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Poésie

Posts Tagged ‘mystère’

La forêt blonde (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



 

La forêt blonde

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes herbes sont des cils trempés de larmes claires
Et mes liserons blancs s’ouvrent comme des paupières.
Voici les bourraches bleues dont les yeux doux fleurissent
Pareils à des étoiles, à des désirs, à des sourires,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes lierres sont les lourds cheveux et mes viournes
Contournent leurs ourlets, ainsi que des oreilles.
Ô muguets, blanches dents ! églantines, narines !
Ô gentianes roses, plus roses que les lèvres !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes saules ont le profil des tombantes épaules,
Mes trembles sont des bras tremblants de convoitise,
Mes digitales sont les doigts frêles, et les oves
Des ongles sont moins fins que la fleur de mes mauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes sveltes peupliers ont des tailles flexibles,
Mes hêtres blancs et durs sont de fermes poitrines
Et mes larges platanes courbent comme des ventres
L’orgueilleux bouclier de leurs écorces fauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Boutons rouges, boutons sanglants des pâquerettes,
Vous êtes les fleurons purs et vierges des mamelles.
Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !
Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes ormes ont la grâce des reins creux et des hanches,
Mes jeunes chênes, la forme et le charme des jambes,
Le pied nu de mes aunes se cambre dans les sources
Et j’ai des mousses blondes, des mystères, des ombres,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

(Remy de Gourmont)

 

 

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Promenade quotidienne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Promenade quotidienne

Je ferme les yeux
Et à petites bouchées
Je savoure le goût du jour

Que m’importe les autres
Quand je cours
Sur l’herbe fraîche
Au milieu des haies

Je parcours un pays
Au-delà de l’ombre
Où les routes disparaissent
Dans des espaces de chaleur
Où les arbres s’élèvent vers la clarté

Je suis la rivière bavarde
Aux lentes navigations
Respirant alors un air fétide
Sur des chemins de halage
Où poussent des herbes chétives

Quand je rentre le soir
Je me faufile
Entre ombre et lumière
A la lisière du silence
Pour me glisser dans la nuit
Sous les astres à l’affût
Dans un ciel qui cache
Bien des mystères.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

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DE LA FEMME AU CIEL (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Oleg Korolev  sun_s_10 [1280x768]

DE LA FEMME AU CIEL

L’âme a des étapes profondes.
On se laisse d’abord charmer,
Puis convaincre. Ce sont deux mondes.
Comprendre est au-delà d’aimer.

Aimer, comprendre : c’est le faîte.
Le Coeur, cet oiseau du vallon,
Sur le premier degré s’arrête ;
L’Esprit vole à l’autre échelon.

A l’amant succède l’archange ;
Le baiser, puis le firmament ;
Le point d’obscurité se change
En un point de rayonnement.

Mets de l’amour sur cette terre
Dans les vains brins d’herbe flottants.
Cette herbe devient, ô mystère !
Le nid sombre au fond du printemps.

Ajoute, en écartant son voile,
De la lumière au nid béni.
Et le nid deviendra l’étoile
Dans la forêt de l’infini.

(Victor Hugo)

Illustration: Oleg Korolev

 

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Tu creuses rampes (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021




    

tu creuses
rampes
t’ouvres
un passage

mais tu n’es
jamais
prêt

jamais assez aguerri

jamais digne
d’affronter
la rencontre

alors tu lis
enquêtes sondes
questionnes

et sans relâche
tu progresses
puis te portes
d’un bond
au plus extrême

et là
doigts gourds
mains tuméfiées
au lieu de rafler
ce dont tu espérais
te saisir
dans un trouble
infini
tu palpes
le mystère

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Aux arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Après l’hiver (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Après l’hiver

Tout revit, ma bien aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le coeur de l’homme est meilleur.

En haut, d’où l’amour ruiselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l’astre et la fleur.

L’hiver fuit, saison d’alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l’âpre sève des larmes
Coule, et du coeur monte aux yeux.

O douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l’abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l’oiseau qui va chanter.

L’aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.

On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit les astres bruire,
Et les abeilles le jour.

Et partout nos regards lisent,
Et, dans l’herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
« Les aimants sont les bénis ! »

L’air enivre ; tu reposes
A mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos coeurs !

Comme l’aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.

La nature, soeur jumelle
D’Eve et d’Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.

Il Suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t’adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l’ombre nous les rend !

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu’un souci t’oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J’ai l’étoile pour maîtresse ;
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Veni, vidi, vixi (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



Illustration: Désiré François Laugée
    
Veni, vidi, vixi

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J’assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l’heure où l’homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;

Puisque l’espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu’en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j’ai bien assez vécu.

Je n’ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J’ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.

J’ai fait ce que j’ai pu ; j’ai servi, j’ai veillé,
Et j’ai vu bien souvent qu’on riait de ma peine.
Je me suis étonné d’être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s’ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s’ouvre qu’à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d’ennui, comme un homme
Qui se lève avant l’aube et qui n’a pas dormi.

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur, ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m’en aille et que je disparaisse !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Le chat et le miroir (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le chat et le miroir

Philosophes hardis, qui passez votre vie
À vouloir expliquer ce qu’on n’explique pas,
Daignez écouter, je vous prie,
Ce trait du plus sage des chats.
Sur une table de toilette
Ce chat aperçut un miroir ;
Il y saute, regarde, et d’abord pense voir
Un de ses frères qui le guette.
Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté.
Surpris, il juge alors la glace transparente,
Et passe de l’autre côté,
Ne trouve rien, revient, et le chat se présente.
Il réfléchit un peu : de peur que l’animal,
Tandis qu’il fait le tour, ne sorte,
Sur le haut du miroir il se met à cheval,
Deux pattes par ici, deux par là ; de la sorte
Partout il pourra le saisir.
Alors, croyant bien le tenir,
Doucement vers la glace il incline la tête,
Aperçoit une oreille, et puis deux… à l’instant,
À droite, à gauche il va jetant
Sa griffe qu’il tient toute prête :
Mais il perd l’équilibre, il tombe et n’a rien pris.
Alors, sans davantage attendre,
Sans chercher plus longtemps ce qu’il ne peut
Comprendre,
Il laisse le miroir et retourne aux souris :
Que m’importe, dit-il, de percer ce mystère ?
Une chose que notre esprit,
Après un long travail, n’entend ni ne saisit,
Ne nous est jamais nécessaire.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Un verre vide (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



Illustration: Jennifer Stottle
    
Poem in Dutch, French, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Gurajati, Serbian

Poem of the week Ithaca 659

« AN EMPTY GLASS », Anna Keiko, China


The poem An Empty Glass won the Guido Gozzano Prize for Literature in Italy in 2020

 

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

Un verre vide


La coupe pleine d’eau de la source était en vue
Elle fait partie de mon corps
J’ai essayé de la boire,
Mais quand je m’y suis efforcée,
Le verre était vide.
Où était passée l’eau,
Disparue en si peu de temps?
L’existence n’est-elle
Rien de plus qu’un verre d’eau?
C’est une énigme, un fouillis
Qu’était-il arrivé?
Hier au même moment j’étais ici
Et j’ai rempli le verre
L’eau n’aurait-elle pas disparu
Si j’étais resté ici?
Mon esprit était-il piégé dans le verre
Ou?

 

Traduction Elisabeth Gerlache

 

***

 

Een leeg glas


Het glas vol bronwater was in zicht
Het is een deel van mijn lichaam
Ik probeerde het te drinken,
Maar toen ik het probeerde,
Was het glas leeg.
Waar was het water gebleven,
Verdwenen in een mum van tijd?
Is het bestaan
Niets meer dan een glas water?
Het is een mysterie, het is verwarring.
Wat was er gebeurd?
Gisteren was ik hier op hetzelfde moment
En vulde het glas
Zou het water er nog geweest zijn
Als ik hier was gebleven?
Zat mijn geest gevangen in het glas
Of?

 

Vertaling Germain Droogenbroodt

 

**

 

Un vaso vacío


La copa llena de primavera estaba a la vista
Es una parte de mi cuerpo
Intenté de beberlo,
Pero cuando lo intenté,
El vaso estaba vacío.
¿A dónde fue el agua
En tan poco tiempo?
¿Es la existencia
No más que un vaso de agua?
Es un misterio, es una confusión
¿Qué ha pasado?
Ayer, estuve aquí a la misma hora
Y llené el vaso.
¿No hubiera desaparecido el agua
Si me hubiera quedado aquí?
¿Estuve mi mente atrapada en el vaso
¿O?

 

Traducción Germain Droogenbroodt

 

***

 

AN EMPTY GLASS


The cup full of springwater was in sight
It is a part of my body.
I tried to drink it,
But when I tried,
The glass was empty.
Where did the water go
In no time?
Is existence
No more than a glass of water?
It’s a mystery, it’s confusion.
What happened?
Yesterday, I was here at the same time
And filled the glass.
Would the water not have disappeared
If I had remained here?
Was my mind trapped in the glass
Or …?

 

Translation into English by Stanley Barkan

***

 

Un bicchiere vuoto

 

La coppa piena di primavera era in vista

Come una parte del mio corpo

Voglio provare a berla

Ma quando ho provato a bere

Il bicchiere era vuoto

Dov’è finita l’acqua

In così poco tempo?

L’esistenza non è forse

Poco  più di un bicchiere d’acqua?

È un mistero, è una confusione

Che cosa è successo?

Ieri, ero qui alla stessa ora

e ho riempito il bicchiere

L’acqua non sarebbe scomparsa

se fossi rimasta qui?

La mia mente era forse intrappolata nel bicchiere

Oppure?

Traduzione: Lidia Chiarelli

 

***

 

Ein leeres glas


Das Glas voll Quellwasser war in Sicht
Es ist ein Teil meines Körpers.
Ich habe versucht, es zu trinken,
Aber als ich es versuchte,
War das Glas leer.
Wohin war das Wasser
In kürzester Zeit verschwunden?
Ist die Existenz
Nichts mehr als ein Glas Wasser?
Es ist ein Rätsel, es ist Verwirrung.
Was war passiert?
Gestern war ich zur gleichen Zeit hier
Und füllte das Glas
Würde das Wasser noch da sein
Wenn ich hier geblieben wäre?
War mein Geist im Glas gefangen
Oder?

 

Übersetzung Germain Droogenbroodt
Translation into German by Germain Droogenbroodt

 

***

 

UM COPO VAZIO

 

O copo cheio de agua da fonte estava presente

Como uma parte do meu corpo.

Tentei bebê-la,

Mas ao tentar,

O copo estava vazio.

Aonde foi parar a água

Em tão pouco tempo?

Não é a existencia

Algo igual a um copo dágua?

É um mistério, uma confusão

Que aconteceu?

Ontem estive aquí à mesma hora

E enchi o copo.

A agua não teria desaparecido

Se eu tivesse permanecido aquí?

Estava presa, talvez, a minha mente no copo?

Ou o que?

 

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

 

***

 

Un biccheri vacanti

 

C’era un biccheri chinu d’acqua di surgentia vista.

È parti dû me corpu.

Circaiu di bivirlu,

ma quannu ci pruvaiu

u biccheri era vacanti.

Unni si nn’avia ghiutu l’acqua

ntôn nenti?

L’esistenza evi

nenti dicchiù di nu biccheri d’acqua,

un misteru, na cunfusioni…

Chi succidìu?

Aeri era ddà a la stisss’ura

e inchìu lu biccheri.

Si yo ristava ddà

L’acqua non avissi scumparutu?

Era la menti prigiunera dû biccheri?

oppuru…

 

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

 

***

 

Un vas gol


Cupa cu apă dulce de izvor
E parte din ființa mea.
Am dat s-o beau,
Dar când am încercat,
Am găsit vasul gol.
Unde a pierit apa din el
Așa de timpuriu?
Oare înseamnă viața mai mult
Decât un simplu vas cu apă?
E totul straniu și incert.
Ce s-a schimbat?
Ieri, ca acum, eram aici
Umplându-mi cupa.
S-ar fi păstrat intactă apa
De mă opream și eu?
Spirit întemnițat
Sorbit…?

 

Traducere: Gabriela Sonnenberg

 

***

 

PUSTY KIELICH


w zasięgu wzroku była czarka pełna wiosny
To część mojego ciała.
Usiłowałam ją pić
Lecz gdy takpróbowałam
Kielich okazał się pusty..
Dokąd zniknęła woda
bez nawet jednej chwili?
Czyż istnienie
Nie jest czymś więcej niż kielichem wody?
To tajemnica, tokonsternacja  …
Co się stało?
Wczoraj tu byłam o tej samej godzinie
I napełniłam kielich
Czy nie znikłaby woda
gdybym tu pozostała?
Czy mójumysł wpadł w pułapkę kielicha
Czy …?

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

 

***

 

ΑΔΕΙΟ ΠΟΤΗΡΙ

 

Το κύπελλο γεμάτο από άνοιξη ήταν σιμά μου

μέρος του σώματος μου

μα όταν δοκίμασα να την πιώ

το ποτήρι ήταν άδειο.

Τί έγινε το νερό του έτσι ξαφνικά;

Άραγε είναι κι η κάθε ύπαρξη

τίποτα παρά ένα ποτήρι νερό;

Μυστήριο, σύγχυση

Τί συνέβη;

Χθες ήμουν εδώ και γέμισα το ποτήρι με νερό.

Θα έμενε το νερί στο ποτήρι αν δεν έφευγα;

Μήπως παγιδεύτηκε ο νους μου στο ποτήρι

Ή….

 

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

Translated by Manolis Aligizakis

 

***

 

空杯子

 

Anna 惠子

盛满甘泉的杯子

就在眼前

它是身体的一部分

当我喝它时

水不见了踪影

仿佛舌尖在杯中

做了一个梦

 

仅仅几秒,

水去了哪里?

一只杯,它的存在,

是迷,是惑?

其间发生了什么?

 

昨日还是此刻倒入水,

我曾在此

或水不曾出现,

我不在此

一直困在杯中的

是我的思想?

还是——

Translation into Chinese by William Zhou

 

***

 

كأسفارغة.

 

أبصرتقدحامليئابالماء،

كانشطرامنجسدي

فحاولترشفه

ولكنكلماقربته

أكتشفُأنالكأسفارغة.

أينأختفىالماء؟

هكذاعلىوجهالسرعة؟

ولميعدلهثمةوجود؟

حتىفيالكأس؟

إنهلغز،إنهحيرة

ماالذيجرى؟

بالأمسكنتهنافيالوقتذاته

وملآتالقدحبالماء

ربمالومكثتهنا

لمااختفىالماء؟

فهلتعّلقفكريبالكأس؟

أمماذا؟

آناكيوكو،الصين

ترجمتهعنالإنجليزيةسارةسليم

 

Translation into Arab by Sarah Slim

 

***

 

खाली गिलास

 

झरने में भरा कप दृष्टिगोचर था

यह मेरे शरीर का एक हिस्सा है।

मैंने इसे पीने की कोशिश की,

लेकिन जब मैंने कोशिश की,

गिलास खाली था।

पानी कहां गया

कुछ ही समय में?

अस्तित्व है

 

एक गिलास पानी से ज्यादा नहीं?

 

यह एक रहस्य है,

यह भ्रम है …

क्या हुआ?

 

कल, मैं उसी समय यहाँ था

और गिलास भर दिया।

क्या पानी गायब नहीं हुआ होगा

अगर मैं यहाँ रहता?

क्या मेरा दिमाग

गिलास में फंस गया था

 

या …?

 

Translation in Hindi by Jyotirmaya Thakur

 

***

 

空のグラス

 

泉が湧き出た入れ物が目に入る

それは私の身体の一部だ

それを飲もうとしたら

グラスは空だった

水はどこに行ったのか

あっという間に

その存在は一杯の水ではなくなったのか

いったい何が起きたのか

私は不思議さに混乱した

昨日、私は同じ時間にここにいて

水をいっぱいに注いだ

私がずっとい続けていたのなら

水はなくなっていなかったのか

私の心はわなにかかったのだろうか

それとも?

 

Translation into Japanese Manabu Kitawaki

 

***

 

لیوان خالی

 

لیوانی پر از بهار در نظرم بود.

قسمتی از بدنم بود.

سعی کردم آن را بنوشم،

اما وقتی سعی کردم

لیوان خالی بود.

آب کجا رفت

در کمترین زمان؟

وجودش

بیش از لیوانی آب نیست؟

رازيست، پریشانیست…

چه اتفاقی افتاد؟

دیروز، همین موقع اینجا بودم

و لیوان پر بود.

آیا اگر اینجا می ماندم

آب ناپدید نمیشد؟

آیا ذهنم در لیوان به تله افتاده بود یا…؟

 

آنا کیکو، چین

 

ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

شعر لیوان خالی برنده جایزه ادبی گویدو گوزانو در ایتالیا

 

***

 

ЕДНА ПРАЗНА ЧАША

Видях една чаша пълна с пролетна вода.

Тя е част от тялото ми.

Опитах да отпия,

но когато я повдигнах,

разбрах –

чашата беше празна.

Къде изчезна водата

така бързо?
Животът може би не е нищо повече

от една чаша с вода.

Какво се случи?

Вчера бях тук по същото време

и напълних чашата.

Дали водата нямаше да изчезне,

ако бях останала?

Беше ли съзнанието ми уловено в тази чаша?

Или…?

превод от английски: Иван Христов

Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

 

***

 

TÓMT GLAS


Fullur bikar af lindarvatni sást
hann er hluti af líkama mínum.
Ég reyndi að drekka það,
en þegar ég reyndi,
var glasið tómt.
Hvað varð um vatnið
á svipstundu?
Er tilveran
aðeins glas af vatni?
Hún er leyndardómur, glundroði…
Hvað kom fyrir?
Ég var hér í gær á sama tíma
og fyllti glasið.
Hefði vatnið ekki horfið
ef ég hefði verið hér kyrr?
Var hugur minn fastur í glasinu
eða…?

Translation into Icelandic Þór Stefánsson

 

***

 

Пустойстакан

Вотстакансродниковойводой –
Эточастьмоеготела.
Яхотела воды отпить,
но когда попыталась,
стакан опустел.
Куда мгновенно
пропала вода?
Неужелибытие
лишьстаканс водой?
Этотайна, это загадка.
Чтоже случилось?
Вчерапришласюдаявтожевремя
иснованаполниластакан.
Осталасьбыв нем вода,
еслибы и я тут осталась?
Был мой разум заперт в стакане?
Или..?


ПереводГермайнаДрогенбродта
ПереводнарусскийязыкДарьиМишуевой

Translation into Russian by Daria Mishueva

 

***

 

BASONG WALANG LAMAN

 

Ang basong puno ng sariwang tubig ay nasa harap ko

 

Bahagi ito ng aking katawan.

Sinikap ko itong inumin,

Subalit ng aking sinubukan,

ang baso ay walang laman.

Saan napunta ang tubig ng

ganoon kabilis?

Ang buhay nito

 

Ay hindi hihigit sa isang basong tubig?

Isa itong kababalaghan, nakalilito …

Ano ang nangyari?

Kahapon, narito ako sa ganitong oras

at pinuno ko ang baso.

 

Kung ang tubig ay hindi biglang nawala

kung ako ay nanatili dito?

Ang isip ko ba ay nakulong sa baso

 

O…?

 

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

 

***

 

כוס ריקה / אנה קייקו, סין

 

הַכּוֹס, מְלֵאָהבְּמֵיאָבִיב, הָיְתָהבִּטְוַחרְאִיָּה.

הִיאחֵלֶקמִגּוּפִי.

נִסִּיתִילִשְׁתּוֹתמִמֶּנָּה,

אַךְכְּשֶׁנִּסִּיתִי,

הָיְתָההַכּוֹסרֵיקָה.

לְאָןנֶעֶלְמוּהַמַּיִם

בִּןרֶגַע?

הַאִםהַקִּיּוּם

הוּאלֹאיוֹתֵרמֵאֲשֶׁרכּוֹסמַיִם?

זֶהמִסְתּוֹרִי, זֶהמֵבִיךְ…

מָהקָרָה?

אֶתְמוֹלהָיִיתִיכָּאןבְּאוֹתוֹזְמַן

וּמִלֵּאתִיאֶתהַכּוֹס.

הַאִםהַמַּיִםלֹאהָיוּנֶעֱלָמִים

לוּהָיִיתִינִשְׁאֶרֶתכָּאן?

הֶהָיְתָהתּוֹדַעְתִּינִלְכֶּדֶתבַּכּוֹס

אוֹ…?

 

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן

Translation into Hebrew by Dorit Weissman

 

***

 

ஒரு வெற்றுக் கண்ணாடிக் கோப்பை

 

கோப்பை முழுவதிலும் நீரூற்று காணப்பட்டது

அது எனது உடலின் ஒரு பகுதி

அதைப் பருக நினைத்தேன்

நான் முயற்சிக்கையில்

வெற்றுக் கண்ணாடிக் கோப்பையாக இருந்தது

அத்லிருந்த தண்ணீர் எங்கே சென்றது?

கணப்பொழுதில்!

வாழ்க்கை

ஒரு கோப்பைத்தண்ணீர் மட்டுமேயா?

அது ஒரு புதிர்! அது ஒரு குழப்பம்!

என்ன ஆயிற்று?

நேற்று அதே நேரத்தில் இங்கிருந்தேன்

கோப்பையை நிறப்பினேன்

நான் அங்கேயே இருந்திருந்தால்

தண்ணீர் மறைந்திருக்காதோ?

எனது எண்ணம் அந்தக் கோpபையில் சிறைப்பட்டு விட்டதோ

அல்லது

ஆக்கம்

 

Translation into Tamil by N V Subbaraman

 

***

 

Kaseyeke vala

 

Kaseya biharê li ber çehvan bû

ew perçeke ji tena min.

Min xwest wê vexwim,

lê gava min hewilda

kase vala bû.

Çi bi avê hat

Ew di kêliyekê de hindabû?

Ma heyîn

ne bêtir e ji kaseyeke avê?

Ev mamikek e, ev gumbûn e.

Çi hatiye serê min?

Diho ez di vê demê de li vir bûm

û min kase tijîkir

ma av wê li vir baya

eger ez li vir bûma?

Ma cana min di kaseyê de hatibû bgirtin

Yan?

 

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

 

***

 

BASONG WALANG LAMAN

 

Ang basong puno ng sariwang tubig ay nasa harap ko

 

Bahagi ito ng aking katawan.

Sinikap ko itong inumin,

Subalit ng aking sinubukan,

ang baso ay walang laman.

Saan napunta ang tubig ng

ganoon kabilis?

Ang buhay nito

 

Ay hindi hihigit sa isang basong tubig?

Isa itong kababalaghan, nakalilito …

Ano ang nangyari?

Kahapon, narito ako sa ganitong oras

at pinuno ko ang baso.

 

Kung ang tubig ay hindi biglang nawala

kung ako ay nanatili dito?

Ang isip ko ba ay nakulong sa baso

 

O…?

 

Translation in Filipino by Eden Soriano Trinidad

 

***

 

CUPÁN FOLAMH

 

Bhí an cupán fíoruisce le braistint

Mar chuid de mo cholainn.

 

Rinne mé mo dhícheall an t-uisce a bhlaiseadh,

 

Teip ghlan a bhí ann—

Bhí an cupán tirim.

Cá ndeachaigh an t-uisce

I bhfaiteadh na súl?

An amhlaidh nach bhfuil sa saol

 

Ach cupán uisce,

Mistéir, éiginnteacht?

Cad é a tharla?

Nach mise a bhí ann inné,

Nár líon mé go béal an cupán?

An é nach n-imeodh an t-uisce as radharc

 

Dá gcoinneoinn súil air?

 

An í m’aigne féin a bhí faoi ghlas sa chupán,

 

Nó…?

 

Translation into Irish by Rua Breathnach

 

***

 

ખાલી પ્યાલી

 

વસંતથી છલોછલ પ્યાલી મેં જોઈ

યત્ન કર્યો પીવાનો

પણ

પ્યાલી ખાલી

ક્યાં ગયું બધું પ્રવાહી

નિમિષમાત્રમાં?

અસ્તિત્વ

એટલે પ્રવાહી ભરેલું પાત્ર માત્ર?

ભેદભરમ અને ગોટાળો છે આ…

કાલે હું અહીં હતી આ જ સમયે

મેં પ્યાલી ભરેલી

જો હું અહીં જ રહેતે

તો પ્રવાહી ન થતે ગાયબ?

પ્યાલીમાં પુરાયું હતું મારું મન

કે પછી…?

 

Translation into Gujarati by Udayan Thakker

 

***

 

PRAZNA ČAŠA

 

Čaša puna izvorske vode je bila ispred mene.

Voda je deo moga tela.

Pokušah da je pijem,

ali čaša beše prazna.

Gde nestade voda

tako brzo?

Je li postojanje

svedeno na čašu vode?

To je tajna, zbunjenost…

Šta se desilo?

Juče bejah ovde u ovo vreme

i napunih čašu.

Da li bi voda bila još u čaši

da sam ostala pored nje?

Da li mi je misao zarobljena u čaši

ili…?

 

Na srpskipreveli D.P-S.P.

Translation into Serbian by S. Piksiades

 

(Anna Keiko)

Anna Keiko a remporté le prix littéraire italien Guido Gozzano 2020

 

 

Recueil: ITHACA 659
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