Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mouvement’

J’entends des vagues (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
J’entends des vagues le mouvement tournoyant,
Et des grands navires l’approche,
Comme un message apporté d’une terre nouvelle.
C’est ainsi que file le fuseau sacré
Un songe vivant et fugitif,
Qui dit que la Joie viendra, inespérée,
Et que parfaite elle demeurera.

Et fleurit la Violette de Nuit.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Et s’il ne fallait plus rien dire (Mathieu Brosseau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Et s’il ne fallait plus rien dire que les signes sans trace
Seuls les signes dissimulent
Eux seuls percent la vie d’une seconde vie

Seuls les signes forcent l’existence
Il n’y a pas d’art, seule vanité
Les moustaches du rat le disent
Contre la paroi, bien avant, seul,

Mer, le mouvement est en contre-jour,
Seul, la perle me figure, poussée contre,
L’effort dit bien qu’il ne faut plus rien dire que l’étreinte
L’effort dit bien qu’il n’y a plus de lieu sous la paroi
Et je vois l’absence à reculons.

[…]

Et s’il ne fallait plus dire
Que les signes du silence

[…]

Et s’il fallait dire l’absence
Quels seraient les signes du silence ?

(Mathieu Brosseau)

 

Recueil: L’espèce
Traduction:
Editions: Mots Tessons

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Le bateau vide (Ángel Bonomini)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017



Illustration: David Brayne
    
Le bateau vide
– qui apparaît maintenant sur la plage –,
cède doucement,
sans réserve,
au mouvement de l’eau.

Être ainsi dans le monde
même par-delà l’intelligence
qui soupèse tout.

Adopter la façon du bateau
afin de s’intégrer
dans l’harmonie.

***

El barco vacío
-ahora que amanece sobre la playa-,
dócilmente cede,
sin reparos,
al movimiento del agua.

Así estar en el mundo,
aún después de la inteligencia
que todo considera.

Optar por el modo del barco
a fin de integrarse
en la armonía.

(Ángel Bonomini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Tours de silence
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: Arfuyen

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Le mouvement perpétuel (Delphine Popović)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Le mouvement perpétuel

Le désespoir même s’est lassé désormais
de rejouer la partie que je perds toujours
où il m’attend sans surprise
embusqué au bord du chemin
pour m’offrir un moment sa compagnie glacée
et s’éloigne
laissant entre nous la distance de son ombre
qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide
dans l’abîme des rêves sans lumière
que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube
tremblant au fond du chemin.

(Delphine Popović)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’ouverture du miroir et autres poèmes

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Retouche à la torpeur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Jean-Robert Doumont
    
retouche à la torpeur

mouvement circulaire et doux
l’éloignement le rapprochement des disques
de la mer et du ciel donnent le cri
de la mouette,
et le soleil ondule dans sa trop large
peau de fauve

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Retouche à la sieste (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à la sieste

le chien regarde son maître
le maître la fenêtre
et la fenêtre un arbre
où les oiseaux font les mouvements de l’eau

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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L’exode (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’exode

Rentrer en la substance aveugle d’un seul coup
Et tel à son liteau vient s’endormir le loup.
Ah! n’être pas celui dont tout désir avorte,
Qui va traînant sa chair comme un lourd vêtement!
Dans son tournoiement d’or que la nuit me remporte,
Qu’une étoile me mêle à son ruissellement!

Ah! que je ne sois pas celui qui se résigne
Et pâlement sourit en l’automne attiédi,
Dont la décrépitude a marqué de son signe
La lèvre détendue et le pas engourdi!
Je veux, dans du soleil, d’un bras plein de révolte,
Violer l’inconnu dont j’ai forcé la porte

Et devenir chanson, mouvement ou rayon,
Le vol de la tempête ou l’aile d’un grillon,
N’être pas le vieillard dont la force agonise
Lentement; mais debout, jeune et audacieux,
Puisque j’ai blasphémé et la vie et les dieux,
Que sur les hauts sommets l’éclair me pulvérise.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE PREMIER HOMME (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



LE PREMIER HOMME

C’était comme un arbre né de la terre
Mélangeant à l’ardeur de la terre sa vie,
Et dans le vaste chant des marées hautes
Se prolongeait le battement de ses veines.

Créés à la mesure des éléments
L’âme et les sentiments
N’étaient pas en eux-mêmes des tourments
Mais de graves, grands, vagues
Lacs
Réfléchissant le monde,
Et l’écho vertigineux
De la course de la terre à travers les espaces
Étaient les pulsations de son coeur
S’épanouissant en un rythme parfait
Dans les mouvements de ses bras.

***

O PRIMEIRO HOMEM

Era como uma árvore da terra nascida
Confundindo corn o ardor da terra a sua vida,
E no vasto cantar das maris cheias
Continuava o bater das suas veías.

Criados à medida dos elementos
A alma e os sentimentos
Em si nao eram tormentos
Mas graves, grandes, vagos,
Lagos
Reflectindo o mundo,
E o eco sem fundo
Da ascensão da terra nos espaços
Eram os impulsos do seu peito
Florindo num ritmo perfeito
Nos gestos dos seus braços.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Martin Schoeller

 

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UNE FEMME UN OISEAU (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017




    
UNE FEMME UN OISEAU

L’oiseau très grand, qui survolait la plaine
au même rythme que les creux et les collines,
longtemps nous l’avions vu planer
dans un ciel absolu
qui n’était ni le jour ni la nuit.
Une cigogne? Un aigle? Tout ensemble
le vol silencieux du chat-huant
et cette royale envergure
d’un dieu qui se ferait oiseau…

Nos yeux un instant détournés
soudain virent descendre la merveille :
c’était la fille de l’aurore et du désir
ange dans nos sillons tombé avec un corps
plus féminin que l’amour même et longue longue
posant ses pieds à peine sur le sol car le vent de ses ailes
la soulevait encore. Enfin le lisse et blanc plumage
sur cette femme de cristal se replia. Elle semblait ne pas nous voir
ni s’étonner qu’un lac
au-devant de ses pas s’étendît… déjà

elle y plongeait en souriant pour elle-même
heureuse de se souvenir
des éléments antérieurs
et d’un temps sans limite… Elle ourdit dans cette eau transparente
les signes d’un langage inconnu
puis s’ébrouant, cernée de perles,
de nouveau brillante et glacée,
elle frappa du pied la terre… Telle je la vois encore
légèrement inclinée en avant
et déjà presque détachée,
telle nous l’avons vue monter et disparaître dans l’azur.

C’est depuis ce temps-là que je sais
par quel subtil vouloir et quels secrets mouvements
nous pouvons voler quand tout dort.

(Jean Tardieu)

 

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Le mouvement (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



le mouvement

un groupe de piétons
très proches au feu rouge
fait rêver qu’on les garde
pour une scène de reconnaissance
dont pourraient faire partie
quelques bruits d’avertisseurs
puis ils enjambent le caniveau
et disparaissent
à la pointe de ce que l’on croyait savoir

(Hédi Kaddour)


Illustration

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