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Poésie

Posts Tagged ‘mouvement’

J’aspire à m’enfouir sous les arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Illustration: Karen L’Hemeury  
    
J’aspire à m’enfouir sous les arbres. Je suis
Comme ces animaux sauvages que des hommes

Ont pris, saisis, traînés dans la ville où nous sommes,
Et qui, dans une cage enfermés tristement,
Voyant la face humaine avec étonnement,
Font tous les mouvements d’un serpent qui se sauve,
A travers les barreaux passent leur museau fauve,
Et sombres, effarés, pensifs, cherchent à voir
Quelque taillis épais, quelque buisson bien noir,
Un trou profond caché dans un fouillis champêtre,
Où tout a coup dans l’ombre ils puissent disparaître

(Victor Hugo)

 

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Retouche à la brise (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020


 


Carry Akroyd  _summer_parish

retouche à la brise

les sphères du bonheur tournent
à l’intérieur l’une de l’autre
dans des mouvements contraires et doux

les oiseaux sont les ramages du soleil

(Daniel Boulanger)

Illustration: Carry Akroyd

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Il y a des courants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020


 



Il y a des courants.

Aucun
Ne peut emporter

Son image fixée
Pour durer
Jusqu’au point final.

Le mouvement
Ici s’enracine.

(Guillevic)

Illustration: William Whitaker

 

 

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Apparemment, tu ne fais pas de gestes (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Apparemment,
Tu ne fais pas de gestes.

Tu es assis là sans bouger,
Tu regardes n’importe quoi,

Mais en toi
Il y a des mouvements qui tendent

Dans une espèce de sphère
A saisir, à pénétrer,

À donner corps
À je ne sais quels flottements

Qui peu à peu deviennent des mots,
Des bouts de phrase,

Un rythme s’y met
Et tu acquiers un bien.

(Eugène Guillevic)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Ode (Valery Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Ode

Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l’Europe illuminée,
Ô train de luxe ! et l’angoissante musique
Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré,
Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de cuivre lourd,
Dorment les millionnaires.
Je parcours en chantonnant tes couloirs
Et je suis ta course vers Vienne et Budapesth,
Mêlant ma voix à tes cent mille voix,
Ô Harmonika-Zug !

J’ai senti pour la première fois toute la douceur de vivre,
Dans une cabine du Nord-Express, entre Wirballen et Pskow.
On glissait à travers des prairies où des bergers,
Au pied de groupes de grands arbres pareils à des collines,
Étaient vêtus de peaux de moutons crues et sales…
(Huit heures du matin en automne, et la belle cantatrice
Aux yeux violets chantait dans la cabine à côté.)
Et vous, grandes places à travers lesquelles j’ai vu passer la Sibérie et les monts du Samnium,
La Castille âpre et sans fleurs, et la mer de Marmara sous une pluie tiède !

Prêtez-moi, ô Orient-Express, Sud-Brenner-Bahn , prêtez-moi
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle ;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans effort quatre wagons jaunes à lettres d’or
Dans les solitudes montagnardes de la Serbie,
Et, plus loin, à travers la Bulgarie pleine de roses…

Ah ! il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes et disent
Pour moi ma vie indicible, ma vie
D’enfant qui ne veut rien savoir, sinon
Espérer éternellement des choses vagues.

(Valery Larbaud)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Murad Sayen

 

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Ô Volonté de Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
Ô Volonté de Dieu

Ô Volonté de Dieu, tu t’éveilles et le Vide
s’emplit, les hommes t’ont nommée force, et tes ailes
emportent les étoiles dans leur ronde
inlassable ; son, lumière, forme
sont les masques de ton mouvement éternel.
Nous voyons ce que tu choisis, mais c’est toi que nous voyons.

Moi, Morcundeya, délivré des mondes,
le Voyant — mais c’est Dieu seul qui voit ! –
je m’affranchis des liens qui retiennent ici-bas
l’homme à sa petitesse, perdu depuis la nuit des temps
dans le spectacle que ses sens tissent autour de lui ;
je les découvre et ne suis plus leurré.
Mais avant que je m’élance, avant que je devienne
le vaste et lumineux Infini, et que libéré du passé
et de l’avenir, j’oublie ces êtres qui forgent leurs propres fers,
une fois je parlerai et vous dirai ce que je vois.
Le reste est Dieu. Partout, il n’est plus que silence.
Mes yeux au-dedans s’ouvrirent et je vis.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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J’ai cent vies… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Sri Aurobindo
    
J’ai cent vies…

J’ai cent vies encore devant moi
pour m’emparer de toi, ô esprit éthéré,
sois sûr que d’un coeur insatiable
à travers elles toutes comme un chasseur je te poursuivrai.
Tu te retourneras pourtant sur la route éternelle
et, ta vision s’éveillant, tu me verras venir,
souriant un peu des erreurs passées, et tu mettras
ta main en hâte dans la mienne, sa vraie demeure.
Rendu heureux par ton bonheur
je m’approcherai de toi dans les choses et les êtres chers,
en partie te posséderai dans les mouvements de ton esprit,
aimant ce que tu as aimé je te sentirai proche,
jusqu’à ce que je pose mes mains sur toi
quelque part parmi les étoiles, comme il fut décrété.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Quand le papillon lit-il (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2020



Quand le papillon lit-il donc
ce qui vole écrit sur ses ailes ?

Quelles lettres connaît l’abeille
pour savoir son itinéraire ?

Quels chiffres la fourmi a-t-elle
pour retrancher ses soldats morts ?

Comment s’appellent les cyclones
quand ils n’ont pas de mouvement ?

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

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Je reviens à la mer (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2020



Je reviens à la mer et le ciel m’environne:
le silence, entre la vague et celle qui suit
établit une dangereuse interruption:
la vie s’éteint, le sang se tranquillise
jusqu’à ce que le nouveau mouvement
se brise, libérant la voix de l’infini.

(Pablo Neruda)

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KALÉIDOSCOPE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

KALÉIDOSCOPE

Kaléidoscope du macrocosme
Est le microcosme.
Scintillement de la rosée.
Fragrance des yeux.
L’herbe est-elle verte ?
L’homme est blanc.
Mouvement. Musique.
Les lettres croissent dans l’espace.
Les sons comme des édifices.
Courant d’air des vents.
Cosmos. Cosmos. Cosmos.

Magie de l’espace.
Scintillation de l’espace.
A travers le chant rayonne
La lumière sensible,
La clarté de la parole
Qui est comme verre irisé.
Ne ranimez pas le mort…

(Srecko Kosovel)

 

 

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