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Poésie

Posts Tagged ‘mur’

Le grand jour (Roland Giguère)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Le grand jour

Plus tard le ciel déchiré de cris
plus tard les enfants nus
plus tard les bruits légers des belles rencontres
plus tard les poignets cernés par l’amour
plus tard la pitié des affamés
plus tard le livre comme un oiseau blanc
plus tard le culte des innocents

beaucoup plus tard
au moment de la grande clarté
au moment de la grande éclipse
les éclats de lune répandus par le soleil
et les traits de plumes sur les murs froissés
traits rouges rapides cruels
et plume d’hirondelle
immobile au sommet des taudis
pour entretenir le bleu des toiles
pour supporter le toit absent
longues absences d’autrefois
d’aujourd’hui et de toujours

beaucoup plus tard
le ciel déchiré de cris
déchiré comme une aile.

(Roland Giguère)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’Age de la Parole
Traduction:
Editions: Éditions de l’Hexagone
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III (Elégie de la Maison des Morts) (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
III (Elégie de la Maison des Morts)

Quand le soir est trop lourd d’angoisse, quand le miel
Du jasmin dans la nuit vous oppresse, on s’évade.
Mais les murs sont trop hauts. Ils montent jusqu’au ciel.
On reste prisonnier, pour toujours, dans la rade.

Calme, breuvage amer, cet excès de douleur.
Ô lumière ennemie ! et vous, roses parterres !
Sachant que, jamais plus, la fleur ne sera fleur,
Par delà les œillets je regarde la terre.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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Au sol (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Philippe Zacharie
    
Au sol

Silencieuse et aimante
Et les arbres de la voûte légère t’éclairaient
Et les forêts brillaient dans un repli d’oiseaux
Veillaient le passage clair-obscur de ton nom

Je songe à toi comme un soleil des eaux
Émue du nuage dans ces oiseaux de l’ombre

Tu descends parmi les clairières odorantes
C’est aussi un chemin
Où grandissent les pas où la lumière est comble

Jusqu’aux terres permises tu descends maintenant
Je te maintiens malgré
Tes caresses de mort
Malgré tes mains subissant le supplice

Je te garde comme l’être loin qui s’est perdu
En mon sein je te garde, tu es nue et personne

Et je t’éclaire obscure comme un sol pénétrant.

Je t’appellerai d’un langage plus léger
Je te prendrai par la main de personne
Nous aurons la peau lavée, les yeux noyés
Tu cesseras de retenir tes mains contre les grilles
Nous grandirions sans retour

Je toucherai ta peau comme pour revivre
Tremblant du bruit de ton sourire
De ton prénom de neige à la mesure des yeux
De l’âpreté de tes mains

Orée grise d’oiseaux, nous grandirions
Près des fleurs qu’on sèche dans les vases
Près des vitres embaumées de la lumière
Un doigt déchire enfin la vitre

Le jour au nord est mûr
Sans un vent.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La nuit de l’ange (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
La nuit de l’ange

L’harmonie se resserre comme un mur franchissable
La musique d’un ange se perd dans le jardin
Tu écoutais ce chant avec des yeux de boue
Les deux mains de personne secouaient ta chevelure

Et venaient des oiseaux émus de ton âge
Agités d’ailes blanches et de cris de nuit bleue
Tu marchais habitée d’un grand secret d’enfant
Dans ce jardin des roses de personne

Puis la nuit se fit claire aggravée d’une lampe
Et l’ombre de la lampe éteignait ton sourire
L’ange fut un instant ton ami, disparu
Sur la terre trempée d’un plus haut souvenir.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La bibliothèque (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018




    
La bibliothèque

Des livres réconciliés
jusqu’à l’asphyxie
s’entretiennent sans bruit
avec le pendule du mur.

Des pages
en attente
accompagnent ce qui écoute
le silence habitant des nuits.
Elles attendent une ouverture,
ne serait-ce qu’un souffle de vie
momentané, insignifiant.
Effleurement fugitif
qui les feuillette.

À la tige desséchée
d’une rose
pend la promesse
d’une visite
sans cesse remise.

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Veille (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018




    
Veille

Posée sur une chaise
une chemise
En boule sur le tapis
couleur de nuit
la robe
Sur sa poitrine
un papillon
qui scintillait.

Entre les murs
dans une lumière ambrée
veillait
la saveur d’un parfum.
Sous le toucher bavard
dans des bruits sourds
l’étreinte
et dans le lit
un adagio de baisers
se mêlait
aux draps bleus
sommeillants.

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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VILLE HAUTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Duccio di Buoninsegna
    
VILLE HAUTE

Des robes à la nuit sont bâties
par d’indociles ouvrières
aux voix vives
à l’odeur de chairs actuelles
au milieu de pierres usées.
Au jour on reverra encore
grilles, piliers, tourelles,
tuiles jaunes, murs fissurés
dans la clarté d’une cité
édifiée au haut d’un rocher
contemplation des voyageurs.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Penchées contre le mur (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Penchées contre le mur,
les fleurs
Eternuent

***

Nodding aginst the wall,
the flowers
Sneeze

(Jack Kerouac)

Illustration

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Le retour dans la montagne (Gao Shi)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Le retour dans la montagne

On respire un air vif et pur,
et voilà que le soleil disparaît
dans les froides profondeurs de ces rochers immenses.

Je veux vous reconduire jusqu’à votre montagne ;
ami, je connais maintenant votre cœur.

Quand l’âge mûr succède à l’active jeunesse,
le temps est venu de cesser la lutte
et de s’appartenir à soi-même ;

Vous avez su, je le vois, comprendre la vie,
et régler la vôtre comme il faut.
Qu’il vous plaise de marcher ou de vous reposer,
rien ne vous poursuit ni ne vous arrête ;

Sans entendre d’autre murmure que celui des sources,
d’autres bruits que ceux du vent ou de la pluie,
Vous foulez un sol toujours jonché
des fruits du song ou des fleurs du cannelier.

Les simples que vous vendez vous procurent largement
de quoi subvenir à vos faibles dépenses ;
Vous recueillez enfin ces herbes précieuses,
dont les sucs puissants donnent la longévité.

Les nuages blancs sont de gracieux compagnons
qui vous exhortent à boire ;

En quelque endroit que vous vous retiriez pour dormir,
la lune brillante n’est-elle point près de vous ?

J’emporte, moi, de cette journée,
des souvenirs que ne peut effacer le sommeil ;
Nous allons donc nous revoir en songe,
car mon esprit, cherchant le vôtre,
saura bien revenir ici.

(Gao Shi)

 

 

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OMBRE À OMBRE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

OMBRE À OMBRE

Contre la façade du soir :
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu —
l’ombre
portée par un souffle.

Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même.

(Paul Auster)

 

 

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