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Poésie

Posts Tagged ‘mouvement’

LE CŒUR (Alaida Foppa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Barbaras Bilder Kunst
    
LE CŒUR

On dit qu’il est aussi grand
que mon poing serré.
Petit donc,
mais suffisant
pour mettre en mouvement
tout ceci

C’est un ouvrier
qui travaille bien
quoiqu’il aspire au repos,
c’est un prisonnier
qui espère vaguement
s’échapper.

***

EL CORAZÓN

Dicen que es del tamaño
de mi puño cerrado.
Pequeño, entonces,
pero basta
para poner en marcha
todo esto.

Es un obrero
que trabaja bien
aunque anhele el descanso,
y es un prisionero
que espera vagamente
escaparse.

***

IL CUORE

Dicono che abbia la dimensione
del mio pungo chiuso.
piccolo, dunque,
ma sufficiente
per tenere in movimento
tutto questo.

È un lavoratore,
che lavora bene,
sebbene desideri una pausa;
è un prigionero
che sommessamente spera
di fuggire.

***

THE HEART

They say it’s the size
of my clenched fist.
Small, then,
but that’s enough
to set in motion
all of this.

It’s a laborer,
who works well,
though he longs for a break;
it’s a prisoner
who dimly hopes
to escape.

***

HET HART

Men zegt dat het zo groot is
als mijn gebalde vuist.
Klein, dus,
maar voldoende
om dit allemaal
in beweging te brengen

Het is een arbeider
die goed werkt
alhoewel hij verlangt naar rust,
het is een gevangene
die vaag hoopt
te ontsnappen.

***

INIMA

Se spune că ar fi
cât pumnul.
Foarte mică,
însă neobosită
pune-n mișcare toate
lucrurile.

Ea este truditoarea
ce impecabil bate
tânjind după odihnă,
și prizonieră este
nedeslușit visând
la evadare.

***

LU CORI

Diciunu ca è granni
comu lu pugnu dâ me manu.
Picciriddu, allura,
ma è capaci
di smoviri
tuttu chistu.

È un travagghiaturi
ca travagghia forti
puru ca sogna di na pausa;
È un priggiuneru
ca spera vanamenti
di evadiri.

***

O CORAÇÃO

Dizem que é do tamanho
do meu punho fechado.
Pequeno, pois não,
mas basta
para por em movimento
tudo isso.

É um trabalhador
que trabalha bem
embora sonhe com o descanso,
é um prisioneiro
que espera vagamente
a fuga.

***

DAS HERZ

Man sagt, es hätte die Größe
meiner geschlossenen Faust.
Also klein,
aber das genügt
um alles
in Gang zu setzen.

Es ist ein Arbeiter
der fleißig schafft
obwohl es sich nach Ruhe sehnt,
es ist ein Gefangener
der vage hofft
auszubrechen.

***

ΚΑΡΔΙΑ

Λένε έχει το μέγεθος μια γροθιάς.
Είναι μικρή τότε
μα μεγάλη αρκετά για
να βάλει τα πάντα σε κίνηση.

Εργάτης
που δουλεύει καλά
παρ’ όλο που αποζητά μιαν ανάπαυλα.
Φυλακισμένος που ποθεί
να δραπετεύσει.

***

SERCE

Mówią, że jest rozmiaru
mojej zaciśniętej pięści.
Małe,
ale wystarczająco duże,
by wprawiać w ruch
to wszystko.

To robotnik,
który pracuje dobrze,
choć pragnie odpoczynku;
to więzień,
który ma nikłą nadzieję
na ucieczkę.

***

***

心 脏

他们说心脏是
我紧握拳头的尺寸。
小,那么,
但这已足够
带动
所有器官。

它是个劳工,
工作得很好,
尽管他渴望休息;
它是个囚犯
渺茫地希望
逃走。

***

قلب

میگویند به سایز
مشت گره کرده من است.
کوچک، همزمان،
اما کافی است
تا به كار بیاندازد
تمام بدن را.

کارگری ست،
که خوب کار می کند،
گرچه آرزوی استراحت دارد؛
زندانیى است
که کم سو امیدی دارد
به فرار.

(Alaida Foppa)

 

Recueil: ITHACA 619
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol / Italien Luca Benassi / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Corse Gaetano Cipolla / Portugais José Eduardo Degrazia / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Le poème nous émeut. (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020




    
Le poème nous émeut.
L’émotion, cette force vive.
Celle qui, au sens étymologique du terme, nous met en mouvement.
Nous l’accueillons.
Nous la réfléchissons.
Dans le silence que génèrent les mots du poème, quelque chose a lieu.
Au plus profond de nous.
De ces plongées nos vies sortent changées.

Comment penser qu’un mot peut changer une vie?
Il faut imaginer.
Il n’y a pire fou que celui qui n’imagine pas.
Celui qui conduit à la mort des cortèges d’êtres humains parce qu’il en a reçu l’ordre.
Celui qui peut ouvrir et fermer la porte d’une chambre à gaz.
Celui qui appuie sur le bouton qui envoie le missile.
Celui qui appuie le canon sur la tempe de l’autre.
Tous ceux-là n’imaginent pas.
Ils sont coupés de cette part humaine si profonde si fertile : l’imaginaire.
Il est beaucoup plus facile d’imposer lois et décrets iniques
à des êtres à qui on a retiré la faculté d’imaginer.
C’est un temps que les humains connaissent.
C’est ainsi que toutes les formes de pouvoir totalitaire se sont maintenues.
Partout.
Et de tout temps.

Alors plus que jamais, le poème a sa place.
Parce que nos vies, mouvantes dans le temps, éphémères et fragiles, valent leur poème.
Chacune.
Et ce n’est pas, comme la littérature aux yeux de qui cela arrange, la «cerise sur le gâteau ».
Non, c’est le pain.
Le seul le vrai qui nourrisse au plus profond notre être.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: Notre nom est une île
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Il faut célébrer la poésie (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



 

il faut célébrer la poésie…
pour son potentiel angélique, mouvement de l’âme

(Seamus Heaney)

Illustration

 

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J’aspire à m’enfouir sous les arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Illustration: Karen L’Hemeury  
    
J’aspire à m’enfouir sous les arbres. Je suis
Comme ces animaux sauvages que des hommes

Ont pris, saisis, traînés dans la ville où nous sommes,
Et qui, dans une cage enfermés tristement,
Voyant la face humaine avec étonnement,
Font tous les mouvements d’un serpent qui se sauve,
A travers les barreaux passent leur museau fauve,
Et sombres, effarés, pensifs, cherchent à voir
Quelque taillis épais, quelque buisson bien noir,
Un trou profond caché dans un fouillis champêtre,
Où tout a coup dans l’ombre ils puissent disparaître

(Victor Hugo)

 

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Retouche à la brise (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020


 


Carry Akroyd  _summer_parish

retouche à la brise

les sphères du bonheur tournent
à l’intérieur l’une de l’autre
dans des mouvements contraires et doux

les oiseaux sont les ramages du soleil

(Daniel Boulanger)

Illustration: Carry Akroyd

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Il y a des courants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020


 



Il y a des courants.

Aucun
Ne peut emporter

Son image fixée
Pour durer
Jusqu’au point final.

Le mouvement
Ici s’enracine.

(Guillevic)

Illustration: William Whitaker

 

 

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Apparemment, tu ne fais pas de gestes (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Apparemment,
Tu ne fais pas de gestes.

Tu es assis là sans bouger,
Tu regardes n’importe quoi,

Mais en toi
Il y a des mouvements qui tendent

Dans une espèce de sphère
A saisir, à pénétrer,

À donner corps
À je ne sais quels flottements

Qui peu à peu deviennent des mots,
Des bouts de phrase,

Un rythme s’y met
Et tu acquiers un bien.

(Eugène Guillevic)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Ode (Valery Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Ode

Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l’Europe illuminée,
Ô train de luxe ! et l’angoissante musique
Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré,
Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de cuivre lourd,
Dorment les millionnaires.
Je parcours en chantonnant tes couloirs
Et je suis ta course vers Vienne et Budapesth,
Mêlant ma voix à tes cent mille voix,
Ô Harmonika-Zug !

J’ai senti pour la première fois toute la douceur de vivre,
Dans une cabine du Nord-Express, entre Wirballen et Pskow.
On glissait à travers des prairies où des bergers,
Au pied de groupes de grands arbres pareils à des collines,
Étaient vêtus de peaux de moutons crues et sales…
(Huit heures du matin en automne, et la belle cantatrice
Aux yeux violets chantait dans la cabine à côté.)
Et vous, grandes places à travers lesquelles j’ai vu passer la Sibérie et les monts du Samnium,
La Castille âpre et sans fleurs, et la mer de Marmara sous une pluie tiède !

Prêtez-moi, ô Orient-Express, Sud-Brenner-Bahn , prêtez-moi
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle ;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans effort quatre wagons jaunes à lettres d’or
Dans les solitudes montagnardes de la Serbie,
Et, plus loin, à travers la Bulgarie pleine de roses…

Ah ! il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes et disent
Pour moi ma vie indicible, ma vie
D’enfant qui ne veut rien savoir, sinon
Espérer éternellement des choses vagues.

(Valery Larbaud)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Murad Sayen

 

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Ô Volonté de Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
Ô Volonté de Dieu

Ô Volonté de Dieu, tu t’éveilles et le Vide
s’emplit, les hommes t’ont nommée force, et tes ailes
emportent les étoiles dans leur ronde
inlassable ; son, lumière, forme
sont les masques de ton mouvement éternel.
Nous voyons ce que tu choisis, mais c’est toi que nous voyons.

Moi, Morcundeya, délivré des mondes,
le Voyant — mais c’est Dieu seul qui voit ! –
je m’affranchis des liens qui retiennent ici-bas
l’homme à sa petitesse, perdu depuis la nuit des temps
dans le spectacle que ses sens tissent autour de lui ;
je les découvre et ne suis plus leurré.
Mais avant que je m’élance, avant que je devienne
le vaste et lumineux Infini, et que libéré du passé
et de l’avenir, j’oublie ces êtres qui forgent leurs propres fers,
une fois je parlerai et vous dirai ce que je vois.
Le reste est Dieu. Partout, il n’est plus que silence.
Mes yeux au-dedans s’ouvrirent et je vis.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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J’ai cent vies… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Sri Aurobindo
    
J’ai cent vies…

J’ai cent vies encore devant moi
pour m’emparer de toi, ô esprit éthéré,
sois sûr que d’un coeur insatiable
à travers elles toutes comme un chasseur je te poursuivrai.
Tu te retourneras pourtant sur la route éternelle
et, ta vision s’éveillant, tu me verras venir,
souriant un peu des erreurs passées, et tu mettras
ta main en hâte dans la mienne, sa vraie demeure.
Rendu heureux par ton bonheur
je m’approcherai de toi dans les choses et les êtres chers,
en partie te posséderai dans les mouvements de ton esprit,
aimant ce que tu as aimé je te sentirai proche,
jusqu’à ce que je pose mes mains sur toi
quelque part parmi les étoiles, comme il fut décrété.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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