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Poésie

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Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Parmi des chênes, accoudée

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux burg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? -non !

(Jean Moréas)

 

 

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Ce qui s’inscrit sous les paupières de la passion (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Ce qui s’inscrit sous les paupières de la passion,
qui saura m’en révéler la source ?

Une forme légère, et pourtant très certaine, moule son chemin en moi.
Elle chatoie, est-ce mon âme, et me tend, avide soudain du dévoilement
et du centre, sa musique qui résonne jusqu’en la plus secrète de mes ramures.

À travers elle, c’est le coeur de mes demeures coutumières que je vois,
et ce qui me guide n’est plus seulement cette ardente nudité de la chair
mais une marque inscrite qui dit : aucune porte ne se ferme,

Ô donnez-moi la grâce d’être toujours dans cette touche de la félicité.
Et ainsi se cherche le nom au creux d’un visage qui serait la lumière.
Et l’on ne voit dans son absence que flamme accrue de l’ombre.
Et l’on pressent, éblouie, sa forme parfaite.

Savoir où fixer son regard.
Ordonner cette quête,
quitter le tourbillon
de lumière et de nuit
qui nous enferme.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Il suffit d’un regard (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




    
Il suffit d’un regard pour que germe la haine
et déferle l’angoisse au fond des galaxies
il suffit d’un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les épaves de toi

Il suffit d’un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l’amour

il suffit d’un regard pour se tordre et s’enfuir
et d’un regard aussi pour que gicle le rêve!

Il suffit d’un regard pour que gronde la pierre
d’un regard qui embrasse et moule l’univers
il suffit d’un regard pour dans une prière
voir s’étendre la vie au néant vaste et mou !

(Nadia Tueni)

 

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Tu es prise dans les jardins de mes rides (Djamal Amrani)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



IL N’EST PAS jusqu’à tes feux
qui n’aient arrêté mon sourire
Tu es prise dans les jardins
de mes rides
à moins que ce ne soit toi qui me moules
dans l’immobilité craintive
d’un arc-en-ciel.
Ma vie est toujours en avance d’un pas
Peu m’importe le matin qui se plante
entre mes dents
le monde qui s’insinue dans
des cendres mordorées
Peu m’importe les oiseaux de pierre
les algues lisses les chevaux fous
et la face nue de mes planètes
peu m’importe l’épaule et le sein
l’insulte et le joyau.
Tu coules toujours immense
dans mes paupières jusqu’à l’impudique
dénouement. Chair matinale qui me regarde.

(Djamal Amrani)

Illustration: Irina Kotova

 

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