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Poésie

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Et qui donc pense à ton visage? (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de la tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible

Et qui donc pense à ton visage?

(Paul Eluard)

 

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FABLE DE PIERRE (Jaume Privat)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



 

pierres

FABLE DE PIERRE

Pierre à pierre
Nous avions bâti des murs,

Contre la lueur de l’aube,
Contre la nuit, le bruit, la peur.
Contre les autres,
Contre les pierres, enfin.

L’air manqua, nous comprîmes.

Accrochés de tous nos ongles,
Nous cherchons la sortie.

(Jaume Privat)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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NOCTURNE À LA STATUE (Xavier Villaurrutia)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


 


Willy Verginer

 

NOCTURNE À LA STATUE

Rêver, rêver la nuit, la rue, l’escalier
et le cri de la statue qui tourne le coin.
Courir vers la statue et ne trouver que le cri,
vouloir toucher le cri et ne trouver que l’écho,
vouloir saisir l’écho et ne trouver que le mur
et courir vers le mur et toucher un miroir.
Trouver dans le miroir la statue assassinée,
la sortir du sang de son ombre,
la vêtir en un clin d’oeil,
la caresser comme une soeur imprévue
et jouer avec les bâtonnets de ses doigts
et compter dans son oreille cent fois cent cent fois
jusqu’à l’entendre dire : «je suis morte de peur».

(Xavier Villaurrutia)

Illustration: Willy Verginer

 

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BABEL (Norge)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



BABEL

Babel, ce fut d’abord des fondations profondes.
Puis des murs, enfin des fenêtres,
des corniches où l’hirondelle commençait à pondre.
Alors, les bâtisseurs parlèrent et la tour s’écroula.
Le tonnerre ? non, les paroles.
Fallait des chants, voilà !

(Norge)

Illustration: Pieter Bruegel l’Ancien

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Alors les murs seront brisés (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Alors les murs seront brisés
par des anges prodigieux
et liberté, liberté sera proclamée
pour toutes les âmes,
pour mon âme,
pour la tienne.
Alors toutes les chaînes se rompront
au son d’une note vertigineuse,
si haute que personne ne l’entendra,
comme du cristal nous verrons éclater les chaînes.
Alors viendra l’ère de l’accomplissement,
et tous les cieux seront remplis de paix,
la paix des murs rasés,
la paix des cieux ascendants,
la paix de la liberté
sans nulle limite.

***

Då bryts murarna ner
av oerhörda änglar
och frihet, frihet förkunnas
för alla själar,
för min själ,
för din själ.
Då brister alla bojor
vid en svindlande hög ton,
sa hög att ingen kan höra den,
men vi ser bojorna brista som kristall.
Då är ful komningens tidsålder inne,
och alla himlar blir fulla av frid,
de rasade murarnas frid,
de stigande rymdernas frid,
frihetens frid
utan all gräns.

(Pär Lagerkvist)

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POÉSIE (Xavier Villaurrutia)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



 

sculpture-homme-nu_

POÉSIE

Tu es la présence avec laquelle je parle
tout à coup, seul à seul.
Ce sont les mots qui te forment,
ceux qui sortent du silence
et de la mare de rêve dans laquelle je me noie
libre jusqu’au réveil.

Ta main métallique
durcit l’urgence de ma main
et conduit la plume
qui trace sur le papier son littoral.

Ta voix, lieu de l’écho,
est le rebondissement de ma voix sur le mur,
et sur ta peau en miroir
je me regarde me regardant parmi mille Argos
pendant de longues secondes.

Mais le moindre bruit te fait fuir
et je te vois sortir
par la porte du livre
ou par l’atlas du plafond,
par les planches du plancher,
ou la page du miroir,
et tu me laisses
sans vie sans voix et sans visage,
sans masque comme un homme nu
en pleine rue des regards.

(Xavier Villaurrutia)

 

 

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Nuages (Gaëtane Drouin-Salmon)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018


Nuages

Poèmes de corolles silencieuses
Jardins d’enfance et d’espace
Sculptures d’illusions et de neige
Visages de rêves et de voyage

Naissances de voiles et de solitude
Valses d’images et de temps
Gerbes de banquises et d’ailes

Tempêtes de confiance et d’orage
Départs de saisons et d’éclat
Murs d’eau et de tourbillons

Puissances d’espoir et de paresse
Dérives de mémoire et de glace
Chants de foules et de dentelle
Parcelles d’âmes et de corps!

(Gaëtane Drouin-Salmon)

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Chant (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Chant

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride cours
par une de ces rues sans saisons
derrière des murs lumineux de laquelle
un pas qui vient à retentir excite les chiens
et éveille l’écho ? Vus de la maison
d’où je te regarde, où le corps est vivant,
mouvement et quiétude se défont.

Je t’invoque pour la nuit
qui vient et pour le sommeil ;
toi qui souffres, toi seule peut me secourir
dans ce passage aveugle du temps
vers le temps, dans cet âpre voyage
de celui que je suis à celui que je serai,
vivant une vie dans la vie,
dormant un sommeil dans le sommeil.
Toi, adorée, qui souffres comme moi,
toi dont cela me donne le vertige de penser
que le temps, ce froid
parmi les astres et sur les tempes et autre chose encore, contient
la naissance, la maladie, la mort,
la présence de mon ciel et la perte.

***

Dove vai che nel vento arido corri
una di quelle vie senza stagioni
dietro i cui muri luminosi
un passo che rintroni aizza i cani
e sveglia l’eco ? Visti dalla casa
da cui ti guardo, dove il corpo vive,
movimento e quietudine si sfanno.

T’invoco per la notte
che viene e per il sonno ;
tu che soffri, tu sola puoi soccorrermi
in questo cieco transito dal tempo
al tempo, in questo aspro viaggio
da quel che sono a quello che saro
vivendo una vita nella vita,
dormendo un sonno nel sonno.
Tu, adorata, che soffri comme me,
di cui mi dà vertigine pensare
che il tempo, questo freddo
tra gli astri e sulle tempie e altro, contiene
la nascita, la malattia, la morte,
la presenza nel mio cielo e la perdita.

(Mario Luzi)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Cesar Santos

 

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LES MURS NOIRS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Otto Dix   Painting 136 [1280x768]

LES MURS NOIRS

Les murs noirs se lézardent
Au-dessus de mon âme.
Les hommes-lampes
Baissent, s’éteignent.
Un poisson borgne
Nage en l’obscur,
Un poisson à l’oeil noir.

L’homme arrive
Du coeur des ténèbres.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Otto Dix  

 

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QUI ÉCLAIRE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




QUI ÉCLAIRE

Lorsque tu me regardes
mes yeux sont des clefs,
le mur a des secrets,
ma peur, des mots, des poèmes.
Seul toi tu fais de ma mémoire
une voyageuse fascinée,
une incessante flamme.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Carole Cousseau

 

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