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Posts Tagged ‘mufle’

Retouche au chagrin (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



 

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retouche au chagrin

le mufle navré du ciel
pousse le paysage
et laisse au détour des ruines
la mémoire et ses nids dans le mur de l’amour

(Daniel Boulanger)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LA CREATION (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



LA CREATION

Cela survint au sein du grand silence
lorsque l’herbe naissait,
la lumière venait de se déprendre
créant le vermillon et les statues,
alors
dans la solitude sans fin
un cri fleurit,
une chose roula en larmes,
les ombres s’entrouvrirent et elle monta seule,
on aurait dit que les planètes sanglotaient,
et puis l’écho
roula de cahot en cahot
jusqu’au moment où cela qui naissait se tut.

Mais la pierre a gardé le souvenir.

Elle a gardé le mufle ouvert des ombres,
la palpitante épée du hurlement,
et dans la pierre gîte un animal sans nom
qui, sans voix, hurle encore vers le vide.

(Pablo Neruda)

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Plaine épaisse (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




    
Plaine épaisse
ouatée d’ennui

Un fleuve bovin
lève son mufle humide
vers des oiseaux de passage

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Silencieux, invisible immense (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Francisco Goya
    
Silencieux, invisible
immense, un mufle
avant de le happer
flaire l’homme
que l’on voit renifler
bruyamment
l’odeur de ses proies
qui reniflent l’odeur
des leurs
qui…

Ainsi de suite
jusqu’au souffle
où toutes proies
vivant de proies
meurent
sous les crocs
d’on ne sait qui

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE MASQUE (Valéry Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
LE MASQUE

J’écris toujours avec un masque sur le visage;
Oui, un masque à l’ancienne mode de Venise,
Long, au front déprimé,
Pareil à un grand mufle de satin blanc.
Assis à ma table et relevant la tète,
Je me contemple dans le miroir, en face
Et tourné de trois quarts, je m’y vois
Ce profil enfantin et bestial que j’aime.
Oh, qu’un lecteur, mon frère, à qui je parle
A travers ce masque pâle et brillant,
Y vienne déposer un baiser lourd et lent
Sur ce front déprimé et cette joue si pâle,
Afin d’appuyer plus fortement sur ma figure
Cette autre figure creuse et parfumée.

(Valéry Larbaud)

 

Recueil: Les Poésies de A.O. Barnabooth
Traduction:
Editions: Gallimard

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Menu débris métaphysique (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Francisco Goya
    
Menu débris métaphysique

Alors qu’il se promenait
clans un paisible paysage,
il crut voir dans un buisson
le mufle noir du néant.

Il s’arrêta frissonnant.
Le jour s’était assombri.

Et soudain le ciel ouvrit
une gigantesque gueule
et, d’un coup, lе dévora
ne laissant ni cendres ni âme.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dans la nuit un mollusque grandit (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Dans la nuit un mollusque grandit.
— mais d’où tire-t-il sa chair ? —
il grandit avec les petites boules pâles
au creux des estomacs d’enfants :
ces boules qui s’enflent dans le ventre et sous les côtes
et qu’on appelle : « peur de la mort ».
C’est la peur de la mort du monde,
ce mollusque au mufle épais,
ces yeux sans regards qui rident l’espace.

(René Daumal)

 

Recueil: Se dégager du scorpion imposé
Traduction:
Editions: Editions Eoliennes

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L’automne (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration: Pascal Renoux
    
l’
automne
goûte déjà
les premières feuilles
il broutera bientôt
de son mufle roux
toutes les émeraudes
de la sève.

une
femme
n’est pas un lis
et pourtant
lis lis
son amertume
est bien ta tige
mille fois mordue.

immense
neige
où court l’aiguille
de la foudre
ta nudité
comme un vertige.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Exil (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017



Illustration
    

Exil

III

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette splendeur,
« Et comme un haut fait d’armes en marche par le monde,
comme un dénombrement de peuples en exode,
comme une fondation d’empires par tumulte prétorien, ha !
comme un gonflement de lèvres sur la naissance des grands Livres,
« Cette grande chose sourde par le monde
et qui s’accroît soudain comme une ébriété.

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette grandeur,
« Cette chose errante par le monde,
cette haute transe par le monde,
et sur toutes grèves de ce monde,
du même souffle proférée, la même vague proférant
« Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible…

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette fureur
« Et ce très haut ressac au comble de l’accès,
toujours, au faîte du désir,

la même mouette sur son aile, la même mouette sur son aire,
à tire-d’aile ralliant les stances de l’exil,
et sur toutes grèves de ce monde, du même souffle proférée,
la même plainte sans mesure
« A la poursuite, sur les sables, de mon âme numide… »

Je vous connais, ô monstre ! Nous voici de nouveau face à face.
Nous reprenons ce long débat où nous l’avions laissé.
Et vous pouvez pousser vos arguments comme des mufles bas sur l’eau :
je ne vous laisserai point de pause ni répit.
Sur trop de grèves visitées furent mes pas lavés avant le jour,
sur trop de couches désertées fut mon âme livrée au cancer du silence.

Que voulez-vous encore de moi, ô souffle originel ?
Et vous, que pensez-vous encore tirer de ma lèvre vivante,
Ô force errante sur mon seuil,
ô Mendiante dans nos voies et sur les traces du Prodigue ?

Le vent nous conte sa vieillesse, le vent nous conte sa jeunesse…
Honore, ô Prince, ton exil !
Et soudain tout m’est force et présence, où fume encore le thème du néant.

« … Plus haute, chaque nuit, cette clameur muette sur mon seuil,
plus haute, chaque nuit, cette levée de siècles sous l’écaille,
« Et, sur toutes grèves de ce monde, un ïambe plus farouche à nourrir de mon être !…

« Tant de hauteur n’épuisera la rive accore de ton seuil,
ô Saisisseur de glaives à l’aurore,
« Ô Manieur d’aigles par leurs angles,
et Nourrisseur des filles les plus aigres sous la plume de fer !

« Toute chose à naître s’horripile à l’orient du monde,
toute chair naissante exulte aux premiers feux du jour !
« Et voici qu’il s’élève une rumeur plus vaste par le monde, comme une insurrection de l’âme…

« Tu ne te tairas point clameur !
que je n’aie dépouillé sur les sables toute allégeance humaine.
( Qui sait encore le lieu de ma naissance ? ) »

(Saint-John Perse)

 

Recueil: Apologie du poète
Editions: Fata Morgana

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Cherchant sa route (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2017



Cherchant sa route dans la table des matières
buvant à même l’outre des mémoires
Phaïstos Phaïstos où se perdent les terres
chasse à courre des heures où tournent les veneurs
parfois le voyageur rêvait qu’il entendait la mer
Au fond de l’ombre alourdi de fatigue
posant sa tête sur le mufle humide de la nuit
glissant dans les pelages du sommeil
il retrouve le cours de la rivière enfantine
le soleil et ses vocalises
les herbes les hespérides
le secret d’un verger les paroles flottantes
pollen perdu qui vous entête bien plus tard

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration

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