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Brisé le cristal de l’identité (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



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Les murs ne tombent pas
[21]

Brisé le cristal de l’identité,
fracassé le vaisseau de l’intégrité,

jusqu’à ce que le Seigneur Amen,
bien planté sur le sol,

porteur des cornes torsadées,
mugisse à l’horizon :

me voici, moi, Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier ;

temps, temps de commencer
une nouvelle spirale,

ainsi – je te lance dans le tourbillon des étoiles ;

jusqu’à ce que plein de pitié,
flairant le sol,

me voici, murmure Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier,

sois cocon, emmitouflé de laine,
sois Agneau, nouvelle naissance.

***

Splintered the crystal of identity,
shattered the vessel of integrity,

till the Lord Amen,
paw-er of the ground,

bearer of the curled horns,
bellows from the horizon:

here am I, Amen-Ra,
Amen, Aries, the Ram;

time, time for you to begin a new spiral,
see—I toss you into the star-whirlpool;

till pitying, pitying,
snuffing the ground,

here am I, Amen-Ra whispers,
Amen, Aries, the Ram,

be cocoon, smothered in wool,
be Lamb, mothered again.

(Hilda Doolittle)

 

 

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JE JURE QU’ELLE EST ÉTERNELLE (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



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JE JURE QU’ELLE EST ÉTERNELLE

Je jure qu’elle est éternelle,
point ne sera aux ombres vaines.
Sur la tête, un panier de fruits,
elle descend — ce sont rubis —,
elle a le maintien d’une reine.

De la montagne une odeur d’ours,
dans les contrées qui tuent la vie,
croix enflammée : un aigle plane,
des hautes eaux perles émanent,
de joie un couple en bas mugit.

Le temps : écho et feu sans fin,
la femme a du feu à son front,
de ses effets un parfum bruine,
le sol souffre de son échine,
dans la lune sont ses talons.

(László Marsall)

Illustration: Frederic Leighton

 

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MARINE (Henri Belliot)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



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MARINE

Comme des loups à jeun qui viennent s’écraser
Contre la porte d’une étable,
Sur la digue les flots commencent à briser
Avec un bruit épouvantable.

Ils arrivent, cambrés et cabrés sous le vent,
Déchirés aux roches cornues.
La mer, à l’horizon, semble, en se soulevant,
Monter se perdre dans les nues.

On voit blanchir la houle aux sursauts réguliers
Le long de la côte orageuse,
Et ses moutons d’écume accourir par milliers,
Secouant leur toison neigeuse.

On entend comme un coup de canon, par moments,
L’écho mugit. C’est, à la base
D’un vieux cap éventré, plein d’aigres sifflements,
Un paquet de mer qui s’écrase.

Rencogné dans son trou, le goéland criard
Regarde tristement descendre
La nuit qui marche à pas légers sur le brouillard;
Et le jour, d’un morne gris-cendre,

Le jour, décoloré comme un oeil mort, s’enfuit
Pour ne pas voir, dans l’étendue,
Le dieu-requin nommé Naufrage, qui poursuit
Une pauvre barque éperdue.

(Henri Belliot)

 Illustration

 

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Chanson pour la reine des sept poissons (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Sept poissons dans l’eau claire
réclament une Reine. Ce sont
les sept poissons des sept mers.

Poisson d’or, il me faut
une Reine en chapeau.

Poisson rouge, il me faut
une Reine en couteau.

Poisson vert, il me faut
une Reine en jet d’eau.

Cornez, acier des routes,
Le monde vous redoute.

Sept poissons et sept Reines
se disputent la mer.

Poisson blanc, il me faut
une Reine déshabillée.

Poisson jaune, il me faut
une Reine allumée.

Poisson bleu, il me faut
une Reine évaporée.

Mugissez, sirènes d’ombre,
Le nombre vous dénombre.

Sept poissons dans l’eau froide
élisent leur Reine. Ce sont
les sept poissons des sept rades.

« Et moi – dit le poisson des peines –
Je veux être ma propre Reine. »

(Edmond Jabès)

Illustration

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Dans les rues (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2016



Dans les rues
Mugissent
des cascades
d’indifférence

(Henri-Frédéric Blanc)

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