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Poésie

Posts Tagged ‘mur’

Aucun artiste (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Aucun artiste ne peut remplir
de couleur ce mur blanc
comme le maître Soleil
à trois heures de l’après-midi

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

Bradley Walker Tomlin number-14-1949

RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION
(en regardant un tableau de Bradley Walker Tomlin)

Toujours la plus petite action

possible
en ce temps d’actions

plus vastes que la vie, un geste
vers l’objet qui passe

presque inaperçu. Un petit vent

agitant un feu de joie, par exemple,
que j’ai découvert l’autre jour
par hasard

sur le mur d’un musée. Presque rien
ne s’y trouve : quelques touches
de blanc

jetées négligemment sur le noir pur
du fond, rien de plus

qu’un petit geste
essayant de n’être rien

de plus que lui-même. Et pourtant
il n’est pas ici
et à mes yeux la question
ne sera jamais
d’essayer de simplifier
le monde, mais une manière de chercher un lieu
par où pénétrer le monde, une manière d’être
présent
au milieu des choses
qui nous ignorent — mais dont nous avons besoin
tout autant que nous avons besoin
de nous-mêmes. Un instant à peine auparavant
la belle

femme
qui était auprès de moi
avait dit combien elle désirait
un enfant
et qu’il était grand temps de
la féconder. Nous sommes convenus
d’écrire chacun un poème
qui utilise les mots «un petit
vent
agitant un feu de joie». Depuis ce temps-là
rien

n’a plus de sens que la petite
action
présente dans ces mots, l’action
d’essayer de prononcer

des mots

qui ne veulent presque rien dire. Jusqu’au bout
je veux être égal

à tout ce que
mon oeil m’apportera, comme si
je pouvais finalement me voir moi-même

disparaître
dans les choses presque
invisibles

qui nous entraînent nous-mêmes et tous
les enfants à naître

dans le monde.

(Paul Auster)

Illustration: Bradley Walker Tomlin… peut-être ce tableau dont parle Paul ?

 

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Fait accompli (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration: Nicole Brousse

    
Fait accompli

Depuis quelque temps, j’ai un talent étrange:
je sais traverser les murs, tête la première.
Ce n’est pas sorcier.

Juste une certaine aptitude corporelle (ou spirituelle?)
qui survient parfois, selon mon attitude.

Je ne peux rien en dire de particulier.
Quand le moment est venu, je sens que je peux le faire et même que je dois le faire.
Cela me procure un sentiment de puissance et de liberté.

Je ne me casse pas la tête pour savoir pour quelle raison
et dans quel but il me faut passer à travers le mur.

Je passe tout simplement,
aller-retour.
Le Fait accompli
me suffit.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Aigu (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Aigu

Maison aux murs
ajourés

Hiboux les fenêtres
aveugles
nous regardent
sans nous voir

Sortez-nous le temps
de ses gonds

Sur le rosier verdoient
des épines

aiguës comme les débris
de notre espoir
Portes de vent
qui sortent et entrent

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Suis née (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Suis née, vis
par « et », plus « et »

enfant et mûre et vieille,
éveillée et dormant,
écrivant, voyageant,

j’attends le zéro « et »

dispersée, alors,
sans avoir découvert
ce que j’ajoutais
à quoi j’ajoutais

qui à quoi rendit
ce « et » sempiternel, à la fin rabouté au néant.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Prendre à pleines mains la minute (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

… Prendre à pleines mains la minute
la serrer.
Il en sort un fruit mûr
que j’ai longtemps cherché à l’aveuglette, parmi les leçons des ténèbres.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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En rêve tu es mienne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    
En rêve tu es mienne

Notre bonheur s’est tapi, muet,
Nous écoutions cachés dans un silence secret.
Même les flammes du poêle dansaient avec bonheur,
L’ardeur de l’amour desséchait nos lèvres.
Même l’austère pendule ne bourdonnait pas.
Les murs blancs et fiers en furent abasourdis …

En rêve, tu es toujours à moi toute entière.
Parfois, même réveillé, je crois encore à nos baisers.

(Attila Jozsef)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le mendiant de la beauté
Traduction: Francis Combes, Cécile Guichard, Georges Kassai
Editions: Le temps des cerises

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Sur le haut mur sans fenêtre ni porte (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Sur le haut mur sans fenêtre ni porte
on a peint une femme
qui ouvre des volets, découvre
un grand jardin de buis et de bassins

autour: maisons tristes
portes disjointes, affiches en loques?

– Mais parfois
une habitante regarde le mur
sourit à une autre, et parle avec chaleur
d’un voyage ancien, d’un amour passé.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Quelle langue peut traduire l’émoi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Quelle langue peut traduire l’émoi
Qui m’étreignait quand, dans l’exil lointain,
Sur une crête isolée m’agenouillant
J’y voyais croître la fauve bruyère.

Éparse et rabougrie, elle me disait
Que bientôt même cela ne serait plus
«Les cruels murs m’enserrent, murmurait-elle ;
J’ai fleuri au soleil de mon dernier été»

Mais il n’est point dans la musique aimée
Dont l’éveil fait se pâmer l’âme des Suisses
De charme plus déchirant et plus adoré
Que dans ses clochettes à demi flétries —

L’Esprit qui ployait sous son empire
Comme il désirait, brûlait d’être libre !
Si j’avais pu pleurer à cette heure
Ces larmes auraient été paradis —

Allons, les moments tristes sont touchants
Quoique chargés de tourment et de peine —
Viendra le jour où aimés et amants
Se retrouveront sur les collines —

***

What language can utter the feeling
That rose when, in exile afar,
On the brow of a lonely hill kneeling
I saw the brown heath growing there.

It was scattered and stunted, and told me
That soon even that would be gone
It whispered ; « The grim walls enfold me ;
I have bloomed in my last summer’s sun »

But not the loved music whose waking
Makes the soul of the Swiss die away
Has a spell more adored and heart-breaking
Than in its half-blighted-bells lay —

The Spirit that bent ‘neath its power
How it longed, how it burned to be free !
If I could have wept in that hour
Those tears had been heaven to me —

Well, well the sad minutes are moving
Though loaded with trouble and pain —
And sometime the loved and the loving
Shall meet on the mountains again —

(Emily Brontë)

 

 

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Le langage (Gerrit Kouwenaar)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

Le langage

Le langage appartient aux oiseaux
je suis trop homme pour voler
je suis là comme une maison construite
sur le monde et de terre épaisse

je suis à peu près celui
qu’abrite l’intérieur des murs
et coule derrière les fenêtres
de l’arrière chambre bleue

ça sent l’engrais et l’amour
il y a une plante dans une cage
le langage appartient aux oiseaux
l’homme s’abrite dans les mots

(Gerrit Kouwenaar)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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