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Poésie

Posts Tagged ‘mur’

JE DONNE LA PAROLE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



JE DONNE LA PAROLE

Je donne la parole aux murs
Je veux les vents heureux
Aussi les gens les arbres
Peut-être aussi le Mal
Il me reste des joies de dieu
Mon grand moment c’est l’aube quand
D’une allumette sous le gaz
Je remets en marche mon sang
Seul au monde et qui le sait bien
Et qu’il n’arrivera plus rien
Qu’organiques paronomases
Et puis revient la mésange
Interchangeable comme moi
Mais qui l’ignore
Partager le pain blanc qui me tient lieu d’espoir.

(Jean Rousselot)

 

 

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Bien que ma figure et mon teint soient beaux (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
Bien que ma figure et mon teint soient beaux,
que mon visage soit un coquelicot et mon corps un cyprès,
je ne comprends pas pourquoi aux murs de cette salle de fête
le peintre éternel a tracé mon image.

(Omar Khayam)

 

 

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Intouchée par les saisons (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Intouchée par les saisons
quand le coeur s’allume
apparaît dans la brume
une belle maison

Elle est petite et claire
avec des murs de pierre
Elle a quatre balcons
où pousse l’Estragon

Sous la tonnelle une grenouille
chante les jours passés
à la chercher
quand l’espoir avait un goût de rouille

Un oiseau noir se pose
sur la table du jardin
Il semble attendre quelque chose
puis vient picorer dans ma main

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sa voix est cassonade (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



    

Sa voix est cassonade
cantatrice rossignol aux gammes
d’herbe et de rosée
Les mots d’arabe posés oiseaux de jour
sur les fils pour le linge des jeunes filles
qui répètent les paroles fredonnent
derrière la fraîcheur des murs
blanchis par la nostalgie d’amour
et ce qui avait goût de jasmin
quand la vie n’avait pas trahi
sa première ligne

Sa voix rappelle qu’il est un jardin
où les roses de Saâdi brillent encore
où tu pourrais poser la tête et pleurer
jusqu’à trouver la paix du coeur
et le sourire incomparable des yeux
quand l’amour repart

Quelque part le chant si pur
monte dans le crépuscule

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Joueuse préface du vent (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
joueuse préface du vent
la nuit nous chercherons dans nos mains et nos voix vides
ce royaume à grands cris aperçu
des vies fleurissent le temps d’un geste
le temps d’un regard des murs tombent
l’arôme inachevé des vagues enivre nos pas lents

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Les lointains sont invisibles (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
les lointains sont invisibles
nos larmes dépareillées
les morts inexperts reviennent
chercher dans nos voix désertes
un peu du poids qui leur manqua

avec des bribes d’enfance
des jeux qui n’en finissaient pas
des rires au goût de fruit mûr
des regards à la dérobée
nous ne ferons pas même une heure

la paix du galet sur ta paume
ne la bois pas toute entière
laisse au vent prendre sa part
des mots dont tu voudrais qu’ils crient

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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LE feuillage s’écarte (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018



Incipit Liber Veneris Cæcorum

LE feuillage s’écarte en des plis de rideaux
Devant la Vénus des Aveugles, noire
Sous la majesté de ses noirs bandeaux.
Le temple a des murs d’ébène et d’ivoire
Et le sanctuaire est la nuit des nuits.
Il n’est plus d’odeurs, il n’est plus de bruits
Autour de cet autel dans la nuit la plus noire.

Nul n’ose imaginer le visage inconnu.
La Déesse règne en l’ombre éternelle
Où les murs sont nus, où l’autel est nu,
Où rien de vivant ne s’approche d’Elle.
Dans un temple vaste autant que les cieux
La Déesse Noire, interdite aux yeux,
Se retire et se plaît dans la nuit éternelle.

Les Aveugles se sont traînés à ses genoux
Pourtant, et, levant leur paupière rouge,
Semblent adorer un dieu sans courroux,
Et nul ne gémit et nulle ne bouge,
Mais, dans cette extase où meurt le désir,
Où la main se tend et n’ose saisir,
Une larme a coulé sous la paupière rouge.

(Renée Vivien)

Illustration

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Veux-tu gagner des vieux murs la confiance (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
veux-tu gagner des vieux murs la confiance
lève un instant vers eux tes yeux en larmes

pour la garder baisse-les aussitôt
l’oubli même peu après l’aube prie

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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CHANSON POPULAIRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



Illustration: Samuel Van Hoogstraten
    
CHANSON POPULAIRE

Il y a des villages pleins de marronniers
Qu’on traverse de nuit
Des auberges au vin lourd
Des fleurs
Des femmes
Des fleurs belles comme des femmes

Sur le bord du chemin
Un homme pleure
On en voit de toutes les couleurs
Dans ce monde

Un vieux chagrin qui fait sa ronde
Sous les épaules

Mais toujours toi
La page blanche sur le toit
Le mur
Une églantine
Un peu de foin dans la poitrine
Rendez-vous avec Dieu
En un château perdu à des sept lieues
De la terre
Ma cellule de monastère

Chaque jour te donner
Ma soif et mon visage
Ce regard qui me vient
De saisons disparues.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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AVEC L’AMOUR (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



 Illustration: Kajan: https://dessinrencontre.com/
    
AVEC L’AMOUR

N’entrez pas en ce moment
Ne venez pas me rejoindre à ce tournant
De ma vie
Laissez plutôt les chiens hurler sous la fenêtre
Et le vent s’approcher des murs
Je commence un poème qui ne doit pas s’achever
Il est parti du monde avec les feuilles
Il a tourné dans le soleil et dans ma main
Il est monté avec l’oiseau jusqu’à mes lèvres
Mais la beauté ne suffit plus

Laissez-moi seul avec l’amour
Je n’ai besoin pour vous aimer
Que d’un bruit de pas dans la rue
Et loin de vous je puis écrire
J’aime tous ceux qui font l’amour
Car je suis capable d’aller
De vous à moi
Sans déranger
La solitude et la parole.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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