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Poésie

Posts Tagged ‘murmurer’

Métaphore (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2022




Illustration: Vladimir Kush
    
Métaphore

Je porte dans les mains un buccin résonnant
Où les vents de la mer se sont réunis,
Et des mains, ou du buccin murmurant,
Se répand en couleur et en son irradiant
Ta beauté que mes yeux ont dévêtue.

***

Metáfora

Trago nas mãos um búzio ressoante
Onde os ventos do mar se reuniram,
E das mãos, ou do búzio murmurante,
Alastra em cor e som irradiante
A beleza que os olhos te despiram

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Lorsque les champs dorés (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2022




    
Lorsque les champs dorés devant ma vue ondulent,
Et la forêt tressaille au souffle du zéphyr,
Que mille chants d’oiseaux dans les airs se modulent,
Et sous la feuille un fruit recommence à bouffir;

Lorsque tout imprégnés d’éclatante rosée,
A l’aube ou par un soir incendiant les cieux,
Le candide muguet, ou la vierge pensée,
Me semble saluer d’un geste gracieux;

Lorsqu’une fraîche source au fond de la vallée,
Fredonnant un doux chant qui me berce et m’endort,
Murmure à mon oreille une légende ailée
D’un pays merveilleux du temps de l’âge d’or;

— Alors, je sens enfin dans mon âme se taire
Tous les tourments secrets des pensers anxieux.
Je conçois le bonheur possible sur la terre,
Et la Divinité — visible dans les cieux.

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

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Maria… (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021




    
MARIA – WEST SIDE STORY

Maria…

Le nom le plus doux que j’ai jamais entendu :
Maria, Maria, Maria, Maria…
Toutes les mélodies du monde réunies en un seul mot…

Maria, Maria, Maria, Maria…
Maria !
Je viens de rencontrer une fille qui s’appelle Maria,
Et soudain, ce nom
Ne sera plus jamais le même
Pour moi.
Maria !
Je viens d’embrasser une fille qui s’appelle Maria,
Et soudain je réalise
À quel point un nom
Peut être beau
Maria !
Crie-le, et cela devient une musique
Murmure-le, c’est presque une prière.

Maria,

Je ne peux pas m’empêcher de répéter son nom !

Le plus beau nom que j’ai jamais entendu.

Maria.

***

Maria …

The most beautiful sound I ever heard:
Maria, Maria, Maria, Maria …
All the beautiful sounds of the world in a single word . .

Maria, Maria, Maria, Maria …
Maria!
I’ve just met a girl named Maria,
And suddenly that name
Will never be the same
To me.
Maria!
I’ve just kissed a girl named Maria,
And suddenly I’ve found
How wonderful a sound
Can be!
Maria!
Say it loud and there’s music playing,
Say it soft and it’s almost like praying.

Maria,
I’ll never stop saying Maria!

The most beautiful sound I ever heard.
Maria.

(West Side Story)

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Mam´zelle Clio (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Alphonse Mucha ur [1280x768]

1. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Le premier jour je me rappelle
C´était chez des amis idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre maman avait des ailes
Dans une robe de taff´tas
Vous étiez une demoiselle
Et je vous murmurais tout bas

{Refrain:}
Dormir avec vous dormir une nuit,
Faire un rêve à deux quand le ciel est noir au fond de ma chambre
Le sommeil est doux quand tombe la pluie
Quand le vent du nord murmure tout bas
Décembre
Tous les mots d´amour le vent nous les dit
Quand la cloche sonne une heure perdue lointaine…
Oublier la vie oublier nos peines
Dormir une nuit dormir mon amour dormir avec vous

2. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Vous êtes mariée c´est ridicule
Avec le fils de ces idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre mari est somnambule
Il se promène sur les toits
Toute la nuit tandis que moi

{Refrain:}
Je dors avec vous dans le même lit
Nous rêvons tous deux quand le ciel est noir au fond de ma chambre
Votre corps charmant se donne à minuit
Dans un petit hôtel tout près de la rue Delambre
Y a pas d´eau courante et pour faire pipi
C´est au fond de la cour
Mais là-bas y a pas de lumière
Mais ces petites bêtises me sont familières
Je dors avec vous et pendant le jour
J´attends notre nuit

3. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre mari dans une crise
M´a flanqué deux balles dans la peau
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Je suis bien mort quoi qu´on en dise
Oui mais le diable m´a permis
De revenir toutes les nuits

{Refrain:}
Dormir avec vous sans vous faire peur
Caresser vos cheveux toucher votre cœur vous dire à l´oreille
 » Je t´aime chérie je t´aime et j´en meurs  »
Et tirer les poils du petit cocu qui veille
La commode qui grince un bruit sur le toit
Le lit qui gémit c´est moi dans le bois ma brune
Je suis courant d´air et rayon de lune
J´ai l´éternité pour chanter tout bas
Je dors avec toi

(Charles Trenet)

Illustration: Alphonse Mucha

 

 

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Le cœur de paris (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021


 


 

Paris

Le cœur de paris

Le cœur de Paris, c´est une fleur,
Une fleur d´amour si jolie
Que l´on garde dans son cœur,
Que l´on aime pour la vie.
Le cœur de Paris, c´est une romance
Qui parle du soleil ou d´la pluie.
On croit qu´elle finit mais elle recommence.
Le cœur de Paris, c´est la France.

Le cœur de Paris, oh midinettes,
C´est deux sous d´bonheur, une guinguette
On y danse quand il fait beau.
C´est Lison, Manon, Lisette.
Le cœur de Paris, c´est les poulbots
Am figures d´archanges, aux phrases crues,
Montmartre qui s´endort dans une toile d´Utrillo,
Le cœur de Paris, c´est la rue.

Le cœur de Paris, c´est une histoire
Toujours présente à nos mémoires.
C´est la barbe du roi Henri,
Barbe bleue ou barbe noire.
Ainsi se termine ma p´tite chanson
Qui déploie ses ailes à la ronde.
Elle s´envole aux cieux pour porter un peu
Du cœur de Paris dans le monde
Et le monde ravi
Murmure : « Qu´il est gentil,
Le cœur de Paris! »

(Charles Trenet)

 

 

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REQUIEM POUR UN ENFANT (Anne Nantet)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




REQUIEM POUR UN ENFANT

C’était l’automne,
tu es partie, aurais-tu donc suivi
la voie des hirondelles ?
Tu n’es pas revenue,
on aura coupé tes ailes
au seuil de l’inconnu.

C’est une histoire très ancienne,
le temps n’y pourra rien ;
un chant,
un refrain qui revient
et desserre tranquillement
les noeuds de la mémoire.

Tu es la fleur d’innocence,
tendre et douce,
mon enfant disparue,
mon soleil envolé
aux berges de l’absence.

Tu es la vague
qui murmure
des mots de marée basse
au coquillage
endormi sur la plage.

Tu es la lumière,
le mystère des matins triomphants,
un sourire transparent
à la joue mouvante des blés.

Tu es ce nuage
porté dans les bras du vent,
on dirait un oiseau pâle,
il te ressemble,
il est mon paysage,
mon rouge-gorge
en noir et blanc.

(Anne Nantet)

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DE NOIRS NUAGES-TEMPS-DE-DEUIL (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

DE NOIRS NUAGES-TEMPS-DE-DEUIL

s’élevaient de toutes parts en tourbillonnant —
forêts-d’eau menaçantes.
Huttes murmurantes et arbres-gémissements —
Je me dirigeai vers le ruisseau noir —
Des oiseaux, semblables à des feuilles blêmes livrées au vent.

ORAGE S’APPRÊTANT

***

SCHWARZE TRAUERWETTERWOLKEN

rollten allüberall hoch
warnende Wasserwälder.
Raunige Hütten und Brummbäume —
Ich ging gegen den schwarzen Bach —
Vögel, gleich wie fahle Blätter im Wind.

GEWITTERANZUG

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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Te voilà enfin! (Claudine Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021


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Sous le foisonnement des arbres
je quête le silence des feuilles

Parmi le bavardage
vertige cherche
vocabulaire
de vérités toutes nues

Prise tout entière
dans les filets de l’instant
rompre le désanchantement

Un baiser la fit sursauter
demi-tour vers la réalité

Il pose l’annulaire sur ses prunelles
elle murmure te voilà enfin!

(Claudine Bertrand)

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Un homme voulait se faire ascète (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021




    
Un homme voulait se faire ascète. Une belle nuit, il déclara :
« Le moment est venu pour moi d’abandonner ma demeure et de chercher Dieu.
Ah! qui donc m’a retenu si longtemps ici dans les trompeuses illusions? »

Dieu murmura : « Moi »; mais l’homme ne comprit pas.
Il dit : « Où es-tu, Toi qui t’es joué si longtemps de moi? »
A ses côtés sa femme était paisiblement étendue sur le lit, un bébé endormi sur son sein.

La voix reprit : «Dieu, il est là », mais l’homme n’entendit pas.
Le bébé pleura en rêve, se pelotonnant plus près de sa mère.

Dieu ordonna : « Arrête, insensé, ne quitte pas ta maison »
— mais il n’entendit pas encore.

Dieu soupira et dit avec tristesse :
« Pourquoi mon serviteur croit-il me chercher quand il s’éloigne de moi? »

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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NUIT D’ÉTÉ (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



NUIT D’ÉTÉ

Le violon, d’un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors,
Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,
Et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts.
Le souffle du Veillant anime chaque feuille;
Aux amers souvenirs les bois ouvrent leur sein;

Les oiseaux sont rêveurs; et sous l’oeil opalin
De la lune d’été ma Douleur se recueille…
Lentement, au concert que font sous la ramure
Les lutins endiablés comme ce Faust ancien,
Le luth dans tout mon cceur éveille en parnassien
La grande majesté de la nuit qui murmure
Dans les cieux alanguis un ramage lointain
Prolongé jusqu’à l’aube, et mourant au Matin.

(Emile Nelligan)


Illustration

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