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Posts Tagged ‘naïf’

Vous en rirez (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Vous en rirez. Mais j’ai toujours trouvé touchants
Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs,
Côte à côte, épluchant l’écorce de baguettes
Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes.
Je vois le sous-préfet présidant le bureau,
Le paysan qui tire un mauvais numéro,
Les rubans au chapeau, le sac sur les épaules,
Et les adieux naïfs, le soir, auprès des saules,
À celle qui promet de ne pas oublier
En s’essuyant les yeux avec son tablier.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Prisonnier d’un bureau (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



François Coppée    
    
Prisonnier d’un bureau, je connais le plaisir
De goûter, tous les soirs, un moment de loisir.
Je rentre lentement chez moi, je me délasse
Aux cris des écoliers qui sortent de la classe ;
Je traverse un jardin, où j’écoute, en marchant,
Les adieux que les nids font au soleil couchant,
Bruit pareil à celui d’une immense friture.
Content comme un enfant qu’on promène en voiture,
Je regarde, j’admire, et sens avec bonheur
Que j’ai toujours la foi naïve du flâneur.

(François Coppée)

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



 

Margarita Sikorskaia - Tutt'Art@ (18)

EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? — le jour s’endort
A l’occident, reviens : ne t’ai-je pas menée
Où flotte le parfum suave d’un rêve mort,
Ó Berthe, ô ma Gretchen, ô ma douce Renée?

… Tes grands yeux, et ta natte ingénue, et ta voix
Rieuse et musicale en naïves répliques,
Et ta candeur céleste alors que tu m’expliques
Les pourquoi fabuleux des choses que tu vois…

Heure unique d’amour inconsciente et chaste,
Crépuscule brûlant d’un radieux été; —
Oh! l’Idylle candide et tendre que c’était,
Malgré que soit venu cet autre soir néfaste.

Assis à tes genoux, dans l’ombre où se noyait
Ta forme, j’écoutais ta voix, comme en extase :
Chaque contour naïf me semblait une phrase;
Les mots inespérés et fous, que m’envoyait

Le souffle printanier de ta lèvre mutine,
Paraissaient onduler à l’entour de ton corps :
Pour moi, couleurs et sons se confondaient, alors,
En l’ivresse d’aimer une femme enfantine…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Ah ! l’idylle encore une fois (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


 


(c) Walker Art Gallery; Supplied by The Public Catalogue Foundation

 

Ah ! l’idylle encore une fois
qui remonte du fond des prés
avec ses bergers naïfs

pour rien qu’une coupe embuée
où la bouche ne peut pas boire
pour rien qu’une grappe fraîche
brillant plus haut que Vénus!

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Maurice Greiffenhagen

 

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Vision (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Vision

[…]
Dieu tout-puissant ! j’ai vu les sylphides craintives
Qui meurent au soleil !
J’ai vu les beaux pieds nus des nymphes fugitives !
J’ai vu les seins ardents des dryades rétives,
Aux cuisses de vermeil !

Rien, non, rien ne valait ce baiser d’ambroisie,
Plus frais que le matin !
Plus pur que le regard d’un oeil d’Andalousie !
Plus doux que le parler d’une femme d’Asie,
Aux lèvres de satin !

Oh ! qui que vous soyez, sur ma tête abaissées,
Ombres aux corps flottants !
Laissez, oh ! laissez-moi vous tenir enlacées,
Boire dans vos baisers des amours insensées,
Goutte à goutte et longtemps !

Oh ! venez ! nous mettrons dans l’alcôve soyeuse
Une lampe d’argent.
Venez ! la nuit est triste et la lampe joyeuse !
Blonde ou noire, venez ; nonchalante ou rieuse,
Coeur naïf ou changeant !

Venez ! nous verserons des roses dans ma couche ;
Car les parfums sont doux !
Et la sultane, au soir, se parfume la bouche ;
Lorsqu’elle va quitter sa robe et sa babouche
Pour son lit de bambous !
[…]

(Alfred de Musset)


Illustration: Guillaume Seignac

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Le Temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Le Temps

Les jours s’écoulent
Dans des images égarées
Remonter le temps
C’est redescendre dans le passé
Où les minutes d’attente
Furent des heures d’angoisse
Je gratte le vernis
Sur des couleurs trop vives
Et oublie les moments de joie
Pour des instants de souffrance

A l’adolescence les premières amours
Causes de blessures
Jamais vraiment cicatrisées
Relèguent les jeux naïfs de l’enfance
Dans les malles du grenier

Je cours toujours vers ma jeunesse qui se dérobe

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Paul Delvaux

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L’amour subjugue par son chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
L’amour subjugue par son chant
Simple et naïvement trompeur.
Il y a peu, étrangement,
Si jeune et gai était ton coeur,

Et quand tu la voyais sourire
Dans tes jardins, dans la maison,
Tu croyais partout être libre
Comme sont libres les saisons.

Tu rayonnais, buvant les philtres
Dont l’amour empoisonne.
Car les étoiles étaient plus vives
Et autre aussi l’odeur des herbes,
Des herbes de l’automne.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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MATINS JOYEUX (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



MATINS JOYEUX

Oh ! les anciens matins de bonheur infini,
De joie inexplicable ! Oh ! les matins tout roses
Où l’on ouvrait son âme à des bonheurs sans causes
Comme à des oiseaux fous qui se trompent de nid.

Oh ! les matins pieux dans le mois de Marie!
On imaginait voir, au loin se prolongeant,
Des floraisons d’azur et des ruisseaux d’argent
Faisant de l’avenir une chose fleurie.

Parmi des encensoirs, des flambeaux, des gradins,
Souriait la Madone en de naïfs jardins,
Tandis que nous servions la messe en robe rouge.

Et nous rêvions alors du jour proche et joyeux
Où nous allions sentir le frôlement qui bouge,
Des premiers lauriers verts dans nos jeunes cheveux !..

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Ombre naïve (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration
    
Ombre naïve qui crut avoir un corps
parce qu’on la touchait.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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EN ROSE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



 Illustration: Salvador Dali
    
EN ROSE

Désir toujours désir où s’avive
le mystère naïf du plaisir
lieu sans lieu
surgi et imprononçable
depuis ta rumeur de vies oubliées
que les vagues tirent par assauts
révélées à l’oubli en harmonies innocentes
en feu de fraîcheur qui ne s’épuise pas
mer aux reflets de jade aux patiences d’azur
mer aujourd’hui tu viens juste de naître
comme une rose sans pourquoi

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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