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Poésie

Posts Tagged ‘mourante’

Les âmes mortes (Anne-Emmanuelle Fournier)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



montagne lune
Les âmes mortes

Nous avons regardé les saisons aller et venir.
Le pâle soleil,
La trêve fugace de l’été.
Nous avons eu notre moment de grâce,
Puis nous l’avons laissé partir.
Nous avons attendu
Que l’hiver, lentement,
Etouffe la souffrance
Dans son silence feutré.
Mais le vent qui passe sur les montagnes a laissé nos mains vides.
Nous sommes des lumières mourantes
Pareils à la nuit d’hiver qui tombe sans bruit
Des âmes mortes.
Il n’est plus ni foi ni douleur,
Seulement
Ce grand silence boréal
Que rien ne peut briser.

(Anne-Emmanuelle Fournier)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

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Je t’aime d’être faible… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2017



Je t’aime d’être faible…

JE t’aime d’être faible et câline en mes bras
Et de chercher le sûr refuge de mes bras
Ainsi qu’un berceau tiède où tu reposeras.

Je t’aime d’être rousse et pareille à l’automne,
Frêle image de la Déesse de l’automne
Que le soleil couchant illumine et couronne.

Je t’aime d’être lente et de marcher sans bruit
Et de parler très bas et de haïr le bruit,
Comme l’on fait dans la présence de la nuit.

Et je t’aime surtout d’être pâle et mourante,
Et de gémir avec des sanglots de mourante,
Dans le cruel plaisir qui s’acharne et tourmente.

Je t’aime d’être, ô soeur des reines de jadis,
Exilée au milieu des splendeurs de jadis,
Plus blanche qu’un reflet de lune sur un lys…

Je t’aime de ne point t’émouvoir, lorsque blême
Et tremblante je ne puis cacher mon front blême,
O toi qui ne sauras jamais combien je t’aime !

(Renée Vivien)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

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Mon ciel si bleu et si lointain (Ali Hamouda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2016



Au fond des eaux repose
inaccessible mais partout présente
la terre ferme et riche en corail et verdures.
et il est aussi vrai
qu’un nuage jamais n’effacera le ciel.
Hymne de l’espérance mystérieuse
les rêves renaissent plus jeunes plus tenaces
dans le coeur encor vague de l’enfant
et sur la lèvre mourante.
Combien de larmes avons-nous oubliées?
Mon ciel si bleu et si lointain, tu restes.

(Ali Hamouda)

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Vérité irréductible (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2015



Vérité irréductible
O ton visage comme un nénuphar flottant
et le temps c’est le choeur des aulnes
regretter continu sur des rives insensées

ton âme est quelque part
sur les collines de chair oubliée
et le temps c’est mon soulier
creuser contre le ciel

vivre mon angoisse poudrait
éclairait l’obscure arête de ma transparence
le temps c’est ton visage à aimer blanc

dans cette ville qui m’a jeté ses mauvais sorts
ton passage dure encore creuset de feu
le temps c’est une ligne droite et mourante
de mon oeil à l’inespéré

(Gaston Miron)

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La vieille mourante (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015



La vieille mourante

Coffrée dans ton lit-cage
Livrée aux mécaniques
Vieille ô si vieille
La mort hésite à t’accueillir

Tête burlesque
Sous les vrilles des cheveux blancs
Un sirocco de rousseurs ensable ta peau
Des rides rapiècent tes joues
Ta bouche n’est qu’un puits

Tu happes l’air
Ton coeur perd substance
Ton horizon se détisse
Ta chair t’engloutit

Vieille ô si vieille
Où sont ceux qui t’aimaient ?
Ta route fut trop longue
La mort les a surpris
La vie les a rongés

Une main est pourtant là
Qui recouvre la tienne
Son toucher traverse
Tes brumes d’agonie

Une voix t’accompagne
Vers le lieu sans âge
Que le temps n’assiège plus

Laisse tomber tes défroques
Quitte en douceur l’enclos
Va à perte de vue
Rejoins l’ultime flottille
Qui cingle vers l’inconnu.

(Andrée Chedid)


Illustration: Ron Mueck

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