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Poésie

Posts Tagged ‘mourant’

O lune mourante (Sadaié)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2022



Illustration: Hosui Yamamoto
    
O lune mourante,
Qui vis mes pleurs douloureux
Dans la nuit d’attente,
Tu charmes l’amant heureux
A l’aube quittant l’amante!

(Sadaié)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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Le doux parfum des temps à venir (Lyonel Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022




    
Va, ma fille.
Capture la vie et libère-la.
Danse.
Cueille.
Restitue.
Déverse sur la tête du monde
une odeur d’offrande sans sacrifice,
une odeur d’abondance et de juste partage,
une bonne odeur de nouveau monde,
et les gens te demanderont
l’origine de ton parfum et l’adresse du parfumeur.
Tu leur diras que ce n’est qu’un début,
que toute chose vivante n’est pas définitive,
qu’il lui faudra encore grandir,
qu’il leur faudra la protéger.
Et les gens te demanderont quel est le nom de parfum,
car les choses de ce monde ont toutes besoin d’un nom.
Tu leur diras: cherchons ensemble
Pour l’instant nous l’appelleront

le doux parfum des temps à venir.

(Lyonel Trouillot)

 

Recueil: Le doux parfum des temps à venir
Traduction:
Editions: Actes Sud

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N’oublie pas, mon amour (Lyonel Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022




    
N’oublie pas, mon amour.
Le paradoxe du parfum,
c’est qu’il libère ce qu’il capture.
Capture la vie et libère-la.

Capture les odeurs de la vie et libère-les.
Qu’elles jaillissent de tes paumes, de tes hanches,
de tes yeux vifs à tout saisir,
mourants lorsque tu t’abandonnes.

(Lyonel Trouillot)

 

Recueil: Le doux parfum des temps à venir
Traduction:
Editions: Actes Sud

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NUIT D’ÉTÉ (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



NUIT D’ÉTÉ

Le violon, d’un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors,
Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,
Et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts.
Le souffle du Veillant anime chaque feuille;
Aux amers souvenirs les bois ouvrent leur sein;

Les oiseaux sont rêveurs; et sous l’oeil opalin
De la lune d’été ma Douleur se recueille…
Lentement, au concert que font sous la ramure
Les lutins endiablés comme ce Faust ancien,
Le luth dans tout mon cceur éveille en parnassien
La grande majesté de la nuit qui murmure
Dans les cieux alanguis un ramage lointain
Prolongé jusqu’à l’aube, et mourant au Matin.

(Emile Nelligan)


Illustration

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La théorie du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
La théorie du cheval — la frise des femmes.
Les animaux qui auscultent le silence de la nuit,
une adolescente empêtrée dans une toile d’araignée,
un cri mourant dans le silence le plus froid.

L’explosion des épaules, le poing de ce regard,
la torsion de ce corps dans la fureur de l’amour,
l’explosion des mots comme le sperme dans la vulve,
la douceur satinée qui émane d’une lumière.

La nuit amoureuse jusqu’à la fin de la nuit.
Il n’existe pas de spectacle pour la vision intime.
Les corps les plus doux s’allument comme des lampes
et se baignent dans l’huile heureuse de l’absolu.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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L’IGNORANT (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

Alain Auregan-les-cendres-74x60-413x500 [1280x768]

L’IGNORANT

Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,
Plus j’ai vécu, moins je possède et moins je règne.
Tout ce que j’ai, c’est un espace tour à tour
enneigé ou brillant, mais jamais habité.
Où est le donateur, le guide, le gardien?
Je me tiens dans ma chambre et d’abord je me tais
(le silence entre en serviteur mettre un peu d’ordre),
et j’attends qu’un à un les mensonges s’écartent :
que reste-t-il? que reste-t-il à ce mourant
qui l’empêche si bien de mourir? Quelle force
le fait encor parler entre ses quatre murs?
Pourrais-je le savoir, moi l’ignare et l’inquiet?
Mais je l’entends vraiment qui parle, et sa parole
pénètre avec le jour, encore que bien vague :

«Comme le feu, l’amour n’établit sa clarté
que sur la faute et la beauté des bois en cendres… »

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Alain Auregan

 

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Bébé pleure (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



Bébé pleure

Bébé pleure en arrivant
Bébé pleure quand il fait ses dents
Bébé pleure quand il est amant
Bébé pleure quand il est clopant
Bébé pleure quand il est mourant
Bébé pleure après comme avant

(Pierre Albert-Birot)

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L’évaporation (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’évaporation :
dernier soupir de l’eau mourante.

(Sylvain Tesson)

 

Recueil: Une très légère oscillation
Traduction:
Editions: Equateurs

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MONTAGNE, CIEL, SOLEIL ET PAIX (Moshe-Leib Halpern)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



 
    
MONTAGNE, CIEL, SOLEIL ET PAIX

Au coeur du monde, quelque part au coeur du monde
Il existe un marais comme un orgue qui gronde,
Un crapaud noir plus gros qu’un ours attend
De-ci de-là ballottant

Depuis mille ans déjà, peut-être plus longtemps
De-ci de-là ballottant.
Quelque part au-dessus du monde – l’oeil pareil
Sur la cime d’un arbre à l’éclat du soleil
Un oiseau las et malade est tapi,
Rêvant au moucheron mourant sur un épi
Et depuis mille ans sa tête se plie
Vers le bel épi, vers le bel épi.

Au-dessus du monde, ô toi ciel distant,
Comme mon exil crie en sanglotant
Ton silence au-dessus des lumineux lointains,
Ton soleil dans la soie et dans l’or qui s’éteint
Au fil des faux tranchant chantant dans le matin
Des lumineux lointains, des lumineux lointains.

Vois-tu l’or dans le ciel et l’arbre – tu dis soir,
Veux-tu savoir ce qu’est le soir – tu dis tristesse,
Veux-tu savoir ce qu’est la tristesse
Avec ta bouche et tes yeux tu te vois
Aveugle et muet dans le triste soir
Pleurant alors comme la clarté pleure
Dans la main d’un enfant le soir
Tu es la lumière et l’enfant qui pleure
En ton sang – dans le triste soir.

(Moshe-Leib Halpern)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ô Mort inconsolable (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2019



Illustration: David Alfaro Siqueiros
    
Ô Mort inconsolable de la bête…
Ô cri béant de l’animal humain,
Ô cri que pousse arrivant à sa fin
La chair…
Ô grand cri du Mourant divin
Quand, pour rendre l’âme, il pencha la tête.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les chants de la Merci suivi de Chants des Quatre-Temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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