Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘nageur’

Qu’est-ce qu’un nageur (René Char)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2019



Alberich Mathews 03 [800x600]

Qu’est-ce qu’un nageur
qui ne saurait se glisser
entièrement sous les eaux?

(René Char)

Illustration: Alberich Mathews

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Ici je reprends le goût de la vie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Pablo Ruiz Picasso
    
Ici je reprends le goût de la vie,
Ainsi le dormeur, son sexe l’éveille,
Soudain rebandé par la même envie,
Et la femme est là, totale merveille.

Ainsi le nageur, la mer le soulève,
Et l’offre au soleil, et le ressaisit,
Il voit l’avenir, une immense grève,
Où se coucher nu dans l’après-midi.

Ainsi l’arbre en fleurs au fond d’un ravin
L’entrecroisement des hautes fougères…
Le mot le plus juste est encore vain,
Puisqu’ici le corps est tout le mystère.

Je rencontrerai peut-être la femme
Sœur de la fougère et des vagues nues.
Le sentier tournant deviendra la flacon
Qui la brûlera, sitôt apparue.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Votre rire est éclatant comme un bel oiseau des Iles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



I

Votre rire est éclatant
Comme un bel oiseau des Iles.
Mais à rire on perd son temps,
O ma soeur, ma soeur fragile !

Vous savez des jeux plus fous
Que celui de « pigeon-vole ».
C’est un mauvais point pour vous,
O ma soeur, ma soeur frivole !

Vous manquez de sérieux
Et de vertus ménagères.
Vous n’irez jamais aux cieux,
O ma soeur, ma soeur légère !

II

Pourquoi ces mains, dont vous ne faites
Qu’un usage absolument vain ?
Mais quelle fête,
Quand je saisis leurs doigts divins !

Pourquoi ces yeux où ne réside
Rien du tout, pas même l’ennui ?
Mais quel suicide
Que de les perdre dans la nuit !

Pourquoi ces lèvres d’où j’écoute
Tomber des mots sans intérêt ?
Mais quelle absoute
Leur seul baiser me donnerait !

III

Le rire clair, l’âme sans reproche,
Un regard pur comme du cristal,
Elle viendra, puisque c’est fatal !
Moi, je l’attends les mains dans les poches.

A tout hasard, je me suis pourvu
D’un stock d’amour et de prévenances,
N’oubliant point qu’en cette existence
Il faut compter avec l’imprévu.

Tu n’auras donc, petite vestale,
Qu’à t’installer un jour dans mon coeur,
Il est, je crois, plus riche en couleur
Que ton album de cartes postales.

IV

Depuis tant de jours il a plu!
Pourtant, voilà que recommence
Un printemps comme on n’en voit plus,
Chère, sinon dans tes romances.

Adieu rhumes et fluxions !
Adieu l’hiver, saison brutale !
C’est, ou jamais, l’occasion
D’avoir l’âme sentimentale.

Que ne puis-je, traînant les pieds,
Et mâchonnant ma cigarette,
Cueillir pour toi, sur les sentiers,
De gros bouquets de pâquerettes !

V

Amie aux gestes éphémères,
Cher petit être insoucieux,
Je ne veux plus d’autre chimère
Que l’azur calme de tes yeux.

Pas besoin d’y chercher une âme !
De tels objets sont superflus.
Le seul bonheur que je réclame,
C’est de m’y reposer, sans plus.

Que m’importe l’horreur du vide ?
Je vais plonger, à tout hasard,
Ainsi qu’un nageur intrépide,
Dans le néant de ton regard.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Jeff Scher

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Parler (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



XIR201627

Parler —

Art de laisser filer la sonde dans la profondeur
que ne peut soupçonner l’homme de surface, l’homme actif, psychique.
Car nous, riverains ou nageurs,
toujours nous péririons dans l’ignorance de l’altitude sous nous,
sans la parole qui opère à tout instant le sondage pour nous,
et qui ainsi est notre profondeur,

Ecrire, c’est écrire malgré tout.
Comme une barque assemblée contre l’Océan sans mesure
— et la barque tire sa forme de l’Enorme qu’elle affronte en craignant la défaite,
et différents sont les esquifs autant que les ports d’un pôle à l’autre —
ainsi le style est ajointement malgré tout, manière de se jeter à cœur perdu mesure de l’immense;
et chacun reçoit figure de l’aspect que montre l’Elément où de son côté il se trouve jeté,
de la terreur déterminée que lui inspire l’indéterminé.

Faire front dans le tumulte pour m’y tenir à flot, quelque temps, sur l’inconnaissable.
—La phrase, ligne de flottaison.

(Michel Deguy)

Illustration: Hokusai

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Passé (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

Andrzej Malinowski    Midi Pile-650

Le Passé

On demande ce que deviennent les jours qui ne sont plus,
et si c’est le cœur de l’homme qui leur sert de tombeau.
Non, croyez-moi ; tout paraît mourir, mais rien ne meurt en effet ;
hier existe encore, quoique vous ne le voyiez plus.
Vos jours évanouis sont des absents qui ne reviennent pas,
mais qui ne sont pas perdus.
Ils ont, comme dans un sanctuaire, suspendu leurs images dans votre âme,
et quand vous dormez, quand vous rêvez,
ils viennent souvent s’y entretenir comme autrefois,
et déranger la poussière qui couvre leurs portraits.

Le passé vit toujours sous la neige des ans.
C’est l’eau vive qui court toujours sous la carapace de glace,
l’eau vive où serpentent, comme des flèches de pourpre et d’or,
comme des grappes de pierreries voyageuses,
comme des fleurs qui fuient et ne se fanent pas,
mille nageurs silencieux qui sont les souvenirs.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nageurs (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018




    
Nageurs dans les eaux troubles
du néant, nous avons cherché la vie
au fond des océans.

Nous avons trouvé de l’intelligence aux bêtes
et cette intelligence nous a fait peur.
Presque autant que nos monologues intérieurs
et les idoles aux grands yeux vides.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mer est la main universelle (Charles Dantzig)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



La mer est la main
universelle
caressant les corps elle
hérisse les puristes
qui veulent femmes en bure et corps vêtus

voyez d’en haut le nageur avançant
son corps teinté d’ondulations blanches
c’est le passage du plaisir
la mer est la caresse
universelle

(Charles Dantzig)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TOI (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Daniel F. Gerhartz - Ladies and flowers  - T   (39) [1280x768]

TOI

Tu es une grande plaine parcourue de chevaux
Un port de mer tout entouré de myosotis
Et la rivière où le nageur descend
À la poursuite de son image
Tu es l’algue marine et la plante sauvage
Comme l’arnica
Tu es pleine de poissons dans ta chevelure
Tu es une belle figure
Plus belle que toi-même
Tu es celle que j’aime
Davantage que le pain
Et davantage que mes mains étendues
Sur chaque versant des collines
Tu es la petite voisine
Du trèfle et la compagne du lézard
Tu t’ensoleilles sur les pierres
Et tu es toujours sur ma joue
Si je pense à ta voix je pense au monastère
À neuf heures du soir quand les voix se répondent
Si je pense à ta bouche il me vient à la bouche
Ce goût de lait de fruits de feuilles traversées
Par les tendres ruisseaux de sève végétale
Et si je pense à toi c’est qu’il faut bien choisir
Entre avenir et souvenir.

(René Guy Cadou)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Le nageur (Irving Layton)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



 

Le nageur

C’est la faillite de l’après-midi, vois
Le nageur plonge de son radeau
Son acte de guerre ouvre des corolles d’éclaboussures –
Les têtes de serpents frappent
Vite et en silence

En refaisant surface vois comme pour un instant
Un jonc brun avec de merveilleux bulbes,
Il repose à fleur d’eau
Alors que bruit et lumière viennent avec une violente passion
En partant de la mer fertile autour des Pôles
Pour éclater comme des coquillages brillant autour de ses oreilles.

Il plonge, il flotte, il va dessous comme un voleur
Là où son sang chante dans les ombres tigrées
Dans la verdure sans odeur qui le mène vers la maison,
Un saumon mâle qui descend des escaliers taillés
À travers des bas quartiers sous-marins…

Étonné par le souvenir d’ouïes perdues
Il découpe des gestes de retour en soi
Sur la plage comme un crâne;
Il pousse ses yeux à chercher
Le soleil qui se vide dans l’eau,
Et la dernière vague qui danse
Rejette son adolescence vers le sable de marbre.

(Irving Layton)

Illustration: Bernard Troublé

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

JE PLONGE EN TOI (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



JE PLONGE EN TOI

Je plonge en toi comme un forçat
Dans les douves de sa prison :
L’eau se referme et l’enracine
De tout son ventre mais, au bord,
Dans les fusils monte en silence
La sève noire de la mort.

Qu’importe, puisqu’il est au fond
De lui-même comme une pierre
En son ciment d’éternité,
A sa belle, à sa libre étoile
Pour la première fois couché ?

Qu’importe, puisque dans ces chambres
Où l’on se jette en haletant,
Je vis en toi le seul instant
Où les choses sont dans le monde
Ce que les font mes mains aimantes ?

Dehors : la salve et la curée !
Dedans : la bête se fait homme
Je suis nageur, je suis poumon,
Je suis la vague et je suis l’air
Qui me manquera tout à l’heure
Quand je tomberai sous les coups,
Emerveillé d’avoir vu naître
Ma propre image dans ta chair

(Jean Rousselot)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :