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Qui était-il que pensait-il (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration
    
qui était-il que pensait-il

à quoi occupait-il son temps
alors qu’il le passait à ne rien faire

enfermé dans sa cellule
il ne parlait pas

son temps
il le passait à attendre

attendre que les années
d’hiver le labourent

qu’elles le dépouillent le ravinent
le réduisent à son noyau

comment le rejoindre
là-bas
en ce lointain obscur

comment le délivrer
et me délivrer

sans fin il retire
ce bâillon qui lui est
aussitôt réappliqué

de lui ne me parviennent
que des plaintes
à peine audibles

parce qu’il est muselé
sa rage va croissant

j’appelle l’instant
où il pourra
se libérer
et me libérer

je redoute l’instant
où son cri
trop longtemps retenu
va me traverser
me faire voler en éclats

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Image (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Zinaïda Serebriakova
    

Image

Le père distribue la soupe à la tribu rongée d’amour
La mère signe le pain d’une croix salvatrice
où les enfants broiront l’ardeur de leurs baisers
le foin de leurs pensées s’incendie d’avenir.

Dans la tiédeur des mets languissent de belles lèvres
et le vin sent le sang, le sang frère et caché
le sang si doux dans la chair de verre :
« Que les enfants ont soif ! que les enfants ont faim ! »

Tous les désirs vivants semblent dormir ici
chiens muselés gardés la laisse au poing
et tous les tièdes yeux regardent dans la nuit
l’essaim des mouches blanches farder la terre.

C’est le silence et l’harmonie des coeurs
le père songe à la vache qui vèle
la mère songe au froid de cette neige
sur le froid du tombeau de l’enfant mort.

Jean-Paul songe à des chairs sans ombre
aux seins de la servante entrevus dans la grange
et Jeanne songe au berger de la sente :
ah ! neige née sur le feu de mon sang.

Les parents rient, des liserons de neige regardent la famille,
un Christ de poussière se meurt sur le mur
un Dieu laid comme un homme montre son coeur à nu,
l’horloge bat, ô mon coeur ! ô mon coeur ! si lente…

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Autour de moi les grandes fleurs muselées du jour (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



 

Autour de moi les grandes fleurs
Muselées du jour
Mon cœur comme la mer
Se retire
Est-ce midi
Minuit ?
L’heure pleine de feuilles mortes
Plie

(Anne Perrier)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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