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Posts Tagged ‘mulot’

Le chat part en chasse (Henri Lachèze)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2016



Le chat part en chasse
Un mulot qui ne sait pas
Vit sa dernière heure

(Henri Lachèze)

Illustration

 

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DANS LE ROYAUME DE PARALDA (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2016




DANS LE ROYAUME DE PARALDA

I
TOUT le jour j’ai écouté leurs voix résonner
Sur les hauteurs de la lande, le royaume du vent,
Esprits sans entraves de l’air,
Leur longue parole perpétuelle ne signifiant
Ni peine ni joie, chant sonore
Que les grands anges des étoiles entendront quand je m’en serai allée.

II
Au repos dans le devenir:
A travers l’azur ils se meuvent
Passifs dans l’étreinte des vents célestes,
Visible fondu dans l’invisible, pour reparaître
En volute et en frange de pure
Vapeur de brume immaculée comme lentement ils se forment et s’amassent
Dans la sérénité éternelle
Sans cesse mêlée de l’union de l’eau et de l’air.

III
Ils n’accusent personne,
Les rayons du soleil couchant, ni ces
Feuilles de trèfle repliées et ces pâquerettes endormies,
La drenne qui chante
Pour moi, pour tout ce qui est à portée de son chant,
Mon voisin le mulot
Qui s’aventure craintivement hors de sa cachette sous la pierre
Accepte les miettes que j’ai répandues;
Du brin d’herbe à la plus lointaine étoile rien ne se refuse
A l’injuste ou au juste; qui sont aussi l’oeuvre
De celui qui a donné tout cela.

IV
Des nuages légers courant sur la colline du nord,
Un moment sombre, puis se dissipant
Pour s’élever en une multitude frémissante
D’ailes, tournant de nouveau, faisant demi-tour, se déversant
En un flot de vent invisible, se condensant
En un noyau noir, pour éclater de nouveau
En une fumée volant au gré du vent, poussière
Élevée dans les airs par la volonté
D’une unique âme en une joie innombrable, et moi
Qui observe m’élève quand s’élève, me déverse quand descend
La nuée des vivants, lis dans le ciel du soir
Le mot sans fin qu’ils épellent, l’extase.

***

IN PARALDA’S KINGDOM

I
ALL day I have listened to their voices sounding
Over the high fells, the wind’s kingdom,
Unhindered elementals of the air,
Their long continuous word meaning
Neither sorrow nor joy, loud singing
Great angels of the stars will hear when I am gone.

II

At rest in changing:
Across the blue they move
Passive in the embrace of the winds of heaven,
Visible melting into invisible, to reappear
In wisp and fringe of pure
Vapour of whitest mist as slowly they gather and come together
In serene for ever
Unbroken comingling consummation of water and air.

III
They accuse none,
Rays of the westering sun, or these
Folding clover leaves and sleeping daisies,
The missel-thrush that sings
To me, to all within the compass of his song,
My neighbour field-mouse
Venturing tremulous from hide under stone
Accepts the crumbs I have scattered;
From grass-blade to farthest star nothing withheld
From the unjust or the just; whom also made
The giver of these.

IV
Swift cloud streaming over the northern hill,
One moment dark, then vanishing
To rise in pulsing multitude
Of wings, turning again, returning, pouring
In current of invisible wind, condensing
In black core, to burst again
In smoke of flight windborne, upborne
Dust moved by will
Of single soul in joy innumerable, and I
The watcher rise with the rising, pour with the descending
Cloud of the living, read in the evening sky
The unending word they spell, delight.

(Kathleen Raine)

Illustration: Pauline Rigot-Müller

 

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NOCTURNE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



NOCTURNE

Cheval échappé de la clé des songes
Heurtant du sabot l’horloge à minuit :
Les plus lourds dormeurs sortent de leurs plonges
Émergent dans le silence et l’ennui

La chouette ulule au faîte des granges
La lune s’étale sur ses moissons bleues
On entend tinter des cloches étranges
Craquer les grillons sous les cendres feues

C’est l’heure où chassent le brochet, la loutre
Et le maraudeur et le braconnier,
Le contrebandier saigne sur ses outres,
Il pleut quelque plomb sur le faux saunier.

La terre est semée de villages morts
Où grognent des chiens, où des rats galopent
Se crispent des mains sur de vieux remords
Où sur les seins lourds des maries-salopes

Mais l’aurore aiguise au loin ses couteaux
Dans son huile d’or baigne ses flammèches
Pour ressusciter, ouvrant leurs vantaux
Tous ces doux champions du vieux casque-à-mèche

Le jeune et le vieux le gars et la belle
Dans les bras l’un de l’autre alors surpris,
Et dans les vergers lourds de mirabelles
Les merles espiègles et les mulots gris
Les rondes d’enfants tournant à grands cris
A la ri, à la ribe, ribambelle !

(Maurice Fombeure)

 

 

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Un mulot (André Durand)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015


mulot-03-400

Avec un oeil pour regarder, un seul,
sortant de son trou, un mulot
aussi palpitant qu’un brin d’herbe

(André Durand)

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