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Poésie

Posts Tagged ‘mouvement’

Je veux écrire un mouvement pur (Clarice Lispector)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Je veux écrire un mouvement pur

Ceci n’est pas une lamentation, c’est un cri d’oiseau de proie.
Un oiseau irisé et inquiet.
Le baiser sur le visage de la mort.

J’écris comme si cela devait permettre de sauver la vie de quelqu’un.
Probablement ma propre vie.
Vivre est une sorte de folie que commet la mort.
Vivent les morts parce que nous vivons en eux.

Soudain les choses n’ont plus besoin d’avoir un sens.
je me satisfais d’être.
Tu es ?
Je suis sûr que oui.

Le non sens des choses me procure un sourire de complaisance.
Certainement tout doit être en train d’être ce qui est.

(Clarice Lispector)

 

Recueil: Un souffle de vie
Traduction: Jacques Thiériot & Teresa Thiériot
Editions: Des femmes

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J’ai un goût de larmes (Clarice Lispector)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2019




    
J’ai un goût de larmes.
Je suis accompagnée par un orgue et aussi par une flûte douce.
La flûte en spirale. Et je suis très tango également.
Je suis désaccordée, que puis-je faire? Je suis née gauche.
Et affamée.

J’ai l’impression que quelqu’un vit ma vie,
que ce qui se passe n’a rien à voir avec moi,
il y a un ressort mécanique quelque part en moi.
Je veux tout simplement : l’impossible. Voir Dieu.
J’entends le bruit du vent dans les feuilles et je réponds : oui !
Il y a autour de moi tellement de mouvements que je les ai pensés : la mort m’attend;
Mon mouvement le plus pur est celui de la mort

(Clarice Lispector)

 

Recueil: Un souffle de vie
Traduction: Jacques Thiériot & Teresa Thiériot
Editions: Des femmes

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MANTRA DE TCHENRÉZIGS (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2019



 

    

MANTRA DE TCHENRÉZIGS

OM
Appelle le souffle,
le silence éclatant,
le rythme né au-delà des origines,
appelle le souffle.

MANI
Cherche la voie,
l’élixir, le diamant,
l’esprit de la matière,
cherche la voie.

PADMÉ
Contemple la vision,
le réel qui s’éveille,
l’espace du coeur,
contemple la vision.

HÛM
Découvre l’unité,
le mouvement du même
en tous ses corps dilapidé,
découvre l’unité.

HRÎH
Réalise l’échappée,
dans le royaume vide
où l’âme est lumière,
réalise l’échappée.

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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Notre halte (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Le répit
N’était pas pour nous.
Le mouvement
Est notre halte.

(Guillevic)

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J’aime les matins (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
    
J’aime les matins. Sortir de la douche, la musique.
Mettre de la crème sur ma peau, mettre des odeurs.
Et la lotion sur les cheveux. Et brosser les dents.
Et la vaisselle. Balayer. Place neuve.
L’aspirateur et la radio.
Les poubelles jetées.
Et le thé parfumé.
Les tartines, le beurre et la confiture.

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.

Légèreté des bruits qui filent.

Le vent fait bouger les rideaux qui vont et viennent,
s’engouffrent dans la fenêtre avec des mouvements
brefs et saccadés comme ceux des danseurs.

Un flottement.

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Je suis comme monté par un cavalier sans visage (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Igor Morski 
    
Je suis comme monté par un cavalier
Sans visage
– il me presse contre mes actes –
Il me bat et me retient, il me fouaille d’événements.
Il me brise aux obstacles
Il change de nom, m’arrête à me briser –
II se moque de mes forces,
Il impose le désordre
Il abuse de mon souffle
Il écrase mon coeur dans sa main
Je ne puis rejoindre sa volonté
Il me chevauche comme un fou
Je tremble et je cours
Je ne puis me retourner pour le voir
— Je ne puis achever de le voir.
Il échappe aux mouvements de mon intelligence

Oh ! Change d’homme…

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maintenant je ne sens plus la présence (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
« Maintenant je ne sens plus la présence –
Tout donne sur le vide,
— sur le Moi…
Le Moi est le vide. Il se fait horreur.

Sitôt qu’on ne le confond plus avec les pensées,
on le sent, il se sent, indéfini et pourtant fermé.

Comme le ciel dans ces directions où il n’y a pas d’astres.
Fermé, puisqu’il est le même à quelle profondeur qu’on le pénètre ;
indéfini car rien n’empêche, ne marque le mouvement, mais ce mouvement est nul. »

« Ne m’abandonne pas. »

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il a suffi (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Il a suffi
D’un léger mouvement des paupières
Souples à caresser les globes
Effervescents d’abolir les objets.

(Jean Tortel)

 

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Qu’appelons-nous espace ? (Jean Paulhan)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019




    
Qu’appelons-nous espace ?

… c’est ce qui nous entoure et à travers quoi nous pouvons avancer et reculer,
aller à droite et à gauche, un milieu parfaitement réel (sinon épais) où sont situés les corps,
bref une chose que nous révèlent nos yeux, nos, mains et nos mouvements.

… c’est aussi cette odeur épaisse de canard mouillé
que dégage la terre sous l’averse ; de lilas et de terre labourée,
les cheveux de femme.

(Jean Paulhan)

 

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Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

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