mes bras,
Et ma poitrine mouillera tes cheveux,
Et je te bercerai sur l’eau,
Si tu veux.

(Adrian Grima)

Illustration: schilder Antoon Van Wely

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LA PLUIE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA PLUIE

La pluie fine a mouillé toutes choses, très doucement, et en silence.
Il pleut encore un peu. Je vais sortir sous les arbres.
Pieds nus, pour ne pas tacher mes chaussures.

La pluie au printemps est délicieuse.
Les branches chargées de fleurs mouillées ont un parfum qui m’étourdit.
On voit briller au soleil la peau délicate des écorces.

Hélas! que de fleurs sur la terre! Ayez pitié des fleurs tombées.
Il ne faut pas les balayer et les mêler dans la boue;
mais les conserver aux abeilles.

Les scarabées et les limaces traversent le chemin entre les flaques d’eau;
je ne veux pas marcher sur eux,
ni effrayer ce lézard doré qui s’étire et cligne des paupières.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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C’est très bon (Francis Picabia)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
C’est très bon de sentir
d’où vient le vent
en mouillant son doigt.

(Francis Picabia)

 

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Me déshabille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 Illustration: Henri Lebasque 
    
Me déshabille et provoque une érection
qui n’est qu’un arbre en l’air,
pour mieux mouiller le ciel.
Et mes saccades font trembler
le saint-frusquin, la dégelée.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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