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Poésie

Posts Tagged ‘naïf’

L’amour subjugue par son chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
L’amour subjugue par son chant
Simple et naïvement trompeur.
Il y a peu, étrangement,
Si jeune et gai était ton coeur,

Et quand tu la voyais sourire
Dans tes jardins, dans la maison,
Tu croyais partout être libre
Comme sont libres les saisons.

Tu rayonnais, buvant les philtres
Dont l’amour empoisonne.
Car les étoiles étaient plus vives
Et autre aussi l’odeur des herbes,
Des herbes de l’automne.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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MATINS JOYEUX (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



MATINS JOYEUX

Oh ! les anciens matins de bonheur infini,
De joie inexplicable ! Oh ! les matins tout roses
Où l’on ouvrait son âme à des bonheurs sans causes
Comme à des oiseaux fous qui se trompent de nid.

Oh ! les matins pieux dans le mois de Marie!
On imaginait voir, au loin se prolongeant,
Des floraisons d’azur et des ruisseaux d’argent
Faisant de l’avenir une chose fleurie.

Parmi des encensoirs, des flambeaux, des gradins,
Souriait la Madone en de naïfs jardins,
Tandis que nous servions la messe en robe rouge.

Et nous rêvions alors du jour proche et joyeux
Où nous allions sentir le frôlement qui bouge,
Des premiers lauriers verts dans nos jeunes cheveux !..

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Ombre naïve (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration
    
Ombre naïve qui crut avoir un corps
parce qu’on la touchait.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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EN ROSE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



 Illustration: Salvador Dali
    
EN ROSE

Désir toujours désir où s’avive
le mystère naïf du plaisir
lieu sans lieu
surgi et imprononçable
depuis ta rumeur de vies oubliées
que les vagues tirent par assauts
révélées à l’oubli en harmonies innocentes
en feu de fraîcheur qui ne s’épuise pas
mer aux reflets de jade aux patiences d’azur
mer aujourd’hui tu viens juste de naître
comme une rose sans pourquoi

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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OUTRE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



Illustration 
    
OUTRE

Des fois, aussi,
tout irisée se
balade naïve
une bulle
en la fraîcheur
du vent,
pourquoi si beau
dehors oh
pourquoi enfermée
elle se dit
et explose
aussitôt
du plaisir
d’exploser

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Tu cherches un temps sans ombre (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Tu cherches un temps sans ombre.
Tu marches, haut comme la mort,
contre le ciel.

Tu inventes
un autre espace
parmi les nombres errants.

il y a une porte ouverte.,
un couloir interminable,
ce feu sourd près de la fenêtre,
le temps qui bat.

Dans l’averse oubliée,
l’image d’un matin naïf
qui s’éloigne sous
la bienveillance d’une étoile.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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SONNET A MADAME DE M. (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



 

Lori Earley_1462

SONNET A MADAME DE M.

Ignorante ou plutôt dédaigneuse des maux
Et des perversités, vous sachant hors d’atteinte.
Vous traversez la vie en aimant sans contrainte,
Donnant de votre charme aux faits les plus normaux.

J’ai comme un souvenir vague, en de vieux émaux
D’un portrait lumineux de reine ou bien de sainte
A la grâce élancée, où je vous trouvais peinte
Mieux que je ne ferais en alignant des mots.

Comme la sainte, vous avez le don de plaire
Sans recherche fiévreuse; aussi votre âme claire
Aux ouragans mondains ne se troublera pas.

Et vous avez encor, comme dans cette image,
Le fin et long aspect des reines moyen âge
Dont un peuple naïf et doux baisait les pas.

(Charles Cros)

Illustration: Lori Earley

 

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CRUELLE ATTENTE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
CRUELLE ATTENTE

Un soir qu’il gelait à tout fendre,
Un gâs de chez nous fut attendre
Une garçaille de chez nous
Au coin du bois, leur rendez-vous
Et, dessous la lune blêmie,
Histoire de passer le temps,
En attendant sa mie
Le gars allait chantant…
Le gars allait chantant
En attendant sa mie,
En attendant sa mie.

Du haut des cieux tendus de crêpes,
Comme un essaim de folles guêpes
De la neige dégringola.
Et la belle n’était pas là…
Lors, par la campagne endormie,
Dans son lit glacial et blanc,
En attendant sa mie
Le gars allait tremblant…
Le gars allait tremblant
En attendant sa mie. (bis)

Pendant tout ce temps la garçaille
Faisait d’amour grande ripaille
Au coin du feu bien chaudement,
Entre les bras d’un autre amant;
Et, pressentant cette infamie,
Pauvret au cœur naïf et franc,
En attendant sa mie
Le gars allait pleurant…
Le gars allait pleurant
En attendant sa mie. (bis)

Le mordit de baisers la bise;
Le gel à travers sa chemise
Ses fines aiguilles planta,
Et pour lui le hibou chanta,
Si bien que, quand l’aube palie
Au-dessus du bois apparut,
En attendant sa mie
Le pauvre gars mourut…
Le pauvre gars mourut
En attendant sa mie. (bis)

(Gaston Couté)

 

 

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La poésie crie plus de réalité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: René Magritte
    
La poésie crie plus de réalité,
ajoute du réel au réel,
elle est réalité.

Et le poème, qui apparaît ainsi comme une organisation
ou une structure ouverte, intentionnellement incomplète,
puisqu’elle devra se compléter chez le lecteur ou l’auditeur,
s’impose parfaitement à nous comme une présence.
Et c’est le poème comme présence qui va au-delà des affirmations et des explications,
pour configurer cette efficace plus que logique et non discursive qu’est la poésie.

Partant, le poème rompt encore la solitude de l’homme, lui sert de compagnie essentielle
et l’aide à transcender le jeu ténébreux des questions et des réponses.

Voilà pourquoi la poésie est le plus grand réalisme possible,
même si les naïfs, les ignorants et les arrogants la considèrent comme une abstraction,
une évasion ou une velléité subsidiaire de la toute-puissance politique ou idéologique.
Oui, la poésie est le plus grand réalisme possible.

Elle franchit même l’obstacle du nom des choses,
pour les nommer d’une autre façon,
loin du leurre et de l’arbitraire de l’étiquette.
Elle dé-nomme, comme l’ont souligné Roger Munier

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD

Un matin, en sortant de la maison, au coin de la ruelle,
j’ai rencontré par hasard un chien bâtard. Ses yeux étaient
tellement clairs et tristes, que j’ai penché la tête et ai fixé sur
lui mon regard. Ah, ce chien a aussi penché la tête et m’a
fixé du regard. Son regard est plus doux et limpide que le
ciel printanier de notre pays. Dans ses yeux innocents — la
cornée naïve — le cristallin — la rétine, je suis là, debout,
tenant une enveloppe jaune, habillé d’un imperméable de la
marque London Fog 100%. Tout y est entré : mon
corps entier, mon image entière, l’apparence extérieure de
ma vie entière. Dans la cornée — le cristallin — la rétine d’un
chien bâtard, j’ai impression d’avoir déjà rencontré une fois,
peut-être pas, mon corps entier, mon image entière, l’аpparence
extérieure de ma vie entière. Alors que j’étais dans
cette pensée incertaine, le chien bâtard est parti pour fouiller
une, poubelle. Je suis arrivé à l’arrêt de bus ; sur le poteau
électrique une annonce : La famille Jeon est en deuil. Pompes
funèbres Sion: Tel. 999-1984

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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