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Poésie

Posts Tagged ‘mugir’

De lentes hirondelles (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018




De lentes hirondelles
volent sur le terne crépuscule.
Jamais je ne serai plus morne: seulement
un peu plus fatigué, à l’agonie finale.

Ce n’est pas lâcheté:
les moribonds qui se laissent étreindre
par un râle à la gorge
sont-ils lâches aussi?

Les hirondelles haletantes,
prisonnières du ciel,
rendent fou de monotonie.

Dans mon sang qui mugit,
un atroce désir de folie
bouleverse mon esprit.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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L’amoureux inquiet (Oscar Mandel)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018




    
L’amoureux inquiet

Trois jours d’absence, et dans cette cuillerée d’heures
Mugit un océan de peurs.

***

The journey

For three days, good-bye,
anf in that thimble of time
oceans of apprehension lie.

(Oscar Mandel)

 

Recueil: Cette guêpe me regarde de travers
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dans les rues… (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018


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Dans les rues
mugissent
des cascades
d’indifférence.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Le feu d’amour encore en mon coeur s’irradie (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Sur les monts géorgiens s’étend la nuit placide;
L’Aragva mugit devant moi.
Je suis triste et léger; ma tristesse est limpide:
Ma tristesse est pleine de toi,
De toi, et de toi seule, et ma mélancolie,
Nul ne la pique ou ne l’émeut.
Le feu d’amour encore en mon coeur s’irradie:
Ne pas aimer il ne le peut

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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L’ouragan (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’ouragan

Rauque le vent mugit, un taureau qu’on égorge!
Tout s’effondre et se brise; au fond du ciel béant
Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,
S’effrènent les galops des esprits du néant.

Les corbeaux effarés et battus par l’averse
Tourbillonnent perdus aux creux des noirs sillons
Qui labourent le ciel et que l’éclair traverse
Avec un craquement de verdâtres rayons.

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,
L’ardente Volonté y clame son tourment,
Son éternel désir et ses douleurs intenses
Et l’amour qui promet et la mort qui dément.

Il s’exhale du sol une odeur sulfureuse
Ainsi que d’un trépied, mais l’oracle exilé
N’explique plus l’énigme et la raison la creuse
En vain. – Les dieux sont morts et leur secret scellé.

(Marie Dauguet)

 

 

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AURORES DE MOGUER (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



 

Gilles Capton   taureau

AURORES DE MOGUER

Le noir taureau surgit seul, net et beau,
sur l’aurore froide et verte, là-haut sur le rocher d’azur.
Il mugit du sud au nord, repoussant
le profond zénith à la robe pie, tout constellé
de grandes étoiles,
de son front gigantesque.

– L’immense solitude s’effraie ;
le silence sans fin se tait.

!…! –

Le taureau — rocher éboulé —
dévale le ravin touffu.

***

AURORAS DE MOGUER

El negro toro solo surfe, neto y bello,
sobre la fría aurora verde, alto en el peñasco azul.
Muje de sur a norte, rempujando
el hondo cenit cárdeno, estrellado todavía
de las estrellas grandes,
con su ajigantado testuz.

—La soledad inmensa se amedrenta;
el silencio sin fin se calla.

¡…!—

El toro — roca desgajada— baja contra
el barranco frondoso.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gilles Capton

 

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Pluie du soir (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
pluie du soir
un gros oreiller de plumes
sous le crâne
vent rageur dans les chênes

forêt lointaine qui s’approche
océan mugissant
la fenêtre ouverte

les grosses gouttes
d’une nouvelle averse
s’écrasent
sur les tuiles

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Brisé le cristal de l’identité (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



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Les murs ne tombent pas
[21]

Brisé le cristal de l’identité,
fracassé le vaisseau de l’intégrité,

jusqu’à ce que le Seigneur Amen,
bien planté sur le sol,

porteur des cornes torsadées,
mugisse à l’horizon :

me voici, moi, Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier ;

temps, temps de commencer
une nouvelle spirale,

ainsi – je te lance dans le tourbillon des étoiles ;

jusqu’à ce que plein de pitié,
flairant le sol,

me voici, murmure Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier,

sois cocon, emmitouflé de laine,
sois Agneau, nouvelle naissance.

***

Splintered the crystal of identity,
shattered the vessel of integrity,

till the Lord Amen,
paw-er of the ground,

bearer of the curled horns,
bellows from the horizon:

here am I, Amen-Ra,
Amen, Aries, the Ram;

time, time for you to begin a new spiral,
see—I toss you into the star-whirlpool;

till pitying, pitying,
snuffing the ground,

here am I, Amen-Ra whispers,
Amen, Aries, the Ram,

be cocoon, smothered in wool,
be Lamb, mothered again.

(Hilda Doolittle)

 

 

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JE JURE QU’ELLE EST ÉTERNELLE (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



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JE JURE QU’ELLE EST ÉTERNELLE

Je jure qu’elle est éternelle,
point ne sera aux ombres vaines.
Sur la tête, un panier de fruits,
elle descend — ce sont rubis —,
elle a le maintien d’une reine.

De la montagne une odeur d’ours,
dans les contrées qui tuent la vie,
croix enflammée : un aigle plane,
des hautes eaux perles émanent,
de joie un couple en bas mugit.

Le temps : écho et feu sans fin,
la femme a du feu à son front,
de ses effets un parfum bruine,
le sol souffre de son échine,
dans la lune sont ses talons.

(László Marsall)

Illustration: Frederic Leighton

 

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MARINE (Henri Belliot)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



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MARINE

Comme des loups à jeun qui viennent s’écraser
Contre la porte d’une étable,
Sur la digue les flots commencent à briser
Avec un bruit épouvantable.

Ils arrivent, cambrés et cabrés sous le vent,
Déchirés aux roches cornues.
La mer, à l’horizon, semble, en se soulevant,
Monter se perdre dans les nues.

On voit blanchir la houle aux sursauts réguliers
Le long de la côte orageuse,
Et ses moutons d’écume accourir par milliers,
Secouant leur toison neigeuse.

On entend comme un coup de canon, par moments,
L’écho mugit. C’est, à la base
D’un vieux cap éventré, plein d’aigres sifflements,
Un paquet de mer qui s’écrase.

Rencogné dans son trou, le goéland criard
Regarde tristement descendre
La nuit qui marche à pas légers sur le brouillard;
Et le jour, d’un morne gris-cendre,

Le jour, décoloré comme un oeil mort, s’enfuit
Pour ne pas voir, dans l’étendue,
Le dieu-requin nommé Naufrage, qui poursuit
Une pauvre barque éperdue.

(Henri Belliot)

 Illustration

 

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