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Posts Tagged ‘musaraigne’

Nocturne entre les musaraignes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



&

Illustration: Antoine Picard
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Nocturne entre les musaraignes

Corps de pierre, corps triste
Entre laines comme murs d’univers,
Identique aux races à leur anniversaire,
Aux édifices les plus innocents,
Aux cataractes les plus pudiques,
Blanches comme la nuit, tandis que la montagne
Déchiquète des formes en folie
Déchiquète comme doigts les douleurs,
Les joies comme des ongles.

Ne savoir où aller, où revenir,
En quête de vents pieux
Détruisant les rides du monde,
Bénissant les désirs coupés à la racine
Avant de donner leur fleur,
Leur fleur grande comme un enfant.

Les lèvres désirent cette fleur
Dont le poing, baisé par la nuit,
Ouvre les portes de l’oubli lèvre après lèvre.

***

Nocturno entre las musarañas

Cuerpo de piedra, cuerpo triste
Entre lanas con muros de universo,
Idéntico a las razas cuando cumplen años,
A los más inocentes edificios,
A las más pudorosas cataratas,
Blancas como la noche, en tanto la montaña
Despedaza formas enloquecidas,
Despedaza dolores como dedos,
Alegrías como uñas.

No saber donde ir, donde volver,
Buscando los vientos piadosos
Que destruyen las arrugas del mundo,
Que bendicen los deseos cortados a raíz
Antes de dar su flor,
Su flor grande como un niño.

Los labios quieren esa flor
Cuyo puño, besado por la noche,
Abre las puertas del olvido labio a labio.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Le Hérisson (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



https://arbrealettres.files.wordpress.com/2010/01/herisson_gourmand_.jpg

Bien que je sois très pacifique
Ce que je pique et pique et pique,

Se lamentait le hérisson.
Je n’ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil à un buisson,
Un tout petit buisson d’épines
Qui marcherait sur des chaussons.
J’envie la taupe, ma cousine,
Douce comme un gant de velours
Emergeant soudain des labours.
Il faut toujours que tu te plaignes,
Me reproche la musaraigne.
Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu’une grosse châtaigne,
Mais c’est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique, et pique et repique,
Moi qui suis si, si pacifique,
Se lamentait le hérisson.

(Maurice Carême)

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La clef des champs (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



La clef des champs

Qui a volé la clef des champs ?
La pie voleuse ou le geai bleu ?

Qui a perdu la clef des champs ?
La marmotte ou le hoche-queue ?

Qui a trouvé la clef des champs ?
Le lièvre vert ? Le renard roux ?

Qui a gardé la clef des champs ?
Le chat, la belette ou le loup ?

Qui a rangé la clef des champs ?
La couleuvre ou le hérisson ?

Qui a paumé la clef des champs ?
La musaraigne ou le pinson ?

Qui a mangé la clef des champs ?
Ce n’est pas moi. Ce n’est pas vous.

Elle est à personne et partout,
La clé des champs, la clef de tout.

(Claude Roy)

 

 

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Et la vie s’enfuit comme une musaraigne (Vail De Lencour)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2015




Cui dono lepidum novum libellum
Et les jours ne sont pas assez remplis
Et les nuits ne sont pas assez remplies
Et la vie s’enfuit comme une musaraigne
Sans froisser l’herbe…

(Vail De Lencour)

Illustration

 

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