Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mûre’

Aux bords du fleuve lydien (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



mais aux bords du fleuve lydien
au dieu tu nais tout boucles et mûres
et crawlant aux voûtes de cristal
tu sors des dieux tel d’entre les ombres

par chaque veine gambade alerte
le dieu Bromios et pampres t’enflamme
toi tu t’épands treille de corymbes
que mainte grive d’absence crible

(Bernard Manciet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DES LAINES (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (9) [1280x768]

DES LAINES

Un chemin se perdait, une femme — ses yeux
cueillaient des mûres. Á plus de dix-sept ans
bientôt presque le double… Le chemin conduisait
à une ferme des collines.

Les villages
sont sortis de moi. L’hiver vos mains approchent
sans trembler des laines qui éclairent.

(Pascal Commère)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ce que dit la bouche d’ombre (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2020



 

Illustration: Josephine Wall
    
Ce que dit la bouche d’ombre

Tout parle, l’air qui passe et l’alcyon qui vogue,
Le brin d’herbe, la fleur, le germe, l’élément.
T’imaginais-tu donc l’univers autrement ?
Crois-tu que Dieu, par qui la forme sort du nombre,
Aurait fait à jamais sonner la forêt sombre,
L’orage, le torrent roulant de noirs limons,
Le rocher dans les flots, la bête dans les monts,
La mouche, le buisson, la ronce où croît la mûre,
Et qu’il n’aurait rien mis dans l’éternel murmure ?
Crois-tu que l’eau du fleuve et les arbres des bois,
S’ils n’avaient rien à dire, élèveraient la voix ?
Prends-tu le vent des mers pour un joueur de flûte ?
Crois-tu que l’océan, qui se gonfle et qui lutte,
Serait content d’ouvrir sa gueule jour et nuit
Pour souffler dans le vide une vapeur de bruit,

Et qu’il voudrait rugir, sous l’ouragan qui vole,
Si son rugissement n’était une parole ?
Crois-tu que le tombeau, d’herbe et de nuit vêtu,
Ne soit rien qu’un silence ? et te figures-tu
Que la création profonde, qui compose
Sa rumeur des frissons du lys et de la rose,
De la foudre, des flots, des souffles du ciel bleu,
Ne sait ce qu’elle dit quand elle parle à Dieu ?
Crois-tu qu’elle ne soit qu’une langue épaissie ?
Crois-tu que la nature énorme balbutie,
Et que Dieu se serait, dans son immensité,
Donné pour tout plaisir, pendant l’éternité,
D’entendre bégayer une sourde-muette ?
Non, l’abîme est un prêtre et l’ombre est un poëte ;
Non, tout est une voix et tout est un parfum ;
Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un ;
Une pensée emplit le tumulte superbe.
Dieu n’a pas fait un bruit sans y mêler le verbe.
Tout, comme toi, gémit ou chante comme moi ;
Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi
Tout parle ? Ecoute bien. C’est que vents, ondes, flammes
Arbres, roseaux, rochers, tout vit !

Tout est plein d’âmes.

(Victor Hugo)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hautbois (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

ange-hautboisc [1280x768]

Hautbois

Il est des heures rares
où toute apparence alentour vacille s’humilie s’efface
comme les tentures
mûres
fermant la scène, l’acte fini, dans la cohue.

Les sens sont engourdis, la minute en soi se complaît ;
et dans nos yeux vaguement étourdis
sans cause un sourire naît.

***

Oboe
Ci son ore rare
che ogni apparenza dintorno vacilla s’umilia scompare
come le stinte
quinte
d’un boccascena, ad atto finito, tra il parapiglia

I sensi sono intorpidi,
Il minuto si piace di sè ;
E nasce nei nostri occhi un po’ stupiti
Un sorriso senza perché.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vallon déserté (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020




    
Le vallon déserté
s’écoute puis s’oublie
dans la fumée d’automne

Une corneille se pose
au bout de la branche fourchue
de l’unique chêne

Son croassement frappe la rocheuse paroi
trop murée dans le silence
pour se faire encore

Écho

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Simone, allons au verger (Rémy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Simone, allons au verger
Avec un panier d’osier.
Nous dirons à nos pommiers,
En entrant dans le verger :
Voici la saison des pommes.
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.

Les pommiers sont plein de guêpes,
Car les pommes sont très mûres :
Il se fait un grand murmure
Autour du vieux doux-aux-vêpes.
Les pommiers sont pleins de pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.

Nous cueillerons le calville,
Le pigeonnet et la reinette,
Et aussi des pommes à cidre
Dont la chair est un peu doucette.
Voici la saison des pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.

Tu auras l’odeur des pommes
Sur ta robe et sur tes mains,
Et tes cheveux seront pleins
Du parfum doux de l’automne.
Les pommiers sont pleins de pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.

Simone, tu seras mon verger
Et mon pommier de doux-aux-vêpes ;
Simone, écarte les guêpes
De ton coeur et de mon verger.
Voici la saison des guêpes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.

(Rémy de Gourmont)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Nuit ma voûtée de ton destin de nuit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


 


 

Jeanie Tomanek shockandawe

Nuit ma voûtée de ton destin de nuit
qui fais mûre sauvage ma rue que tu émondes de ses ronces
Nuit large comme les rues et lisse jusqu’au ciel comme les toits et les pâtures
et qui t’allonges jusqu’à l’horizon comme la mort des morts
et comme la mémoire des vivants
Nuit sans fissure dessertie du diadème par les nuées
et rejetée du vif par les tentures et par ta nature

Nuit taciturne malgré le meurtrier et la victime et la plainte du sang hors la veine entaillée
Nuit lasse de ton destin de nuit et vieille de ce qu’il advient chaque nuit dans la nuit
tu es sevrée car l’homme est debout au soleil et dormant à ta face

Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure
tes coudes s’effacent dans les impasses
tu combles les interstices des pavés
tu es le pieu et la lierne des palissades
et tes paupières clignent dans les balustres des balcons
Tes poings coupés par les toits feuillettent parfois une étoile dévoilée

Ma nuit creusée par les canaux de mon attente tu es attentive et courtoise
tu estimes le pas de l’homme et le répercutes dans sa haute unité et dans sa pleine lourdeur
et restitues à son corps son juste bruit

Le soleil a ses sujets qu’il comble qu’il brûle et qui dorment
toi tu as ceux qui manquent les vendanges
et s’anuitent pour rattraper d’impalpables récoltes
et pour rafraîchir la constante et matinale blessure
Et tu annexes exclusive leur passage

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Airs de danse (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Airs de danse

C’est la belle aux yeux,
C’est la belle aux yeux de mûre,
C’est la belle aux yeux de mûre ;
La belle aux cheveux,
La belle aux cheveux de mûre,
Aux cheveux soyeux.

Elle porte les habits,
Les habits dorés du klephte,
Les habits dorés du klephte ;
Elle porte le fusil,
Le fusil doré du klephte
Et le yatagan aussi.

« Pourquoi rire ainsi,
Compagnon, pourquoi donc rire ?
Compagnon, pourquoi donc rire ?
La belle lui dit.
Il ne cessa pas de rire
Et lui répondit :

« Je vois le soleil,
Je vois le soleil qui brille,
Je vois le soleil qui brille,
Et ton sein vermeil,
Et ton sein vermeil qui brille
Comme le soleil.  »

C’est la belle aux yeux,
C’est la belle aux yeux de mûre,
C’est la belle aux yeux de mûre ;
La belle aux cheveux,
La belle aux cheveux de mûre,
Aux cheveux soyeux.

(Jean Moréas)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La pomme (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Le puissant démon là-derrière,
qu’il veuille faire peur ou non, qu’importe ?
La pomme bien mûre là-devant,
il faut que je la cueille !

(Tshanyang Gyatsho)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | 2 Comments »

Tous les êtres (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



    

Tous les êtres ressentent la même chose,
mais murée en eux.

(Roger Munier)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :