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Poésie

Posts Tagged ‘mutilé’

Message troublant (Georges Sédir)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016


Message troublant

Sur un mur de métro, sur un bout de journal
déchiré, sur un vieux programme
quelques lignes. Lues de travers, hâtivement.

La phrase est mutilée, ces mots n’ont pas de sens
ou en ont trop. Leur voisinage
surprend. Naît une image étrange.

Parmi les je-sais-tout et les trop sûrs d’eux-mêmes
certains, qui lurent au hasard, ont éprouvé
un bref malaise, un dégoût vague
un choc troublant leur inconscience
– galet lancé dans leur eau tiède.

D’autres qui pensaient n’être rien
respirent mieux, vivent plus haut
et redressent la tête, épurés, délivrés
comme si remontaient de l’abîme un pardon,
un réconfort, un évangile, une promesse.
Pour eux les mots réconciliés sont harmonie
et signe.

Tous avaient sans la reconnaître
touché la poésie. Tous en furent brûlés.

(Georges Sédir)

Illustration: Henri Matisse

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Arbre mutilé, maintenant sois libre! (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



Arbre mutilé, maintenant sois libre!

Tes bras déchirés, tes bras ennemis
Fais-les se nouer, se croiser, s’étreindre,
Se quitter, se tordre et de prendre encore
De telle façon que tu ne sois plus
Un déploiement de forces divergentes,
Mais un seul destin, un amour, un arbre!

(Charles Vildrac)

Illustration

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Je te sais (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2016



Christian Schloe - Austrian Surrealist Digital painter - Tutt'Art@ (84)

Je te sais
Tantôt mutilé
Tantôt espace
Tantôt épave
Ou illumination

(Andrée Chedid)

Illustration: Christian Schloe

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Le soir dans un musée (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Le soir dans un musée

Les seigneurs blancs couchés dans leurs corsets de marbre,
Larves que le sommeil mène à l’éternité ?
Ces colonnes vêtues de lierre comme des arbres,
Ces fontaines qui virent sourire la beauté ?

Les évêques de cire à la mitre de cuivre,
Les mères qu’un enfant fait penser au calvaire,
L’angoisse de l’esclave, l’ironie de la guivre,
Diane, dont les seins fiers se gonflent de colère ?

Cette femme aux longues mains pâles et douloureuses ?
Ces beaux regards de bronze, ces pierres lumineuses
Qui semblent encore pleurer un amour méconnu ?

Non. Soumis au désir qui m’écrase et me charme,
Je ne voyais rien dans l’ombre pleine de larmes
Qu’une main mutilée crispée sur un pied nu.

(Remy de Gourmont)

 

 

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MALGRÉ TOUT (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015




MALGRÉ TOUT

Malgré
Malgré tout
le mal qu’on nous a fait.
Malgré
tout ce qu’il faut subir
et faire subir aux autres.
Malgré
la guerre
les enfants mutilés, martyrisés
l’enfer que tant de nous s’infligent
et infligent aux autres.
Malgré
malgré tout
ne dressons pas le mal
et le bien face à face.
Ils vont, ils sont ensemble
en nous
et dans le cours aventureux des siècles.
En face du mal
en face du bien
Il n’y a rien
rien que la vie ensemble

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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